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EAN : 9782070142170
192 pages
Gallimard (22/08/2013)
2.81/5   155 notes
Résumé :
Un homme choisit de vivre dans sa voiture. À travers d'étranges inscriptions qui apparaissent sur les murs de Paris, il pressent l'annonce d'une révolution. Le Renard pâle est le dieu anarchiste des Dogon du Mali ; un groupe de sans-papiers masqués porte son nom et défie la France. Qui est ce solitaire en attente d'un bouleversement politique ? Qui sont les Renards pâles ? Leur rencontre est l'objet de ce livre ; elle a lieu aujourd'hui.
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Critiques, Analyses et Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
2,81

sur 155 notes

Baldrico
  28 avril 2022
Cela avait pourtant bien commencé.
Pendant toute la première partie du livre, écrite à la première personne, nous suivons un homme qui devient SDF, vit dans sa voiture, et s'installe dans une vie en marge. Petit à petit, il est attiré par des signes étranges, qui laissent penser qu'une insurrection se prépare. C'est bien écrit, bien amené. Je me suis laissé aller au parcours du personnage.
Et puis patatras! vient la deuxième partie et sa logorrhée insurrectionnelle, indigeste et peu crédible. Être sans-papiers devient une revendication, qui permettrait de faire trembler la société capitaliste. Tous les exclus se rassemblent pour transformer leur exclusion en affirmation. Et on mâtine cela d'un peu de mythologie africaine.
On a l'impression que l'auteur laisse libre cours à ses fantasmes, révolutionnaires comme sexuels. "Société tu m'auras pas": c'est du ressassé, entendu cent fois. Et surtout cela me paraît un contre-sens complet. Comment imaginer que les immigrants sans-papiers sont venus faire la révolution en Europe? Il me paraît évident que leur but est avant tout de trouver une place dans la société européenne pas de la subvertir. Il me paraît même un peu indécent d'utiliser les injustices et les épreuves terribles subies par les migrants pour donner l'idée d'une insurrection qui a tous les traits de fantasmes post-soixante-huitards. En tout cas, j'ai trouvé que cela sonnait tout à fait faux. Je crois qu'il ne manque pas de bons livres sur les réalités de l'immigration. C'est sans doute de ce côté qu'il vaut mieux se tourner.
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brigittelascombe
  03 septembre 2013
L'antihéros, chômeur SDF, devenu Renard Pâle du roman dérangeant Les renards pâles de Yannick Haenel, prend la parole pour évoquer sa vie, sa solitude, son vide intérieur, son désoeuvrement, son "choix suicide", sa dégringolade et sa descente aux enfers dans une Rue de Chine toute parisienne.
Mais qu'est-ce qu'un Renard pâle? C'est ici un groupe de sans papiers masqués dont la figure emblématique est (le renard pâle) Dieu anarchiste des Dogons du Mali, qui défie la France prêt à mettre le feu aux poudres. C'est "la communauté de l'absence de limites" prête à une nouvelle révolution.
Yannick Haenel (romancier qui a reçu le prix du roman FNAC et le prix Interallié pour Jean Karski en 2009) touche ici au douloureux problème de l'exclusion des marginaux. D'un côté ils s'excluent tout seuls refusant d'être assistés, d'un autre ils gênent une société qui les rejette.
De nombreuses références à la pièce de Beckett En attendant Godot, posent le problème de l'identité et du sens de la vie.
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Ziliz
  21 février 2014
Chômage, loyers en retard, expulsion. Cet homme se retrouve à la rue, s'abrite dans une voiture, mais il le vit comme une émancipation.
D'une manière générale, ceux qui expriment leur pessimisme sur la société occidentale m'intéressent, sauf les petits malins qui s'engouffrent dans la brèche pour recruter côté 'droite de la droite'.
Loupé, ici : ce discours en faveur des laissés pour compte m'a plus souvent hérissée que convaincue.
On subit les considérations geignardes et hargneuses d'un poseur qui se veut "artistiquement" marginal, et ses br@nlettes intello-socio-politico-poético-philosophiques.
Ouvrage prétentieux, pénible, globalement imbuvable.
Je ne me décourage pas et compte toujours découvrir 'Jan Karski' de cet auteur.
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Mahpee
  07 mars 2015
Après le cercle, roman décevant, Yannick Haenel récidive avec Les Renards pâles. A noter au passage mon absence de rancune envers les romanciers, et c'est donc sans arrière-pensée que je me suis mis à la lecture de ce nouveau livre.
Les Renards pâles est un roman en deux parties. Comme dans le cercle, Haenel nous entraine sur les traces d'un anti-héros en rupture avec la société. Ayant élu domicile dans la voiture d'un ami, après avoir été viré de son meublé pour loyers impayés, il s'organise une vie où l'impression de liberté prend tout à coup une place prépondérante, jusqu'à le mener dans une sorte d'extase. Les belles journées de printemps, la piscine municipale pour la toilette, les rencontres au bistrot, quelques soirées bien arrosées et nous voici sur les traces d'Alexandre le bienheureux. Jusqu'au jour où il croise les Renards pâles, c'est alors que tout bascule.
La seconde partie est plus confuse et sous la forme d'un plaidoyer contre l'exploitation des sans-papiers, auquel on ne peut être insensible, Haenel s'engage dans des délires révolutionnaires où, sous quelques vérités bien assénées, il noie hélas son lecteur dans un désordre de phrases qui se voudraient perturbantes, et qui en définitive, à vouloir trop dénoncer, n'ont plus rien de cohérentes.
Bref un second échec, pour cet auteur mais à qui je met une meilleure note qu'au précédent ouvrage, surtout pour la première partie et quelques réflexions bien senties sur notre société.

