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Note moyenne 4.18 /5 (sur 599 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Meudon , le 13/08/1949
Biographie :

Pascal Manoukian est journaliste grand reporter, il a couvert la plupart des grands conflits qui ont secoué la planète entre 1975 et 1995.
En 2013 il prend la direction de la célèbre Agence Capa. Il la quitte en 2016 pour se consacrer entièrement à l'écriture.

En 2013, il publie "Le Diable au creux de la main", un récit sur ses années de guerre dûment salué par la critique.

En 2015, il publie les "Échoués" et obtient le prix Première à la Foire du Livre de Bruxelles.

En 2017, son deuxième roman "Ce que tient ta main droite t'appartient" sur l'univers de Daesh obtient le prix des lecteurs de la Foire de Brive.

En 2018, il publie au Seuil "Le paradoxe d'Anderson" un roman sur la violence sociale et "Au royaume des insoumis" aux éditions Erick Bonnier un livre de textes et de photos sur ses dix ans de reportages pendant l'invasion soviétique de l'Afghanistan.

En 2020, il publie "Le Cercle des Hommes" au Seuil. Un conte écologique avec pour décors l'Amazonie.

Tous ces romans sont aussi publiés dans la collection "Points".



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Source : France Inter
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Sebthocal   21 décembre 2018
Le paradoxe d'Anderson de Pascal Manoukian
Autour d'Essaimcourt, aucun village n'a résisté. Une seconde Occupation, sans chars ni Gestapo. Les mêmes qui avaient combattu se sont rendus, ont capitulé, ont levé les bras. Les drapeaux bleu-blanc-rouge déployés à l'époque de Léon pour affirmer la résistance au néant le sont aujourd'hui pour symboliser son acceptation. C'est une reddition. Cette fois, l'ennemi vient de l'intérieur. Les slogans de haine endeuillent les murs des usines, souhaitent la mort d'Arabes là où on n'en croise aucun. Chaque voyage en car scolaire désespère Léa. Elle regarde défiler cette France recroquevillée où les frontistes, comme des dealers, refilent leurs saloperies et leurs idées mortifères. Les villages comptent de plus en plus d'accros. Les permanences du parti sont autant de salles de shoot, où à l'abri des murs et des slogans on autorise ce qui est interdit : la haine de l'autre, le racisme, le négationnisme. Le plus noir de l'homme est repeint en bleu marine, un camouflage grossier. On n'est plus facho mais patriote, plus raciste mais pour la préférence nationale, plus antisémite mais contre les forces de l'argent. Le père a fait sa fortune en détournant l'héritage d'un cimentier, sa fille s'en sert pour dresser des murs. Chaque village conquis s'isole du reste du monde, s'entoure de remparts comme au Moyen Âge. Ils sont déjà des centaines à avoir choisi cet enfermement volontaire. Léa, elle, ne rêve que d'enjamber des ponts.



Pages 21-22, Seuil, 2018.
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Sebthocal   17 janvier 2019
Le paradoxe d'Anderson de Pascal Manoukian
Moi, tu sais quoi ?... Je ne rêve plus. Ils ont même fini par m'enlever ça. À quoi tu veux rêver à 37 ans avec 1200 euros par mois ! Aux vacances ? Je ne dépasse jamais les putains de galets de Dieppe. À une maison ? Mon banquier m'a fait comprendre que j'avais plus de chances de choper Shakira qu'un crédit immobilier. Alors qu'est-ce qui me reste ? La baise ? Mais en faisant attention, alors, parce que j'ai déjà deux gosses. La picole ? Mais en faisant encore plus gaffe, parce que si je perds mon permis je perds mon boulot.



Page 217, Seuil, 2018.
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Sebthocal   18 janvier 2019
Le paradoxe d'Anderson de Pascal Manoukian
Il y a peu de temps encore on se disputait sa compagnie. Elle encombrait ses journées de rendez-vous inutiles, d'apéros, de déjeuners du week-end, de mèches chez le coiffeur, de sorties ciné/ pizza quatre-fromages entre copines au multiplexe de la zone industrielle. Son téléphone sonnait, on comptait sur elle, on lui faisait promettre « à demain » ou « à très vite », elle embrassait, lançait des « ciao » avec la main, textotait des « merci » et des « je t'aime ». Depuis, comme un cyclone, le chômage a déforesté sa vie, plus un de ses arbres ne tient debout, on dirait les montagnes pelées d'Haïti, rien pour arrêter l'érosion, personne, un Sahel affectif. Elle ne parle plus qu'à des guichets et des hygiaphones, n'appelle plus que des numéros à quatre chiffres, surtout le 3949, ne s'adresse plus qu'à des répondeurs et à des voix numériques, articulant lentement son identifiant à sept chiffres et ses mots de passe, punie, bannie, coupable simplement d'avoir la quarantaine juste à la pliure entre l'économie d'hier et celle de demain. Elle se demande ce que vont devenir tous ceux qui travaillent avec leurs mains. Où vont disparaître leurs gestes, dans quels musées ? Les terrils et les mines sont déjà classés au Patrimoine de l'Unesco. Quel avenir pour toutes ces usines mortes ? Des cars scolaires y emmèneront peutêtre les enfants pour observer des ouvriers faisant semblant de travailler en tournant en rond autour de machines débranchées comme les singes des zoos font semblant de vivre libres.



Pages 221-222, Seuil, 2018.
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Sebthocal   11 janvier 2019
Le paradoxe d'Anderson de Pascal Manoukian
— J'ai vu un reportage sur une usine de jeans à Dacca, raconte-t-elle, la journaliste y faisait le portrait croisé d'une ouvrière française et d'une jeune Bangladaise. L'une avait perdu son travail, l'autre l'avait récupéré. L'une touchait des indemnités pour oublier les gestes, l'autre s'esquintait le dos à les répéter, toujours les mêmes, pour presque rien. L'une se sentait inutile, l'autre utilisée. Fallait voir le gâchis... se désole-t-elle.

