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ISBN : 2351781422
Éditeur : Gallmeister (03/01/2017)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 271 notes)
Résumé :
Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’éléctricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs pas... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (123) Voir plus Ajouter une critique
Souri7
10 février 2017
Enfin ! Enfin un roman réaliste et saisissant sur la fin de notre civilisation de consommation où l'essence, l'électricité viennent à manquer… Enfin un roman ne nous proposant pas une fin du monde suite à une invasion extra-terrestre, une infection, une attaque de mutants, une météorite (ou que sais-je encore) le tout dans une époque lointaine et futuriste où le personnage central aurait pour mission de sauver le monde. Bref, une fin du monde souvent décrite comme un aléa venant de l'extérieur où l'homme serait une victime et non un acteur. Non, rien de tout cela. Un roman simple, reprenant le vécu de Nell à travers son journal. Cela parle immédiatement au lecteur qui peut de suite s'identifier à cette jeune fille et sa soeur qui au départ restent dans l'expectative en espérant un retour à la « normale » puis qui prennent leur destin en main lorsqu'elles comprennent que ce qu'elles ont connu est du passé et qu'une nouvelle ère plus proche de la nature, moins dépendante de tout ce qui est matériel s'ouvre devant elles.

Un roman magnifique qui au départ peu dérouter par sa simplicité. Effectivement, les raisons du changement sont évoquées brièvement, aucune information n'est donnée au lecteur qui se retrouve plongé dans une sorte de huis clos au milieu d'une forêt avec deux jeunes filles loin de tout, attendant et vivotant. le lecteur a envie d'en savoir plus sur les raisons, les conséquences d'un point de vue terrestre mais les seules informations sont celles que donne Nell. Très rapidement, le lecteur comprend justement que dans une situation identique, le commun des mortels serait dans la même situation ; à savoir peu informé, dépendant des rumeurs, des on-dit qui courent et se préoccupant surtout de survivre en attendant des jours meilleurs.

Un roman réaliste puisque l'auteur ne se permet pas d'édulcorer la situation et le récit ne tombe à aucun moment dans le pathos. Les deux jeunes filles se retrouvent livrées à elle-même sans mère, puis sans père. La société qu'elles ont connue se désagrège à vue d'oeil, l'homme devient égocentrique, cherchant à survivre au détriment des autres, et ce par le vol, le viol. Voir les espérances futiles (entrée à Harvard, devenir danseuse) de Nell et Eva petit à petit disparaître au profit d'une prise de conscience de la réalité et de problèmes essentiels (faim, soin, danger) et les voir réagir en faisant appel à leur instinct primal (inné) et non à leurs acquis scolaires est passionnant. Leur découverte que la forêt n'est pas seulement un lieu mais une source de richesse et pourvoyeuse de besoin est magnifiquement décrite dans ce livre.

Un roman écrit il y a plus de vingt ans et qui pourtant reste d'actualité, abordant des problématiques réalistes comme la fin des énergies fossiles, une société basée et dépendante de l'électricité, des machines, des ordinateurs où l'homme n'a qu'une place de consommateur. La perte de cet acquis permet à l'homme de se retrouver avec lui-même mais également de redécouvrir la nature qui l'entoure. Cela redonne sa véritable place à l'homme qui a tendance à se croire supérieur, invulnérable et autonome. Comme l'auteur le dit si bien dans son récit au travers d'un échange entre les deux soeurs, notre civilisation « électricité » n'existe que depuis à peine deux cents ans alors que l'homme, lui était là bien avant et sans en avoir besoin.

