> Diane de Margerie (Autre)
> Charles Mauron (Autre)

ISBN : 2253029831
Éditeur : Le Livre de Poche (2002)


Note moyenne : 4.02/5 (sur 45 notes) Ajouter à mes livres
Orlando, ce sont les mille et une vies dont nous disposons, que nous étouffons et qu'Orlando seul libère, car il lui est donné de vivre trois siècles en ayant toujours trente ans.

Jeune lord comblé d'honneurs, il est nommé ambassadeur en Turquie, devient ... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par Titine75, le 16 avril 2010

    Titine75
    Orlando” de Virginia Woolf est un roman surprenant. L'intrigue débute au XVIème siècle. Orlando est alors un adolescent, aristocrate qui bénéficie des largesses de la reine Elizabeth. “Car le vieille femme aimait Orlando, et la Reine qui savait reconnaître un homme quand elle en voyait un (…) rêva pour lui d'une splendide carrière. Elle lui donna des terres, elle le dota de maisons.” Lors du grand gel qui s'abattit sur l'Angleterre durant le règne de Jacques Ier, Orlando tomba éperdument amoureux d'une princesse russe : Sacha. Celle-ci trahit Orlando qui, éperdu de douleur, décide de fuir la gente féminine. C'est pour cette raison que, deux siècles plus tard, Orlando demande au roi Charles de le nommer ambassadeur à Constantinople. C'est dans cette ville qu'Orlando se réveille en femme après une longue léthargie. Elle retourne alors en Angleterre au moment où s'éveille le XIXème siècle : “Tandis que frappaient les 9ème, 10ème et 11ème coups, une ombre énorme croula et couvrit Londres. Et quand le 12ème coup de minuit sonna, la nuit était complète. Un noir déluge tumultueux avait noyé la ville. Tout n'était que ténèbres, que doute, que chaos. le XVIIIème siècle avait vécu, le XIXème venait de naître.” Orlando commence alors à apprivoiser sa nouvelle identité.
    Comme mon résumé vous l'aura montré, “Orlando” est une fable, un conte où le personnage traverse les époques et se métamorphose. le personnage reste néanmoins le même, Orlando reste passionné(e) par la nature et la littérature. Depuis son plus jeune âge, le personnage admire les écrivains et rêve d'en devenir un. Ce personnage ambigu sexuellement et qui deviendra une femme de Lettres, permet à Virginia Woolf de rendre hommage à sa très chère amie Vita Sackville-West. Certains éléments de sa biographie sont reconnaissables : la reine Elizabeth avait donné le château de Knole aux Sackville-West au XVIème siècle, l'amour d'Orlando pour Sacha évoque l'histoire de Vita et de son amie d'enfance Violet Trefusis, Orlando est ambassadeur à Constantinople tout comme le mari de Vita. Ouvertement bisexuelle, Vita put, comme Orlando, profiter des avantages des deux sexes : “(…) il est certain qu'elle récolta ainsi double moisson ; les plaisirs de la vie furent accrus pour elle, et ses expériences multipliées. Elle échangeait contre la rigueur des pantalons la séduction des jupons, et connaissait la joie d'être aimée des deux sexes également.” La liberté de Vita fascinait Virginia Woolf. “Orlando” lui permet d'expérimenter la multiplication des identités, des réalités et des possibilités. Néanmoins cette allégorie des différents “moi” se teinte de mélancolie, le “moi” profond d'Orlando reste insaisissable.
    Durant tout le roman, Orlando est traversé(e) de moments mélancoliques. le personnage pense souvent à la brièveté de la vie, il est méditatif, replié sur soi. Même la littérature qu'il vénère n'est pas une source de plaisir. Orlando est en mal de littérature, en mal d'écrire. le roman se conclut sur un ton totalement mélancolique. On est alors en 1928 et le monde a beaucoup changé. Orlando vit toujours dans le même château où rien n'a été modifié. Mais les objets semblent lui échapper, elle se sent repoussée par les pièces du château. Tout se rattache au passé, les souvenirs affleurent sans cesse, Orlando ne vit plus dans le temps présent. Cette part du personnage est très proche du caractère de Virginia Woolf qui a mis en valeur dans son oeuvre l'éphémère de nos sensations, de nos vies.
    Orlando” parle donc des sujets de prédilection de Virginia Woolf : la brièveté de nos vies, la difficulté de créer et le questionnement sur l'identité. “(…)la plus longue lettre d'amour de l'histoire“, comme le fils de Vita définissait “Orlando”, est un roman certes complexe mais il est surtout d'une poésie folle.