Aucune ne gagnait de quoi faire vivre sa famille. Ça n'avait produit que du malheur.

— Et tu sais quoi ? lui demande Cindy. Le plus dégueulasse, c'est que malgré toute cette casse, en cinquante ans de tour du monde dans les usines les plus pourries, le prix du jean n'a jamais baissé ! Tu continues à le payer aussi cher que tes parents ! La seule différence, c'est qu'aujourd'hui tu tires la langue pour t'en offrir un.



Pages 52-53, Seuil, 2018.
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Sebthocal   09 janvier 2019
Le paradoxe d'Anderson de Pascal Manoukian
Personne ne comprend rien aux ouvriers sauf les ouvriers eux-mêmes. Les usines font peur comme les cités. On n'y voit que la crasse, la cadence des chaînes, on n'en retient que le vacarme des machines, le claquement des pointeuses, la fumée de pneus qui brûlent, la violence des piquets de grève et les larmes des licenciés. Pourtant, chaque matin Aline y retrouve ses petits bonheurs, le travail bien fait d'abord et le travail tout court surtout, le café à la cantine, l'art du geste précis et maîtrisé, la complicité de classe et cette énergie qui, malgré la fatigue et les douleurs, court les ateliers.



Page 47, Seuil, 2018.
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Sebthocal   16 janvier 2019
Le paradoxe d'Anderson de Pascal Manoukian
À sa décharge, tente-t-il de se convaincre, les ouvriers se dressent rarement contre le système. Même avec de l'eau jusqu'au cou ils espèrent encore, il faut attendre que le niveau de désespoir atteigne les mocassins des couches supérieures pour voir se dresser les barricades. Aujourd'hui la France y est presque. Une grande partie des infirmières, des professeurs, des artisans, des médecins a déjà les pieds dans l'eau. Plus personne ne se sent au sec. Chacun tremble de devoir renoncer à sa manière de vivre, d'être obligé de sacrifier la scolarité d'un enfant sur deux, de ne plus pouvoir s'occuper dignement de ses parents. La marée monte, inexorablement, inondant les classes moyennes. Les familles réclament désespérément les secours. Elles espèrent des bouées et on leur jette des modes d'emploi pour s'en fabriquer. Chacun doit devenir son propre sauveteur, s'auto-employer, chercher son salut dans l'économie de partage, louer sa voiture, sa perceuse ou son appartement, se « blablacariser s'« ubériser», se « crowdfundiser» pour pallier la frilosité des patrons et des banques, et, ultime abandon, accepter d'être licencié plus facilement pour espérer être embauché.



Pages 213-214, Seuil, 2018
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Sebthocal   10 janvier 2019
Le paradoxe d'Anderson de Pascal Manoukian
Aline vient de comprendre la mondialisation : c'est lorsque son travail disparaît dans un pays dont on ne connaît rien. Il n'y a pas mieux aujourd'hui pour enseigner la géographie aux enfants que de leur apprendre où sont passées les usines de leurs parents, se dit-elle.



Page 52, Seuil, 2018.
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Sebthocal   13 janvier 2019
Le paradoxe d'Anderson de Pascal Manoukian
En une décennie de casse industrielle, de délocalisations, de plans sociaux, la corpulence moyenne des ouvriers du canton touchés par les fermetures d'usines a quadruplé. La faute en partie aux produits bas de gamme et aux mauvais sodas dont les grandes surfaces remplissent leurs rayons pour essayer, au fur et à mesure que la mondialisation en fabrique, de garder les pauvres comme clients. Trop d'acides gras, de E210, de E215, de graisses saturées, d'additifs chimiques, d'exhausteurs de goût, destinés à augmenter l'accoutumance aux marques les moins chères et les plus caloriques. Pour les Hyper et les Super, peu importent le cholestérol et la glycémie pourvu qu'il y ait l'ivresse d'un flux continu de Caddie aux caisses. Tout est bon à prendre : salaires, indemnités, allocations de fin de droits, minimum vieillesse, tickets restaurant.



Pages 80-81, Seuil, 2018.
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Sebthocal   26 février 2020
Le Cercle des Hommes de Pascal Manoukian
« Apprenez à vos enfants ce que nous apprenons à nos enfants, que la terre est notre mère. Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre. Lorsque les hommes crachent sur la terre, ils crachent sur eux-mêmes. Nous le savons : la terre n'appartient pas à l’homme, c'est l’homme qui appartient à la terre. Nous le savons : toutes choses sont liées comme par le sang qui unit une même famille. L’homme n'a pas tissé la toile de la vie. Il n'est qu'un fil de tissu. Tout ce qu'il fait à la toile, il le fait à lui-même. »

Lettre du chef Seattle au gouvernement américain.



« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal mais par ceux qui les regardent sans rien faire. »

Albert Einstein.



Épigraphes du roman.
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Sebthocal   15 janvier 2019
Le paradoxe d'Anderson de Pascal Manoukian
Au fond du tiroir traîne une photo de ses beaux-parents posant devant la ferme familiale juste avant de vendre leurs terres à Univerre.

On croirait le tableau de Grant Wood et sa fermière au visage sévère, figée au côté de son père encore plus sinistre, posant une fourche à la main devant la façade en bois d'une maison blanche, dressée derrière eux comme un cercueil, celui de l'Amérique tout entière ravagée par la Grande Dépression, un genou à terre, empoisonnée par les actifs toxiques. Le même aveuglement qu'aujourd'hui.



Page 183, Seuil, 2018.
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