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ISBN : 2351781422
Éditeur : Gallmeister (03/01/2017)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 226 notes)
Résumé :
Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’éléctricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs pas... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (108) Voir plus Ajouter une critique
marina53
09 mai 2017
C'est un bien curieux Noël que s'apprêtent à fêter Nell et Eva puisque aujourd'hui le monde a changé. Il n'y a plus d'électricité, plus de téléphone, plus une goutte d'essence. Aucun avion dans le ciel. Les écoles, les bibliothèques et les banques sont fermées. Et c'est à quelques dizaines de kilomètres de Redwood, à l'orée de la forêt, que les deux soeurs, orphelines depuis peu, tenteront de marquer le coup. Nell recevra un cahier, retrouvé par hasard derrière une commode. Pour Eva, ce sera sa paire de chaussons de danse que sa soeur lui aura réparée. Un Noël bien loin de ce qu'elles ont connu. Une vie bien loin de ce qu'elles se sont imaginées, la danse pour l'aînée, Harvard pour la benjamine. Aujourd'hui, il faut apprendre à survivre dans ce monde, se battre, s'adapter...
Dans ce récit post-apocalyptique, le monde n'est plus ce qu'il était. Ni eau, ni électricité, ni essence, réduisant toute activité commerciale et économique presque à néant. Les gens fuient vers un ailleurs, tentent de comprendre ce qui s'est passé. Épidémie ? Guerre? Attaque chimique ? Personne ne le sait. C'est dans ce contexte de désolation que tentent de survivre Eva et Nell, deux soeurs âgées respectivement de 18 et 17 ans. Apprenant à se servir du moindre objet, cultivant chaque parcelle de leur potager, minimisant les repas, économisant sur ce qu'il leur reste d'essentiel tel que la farine ou le sucre, inventant une nouvelle vie, elles survivent tant bien que mal dans cette maison, désormais seules, leurs parents étant décédés. Nell, la narratrice, rapporte jour après jour, son quotidien qu'elle note dans le cahier offert par sa soeur. le lecteur partage avec elle ses doutes, ses angoisses, ses espoirs. Deux soeurs pour lesquelles on éprouve compassion et attachement. Jean Hegland dépeint à merveille d'une part la relation entre les deux soeurs, quasi fusionnelles, et d'autre part, cette nature environnante, foisonnante et parfois hostile, cette forêt imposante, personnage à part entière de ce roman. Elle décrit avec moult détails le quotidien d'Eva et Nell, leur vie dans cette clairière. Ce huis-clos, paru il y a 20 ans aux États-Unis, fait preuve d'une originalité et d'une richesse incomparables, d'une narration vivante et vivifiante. Un temps suspendu troublant, sensuel et puissant...
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Souri7
10 février 2017
Enfin ! Enfin un roman réaliste et saisissant sur la fin de notre civilisation de consommation où l'essence, l'électricité viennent à manquer… Enfin un roman ne nous proposant pas une fin du monde suite à une invasion extra-terrestre, une infection, une attaque de mutants, une météorite (ou que sais-je encore) le tout dans une époque lointaine et futuriste où le personnage central aurait pour mission de sauver le monde. Bref, une fin du monde souvent décrite comme un aléa venant de l'extérieur où l'homme serait une victime et non un acteur. Non, rien de tout cela. Un roman simple, reprenant le vécu de Nell à travers son journal. Cela parle immédiatement au lecteur qui peut de suite s'identifier à cette jeune fille et sa soeur qui au départ restent dans l'expectative en espérant un retour à la « normale » puis qui prennent leur destin en main lorsqu'elles comprennent que ce qu'elles ont connu est du passé et qu'une nouvelle ère plus proche de la nature, moins dépendante de tout ce qui est matériel s'ouvre devant elles.

Un roman magnifique qui au départ peu dérouter par sa simplicité. Effectivement, les raisons du changement sont évoquées brièvement, aucune information n'est donnée au lecteur qui se retrouve plongé dans une sorte de huis clos au milieu d'une forêt avec deux jeunes filles loin de tout, attendant et vivotant. le lecteur a envie d'en savoir plus sur les raisons, les conséquences d'un point de vue terrestre mais les seules informations sont celles que donne Nell. Très rapidement, le lecteur comprend justement que dans une situation identique, le commun des mortels serait dans la même situation ; à savoir peu informé, dépendant des rumeurs, des on-dit qui courent et se préoccupant surtout de survivre en attendant des jours meilleurs.

