AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Citations de Martine Hermant (69)


Sarindar   13 janvier 2020
Le rêve de la Licorne de Martine Hermant
Elle n'éprouvait aucune appréhension à se retrouver seule dans cette forêt ténébreuse, au milieu de la végétation exubérante. Elle fit la découverte de fleurs incroyables, énormes, dont les corolles aux teintes éclatantes semblaient n'être là que pour s'approprier toutes les couleurs possibles sur la tapisserie sombre des arbres et des fougères, ou le velours bronze des mousses. Leur parfum était légèrement enivrant, et Ménuisel se demanda vaguement si ces effluves capiteux n'étaient pas responsables de cette impression de bien-être qui l'accompagnait.
Commenter  J’apprécie          520
Sarindar   16 juin 2019
Bufarelle de Martine Hermant
Au fil des jours, je désespère, jusqu'à échouer devant des grands murs de pierre : trouverai-je asile dans ce monastère ? Bons Pères, ouvrez-moi ! Secourez la fille sans terre qui à votre bastille en appelle à lever votre grille ! Prenez pitié de la brebis égarée dont le nom de Marie devrait éveiller votre miséricorde.

Va-t-en, créature de Satan ! Qu'importe ton nom quand tes cheveux ruffins dénoncent ton destin. Ton corps féminin ne profanera pas l'aire des moines. Piège de séduction, écarte des hommes pieux tes viles tentations et fuis ces lieux saints !

Serais-je si belle qu'à ce point vous me redoutiez ?
Commenter  J’apprécie          460
LydiaB   01 février 2015
À Chat parlé de Martine Hermant
(...) Voilà, elle m'appelle encore... J'ai beau être aguerri, elle a une manière particulière de prononcer mon nom qui ne peut me laisser complètement indifférent. C'est comme quand elle dit : "Gribouille, mon Pipouille..." lorsque je suis niché contre elle. C'est un bonheur de s'abandonner, de ronronner en oubliant qu'on est un chat des rues, un chat noir... de se sentir si petit, aimé, protégé...

- Gribouille !...

Bon, ça va, je rentre, mais parce que je le veux bien.
Commenter  J’apprécie          424
LydiaB   06 mai 2016
Impromptues de Martine Hermant
Filer la brume
Loin du sommeil.
Tracer les runes
De leur éveil...
... À l'existence.