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francoisvaray
  22 décembre 2013
Comme toujours chez Haenel, un plan audacieux: on pose le problème en plusieurs petits chapitres courts, puis on développe d'un seul et long trait. Comme dans une Révolution, où plusieurs petits incidents donnent naissance à un grand souffle dévastateur et fondateur. Et ça tombe bien, puisque c'est de Révolution qu'il s'agit, celle que vous ne voyez pas, que vous n'entendez pas, et qui a pour catalyseur l'extrême pauvreté, le sort des sans-papiers en France, la mort de deux immigrés; Et tout s'embrase, vos voitures brûlent, dans cette société qui ne voit plus, qui n'entend plus, et dont la devise est devenue, selon Haenel: 'Surdité, surdité, surdité". Les émeutes de 2005 seraient-elles déjà oubliées? Attention, tout peut s'embraser à nouveau, se dit-on en lisant ce magnifique roman qui, après 'Cercle' et 'Jan Karski' consacre Haenel comme un des grands auteurs actuels. Une ode aux vertus sacrées de l'Afrique, une peinture sobre des désenchantements de notre société, la vie telle que vous ne la voyez pas, celle des sans-abris, des expulsés, des privés de tout. Les Renars Pa^les auraient mérité une consécration dans les Prix Littéraires de l'automne, comme d'ailleurs l'autre oublié des récompenses: Tritan Garcia avec son Faber qui traite de la même thématique. Décidément, les jurys n'aiment pas trop la contestation de nos jours....
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critiques presse (9)
Telerama   14 décembre 2018
L'écrivain fait coïncider poésie et politique dans un récit envoûtant qui mène un marginal à une bande d’incendiaires libertaires et le lecteur à la beauté effroyable du chaos. Et embrasse au passage les thèmes brûlants du moment : injustice, immigration, insurrection.
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Lhumanite   28 octobre 2013
De la simple relation de ses errances dans les hauts lieux de l’insurrection, le narrateur de ce roman visionnaire passe à l’adresse directe aux nantis, à une parole qui « ouvre en chacun de nous une espérance ».
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LaPresse   18 octobre 2013
Certes, Haenel saisit bien le vent anarchiste des Occupy et Anonymous. Mais, convoquant Marx et les communards, les Dogons du Mali (que diable viennent-ils faire ici?), cette vision utopique, se voulant poétique, se révèle un peu trop fabriquée.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Culturebox   23 septembre 2013
Cette vision idéalisée de la pauvreté laisse une curieuse impression. La deuxième partie du roman, qui s'échappe plus franchement du monde réel, est paradoxalement plus crédible, mais ne parvient pas à dissiper le malaise [...].
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Telerama   18 septembre 2013
On ne dira donc pas que c'est un grand roman, ce serait le méjuger, le provoquer peut-être. C'est un roman qui existe et avance en boitant fièrement dans la cohue de la rentrée littéraire, avec l'espoir de mettre fin à cette triste réalité : « L'existence de chacun se borne le plus souvent à sa commodité. »
Lire la critique sur le site : Telerama
LaLibreBelgique   03 septembre 2013
Yannick Haenel signe un des plus beaux et certainement des plus troublants romans de cette rentrée. "Les Renards pâles" ont une très belle écriture, envoûtante et sensuelle, mais sont aussi comme une prémonition de la grande révolte qui nous menacerait.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Lhumanite   02 septembre 2013
Un beau roman juste et inspiré de l’auteur de Cercle et de Jan Karski.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Lexpress   29 août 2013
Après Jan Karski, Yannick Haenel part en chasse contre la mondialisation et le sort des sans-papiers. Le lecteur, hélas, revient bredouille.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LePoint   22 juillet 2013
Les renards pâles est un roman désarçonnant dont chaque rebondissement est une surprise. On croit saisir son héros et rapidement il nous file entre les doigts pour embrasser un destin et un caractère qu'on ne lui imaginait pas trois pages plus tôt.
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Citations et extraits (68) Voir plus Ajouter une citation
stellaccilestellaccile   16 octobre 2013
Nous serions, parait-il, hors la loi, parce que nos actions débordent vos limites, et que notre survie contrevient à vos intérêts ; mais lorsque la loi n'est pas juste, la justice doit ignorer la loi. Sans doute est-il impossible à vos yeux que des sans-papiers fédèrent leurs énergies : dans votre conception du monde, les sans-papiers doivent être des victimes : il est même utile qu'ils le demeurent. Mais nous ne sommes pas seulement des sans-papiers.

