ISBN : 2846822719
Éditeur : P.O.L. (2008)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Lise est une femme que l’on découvre assez rapidement âgée, mais, comment le dire, verte encore et qui ne se refuse en tout cas aucun des plaisirs de la vie, qu’il s’agisse de l’alcool ou des hommes. On dira que pour elle l’automne ne fait que commencer... Elle vient d’... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Sand94, le 11 janvier 2009

    Sand94
    Lise revient dans la maison de sa "tante" (en fait la deuxième épouse de son père): elle y retrouve les souvenirs de son premier été quand elle fut accueillie après la mort de sa mère. Elle avait alors rencontré son "cousin" Nick, qui souffre d'une maladie incurable, et l'ami de celui-ci Charles. Description de la jeunesse dorée des Etats-Unis dans les années 80 : parties de tarot, discussion autour de la littérature, alcool et canabis!
    Ce retour de Lise dans cette maison est lié à la mort de Nick, qui lui a légué 3 cartons contenant différents documents, et notamment un manuscrit intitulé : "Déjà vu", dans lequel il tente de démontrer les parallèles entre l'histoire de Lise et celle de l'héroïne du roman de Henry James "Portrait de femme".
    Le roman oscille donc entre flash-back, extrait du manuscrit et temps présent où Lise, veillie, à la retraite, renoue avec son passé.

    Mon Avis
    Au début mon avis était partagé, léger malaise mais en même temps une envie d'en savoir plus. L'atmosphère est un peu pesante, on sent la mort, la maladie, la vieillesse, les désillusions mais le tout est contre-balancé par des souvenirs très lumineux de jeunesse et d'une certaine insouciance!
    De plus, un certain suspens est ménagé: des prénoms apparaissent sans que l'on sache encore de quel personnage il s'agit et comment ils vont intervenir dans l'histoire; la lecture du manuscrit laisse sous-entendre des énigmes qui seront explicitées plus loin... le roman prend, petit à petit les aspects d'une enquête!
    C'est un roman très construit, on sent chez l'écrivain la prof de littérature qui maîtrise les codes du roman! Ce qui est intéressant ce sont les différentes mises en abyme :
    * le récit de Lise au présent
    * le récit des souvenirs de Lise
    * le récit de Nick dans "Déjà Vu"
    * le parallèle avec le roman de James
    Il y a donc 4 niveaux de lecture, voire 5 si l'on considère le roman que l'on est en train de lire!
    C'est ce que l'on appelle un roman-gigogne! ce roman, qui se présente comme un jeu littéraire est cependant un peu plus profond que cela! Lise est un personnage intéressant, une femme intelligente, vivante à laquelle on s'attache! le personnage de Nick, plus énigmatique rappelle les personnages de James ou de Thomas Hardy dans son roman "La Montagne magique".
    Cependant la construction paraît parfois artificielle. On est loin par exemple des jeux de hasard d'un Paul Auster; on sent la construction et surtout dans les dernières pages, le trait est trop prononcé, on n'avait peut-être pas besoin qu'on nous mette les points sur les I.
    Finalement Lise n'est qu'un personnage de roman manipulé par Nick, auteur omnicient et omniprésent qui réécrit sa vie; c'est le grand manipulateur, l'auteur, l'écrivain à la Balzac. Lise parle à travers lui comme un personnage incarne les pensées de son auteur.
    L'idée est donc bonne mais son traitement aurait demandé plus de finesse.
    A propos de l'auteur
    Julie Wolkenstein est née en 1968, elle est la fille de Bertrand Poirot-Delpech. Elle enseigne la littérature comparée à l'université de Caen. "L'Excuse" est son cinquième roman. Elle s'est fait connaître notamment avec son troisième roman "Colloque sentimental" paru en 2001, dans lequel déjà elle faisait état de son amour pour la littérature (notamment Wilkie Collins) et son attachement au milieu universitaire. Elle a beaucoup travaillé sur l'oeuvre de Henry James (a notamment édité "Le Tour d'écrou") dont elle est spécialiste depuis sa thèse.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Titine75, le 01 février 2011