Capter l'errance,
Libre et nue,
Des impromptues.
Commenter  J’apprécie          390
LydiaB   29 septembre 2014
La Disparue d'Alleuze de Martine Hermant
Il y avait de la brume, une brume mouvante qui semblait s'alimenter de la présence du lac pour jouer avec les variations thermiques de l'air. Ces changements provoquaient des illusions dans les formes et on n'était sûr de sa vision qu'à l'approche, lorsqu'un détail se révélait et prenait une importance particulière à être appréhendé avec certitude. La vallée semblait ainsi n'avoir pas de limites à son étendue et y descendre suggérait de plonger dans un monde incertain. Au-dessus, la masse fantomatique du donjon n'apparaissait que pour se voiler un instant plus tard, immatériel et presque inconcevable. J'aurais pu éprouver de l'appréhension à me diriger ainsi sans repères mais il me venait un curieux sentiment d'allègement. A m'enfoncer dans l'isolement de la brume, laissant derrière moi les contraintes qui m'attendaient sous la lumière crue du matin levant, je me dissolvais dans une irresponsabilité bienheureuse, ma seule inquiétude étant de ne pas retrouver Jeanne. Je tentai de l'appeler mais ma voix ne portait pas, comme absorbée par l'environnement ouaté. Son timbre me parut presque incongru et je n'insistai pas, continuant d'avancer. Pour me heurter à un grand mur que je ne reconnus pas. Pourtant, une enceinte de cette taille ne devait pas passer inaperçue !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          380
Sarindar   26 mai 2015
A Dieu ne plaise de Martine Hermant
Elle aimait Eudes, même si elle se défendait de penser à lui au prix d'une contrainte constante, et cet amour lui avait paru si longtemps exempt de toute impureté qu'elle ne s'autorisait pas à le trahir. Sa culpabilité ne venait pas d'avoir aimé Eudes, mais d'avoir trompé Géraud, son époux devant Dieu... C'est dans cette certitude qu'elle chercherait à se racheter, ne voulant pas introduire une influence étrangère, fût-elle d'un homme de Dieu, dans le cheminement de sa rédemption.
Commenter  J’apprécie          290
Sarindar   19 mai 2015
A Dieu ne plaise de Martine Hermant
La mort du père Thomas avait eu l'effet d'une pluie glaciale sur les voluptés tièdes de Lysandre. [...] Le changement que l'arrivée du père Boniface opéra a Boisgésir eut des répercussions immédiates. Ses ouailles se réveillèrent de la torpeur indulgente où les avaient confinées l'ancien prêtre. [...] La maisnie, interloquée par le contraste de cette raideur avec l'affabilité du père Thomas, observait le visage jaune [du nouveau venu] avec une inquiétude qui n'avait pour se justifier que les petits yeux inquisiteurs et incroyablement durs qu'il posait sur ses paroissiens.
Commenter  J’apprécie          281
Sarindar   09 mars 2015
A Dieu ne plaise de Martine Hermant
Charlotte balaya ses derniers scrupules et les robes furent vite jetées sur l'herbe, rapidement suivies par les chemises. Les jeunes femmes entrèrent dans l'eau fraîche avec des petits cris. Alix était la plus courageuse et elle eut tôt fait de s'y plonger entièrement. Elle aspergeait Charlotte qui ripostait maladroitement. Lysandre se résolut à se laisser couler le long du courant, elle suffoqua un peu sous l'étreinte froide qui l'enveloppa d'un coup. Bientôt, les trois baigneuses nageaient et s'ébattaient en riant, sous l'œil contemplateur de Barthélemy qui s'était sagement assis sur la berge. La jeunesse imposait sa loi, elles s'amusaient sans façon, chahutant avec insouciance. Les corps ruisselaient dans la lumière adamantine [...]. Corps blancs, laiteux, de Lysandre et de Charlotte... l'une souple et ondulant comme un cygne, l'autre grasse et rose comme une oie tendre... corps vigoureux au hâle cuivré d'Alix... la chair offerte à l'élément liquide dans sa plus naturelle acceptation. Lysandre éprouvait un plaisir presque sensuel au glissement de l'eau autour d'elle. Elle se renversait à demi, fermait les yeux pour mieux sentir le courant passer sur ses seins... le long de ses hanches... entre ses cuisses... ces caresses-là étaient bien plus agréables que...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          280
LydiaB   17 juin 2013
Le rêve de la Licorne de Martine Hermant
Il la regardait furtivement, par à-coups, alors que sa splendeur de phurana devait être irrésistible, mais il ne céda pas. Dans cette lutte, Gwerdan pouvait à peine la soutenir car les pulsions en présence étaient trop personnelles. Amusée malgré tout par tant d'entêtement, elle fut alors submergée par un immense flux affectif. Ce n'était plus la seule féminité séductrice qui appelait Odiem-Quin, mais une féminité plus large, infiniment généreuse, où toutes les formes de l'amour offertes par l'essence même de la femme s'abandonnaient à lui, avec la puissance bénéfique d'une aide absolue. Odiem-Quin leva enfin ses mains vers celles de Ménuisel et, lorsqu'ils les joignirent, leur union fut si bouleversante, empreinte d'une telle incroyable familiarité, qu'ils auraient tout oublié hors l'intensité de cet échange si Gwerdan n'avait pas veillé à les ramener vers le but originel : ils devaient se retrouver tous ensemble, partageant la même force.
Bientôt, dans l'obscurité acide de la nuit qu'une lune métallique transperçait de sa froide lactescence, un cercle fut formé, le loup d'érèbe couché en son centre. Mains réunies, toutes émotions confondues, ils s'affermirent, dérisoires mais puissants, contre la menace qui hurlait au-dessus de leurs têtes, prête à les assaillir au moindre signe de faiblesse.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          280
LydiaB   29 avril 2013
Les Hauts de Rocherousse et Autres Recits du Cezallier de Martine Hermant
Découvrir Athilie, enveloppée dans ses vêtements couleurs de mousse et de bruyère qu'elle affectionnait tant et qui l'intégraient remarquablement au paysage me procura une émotion qui n'était plus d'ordre fraternel mais esthétique. Je pensais à une peinture préraphaélite et, lorsqu'elle se retourna, la joie illuminant son visage à ma vue, je reçus comme un choc la révélation de sa beauté ! C'était d'un effet trop puissant pour en appeler à la joliesse mais j'étais ébloui par sa séduction insolite : le contraste des longs cheveux fauves sur la pâleur ambrée de ce visage à la grâce farouche, que soulignaient les pommettes hautes, la bouche sensuelle, presque dure, le nez légèrement aquilin et, surtout, l'éclat de ses yeux dorés où résidait tout le rayonnement de son être, un regard à la fois lumineux et inquiet. Son attitude fière et la flexibilité de sa silhouette forçaient l'intérêt pour donner l'impression de surprendre un animal sauvage dans son habitacle naturel, prêt à détaler à la moindre alerte. Athilie était belle comme une renarde dont elle avait la rousseur, l'agilité, la souplesse, l'indépendance et l'impitoyable finesse.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          282
LydiaB   14 février 2016
Les contes de la Licorne de Martine Hermant
Le roi Arjon est perplexe. Il dévisage Ria sans animosité mais les propos que celle-ci vient de lui tenir ne sont pas de ceux qui laissent indifférent.
- Je vous respecte infiniment et n'ai jamais mis votre connaissance en doute, Gardienne de l'Air. Or, si j'en crois ce que disent nos prophéties, je n'ai guère le choix...
- Nous avons toujours le choix, dit Ria doucement, mais de nos décisions découlent les temps à venir...