Un roman réaliste puisque l'auteur ne se permet pas d'édulcorer la situation et le récit ne tombe à aucun moment dans le pathos. Les deux jeunes filles se retrouvent livrées à elle-même sans mère, puis sans père. La société qu'elles ont connue se désagrège à vue d'oeil, l'homme devient égocentrique, cherchant à survivre au détriment des autres, et ce par le vol, le viol. Voir les espérances futiles (entrée à Harvard, devenir danseuse) de Nell et Eva petit à petit disparaître au profit d'une prise de conscience de la réalité et de problèmes essentiels (faim, soin, danger) et les voir réagir en faisant appel à leur instinct primal (inné) et non à leurs acquis scolaires est passionnant. Leur découverte que la forêt n'est pas seulement un lieu mais une source de richesse et pourvoyeuse de besoin est magnifiquement décrite dans ce livre.

Un roman écrit il y a plus de vingt ans et qui pourtant reste d'actualité, abordant des problématiques réalistes comme la fin des énergies fossiles, une société basée et dépendante de l'électricité, des machines, des ordinateurs où l'homme n'a qu'une place de consommateur. La perte de cet acquis permet à l'homme de se retrouver avec lui-même mais également de redécouvrir la nature qui l'entoure. Cela redonne sa véritable place à l'homme qui a tendance à se croire supérieur, invulnérable et autonome. Comme l'auteur le dit si bien dans son récit au travers d'un échange entre les deux soeurs, notre civilisation « électricité » n'existe que depuis à peine deux cents ans alors que l'homme, lui était là bien avant et sans en avoir besoin.

Comme le démontre l'histoire, des civilisations se sont créées et ont été détruites… pour permettre à l'homme à chaque fois de rebondir. Ce livre n'est pas seulement un roman « apocalyptique » mais un beau message d'espoir concernant l'homme et un retour à l'humilité de celui-ci. Un livre qui ne laissera pas indifférent dans tous les cas. 👍
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Kittiwake
22 février 2017
Sous des airs de science fiction, c'est plutôt une robinsonade que nous propose avec beaucoup de talent Jean Hegland. Certes, il n'y a pas la mer, mais l'environnement hostile et l'isolement total du reste des humains (s'il en reste) recrée les conditions d'une vie insulaire.
On sait que des événements graves se sont produits peu à peu, (épidémies ?, catastrophe économique, on en sait trop rien et ce n'est pas le sujet) , ruinant l'organisation, qui après coup apparaît bien précaire, de nos institutions. Fin de la distribution d'électricité, fin des communications, des sources d'énergies fossiles, fin de toute activité commerciale, Nell, Eva et leurs parents sont contraints de vivre en autarcie à l'orée d'une forêt. Quatre, trois puis deux, c'est bientôt seules qu'Eva et Nell vont gérer leur existence, pour assurer leur survie.
Frugalité, utilisation des moindres objets qu'avait amassés leur père (au cas où….), jardinage, les deux jeunes filles ne renoncent cependant pas à leurs rêves, la danse ou Harvard. Malgré les contrainte de plus en plus exigeantes, l'une étudie et l'autre s'exerce à la barre.
Le moindre objet récupéré devient une ressource, et c'est grâce à un carnet vierge que Nell utilise pour noter ses états d'âme et ses projets , autant que ses souvenirs que nous sommes conviés à partager son intimité.
C'est avec beaucoup de pudeur que l'auteur analyse la relation fusionnelle et sensuelle qui se construit entre les deux soeurs. le désir a ses exigences et s'accommode avec la réalité.
La qualité de la narration est excellente, le ton est juste, et permet une communion sans réserve avec les propos de la jeune narratrice.
Un petit bémol pour la fin (que je tais, bien sûr). Certes il n'est pas simple de se sortir de se genre de récit mais ici on sombre un peu trop dans la métaphore
Enfin, ce roman aux allures post-apocalyptique ne doit pas rebuter les anti-science-fiction. Les circonstances qui sont à l'origine de ce huis-clos tragique ne constituent qu'un prétexte, pour un magnifique récit, qui ne tombe pas dans le piège d'un message moralisateur, tout en pointant bien du doigt la précarité des artifices qui nous permettent aujourd'hui de profiter d'un environnement confortable sans effort.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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michemuche
22 mai 2017
Nell et Eva s'apprêtent à célébrer noël, mais cette année la fête de la nativité a un gout amer. le premier noël sans les parents et surtout sans électricité.
Elles vivent dan la forêt depuis toujours. le désir de Nell était d'entrer à Harvard mais c'était avant le grand chamboulement.
Eva c'est la danse sa raison de vivre comme jadis sa mère, mais danser sans musique c'est comme peindre sans couleurs.
Une autre vie s'offre à elles, pas facile, cruelle, au rythme des saisons elles apprennent à survivre avec le petit espoir du retour de la fée électricité.
" Dans la forêt" de Jean Hegland est un petit bijou, ce roman écrit en 1996 n'a pas pris une ride.
" Dans la forêt" nous rappelle que l'espèce humaine est en équilibre instable, que la nature est plus forte, que nous ne pouvons lutter face à elle.