    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr
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    • Livres 1.00/5
    Par colimasson, le 09 avril 2011

    colimasson
    Orlando, c'est le genre de bouquin qu'on commence à lire, plein de bonnes intentions (parce que c'est du Virginia Woolf, ça devrait être pas trop mauvais quand même…) et puis après les premières pages, on commence déjà à être au bord de l'indigestion, comme si s'était enfilé une grosse part de forêt noire à chaque page achevée.
    L'histoire en elle-même est intéressante…
    Nous suivons les pérégrinations d'Orlando, un jeune noble anglais du début du 18e siècle. S'ensuit une histoire d'amour inachevée avec la fille de l'ambassadeur de Russie, suite à quoi il décide de partir en Orient. Après un sommeil prolongé d'une semaine, Orlando se réveille femme. Il vit quelques temps en compagnie des Tziganes puis, regrettant la vie moderne de Londres, Orlando retourne dans son pays d'origine où elle mènera une vie mondaine et connaîtra quelques déboires amoureux provoqués par sa nouvelle identité sexuelle et sa vie d'écrivain. le livre se clôt en 1928, alors qu'Orlando trouve enfin la gloire dans sa carrière d'écrivain.
    Si l'histoire n'est pas trop mauvaise, en revanche, le bât blesse au niveau du style. Il pourra plaire à certains, je n'en doute pas, mais il ne correspond pas du tout à mes préférences personnelles
    Certaines phrases s'étendent sur une ou plusieurs pages, et c'est plutôt la règle que l'exception. Cette longueur, loin d'apporter quelque chose au texte, semble même plutôt pallier à une faiblesse de l'écriture de Virginia Woolf : parce qu'elle n'arrive pas à expliciter clairement ses pensées en un mot ou en une expression, elle tourne autour du pot, utilise un mot et toute sa suite d'homonymes dans une longue énumération ponctuée par des points-virgules, si bien que lorsque l'on atteint le bout de la phrase, on a déjà oublié ce dont voulait nous parler Virginia au début.
    En dehors de cela, le style est un peu trop ampoulé à mon goût, et ce n'est absolument pas ce que je recherche dans la lecture, mais c'est une question de préférences personnelles…

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-orlando-1928-de-virginia-woo..
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    • Livres 3.00/5
    Par 270778, le 21 juillet 2011

    270778
    "Virginia, Folle du désert" : ma réflexion sur "Orlando" et les gender studies à lire dans la revue numérique gratuite L'Ampoule. http://www.editionsdelabatjour.com/pages/LAmpoule_numero_0-5276888.html

    Lien : http://www.editionsdelabatjour.com/pages/LAmpoule_numero_0-5276888.h..
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Citations et extraits

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  • Par Lilly, le 22 février 2011

    Il est indéniablement vrai que les meilleurs praticiens de l'art de vivre, souvent des gens anonymes d'ailleurs, réussissent à synchroniser les soixante ou soixante-dix temps différents qui palpitent simultanément chez tout être humain normalement constitué, si bien que lorsque onze heures sonnent, tout le reste carillonne à l'unisson et, ainsi, le présent n'est pas une rupture brutale et n'est pas non plus totalement oublié au profit du passé. De ceux-là, nous pouvons dire sans mentir qu'ils vivent précisément les soixante-huit ou soixante-douze années qui leur sont allouées sur la pierre tombale. Des autres, nous savons que certains sont morts même s'ils déambulent parmi nous ; d'aucuns ne sont pas encore nés même s'ils respectent les apparences de la vie ; d'autres encore sont vieux de plusieurs siècles, même s'ils se donnent trente-six ans. La durée de vie réelle d'une personne, quoi qu'en dise le D.N.B., est toujours sujette à caution. Car c'est une tâche ardue d'être à l'heure ; rien ne dérègle le mécanisme comme de le mettre en contact avec un art quelconque ; et c'est peut-être son amour de la poésie qui est à blâmer quand on voit Orlando perdre sa liste et s'apprêter à rentrer chez elle sans sardines, ni sels de bain, ni botillons.
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  • Par vda, le 19 novembre 2009

