> Albert Bensoussan (Traducteur)

ISBN : 2070351408
Éditeur : Gallimard (2008)


Note moyenne : 4.01/5 (sur 106 notes) Ajouter à mes livres
Que de tours et de malices chez cette « vilaine fille », toujours et tant aimée par son ami Ricardo, le « bon garçon ». Ils se rencontrent pour la première fois au début des années cinquante, en pleine adolescence, dans l’un des quartiers les plus huppés de Lima, Mirafl... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par jcnb68, le 15 septembre 2011

    jcnb68
    Voilà bien des années que je me dis qu'il faut absolument que je lise quelque chose de Vargas Llosa.
    Or, étant moi-même de langue espagnole, j'ai laissé trainer la chose, de contretemps en en oubli, chaque fois que je me rendais en Espagne.
    C'est en parcourant des critiques de certains de ses ouvrages sur babelio que l'envie irrépressible m'a poussé à mettre un terme à ce que l'on appelle en Espagne una Asignatura pendiente, en achetant sur internet l'œuvre dont il est question ici.
    Pas de doutes, c'est un auteur hispanique.
    L'on s'en rend compte très vite à la joie et a la musicalité des ses mots. À une certaine brutalité austère également. L'hidalgo n'est jamais très loin.
    Il m'a fallu une dizaine de pages pour trouver mon rythme de croisière car l'auteur utilise beaucoup de mots et d'expressions typiques d'Amérique latine, voir exclusivement péruviennes.
    Mais une fois dans l'action, ce sont des baffes que vous vous prenez à chaque coin de phrase.
    Il y a longtemps que je ne me prenais pas une telle enclume sur ma piètre citrouille.
    J'ai ressenti les mêmes sensations que l'ors de ma première lecture de À l'Est d'Eden de Steinbeck ou Thérèse Desquyroux de Mauriac.
    Peut-être parce que, entre autres, il est également fait cas dans ces deux livres d'un monstre au féminin. Et peut-être aussi du fait que les trois possèdent la même incommensurable capacité à nous décrire des personnages sans jamais nous parler de leur état d'âme.
    Tous trois étant des lauréats du prix Nobel, je me dis que les juges de ce concours ne sont peut-être pas si mauvais.
    Ce roman nous parle de l'amour et des dangers pour l'âme humaine qu'il peut représenter.
    Original ! Me direz-vous.
    L'amour presque féminin d'un homme pour une femme, décrit de façon presque froide et très masculine. Avec beaucoup d'humour, de pudeur et sans la moindre sentimentalité, ce qui donne évidement à l'œuvre une indéfinissable élégance.
    Là est le défi que l'incomparable talent de l'écrivain réussit à relever haut la main comme qui tuerait une fourmi.
    Un doute persiste toutefois, pour maitriser moyennement les deux langues, je me dis que de maintenir toute la musicalité du texte (de l'espagnol au français) doit tenir d'une véritable prouesse.
    À part de l'amour qu'il a éprouvé pour une femme sa vie durant, l'auteur nous parle également de celui qu'il voue à la ville de Paris. Et là encore, sans superlatifs et avec beaucoup de désenchantement.
    Un dernier mot encore sur ce monstre au féminin.
    Comment aimer un être aussi froid, intéressé et égoïste, tout en un ?
    L'auteur nous l'enseigne avec beaucoup de réalisme.
    Ne dit-on pas, qui aime bien châtie bien ?
    Pour maintenir la flamme, cette femme est prête à tout. D'abord à se détruire elle-même puis à carboniser celui vers qui elle l'adresse.
    J'aimerai en dire plus à ce sujet, mais ce serait vous gâcher le plaisir d'aller au bout de ce chef d'œuvre.
    Je finirai donc et disant que l'amour, le vrai, est fragile. La moindre petite lâcheté peut le blesser à mort. Après, ce ne sera plus que du réchauffé. Il faut du courage donc, un courage dont Vargas Llosa nous dit qu'il fait, en général, cruellement défaut à l'âme masculine.
    Autant pour nous !
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par torevan, le 27 mai 2012