(...) Le désoeuvrement est-il une menace pour la vie sociale ? Peut-être avez-vous raison de le croire : quelqu'un qui passe son temps à vivre hors de l'utilité ne peut en un sens qu'être en grève ; et la grève, c'est bien connu, affecte ce qui l'approche, elle absorbe ce qui voudrait l'intimider, elle la bonne volonté.
(..) Le besoin d'avoir à votre disposition des gens assez démunis pour accepter les corvées vous juge. En nous réservant vos restes, vous nous assimilez à des déchets. Nous sommes la part négligée, celle dont on se débarrasse. Souvenez-nous de la parole des Ecritures : "Nous sommes jusqu'à ce jour la balayures du monde, le rebut de tous les hommes." Voilà en quoi se change la personne ne veut : un danger.

(...) Que vous le vouliez ou non, l'avez-vous oublié, refoulé, votre République est une divinité comme une autre. Laïque, peut-être - Mais quelle différence ? Les formes du culte importent peu ; ce qui compte c'est l'urgence qu'on met à recourir aux soins d'un dieu, c'est le secours qu'il prodigue à nos vies.

(...) Une guerre civile divise la France, comme tous les pays qui suspendent le droit de certaines personnes en criminalisant leur simple existence.
(...) elle est dissimulée pour des raisons politiques : ainsi reste -t-elle secrète.
(...) mais il arrive qu'elle dégénère en spectacle, et les médias, en présentant les sans-papiers comme des délinquants qui enfreinent une loi, maquillent alors cette guerre contre l'insécurité.

Les Renards pâles évoluent dans un contre monde.