    Titine75
    Lise revient, à la fin de sa vie, sur l'île de Martha's Vineyard pour prendre possession d'une maison, d'un bateau laissés en héritage par son « cousin » Nick. En fait, les deux personnages de « L'Excuse » ne sont pas de la même famille. Nick est le fils de Françoise, la première femme du père de Lise. Françoise a invité Lise sur l'île américaine à la mort de son père lorsque celle-ci était une jeune femme. Il semblait alors plus simple de dire que Lise faisait partie de la famille. Elle y passe un merveilleux séjour malgré le décès de « son oncle » Dick et la maladie incurable de Nick. Lise finit par s'installer aux Etats-Unis et par épouser un collectionneur d'art contemporain. En souvenir de leur profonde amitié et de leur rencontre à Martha's Vineyard, Nick lègue à sa mort la splendide villa de famille à Lise. Mais, il ne lui laisse pas qu'une maison : il lui offre également un manuscrit intitulé « Déjà vu ». Nick est en effet persuadé que la vie de Lise est l'exacte reproduction de celle d'Isabel Archer, l'héroïne de « Portrait de femme » d'Henry James.
    « L'Excuse » est un très bel hommage à la littérature. Julie Wolkenstein est professeur de littérature comparée, spécialiste d'Henry James et tout naturellement Lise enseigne la même matière à l'université de Berkeley. On trouve de nombreuses références à la littérature dans ce roman. Edith Wharton (décidément inséparable d'Henry James !), Fitzgerald, Jane Austen, Charlotte Brontë et comme je les apprécie tous beaucoup, je trouve que l'auteur a fort bon goût ! Ce qui prédomine néanmoins, c'est bien sûr « le Portrait de femme ». Pour ceux qui connaissent cette œuvre, le livre de Julie Wolkenstein est très intéressant car, outre le parallèle entre Lise et Isabel, il apporte des analyses à l'œuvre de James. Certaines sont très pertinentes et m'ont donné de nouvelles pistes de lecture. L'une d'elle m'a beaucoup séduite. Nick, qui serait la réincarnation du cousin d'Isabel Archer, Ralph Touchett, explique que le roman de Henry James n'est pas le portrait d'Isabel, mais celui de son cousin. Ralph serait le véritable héros de ce chef d'œuvre de la littérature américaine. Il est vrai que sans lui pas de roman, pas de destin pour sa cousine. Ralph lègue en effet une forte somme d'argent à Isabel afin qu'elle soit plus libre et qu'elle puisse accomplir le destin que lui permettent son intelligence et son caractère. On sait qu'en réalité, c'est cet argent qui la perd et la prend au piège de Mme Merle et de Gilbert Osmond. La fin du roman laisse également la vie d'Isabel en suspens, mais Nick pense que le livre s'arrête tout simplement car Ralph Touchett est mort. « le Portrait de femme » serait en fait un portrait d'homme !
    Bien entendu, les lecteurs qui n'ont pas encore eu le plaisir de lire le roman d'Henry James peuvent se plonger dans le livre de Julie Wolkenstein. Il ne s'agit pas simplement d'une « réactualisation » de « Portrait de femme ». D'ailleurs, Nick fait tout pour contrarier ce parallèle romanesque et veut contrecarrer le dessein de Lise-Isabel. Pour aider Lise à comprendre ce qu'il a fait pour dévier son destin romanesque, Nick met en place un véritable jeu de pistes. C'est la Lise vieillissante qui doit résoudre les énigmes et qui du coup entraîne le lecteur dans ses recherches. Julie Wolkenstein nous réserve d'ailleurs une grosse surprise à la fin du livre…
    « L'Excuse » est un roman très plaisant qui rend un bel hommage à mon cher Henry James, mais qui s'amuse aussi beaucoup avec son lecteur. Je souligne pour finir la très délicate et fluide écriture de Julie Wolkenstein qui me donne envie de découvrir ses autres œuvres. Une citation en hommage au début de « Portrait de femme » où Henry James décrit les joies de la cérémonie du thé : « Il faut reconnaître que Henry James en fait quelquefois des tonnes pour ressembler à une vieille anglaise. Mais j'aime, dans ces premières pages du livre, son assurance (quand il annonce un modeste récit, il bluffe), la sérénité de qui avance une équation incontestable : Tea time = paradis perdu. Si le lecteur a un tant soit peu de jugeote, de maturité, il devine aisément que ce paradis, James va s'employer à le détruire. Un monde aussi parfait ne peut pas durer, même dans une fiction, ce n'était pas en tout cas sa conception de la fiction. »

    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Patricia_bs, le 20 février 2009