Nous, qui sommes habitués au confort , qui polluons, détruisons les ressources, la vie animale, ce roman a de quoi nous faire réfléchir. Nous entrons dans cette forêt inquiétante, l'odeur des mousses et champignons est omniprésente, les feuilles qui craquent sous les pas, le murmure d'un ruisseau qui trace son chemin, les séquoias, arbres majestueux et immortels....
Tout cela Nell et Eva vont le découvrir. Et pour finir je voulais parler de la tension psychologique palpable entre deux soeurs que tout sépare.
Un magnifique roman qui nous remet à notre place.
bonne lecture et n'oubliez pas d'éteindre la lumière en sortant.
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Allantvers
20 mars 2017
Un très joli roman sur la reconnexion au monde, dans lequel, après que les écrans se soient éteints et les moteurs arrêtés, on réentend les arbres pousser, on réapprend la symbiose avec la Nature, on redécouvre par l'expérience les réflexes des ancêtres indiens sur cette terre d'Amérique du Nord, on ressent comment ils disparurent et pourquoi il faut continuer de vivre.
L'après-consumérisme est un thème qui ne peut qu'intéresser de plus en plus d'écrivains qui en sortent autre chose qu'un classique récit post-apo. Je pense notamment à l'excellent Station Eleven d'Emily St John Mandel sorti en 2016, qui interroge le devenir de la culture dans un univers « dé-technologisé » mais pas encore ré-enchanté.
L'originalité de celui-ci, outre le fait d'être précurseur dans cette approche car écrit il y a déjà vingt ans, est d'avoir construit un roman statique là où l'on s'attend à une fuite devant la tourmente d'un monde ravagé, et de l'avoir ancré dans la persistance de la passion, celle qui continue à animer ces deux soeurs orphelines isolées dans leur maison dans la forêt, l'une continuant de danser sans musique, l'autre de lire le dernier livre, l'encyclopédie de A à Z.
Et la magie opère au fil du temps qui s'étire lentement et des ressources qui s'amenuisent inexorablement, car la vie continue de bouillir en elles jusqu'à trouver de nouveaux chemins d'épanouissement.
Un livre qui berce et murmure, qui nourrit et ramène à l'essentiel.
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Les critiques presse (4)
LaPresse23 mars 2017
Un roman superbement écrit qui alterne intensité et lenteur, mais aussi une oeuvre bouleversante et terriblement oppressante.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Actualitte14 mars 2017
Il immerge le lecteur dans une ambiance presque irréelle et terriblement attirante, absorbe totalement son attention, libère une ardente émotion. Epanouit et rend heureux.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeJournaldeQuebec27 février 2017
Un roman-choc qu’on recommande à l’impératif. Parce qu’en plus d’être un coup de cœur, il nous incite vraiment à ­regarder l’avenir d’un ­autre œil.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Telerama08 février 2017
Il faut se laisser happer par ce livre-refuge aussi dévorant que régénérant, qui montre qu'on peut toujours se fabriquer un nid douillet avec des broussailles.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (117) Voir plus Ajouter une citation
BoulibooksBoulibooks21 mai 2017
Le bout de mon sein couvert de bave a alors glissé de sa bouche détendue, et il s'est assoupi. Il a dormi pendant que le feu dans le poêle se transformait en braises et que la lumière de l'hiver baissait dans la maison. Il a dormi dans mes bras jusqu'à ce qu'ils soient douloureux, comme s'ils étaient accrochés à un chêne toute la nuit. Il a dormi pendant des heures dans mes bras et je l'ai regardé, j'ai observé les rêves parcourir son visage telles les ombres des nuages, et je me suis juré de ne pas le laisser mourir. Quand bien même il me faudrait le nourrir de mon sang.
+ Lire la suite
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michemuchemichemuche21 mai 2017
Je me demande, a dit Eva en se levant pour recommencer à danser, pourquoi qui que ce soit voudrait marcher sur l'eau... alors qu'on peut danser sur la terre.
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BoulibooksBoulibooks17 mai 2017
Nous nous sommes étreintes pendant une longue seconde puis avons bondi toutes les deux en arrière. Ces jours-ci, nos corps portent nos chagrins comme s'ils étaient des bols remplis d'eau à ras bord. Nous devons être vigilantes tout le temps ; au moindre sursaut ou mouvement inattendu, l'eau se renverse et se renverse et se renverse.
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michemuchemichemuche16 mai 2017
Quand elle est morte, la vie entière de notre père a semblé s'effondrer comme un trou noir, créant cette densité que l'encyclopédie appelle singularité, une force de laquelle rien ne peut s'échapper, une négativité qui dévore même la lumière.
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michemuchemichemuche15 mai 2017
L'éducation, c'est une question de connexions, de relations qui existent entre tout ce qui se trouve dans l'univers, c'est se dire que chaque gosse de l'école primaire de Redwood possède quelques atomes de Shakespeare dans son corps
- Et quelques-uns d'Hitler, ajoutait ma mère avec ironie.
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