Nous existons par éclipses. nous sommes le peuple sans traces - celui quipour clamer son identité a effacé ce qui la fonde.
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ZilizZiliz   20 février 2014
(...) un homme était écrasé dans la benne, un sans-abri qui s'était endormi dans l'un des conteneurs ; ils sont de plus en plus à y trouver refuge, a dit l'un des éboueurs : la plupart du temps on jette un coup d'oeil avant, mais parfois ils sont couverts par les sacs, surtout l'hiver, et là l'équipe du matin n'avait pas eu le temps de faire la vérification, a-t-il dit, ils avaient guidé comme d'habitude le déplacement du conteneur jusqu'au-dessus de la benne, et, lorsque celle-ci s'est ouverte, ils ont vu, parmi les ordures, le corps d'un homme tomber, et il y a eu un hurlement, mais c'était déjà fini, a-t-il dit, parce que les bennes de ce genre-là réduisent tout en pièces.
(p. 64)
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BibaliceBibalice   19 juillet 2013
C'était un dimanche, vers 20 heures. Je m'en souviens très bien parce que, ce jour-là, on m'avait mis à la porte. Depuis quelques mois, je n'arrivais plus à payer le loyer ; la propriétaire de la chambre m'avait rappelé à l'ordre, et puis ce matin-là elle a frappé à ma porte ; comme je n'ouvrais pas, elle s'est mise à hurler que j'avais la journée pour quitter son meublé. Je me suis rendormi, avec une légèreté qui aujourd'hui me paraît extravagante. À l'époque, j'accordais peu d'importance à ce qu'on nomme les relations humaines ; peut-être n'avais-je pas besoin de faire croire aux autres que j'étais vivant.
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MahpeeMahpee   07 mars 2015
Je l'ai dit : l'absence, chez moi, est une seconde nature. J'ai passer ma vie à m'absenter. Au cœur de l'absence rayonne une vérité que la vie quotidienne récuse, parce qu'elle est cruelle. Mais qu'on le veuille ou non, cette vérité nous tient en joue : à chaque instant, nous sommes la cible. Je me suis toujours astreint à loger dans le vide, parce que alors on est tout près de cet effroi ; et que cette proximité, en un sens, me protège.
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ZilizZiliz   20 février 2014
Est-ce que quelqu'un se souvient qu'ici, aux Tourelles, dans ce quartier désert du XXe arrondissement, il y a eu un camp d'internement où la République française, à partir de 1941, a entassé ce qu'elle nomme les "indésirables" : républicains espagnols, combattants des Brigades internationales interdits dans leur pays, réfugiés d'Europe centrale fuyant le nazisme, résistants communistes et gaullistes, femmes juives déportées vers Auschwitz ?
Lorsqu'on marche dans Paris, on s'imagine qu'on se promène, mais on piétine surtout les morts.
(p. 50)
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Videos de Yannick Haenel (47) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yannick Haenel
YANNICK HAENEL – NOTRE SOLITUDE Lecture par Marie-Sophie Ferdane Rencontre animée par Arnaud Jamin
Après avoir tenu la chronique quotidienne du procès des attentats de janvier 2015 sur le site de Charlie Hebdo, Yannick Haenel a éprouvé la nécessité de revenir sur cette expérience aussi intime que douloureuse. « J'ai en effet assisté au procès des attentats de janvier 2015, qui s'est tenu de septembre à décembre 2020. Cet événement a bouleversé mes façons de sentir et de penser car j'y ai vu, chaque jour, les ténèbres et la lumière s'affronter concrètement à travers les paroles échangées à l'audience. (…) Je cherche, à l'intérieur de la parole, ce point où les vivants et les morts se rencontrent. C'est ma définition de la justice ; et il y a eu des nuits où je n'étais pas loin de croire qu'elle allait advenir à travers des mots. Étais-je fou ? C'est possible, car je me suis beaucoup obstiné ; et lorsqu'on cherche à tenir bon, il arrive qu'on ouvre des portes étranges. La solitude nous permet de tout entendre ; ainsi nous mène-t-elle à la limite de la raison. » Yannick Haenel
À lire – Yannick Haenel, Notre solitude, éd. Les Échappés, 2021.
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