    torevan
    Agréable lecture. Fluide et intéressante. Satisfaite, j'ai mis peu de temps à lire ce roman. L'histoire est "amusante" et attirante. Je m'interrogeais constamment: comment et quand la vilaine fille va-t-elle faire son apparition dans la vie de notre jeune traducteur? Il n'y a pas d'autre intrigue que celle-là, d'après moi. On sait qu'il va la revoir; on ignore seulement les conditions de son apparition. C'est elle "l'héroïne" qui suscite l'intérêt et la curiosité.
    Ce roman - et c'est peut être son défaut - est fait de répétitions: la vilaine fille fait des va-et-viens dans la vie de Ricardo; personnage blessé et passionné qui ne dit mot sur ce qu'il se passe au plus profond de son existence. Il m'a semblé, en effet, rester toujours en surface; de sorte que je n'ai jamais été prise par les sentiments. J'étais comme une observatrice; je n'avais, pour les personnages, aucun sentiment: ni pitié, ni détestation. Pourtant, la vilaine fille aurait de quoi m'insupporter. Elle est tout ce que je déteste et exècre. Quant à Ricardo, le pauvre passionné, il ne suscite - auprès de moi - ni pitié, ni tendresse.
    Tours et détours de la vilaine fille de Llosa, c'est l'art de raconter avec la plus grande simplicité et sans fioriture l'amour et ses tumultes.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par catmarie, le 28 mai 2012

    catmarie
    Lima, Paris, Londres, Tokyo, Madrid, les tours du monde de la vilaine fille nous donnent le vertige et on ne peut s'empêcher de l'aimer, la détester, comme Ricardo l'homme qui durant toute sa vie va la trouver, la perdre, puis la retrouver et la perdre à nouveau jusqu'à qu'ils aient tous deux l'assurance qu'ils étaient les amours de leurs vies. A la lecture de ce roman trés bien écrit, je n'ai pu m'empêcher de m'interroger: est ce donc possible de voir sa vie entière dépendre d'un amour, que dis je d'une passion? Et si c'est le cas, n'est ce pas la plus belle chose qui peut arriver à quelqu'un? Pourtant je me dis , non! trop de souffrance, de doutes, de jalousie, de désespoir, de peur...Mais...à côté tant de bonheur (encore plus précieux qu'il ne dure qu'un instant), de joie, d'amour, de vie, de coeur qui bat, de sourires...L'auteur m'a ballotée, voire malmenée entre tous ces sentiments contradictoires, à travers des décennies et à travers le monde, mais au final, j'ai adoré car c'est l'amour, la vie quoi!
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par zazy, le 02 mai 2012

    zazy

    J'ai retrouvé Vargas Llosa avec le même plaisir que la première fois.
    Ricardo va aimer une seule femme dans sa vie et quelle femme ! Il l'a connu, adolescente dans son quartier du Miraflores au Pérou, sous le joli prénom de Lily. Elle disparait pour réapparaître, apprentie guérilleros à Paris sous le pseudonyme d'Arlette. Son départ pour Cuba sonne le glas de leur idylle, mais c'est sans compter sur le hasard et, surtout, la plume de Vargas Llosa . Mariée à un diplomate français, Madame Arnoux, tel est son nouveau nom deviendra ensuite Mme Richardson, femme d'un éleveur de chevaux richissime. Ricardo la retrouvera à nouveau, au Japon. Devenue maîtresse d'un riche homme d'affaires troubles, elle s'appelle Kukito, contrebandière de son état, enfin, selon ses dires.
    Les point d'ancrage de ce livre sont l'amour sans commune mesure de Ricardo pour cette « vilaine fille » ainsi qu'il l'appelle et les mensonges de cette aventurière.
    Avec cette trame, Vargas Llosa nous promène du Pérou à Paris, de Cuba à l'Angleterre, jusqu'au Japon Ricardo, le « bon garçon » va suivre la « vilaine fille » et Elle se raccrochera à lui pour sortir la tête de l'au jusqu'au prochain plongeon.
    A chaque fois Ricardo retrouve sa belle Chilienne, la console, la cajole…. Pour mieux la perdre, jusqu'a ce que la mort les sépare.
    Il saura nous faire aimer cette femme belle, attirante, dotée d'une détermination sans faille mais vénale sans que Ricardo pâtisse, dans notre esprit, de son manque d'ambition et de son amour en bandoulière.

    Tout comme Flaubert ou Maupassant, il sait rendre attirante une histoire simple et banale grâce à une écriture classique qui mêle aussi bien le romanesque que la peinture sociale et politique des périodes traversées, ses souvenirs d'enfance au Pérou.
    Un très grand coup de cœur pour cette histoire racontée avec tant de brio et de maestria que j'ai dévorée avec gourmandise.