(La nouvelle Archée (P78)
Commenter  J’apprécie          270
Sarindar   06 avril 2015
A Dieu ne plaise de Martine Hermant
Lysandre soupira ; si un effort de volonté avait pu l'arracher à cette béatitude stérile, elle aurait demandé à Anieuse de lui faire un peu de lecture. Elle imagina machinalement la voix monotone de sa suivante annihilant le silence feutré de la pièce, préjugea de l'effet comme d'une dissonance. Rien n'allait mieux a cet instant que le fil intériorisé d'un libre cheminement des pensées. Et puis, quel livre écouter ? Elle connaissait par cœur les quelques ouvrages mis à sa disposition... Il y avait bien le fameux "Traitis de l'Amor" d'André le Chapelain, mais sa lecture n'était pas de celle qui se faisait à haute voix dans un endroit aussi public, du moins le croyait-elle... Non, il fallait en rejeter l'idée, et elle regretta de ne pas savoir lire elle-même, surtout qu'Anieuse mettait une mauvaise volonté flagrante à traduire ce qu'elle prétendait latin trop difficile pour ses connaissances.
Commenter  J’apprécie          270
LydiaB   15 avril 2013
A Dieu ne plaise de Martine Hermant
La matinée était claire, d'un air vif qui trahissait la saison avancée. La gelée blanche pâlissait les champs et les fossés mais le soleil, gagnant en force, dissolvait progressivement la pellicule cristallisée pour rendre à l'herbe luisante son vert vigoureux. Il semblait à Lysandre qu'il en faisait autant sur son dos, ses rayons réchauffaient l'extérieur de sa chape qu'elle tenait bien serrée autour d'elle dans la douce tiédeur de sa fourrure de fouine. Elle dégagea son visage, encore rougi par le froid, du chaperon. Gilles devait éprouver pareil contentement car il ne tarda pas à dégrafer le sien du camail pour s'en débarrasser.
- Ah ! ... s'exclama-t-il, avec satisfaction. Miels aime oreilles freschettes que de sorporter ça plus longues ! Proisme est la tempoire des pesants mantels : point ne nous encombrons desja. Las, je vais devoir porter cela orendroit...ajouta-t-il comiquement, que n'ai-je l'eur d'être plus avéros pour soldre porte-chape à mon aisement !
Se tournant vers Anieuse, un peu à l'arrière :
- Et toi, la belle, ne t'en chargierais-tu point ?
- Certes non ! répondit Anieuse avec aigreur.
Gilles émit un sifflement significatif et dit à Lysandre :
- Par saint Sulpice, vous avez là serve à avenante mine mais à mauvais contenement !
Lysandre, surprise, observait l'air hargneux d'Anieuse. Elle s'étonna plus encore quand elle la vit repousser avec violence le geste amical de Gilles qui lui caressa familièrement la joue. Elle s'était vivement reculée, fixant Gilles avec des yeux étincelants de haine. Poine grognait, le poil hérissé.
- Si m'ait Dieu : elle me charpirait la face si elle était chatte ! s'écria Gilles, contrefaisant la terreur.
Lysandre s'approcha doucement d'Anieuse, la considérant avec intérêt. Son incompréhensible colère donnait un relief inhabituel à son apparence d'ordinaire si fade.
- Et bien, Anieuse, qu'as-tu ? Messire Gilles ne t'a pas mestraitier, ce me semble... est-ce son querement qui t'engraignie ?
Anieuse secoua négativement la tête et s'empara sèchement du chaperon de Gilles. Puis, elle recula de nouveau hors de leur portée. Lysandre, la voyant si hostile, n'insista pas. Elle reprit le bras de Gilles en l'incitant à passer outre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          272
Witchblade   06 février 2014
Le rêve de la Licorne de Martine Hermant
- Fichus tas de cailloux ! Rien à glaner dans ces vieilles reliques prétentieuses, si ce n'est de la poussière !
Ménuisel haussa des épaules avec agacement. Décidément, le voleur n'avait guère le sens des valeurs !
Commenter  J’apprécie          250
Sarindar   06 avril 2015
A Dieu ne plaise de Martine Hermant
