Publié en 1915 et traduit en français en 1997, "
Le meurtre d'O-Tsuya" est un court roman de l'écrivain japonais
Junichiro Tanizaki, auteur de "
Le Coupeur de roseaux", "Le tatouage" ou encore de "La clé/
La confession impudique" dont je parlerai vendredi.
La vie semblait sourire à Shinsuke, apprenti chez un prêteur sur gages, jusqu'à ce qu'il s'entiche de la fille unique du patron, O-Tsuya, qui lui propose de fuir ensemble.
Le couple se réfugie alors chez Senji, ami de la famille d'O-Tsuya, qui leur promet de veiller sur eux jusqu'à ce que leurs familles respectives acceptent de consentir à leur mariage.
Mais les choses tournent mal et le jeune Shinsuke devra malgré lui renoncer à ses principes moraux pour contenter sa belle...
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Le Coupeur de roseaux" ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable mais comme cette histoire-ci me faisait de l'oeil, j'ai décidé malgré tout de retenter ma chance avec cet auteur.
Et cette fois, je n'ai pas été déçue !
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Le meurtre d'O-Tsuya" apparaît comme une histoire d'amour à l'issue tragique comme les Japonais savent les écrire. Une histoire d'amour à la Bonnie&Clyde, dirigée d'une main de fer par l'habile O-Tsuya qui s'est depuis toujours rêvée en geisha et sait très bien mener sa barque pour obtenir ce qu'elle veut de ses courtisans.
Naïf et aveuglé par son amour pour elle, Shinsuke multiplie les méfaits pour lui sauver la mise et finit par prendre goût au jeu dangereux initié par O-Tsuya.
Entraîné dans une vague d'escroqueries et de meurtres, le jeune homme autrefois riche de principes tente de retrouver la raison tandis que sa complice, pleine d'assurance, fait preuve d'un sang-froid implacable.
J'ai trouvé le personnage d'O-Tsuya incroyable jusqu'à la dernière page, tant, malgré son caractère ouvertement manipulateur, je me demandais jusqu'où elle était capable d'aller pour assurer ses intérêts !
Certes, il s'agit d'un court roman mais Tanizaki en dit suffisamment pour capter l'attention de son lecteur, aspiré comme Shinsuke par le rythme endiablé des événements.
L'auteur explore à l'extrême les ravages de l'amour passionnel, initiés par la perfidie féminine (thème qui revient souvent dans la littérature nippone, les écrivains japonais n'étaient-ils pas un brin misogynes?), avec pour fatal corollaire une vengeance qui n'a guère le temps de tiédir.
Un petit roman sans concession, à découvrir sans hésiter !
Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2011/06/le-meurtre-do-tsuya-junich..