Comme le démontre l'histoire, des civilisations se sont créées et ont été détruites… pour permettre à l'homme à chaque fois de rebondir. Ce livre n'est pas seulement un roman « apocalyptique » mais un beau message d'espoir concernant l'homme et un retour à l'humilité de celui-ci. Un livre qui ne laissera pas indifférent dans tous les cas. 👍
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marina53
09 mai 2017
C'est un bien curieux Noël que s'apprêtent à fêter Nell et Eva puisque aujourd'hui le monde a changé. Il n'y a plus d'électricité, plus de téléphone, plus une goutte d'essence. Aucun avion dans le ciel. Les écoles, les bibliothèques et les banques sont fermées. Et c'est à quelques dizaines de kilomètres de Redwood, à l'orée de la forêt, que les deux soeurs, orphelines depuis peu, tenteront de marquer le coup. Nell recevra un cahier, retrouvé par hasard derrière une commode. Pour Eva, ce sera sa paire de chaussons de danse que sa soeur lui aura réparée. Un Noël bien loin de ce qu'elles ont connu. Une vie bien loin de ce qu'elles se sont imaginées, la danse pour l'aînée, Harvard pour la benjamine. Aujourd'hui, il faut apprendre à survivre dans ce monde, se battre, s'adapter...
Dans ce récit post-apocalyptique, le monde n'est plus ce qu'il était. Ni eau, ni électricité, ni essence, réduisant toute activité commerciale et économique presque à néant. Les gens fuient vers un ailleurs, tentent de comprendre ce qui s'est passé. Épidémie ? Guerre? Attaque chimique ? Personne ne le sait. C'est dans ce contexte de désolation que tentent de survivre Eva et Nell, deux soeurs âgées respectivement de 18 et 17 ans. Apprenant à se servir du moindre objet, cultivant chaque parcelle de leur potager, minimisant les repas, économisant sur ce qu'il leur reste d'essentiel tel que la farine ou le sucre, inventant une nouvelle vie, elles survivent tant bien que mal dans cette maison, désormais seules, leurs parents étant décédés. Nell, la narratrice, rapporte jour après jour, son quotidien qu'elle note dans le cahier offert par sa soeur. le lecteur partage avec elle ses doutes, ses angoisses, ses espoirs. Deux soeurs pour lesquelles on éprouve compassion et attachement. Jean Hegland dépeint à merveille d'une part la relation entre les deux soeurs, quasi fusionnelles, et d'autre part, cette nature environnante, foisonnante et parfois hostile, cette forêt imposante, personnage à part entière de ce roman. Elle décrit avec moult détails le quotidien d'Eva et Nell, leur vie dans cette clairière. Ce huis-clos, paru il y a 20 ans aux États-Unis, fait preuve d'une originalité et d'une richesse incomparables, d'une narration vivante et vivifiante. Un temps suspendu troublant, sensuel et puissant...
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Kittiwake
22 février 2017
Sous des airs de science fiction, c'est plutôt une robinsonade que nous propose avec beaucoup de talent Jean Hegland. Certes, il n'y a pas la mer, mais l'environnement hostile et l'isolement total du reste des humains (s'il en reste) recrée les conditions d'une vie insulaire.
On sait que des événements graves se sont produits peu à peu, (épidémies ?, catastrophe économique, on en sait trop rien et ce n'est pas le sujet) , ruinant l'organisation, qui après coup apparaît bien précaire, de nos institutions. Fin de la distribution d'électricité, fin des communications, des sources d'énergies fossiles, fin de toute activité commerciale, Nell, Eva et leurs parents sont contraints de vivre en autarcie à l'orée d'une forêt. Quatre, trois puis deux, c'est bientôt seules qu'Eva et Nell vont gérer leur existence, pour assurer leur survie.
Frugalité, utilisation des moindres objets qu'avait amassés leur père (au cas où….), jardinage, les deux jeunes filles ne renoncent cependant pas à leurs rêves, la danse ou Harvard. Malgré les contrainte de plus en plus exigeantes, l'une étudie et l'autre s'exerce à la barre.
Le moindre objet récupéré devient une ressource, et c'est grâce à un carnet vierge que Nell utilise pour noter ses états d'âme et ses projets , autant que ses souvenirs que nous sommes conviés à partager son intimité.