    Lien : http://zazymut.over-blog.com/article-mario-vargas-llosa-tours-et-det..
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  • Par Desmaze, le 25 août 2010

    Desmaze
    "Tours et détours de la mauvaise fille" de Vargas Llosa fait partie de ces livres rares, dont on voudrait voir la lecture ne jamais se finir tant ils vous tiennent en joie, en haleine ou l'esprit ouvert.
    Et c'est aussi l'un de ces livres qui inhibent toute vélléité de se mettre un jour soi-même devant la page blanche.
    Comment, pourquoi ajouter nos mots à ceux qu'un autre vous-même a su trouver si bien pour vous ?
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Citations et extraits

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  • Par Outis, le 13 juin 2008

    Vous allez trouver cela bizarre, mais elle, et tous ceux qui passent une bonne partie de leur vie enfermés dans les fantaisies qu’ils se construisent pour abolir la vie véritable, savent et ne savent pas ce qu’ils font. La frontière chez eux s’éclipse par périodes, pour réapparaître ensuite. Je veux dire qu’ils savent et ne savent pas, en alternance, ce qu’ils font. Voici ce que je vous conseille : n’essayez pas de la forcer à accepter la réalité. Aidez-la, mais ne l’obligez pas, ne la pressez pas. Cet apprentissage est long et difficile.
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  • Par Aela, le 06 mars 2011

    Là-bas (au Chili), contrairement à ici (au Pérou), il n'y avait ni pauvres ni mendiants; les parents autorisaient les garçons et les filles à participer aux fêtes jusqu'au petit matin. Au Chili, on laissait les garçons et les filles voir des films pour adultes. Là-bas, la vie était plus amusante qu'à Lima parce qu'il y avait plus de cinémas, de cirques, de théâtres, de spectacles, de fêtes avec orchestre. Les Chiliens gagnaient le double ou le triple d'ici au Pérou. Mais si c'était ainsi, pourquoi les parents des petites Chiliennes avaient-ils quitté ce merveilleux pays pour venir au Pérou? Parce qu'ils n'étaient pas riches mais très pauvres, à première vue.
    Allá a diferencia de acá, no había pobres ni mendigos por las calles, a los chicos y a las chicas los papás los dejaban quedarse en las fiestas hasta el amenecer. En Chile a los chicos y a las chicas los dejaban entrar a películas de mayores. Allá la vida era más entretenida que en Lima porque había más cines, circos, teatros y espectáculos, fiestas con orquestras. Los chilenos ganaban el doble o el triple que aquí los peruanos. Pero si era así, ¿ por qué los padres de las chilenas habían dejado ese maravilloso país para venirse al Perú? Porque ellos no eran ricos sino, a simple vista , pobretones.
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  • Par Outis, le 13 juin 2008

    A quarante-sept ans, j’étais arrivé à la conclusion qu’un homme pouvait mener une vie parfaitement normale sans faire l’amour. Car ma vie était assez normale, bien que vide. Je travaillais beaucoup et m’acquittais de mes tâches pour combler le temps et toucher un salaire, sans le moindre intérêt, car même mes études de russe et la traduction presque sans fin des nouvelles d’Ivan Bounine, que je faisais et défaisais, étaient devenues une activité mécanique, rarement gratifiante. Quant au cinéma, aux concerts, aux disques et à la lecture, c’était plus façon de tuer le temps que motif à enthousiasme, comme autrefois. De cela aussi j’en voulais à Kiriko. Par sa faute, chez moi, les illusions qui font de l’existence quelque chose d’autre qu’une somme de routines s’étaient envolées. Parfois, je me sentais vieux.
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  • Par Madimado, le 04 janvier 2011

    Si soudain nous sentons que nous mourons et nous demandons quelle trace nous laisserons de notre passage dans ce chenil ? La réponse honnête serait : aucune, nous n’avons rien fait si ce n’est parler pour d’autres. Que signifie, sinon, avoir traduit des milliers de mots dont nous ne nous rappelons aucun, car aucun ne méritait qu’on s’en souvienne ?

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  • Par torevan, le 13 mai 2012

    Par sa faute, chez moi, les illusions qui font de l'existence quelque chose d'autre qu'une somme de routines s'étaient envolées.
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Pantaleón y las visitadoras (2000), film réalisé par : Francisco J Lombardi. Adaptation de «Pantaléon et les Visiteuses» (1973), le roman de Mario Vargas Llosa. Trailer.








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