> Nathalie Bauer (Traducteur)

ISBN : 2742765492
Éditeur : Actes Sud (2007)


Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes) Ajouter à mes livres

Entre elle et les avions l'inimitié est totale : comment confier sa vie à une machine suspendue dans les airs ? Mais un ami au loin la réclame, elle vole à son secours, jusqu'à Sarajevo. Le cœur des Balkans s'ouvre à elle, o... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 31 janvier 2012

    brigittelascombe
    Vert venin: vert du teint brouillé par le capitalisme, "vert de la migration", "vert de la dénutrition".
    "A Paris, je suis verte" avoue la narratrice (Ornela Vorpsi? née elle aussi à Tirana) Albanaise vivant à présent en France, n'hésitant pas à partir pour Sarajevo (proche de l'Albanie) pour "réconforter un ami triste" Mirsad qui "ne sort plus depuis cinq mois".
    Le voyage de la future "oreille attentive" débute par une phobie de l'avion, difficile à maîtriser, puis tourne au malaise près du sol de son enfance, car à présent "occidentale qui descend dans les Balkans", elle regarde les choses de l'extérieur, en spectatrice qui a honte d'avoir fui. Tous sont pourtant chaleureux,mais un rire ou une parole de trop et la violence sourd, inexorable.
    Le rendez-vous avec Mirsad ne comblera pas ses attentes mais d'autres rencontres (Aurel le fils des voisins qui veut se marier avec sa mère pour la soustraire aux coups du père, Ahmed le beau Bosniaque auquel on donnerait "cent vingt-neuf ans", Béni fatigué de la vie..) surviennent et des souvenirs émergent peu à peu (ceux du père prisonnier "politique de Spaç" ceux de la mère naïve...) entre Paris, Milan et Tirana.
    Prise de conscience d'une Yougoslavie nostalgique,amère,désolée, "qui désire l'Europe", qui "a besoin d'argent", où les coups pleuvent sans crier gare, où il ne faut "pas commettre d'erreurs", où l'eau de vie (réputée curative) imbibe plus qu'il ne faudrait,où le bonheur se niche parfois dans la mie d'un bon pain,où les faux-espoirs sont plus courants que les vrais
    Vert venin est un livre fort et émouvant qui remet les pendules à l'heure et permet de relativiser, de mesurer le bonheur de vivre de l'autre côté.
    Un livre à mettre en parallèle avec Côme de Srdjan Valjarevic (l'histoire tout en non-dits d'un écrivain serbe imbibé d'alcool, parachuté "villa Maranèse" au bord du lac de Côme aux frais d'une bourse Rockfeller alors que chez lui on manque de tout et que la guerre frappe ) car ce Serbe là ressemble à Dusan, un autre Serbe, "écrasé par ses démons" qui voudrait "faire un enfant symbole de paix entre Serbes et Albanais" à la narratrice.
    Ornela Vorpsi, romancière, a commis son premier ouvrage, en 2004, (Le pays où l'on ne meurt jamais), un roman couronné par les prix italiens Grinzane-Cavour et Viareggio.
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Citations et extraits

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  • Par brigittelascombe, le 31 janvier 2012

    Dans cette région,les êtres humains n'ont pas de temps à consacrer aux animaux.Ils les ont même effacés de leur existence.A Tirana,on jette encore des pierres aux chiens et des lois permettent de les exterminer au revolver.Ces lois appartenaient déjà à l'Albanie communiste,où le silence de la nuit était brisé par les coups de feu destinés aux chiens.Ici,on n'a pas besoin de créatures fidèles.Ici,on a besoin d'argent.Et tout de suite.
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  • Par brigittelascombe, le 31 janvier 2012

    Dans cette région,la tragédie est fille de la générosité.Parce qu'elle s'offre en overdose.Quand elle franchit les limites,la générosité se change en un monstre qu'il est difficile d'accueillir.
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  • Par brigittelascombe, le 31 janvier 2012

    Il y avait une phrase que j'aurais aimé lui sussurer:"Dans la vie,avoir ce que tu mérites est un cadeau".Mais je n'y suis jamais parvenue:ma mère avait gardé quelque chose de trop naïf pour entendre une phrase de ce genre.Je l'ai donc conservée pour moi.Pour mes entrailles qui voient désormais plus loin que la naïveté.
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  • Par brigittelascombe, le 31 janvier 2012

    La mort demeure une chose sérieuse,il est difficile de badiner avec elle.Elle force le respect et exige une considération absolue.
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  • Par brigittelascombe, le 31 janvier 2012

    L'ennui est une sorte d'avion,il vous berce à sa guise durant les longs trajets,vous plonge dans un nuage de léthargie,votre corps et votre esprit virant au gris sans que vous puissiez bénéficier d'une échappatoire-comme en avion- avant la fin du voyage.
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