C'est avec beaucoup de pudeur que l'auteur analyse la relation fusionnelle et sensuelle qui se construit entre les deux soeurs. le désir a ses exigences et s'accommode avec la réalité.
La qualité de la narration est excellente, le ton est juste, et permet une communion sans réserve avec les propos de la jeune narratrice.
Un petit bémol pour la fin (que je tais, bien sûr). Certes il n'est pas simple de se sortir de se genre de récit mais ici on sombre un peu trop dans la métaphore
Enfin, ce roman aux allures post-apocalyptique ne doit pas rebuter les anti-science-fiction. Les circonstances qui sont à l'origine de ce huis-clos tragique ne constituent qu'un prétexte, pour un magnifique récit, qui ne tombe pas dans le piège d'un message moralisateur, tout en pointant bien du doigt la précarité des artifices qui nous permettent aujourd'hui de profiter d'un environnement confortable sans effort.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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fanfanouche24
23 juin 2017
Vu le grand nombre des critiques de ce livre... Je vais patienter pour les lire après avoir rédigé mes propres impressions sur cette lecture aussi passionnante que passablement déroutante !
Une rapide parenthèse pour dire et redire mon enthousiasme pour la qualité des choix des éditions Gallmeister...
Découverte complète de ce texte et de cette auteure qui a édité avec beaucoup de difficulté ce roman, il y a plus de 20 années [1996], qui finalement connut un grand succès !
Deux adolescentes, Nell et Eva, se retrouvent orphelines, complètement isolées dans la maison familiale, au coeur de la forêt, dans un monde qui s'effrite: plus d'électricité, plus de téléphone, plus de magasins, plus de médecins, plus d'hôpitaux; plus d'écoles, etc.
Elles doivent se débrouiller pour survivre... Il y a l'évocation de leur enfance, avec des parents aimants et excentriques, leur vie atypique au coeur de la forêt, où elles sont non scolarisées...et vivent, apprennent à leur rythme
Cette fiction à maintes égards était très en avance !
Fiction époustouflante... qui après des années, n'a pas pris une ride, en dénonçant déjà de façon sous-jacente notre société de consommation....
Ces deux soeurs se retrouvent seules à faire face pour survivre, déployer toute leur imagination et leur inventivité pour rester en vie...
C'est alors un apprentissage en profondeur de la nature, de l'essentiel ...
Dans cet espace vierge, dépourvu de toute civilisation, et quasi de trace humaine, les deux soeurs doivent réinventer "leur vie, leur chemin", dépasser leurs différences ainsi que leurs désaccords, comme comment
utiliser au mieux le peu d'essence qui leur reste ?!
Nell avait la possibilité de partir avec son petit ami, pour Boston, à pied... espérant un avenir meilleur, mais au bout d'une journée de marche, Nell renonce, ne se résoud pas à abandonner sa soeur, la seule famille qui lui reste....
Hormis ce huis clos sororal réconfortant [même si quelque peu tumultueux], l'arrêt de toute activité, les coupures d'électricité , l'absence de ligne téléphonique, plus d'essence , et la barbarie, la sauvagerie pointeront à l'horizon comme dans un no man's land, un territoire qui n'a plus ni loi ni limite où chacun se débrouille comme il pourra... en sachant que tout pourrait être permis et survenir !!
Le récit pourrait être des plus angoissants, mais l'amour très fort entre ces deux soeurs leur permet de garder énergie et volonté, en dépit de toutes les difficultés à assumer; les souvenirs aimants et heureux avec leurs deux parents est un terreau nourrissant, vivifiant, leur permettant en évoquant les beaux souvenirs, de se ressourcer, de tenir bon...
Un texte insolite, troublant... comme si ces deux soeurs,
seules au monde, recommençaient à leur manière, une
histoire de l'Humanité. Devant survivre, elles se rendent
compte qu'elles n'ont pas été assez attentives, qu'elles ne se sont pas assez intéressées à ce que leur père leur transmettait sur le potager, la forêt...et qu'au début des temps, les humains ont survécu avec rien, avec cette nature qu'ils ont apprivoisée, appris à connaître...