    Alors il essayait de dire que l'herbe est verte, le ciel bleu, et d'adoucir par de telles offrandes l'esprit austère de la poésie : car, même de très loin, il ne pouvait s'empêcher de le révérer. "Le ciel est bleu, disait-il, l''herbe est verte." Levant les yeux, il voyait au contraire que le ciel est semblable aux voiles que mille madones ont laissé tomber de leur chevelure ; que l'herbe frissonne, fuit et se fonce comme un envol de nymphes qu'apeure l'étreinte des sylvains velus, dans l'ombre des bois enchantés. "Ma parole, s'exclamait-il (car il avait pris la mauvaise habitude de parler haut), je ne vois pas qu'une façon de dire soit plus vraie que l'autre. Toutes deux sont horriblement fausses.' Alors, désespérant de jamais résoudre ces problèmes, de jamais savoir ce qu'est la poésie et ce qu'est la vérité, Orlando tombait dans un profond abattement.
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  • Par colimasson, le 09 avril 2011

    Mieux vaut, songea-t-elle, être vêtue d’ignorance et de pauvreté qui sont les habits sévères de notre sexe ; mieux vaut laisser à d’autres le gouvernement et la discipline du monde ; mieux vaut être quitte d’ambition guerrière, volonté de puissance et autres désirs virils si l’on peut ainsi jouir sans partage des plus exaltantes ivresses que connaisse l’esprit humain, je veux dire, prononça-t-elle à voix haute, comme toujours lorsqu’elle était profondément émue, la contemplation, la solitude, l’amour.
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  • Par colimasson, le 09 avril 2011

    Pourquoi donc Orlando avait-il désiré s’élever au-dessus de ses ancêtres ? Il semblait vain, impertinent au dernier point de vouloir renchérir sur cette œuvre anonyme, sur le labeur de ces mains disparues. Mieux valait partir inconnu, laissant derrière soi une arche, un cellier, un mur où mûrissent les pêches que brûler comme un météore qui s’évanouit sans poussière.
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  • Par Piling, le 20 juillet 2008 Première phrase du livre

    incipit :
    He - for there could be no doubt of his sex, though the fashion of the time did something to disguise it - was in the act of slicing at the head of a Moor which swung from the rafters. It was the colour of an old football, and more or less the shape of one, save for the sunken cheeks and a strand of two of coarse, dry hair, like the hait on a cocoanut. Orlando's father, or perhaps his grandfather, had struck it from the shoulders of a vast Pagan who has started up under the moon in the barbarian fields of Africa ; and now it swung, gently, perpetually, in the breeze which never ceased blowing through the attic rooms of the gigantic house of the lord who had slain him.
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La chronique de Gérard Collard - Virginia et Vita 2
Virginia et Vita de Christine Orban aux éditions Albin Michel En 1927, Virginia Woolf et son mari éditeur Léonard vivent à Monk's House dans la campagne du Sussex. Elle vient de publier "La Promenade au phare" et vit une passion tourmentée avec Vita Sackville-West, aristocrate et romancière elle aussi, qui se partage entre l'immense château paternel de Knole et Long Barn, la demeure de son époux Harold. La fascination que ressent Virginia pour Vita, l'opposition entre son milieu bohême et la vieille aristocratie anglaise l'amènent à prendre pour sujet de son nouveau roman l'excentrique Vita qui n'a pour règle que le plaisir de l'instant. Ainsi naît Orlando, homme et femme à la fois, de l'amour et de la frustration, de la jalousie et de la complicité de deux femmes exceptionnelles. Virginia va métamorphoser sa relation amoureuse en création littéraire. Vous pouvez commander "Virginia et Vita" sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com








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