Quand la neige fit son apparition, avec sa fantasmagorie hypnotique, Lysandre éprouva un bonheur douloureux à voir cette mobilité aérienne figer le paysage dans un statisme compact et ensevelissant. Mais la nuit, la neige se faisait spectrale et, avec elle, les loups étaient ressortis des bois qui les rendaient discrets l'été, ils s'étaient peu à peu enhardis. Géraud, pour se distraire, autant que par nécessité, organisait des battues ; rien n'y faisait : les ténèbres avaient la voix de leurs gorges hurlantes et les lueurs fugitives de leurs yeux obliques.
Commenter  J’apprécie          220
TheWind   28 février 2018
A Dieu ne plaise de Martine Hermant
Rentrée sans encombre chez maître Barillier, Lysandre se mit au lit avec une hâte fébrile, omettant volontairement de prier Dieu - elle en voulait assez au monde entier pour ne pas l'excepter. Sa colère la maintenait contre les larmes mais non contre l'épuisement et, bien qu'elle se crût destinée à une nuit blanche, elle s'endormit si rapidement que ce lui fût une humiliation supplémentaire.
Commenter  J’apprécie          200
TheWind   24 octobre 2017
Le Choix d'Esteban de Martine Hermant
Nous sommes sous l'influence de ma licorne, animal lunaire, fille de la nuit et de l'univers féminin...Le cerf est annonciateur de lumière, soleil levant montant vers son zénith. De par ta nature et ma tutelle, tu es déjà un familier de la lune, il te reste à conquérir seul ta force virile.
Commenter  J’apprécie          200
Witchblade   09 février 2014
Le rêve de la Licorne de Martine Hermant
- Qu'a-t-il voulu dire avec cette histoire de sacrilège ?
Ficheroc répondit avec une mine soucieuse : cette mine et l'expédition jusqu'au trésor d'Esthajiuz sont déjà entrées dans le légende des nains. Le fait qu'ils en aient interdit l'accès ne veut pas dire qu'ils aient renoncé à sa possession. Nous sommes coupables d'avoir eu le désir et l'acte de violer un lieu sacré, je crains qu'un tel délit nous condamne tout bonnement à mort ! Surtout avec moi à vos côtés, comme circonstance aggravante... et votre refus de me livrer.
- Charmant peuple... grommela Odiem-Quin, et dire que je les trouvais sympathiques...
Commenter  J’apprécie          200
Witchblade   06 février 2014
Le rêve de la Licorne de Martine Hermant
Tout n'était qu'un leurre : Arvorc restait au fond le mercenaire qu'il avait toujours été, Ficheroc se souciait bien peu du sort de ses compagnons d'aventure tant qu'ils s'escortaient jusqu'à l'opale, quant à Odiem-Quin, que pouvait-elle espérer d'un être individualiste au point de ne prendre en considération que son propre plaisir ? (…) Gwerdan avait beaucoup de difficultés à contrer l'interprétation négative qu'elle lui opposait. Il lui fit doucement entendre que tout réalité avait une version positive et une autre plus sombre, toutes deux plausibles à l'intérieur de l'état qui les inspirait, mais la vérité se situait à un niveau différent, toutes subjectivités confondues.
Commenter  J’apprécie          200
Witchblade   04 février 2014
Le rêve de la Licorne de Martine Hermant
- Sans chercher à utiliser les secrets qu'il recèle ? s'étonna Gwerdan.
- Ce n'est pas dans nos aspirations, nous autres nains sommes des êtres simples qui nous contentons avant tout de l'ivresse de la contemplation et du bien collectif – ce en quoi je diffère.
Commenter  J’apprécie          200



Auteur membre de Babelio voir son profil
Acheter les livres de cet auteur sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura

Listes avec des livres de cet auteur


Quiz Voir plus

La Cousine Bette d'Honoré de Balzac

Au tout début du roman, Balzac évoque "une de ces voitures nouvellement mises en circulation sur les places de Paris", qui est un véhicule à quatre roues tiré par des chevaux avec sièges à deux places à l'arrière. Il s'agit d'une ou d'un ...

calèche
berline
limousine
milord

10 questions
14 lecteurs ont répondu
Thème : Honoré de BalzacCréer un quiz sur cet auteur