Je redis la joie et l'enthousiasme d'avoir lu et pris connaissance de l'univers original de cette auteure américaine, Jean Hegland... Je serai curieuse de
connaître ses autres écrits... et les autres thèmes qu'elle a pu traiter....
Une lecture qui fait, de plus, abondamment réfléchir... qui restera , j'en suis sûre très longuement dans mon esprit....

Je terminerai par cet extrait...significatif, de l'ampleur des réflexions suscitées par cette fiction, où Nell et Eva, les deux soeurs trouveront leur manière de "recommencer" une vie autre, après toutes les épreuves vécues ensemble pour survivre et surmonter leurs peurs ...Elles se sont délestées de tout ce qui faisait leur existence passée,
pour apprendre à réfléchir et aborder leur passage sur cette terre , autrement...

"— Quand l'homme est-il apparu ?
— Quoi ?
— Quand a-t-il évolué ?
— Homo sapiens sapiens est apparu à la fin du Pléistocène moyen, ai-je
répondu, citant l'encyclopédie.
— C'est-à-dire ?
— L'homme est apparu il y a au moins cent mille ans. Peut-être même
deux ou trois fois ça.
— L'homme est apparu il y a au moins cent mille ans. Et depuis quand
l'électricité existe ?
— Eh bien, Edison a inventé la lampe incandescente en 1879.
— Tu vois ? Tout ça… (et d'un ample mouvement du bras, elle a
désigné les pièces de la seule maison que j'avais toujours connue) n'était que…
comment l'as-tu appelé ? Une fugue dissociative.
Elle a montré ensuite l'obscurité qu'encadrait la porte ouverte.
— Nos vraies vies sont là-bas.
— Mais que se passera-t-il si on a n'a plus à manger, ou si on tombe malade ?
On pourrait mourir.
— On peut se retrouver sans plus rien à manger ou tomber malade ici.
(Elle a éclaté de rire). Nellie, l'homme meurt depuis au moins cent mille ans.
Ce n'est pas important de mourir. Bien sûr qu'on va mourir." (p. 296)
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michemuche
22 mai 2017
Nell et Eva s'apprêtent à célébrer noël, mais cette année la fête de la nativité a un gout amer. le premier noël sans les parents et surtout sans électricité.
Elles vivent dan la forêt depuis toujours. le désir de Nell était d'entrer à Harvard mais c'était avant le grand chamboulement.
Eva c'est la danse sa raison de vivre comme jadis sa mère, mais danser sans musique c'est comme peindre sans couleurs.
Une autre vie s'offre à elles, pas facile, cruelle, au rythme des saisons elles apprennent à survivre avec le petit espoir du retour de la fée électricité.
" Dans la forêt" de Jean Hegland est un petit bijou, ce roman écrit en 1996 n'a pas pris une ride.
" Dans la forêt" nous rappelle que l'espèce humaine est en équilibre instable, que la nature est plus forte, que nous ne pouvons lutter face à elle.
Nous, qui sommes habitués au confort , qui polluons, détruisons les ressources, la vie animale, ce roman a de quoi nous faire réfléchir. Nous entrons dans cette forêt inquiétante, l'odeur des mousses et champignons est omniprésente, les feuilles qui craquent sous les pas, le murmure d'un ruisseau qui trace son chemin, les séquoias, arbres majestueux et immortels....
Tout cela Nell et Eva vont le découvrir. Et pour finir je voulais parler de la tension psychologique palpable entre deux soeurs que tout sépare.
Un magnifique roman qui nous remet à notre place.
bonne lecture et n'oubliez pas d'éteindre la lumière en sortant.
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Les critiques presse (5)
Liberation12 juin 2017
«Une magnifique fable écologique», dit l’un, tandis qu’un autre célèbre «le souffle poétique» ou le «récit initiatique». Il s’agit d’une dystopie distinguée.
