Voici un livre très agréable à lire, bâti sur le principe d'un chapitre dévolu à
Flora Tristan suivi d'un consacré à
Paul Gauguin. Cet ouvrage est à composante essentiellement biographique où l'on sent les heures des recherches de l'auteur sous chaque ligne. L'auteur a pris le parti de raconter les vies de la grand-mère et du petit fils quasi in extenso mais en basant son roman sur les points d'orgue de leur vie respective. A savoir, pour
Flora Tristan, son tour de France en vue de la constitution de l'union ouvrière et
Paul Gauguin son séjour en Polynésie française soit à Tahiti soit aux Marquises. Partant de ces points d'appui, l'auteur utilise les flashbacks pour raconter la vie antérieure de ses personnages.
Flora Tristan, militante féministe, pré-syndicaliste et femme de lettre dont l'idéal est l'union internationale de tous les opprimés (chômeurs, ouvriers, femmes) en vue d'infléchir les bourgeois et de leur offrir des conditions de vie meilleures. D'autre part,
Paul Gauguin (est-il besoin de le présenter), peintre post impressionniste taraudé par le déclin de l'art occidental et en quête de l'art brut, primitif, non perverti. L'un et l'autre, avec des personnalités et surtout des moralités assez différentes poursuivent leur idéal jusqu'à la mort, quitte à en payer le prix, souvent lourd. La partie Gauguin a le mérite d'attirer l'attention sur certains tableaux pas nécessairement les plus connus ou bien de donner l'état d'esprit du peintre lors de leur élaboration. le livre est solide, très léché, bien construit (toujours un peu la même mécanique qui peut éventuellement lasser à la longue) mais il m'a probablement manqué le supplément d'âme, le petit truc indéfinissable que l'on ressent en lisant un pur chef-d'œuvre d'où mes 4 étoiles au lieu de 5, mais ceci, n'est bien sûr que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.