    Patricia_bs
    L'Excuse de Julie WOLKENSTEIN est un roman formidablement brillant. Je dirai même étincelant. le résumer à un exercice de style réussi serait par trop réducteur : c'est à la fois un roman palpitant, un policier à rebondissement et une réflexion Sur la lecture et l'écriture. L'idée semble simple, et presque déjà vue : la vie de Lise Beaufort, jeune Française débarquée un beau jour aux États-Unis chez la première femme de son père, serait l'exacte reproduction du destin d'Isabelle Archer, l'héroïne du roman d'Henry JAMES, Portrait de femme. C'est son cousin - qui n'en est pas vraiment un puisqu'il est le fils de la première femme et n'a donc aucun lien de parenté "sanguin" avec Lise - qui le dit, qui l'affirme et qui va tenter de lui prouver, tout au long du livre, tout au long de sa vie, puisque les deux se confondent.
    Car là est le prodige et là est le vertige : littérature et vie se mêlent, s'entremêlent, deviennent inextricables au fur et à mesure que Lise progresse dans sa vie et dans sa lecture. le roman débute à la fin de la vie de Lise, de retour à Matha's Vineyard, dans la demeure des origines. Tous sont morts et elle reste la dernière, celle qui doit déchiffer tous les signes, tous les indices que Nick lui a destiné, accompagnés de ses derniers mots de mourant : "Garde contre". Va s'ensuivre une histoire pleine de péripéties où le jeu de tarots tient une grande place.
    Ce roman est truffé de références, qu'elles soient littéraires, cinématographiques ou carrément érudites. Ne pas les connaître toutes ne pénalise absolument pas la lecture. En revanche, en retrouver certaines plonge dans un état de jubilation intense... Je n'ai personnellement jamais lu Portrait d'une femme - je sais, je sais, honte à moi - mais cela ne m'a absolument pas empêché d'évoluer dans le labyrinthe du roman. J'y ai retrouvé les théories d'Umberto ECO sur le "lecteur modèle", extraites de son Lector in fabula, analysées ici, ou encore l'esprit de Proust, cité d'ailleurs en exergue du livre.
    Ce roman est celui d'une universitaire, c'est indéniable. Il n'est cependant jamais pesant ou pédant, car la vie prend le pas sur la théorie. Oui, "la vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature", comme le dit Proust (voir plus bas l'extrait du Temps retrouvé où j'ai piqué la citation), oui, le lecteur a un rôle, celui de retisser les fils que l'auteur a laissé volontairement lâches. Mais tout ceci se fait dans le bonheur, celui des verres de champagne, des clam chowders et des baignades en mer, des apéritifs pris ensemble et des parties de tarot ardemment disputées. La vraie vie, donc...

    Lien : http://www.macuisinerouge.com/archive/2009/02/06/l-excuse-j-wolkenst..
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    • Livres 4.00/5
    Par MarianneDesroziers, le 08 mai 2010

    MarianneDesroziers
    Ce roman est le récit de la vie d'une femme, Lise, sur quarante ans. On suit l'enquête qu'elle mène sur elle-même et sur la conviction d'un homme qu'elle est l'héroïne d'un roman d'Henri James grâce à trois boîtes remplies de photos mais aussi d'un manuscrit et de divers indices qu'il lui a laissé. C'est donc un jeu de piste concocté pour elle avec le plus grand soin auquel Lise accepte de participer. le lecteur partage l'histoire d'amour peu banale qui la relie à cet homme (qu'il appelle sa cousine mais qui n'est que le fils de la première femme de son père) et les étranges correspondances entre sa vie et le destin de l'héroïne de James.
    J'avais peur qu'une universitaire spécialiste de James ne parvienne pas à trouver un souffle romanesque et une écriture personnelle pour écrire sur un auteur trop admiré, mais je me suis trompée sur toute la ligne (et c'est parfois bien agréable de se tromper). Bien loin du pastiche, de la réécriture ou de l'hommage compassé, elle parvient à écrire un vrai roman avec de vrais personnages.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par lejardindestephanie, le 16 décembre 2011

    lejardindestephanie
    Y a des livres qui font fredonner. Chantonner. du joyeux. du triste. du mélancolique.
    Tu te délectes des mots.
    On y parle d'une littérature que tu ne lis pas d'ordinaire, et tu aimes quand même, parce qu'il y a ce petit quelque chose qui résonne en toi. Qui chatouille ton coeur.
    Il y a tant de niveaux de lecture possibles, qu'à peine terminé tu serais prêt (e) à recommencer le premier chapitre.
    Tu aimes beaucoup le tarot, cette idée de "garde contre" que Lise doit mener à bien pour comprendre sa plus belle histoire d'amour te réjouit.
    Tu cherches avec elle. Tu imagines des possibilités.
    Tu reliras, c'est sûr.
    16 décembre 2011 / Challenge ABC 2011-2012

    Lien : http://ausautdulivre.blogspot.com/p/les-petits-et-les-grands-defis.h..
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