Lire la critique sur le site : Liberation
LaPresse23 mars 2017
Un roman superbement écrit qui alterne intensité et lenteur, mais aussi une oeuvre bouleversante et terriblement oppressante.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Actualitte14 mars 2017
Il immerge le lecteur dans une ambiance presque irréelle et terriblement attirante, absorbe totalement son attention, libère une ardente émotion. Epanouit et rend heureux.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeJournaldeQuebec27 février 2017
Un roman-choc qu’on recommande à l’impératif. Parce qu’en plus d’être un coup de cœur, il nous incite vraiment à ­regarder l’avenir d’un ­autre œil.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Telerama08 février 2017
Il faut se laisser happer par ce livre-refuge aussi dévorant que régénérant, qui montre qu'on peut toujours se fabriquer un nid douillet avec des broussailles.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (156) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche2423 juin 2017
A la vue des étagères surchargées je me suis arrêtée net. Dans la pénombre de la pièce, m'est revenu tout ce que ces livres m'avaient appris, le réconfort qu'ils m'avaient apporté, le délassement et les défis, et j'ai été bouleversée à l'idée de les laisser. (p. 297)
Commenter  J’apprécie          261
fanfanouche24fanfanouche2422 juin 2017
Pourtant, même endormi, j'avais conscience de sa présence, et la forêt semblait plus belle, plus fraîche, plus en vie parce qu'il se trouvait avec moi.
Quand il s'est réveillé, il est resté silencieux, l'une de ses douces joues appuyant juste en dessous de ma clavicule, la tête tournée de sorte à pouvoir voir le monde où je l'emmenais. J'ai commencé à lui parler tout bas, de la forêt, des champignons et des fougères, des ours et des sangliers, des séquoias et des chênes et des arbousiers. Je lui ai parlé de sa famille, de son grand-père et de sa grand-mère, d'Eva et d'Eli et de moi-un écheveau d'histoires s'enroulant autour de lui, l'attrapant déjà dans ses fils. (p. 281)
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fanfanouche24fanfanouche2422 juin 2017
Mais quand j'ai franchi le seuil, elle m'est de nouveau apparue comme l'unique maison que j'avais toujours connue. Elle sentait encore l'odeur de mon enfance, elle abritait encore les fantômes de mes deux parents, les fantômes de toutes celles que j'avais été autrefois. (p. 292)
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fanfanouche24fanfanouche2422 juin 2017
(...) les larmes me brûlaient les yeux.
Mais je les ai retenues avant qu'elles ne tombent, et leur picotement ne semblait qu'exalter la force de cet instant. J'étais une future mariée, une aventurière, une pionnière. Les arbres s'embrasaient dans la lumière du soleil naissant, et de lumineux fantômes de vapeur s'élevaient de la route. La forêt sentait le laurier et le sapin, et nous entendions les pépiements ténus des oiseaux. Je voyais au loin les montagnes qui se dressaient, bleues et brumeuses, et je savais qu'il me suffisait de les franchir et de continuer de marcher pour rattraper tous mes rêves. (p. 164)
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fanfanouche24fanfanouche2423 juin 2017
J'ai essayé désespérément de réduire le nombre, de ne garder que les livres absolument nécessaires. Mais étalé par terre, chaque volume était sa meilleure défense. tous semblaient incomparablement précieux. (...)
Un instant il m'a semblé plus équitable, peut-être même plus charitable de les brûler tous. Je me suis dit que la vie qui nous attendait était de celles où les livres ne comptaient pas. (...)
Je me suis rappelé (...) qu'aucun livre ne m'avait préparée à sauver la vie de mon père.
Puis je me suis souvenue à quel point mon père aimait les livres, à quel point il leur faisait confiance, et il m'a semblé que partir les mains vides serait autant une profanation que de ne pas enterrer son corps et l'abandonner aux sangliers. (p. 298)
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Videos de Jean Hegland (4) Voir plusAjouter une vidéo
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Dans la forêt, de Jean Hegland
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