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ISBN : 2351786440
Éditeur : Gallmeister (07/06/2018)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 994 notes)
Résumé :
Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’éléctricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs pas... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (339) Voir plus Ajouter une critique
Souri7
  10 février 2017
Enfin ! Enfin un roman réaliste et saisissant sur la fin de notre civilisation de consommation où l'essence, l'électricité viennent à manquer… Enfin un roman ne nous proposant pas une fin du monde suite à une invasion extra-terrestre, une infection, une attaque de mutants, une météorite (ou que sais-je encore) le tout dans une époque lointaine et futuriste où le personnage central aurait pour mission de sauver le monde. Bref, une fin du monde souvent décrite comme un aléa venant de l'extérieur où l'homme serait une victime et non un acteur. Non, rien de tout cela. Un roman simple, reprenant le vécu de Nell à travers son journal. Cela parle immédiatement au lecteur qui peut de suite s'identifier à cette jeune fille et sa soeur qui au départ restent dans l'expectative en espérant un retour à la « normale » puis qui prennent leur destin en main lorsqu'elles comprennent que ce qu'elles ont connu est du passé et qu'une nouvelle ère plus proche de la nature, moins dépendante de tout ce qui est matériel s'ouvre devant elles.

Un roman magnifique qui au départ peu dérouter par sa simplicité. Effectivement, les raisons du changement sont évoquées brièvement, aucune information n'est donnée au lecteur qui se retrouve plongé dans une sorte de huis clos au milieu d'une forêt avec deux jeunes filles loin de tout, attendant et vivotant. le lecteur a envie d'en savoir plus sur les raisons, les conséquences d'un point de vue terrestre mais les seules informations sont celles que donne Nell. Très rapidement, le lecteur comprend justement que dans une situation identique, le commun des mortels serait dans la même situation ; à savoir peu informé, dépendant des rumeurs, des on-dit qui courent et se préoccupant surtout de survivre en attendant des jours meilleurs.

Un roman réaliste puisque l'auteur ne se permet pas d'édulcorer la situation et le récit ne tombe à aucun moment dans le pathos. Les deux jeunes filles se retrouvent livrées à elle-même sans mère, puis sans père. La société qu'elles ont connue se désagrège à vue d'oeil, l'homme devient égocentrique, cherchant à survivre au détriment des autres, et ce par le vol, le viol. Voir les espérances futiles (entrée à Harvard, devenir danseuse) de Nell et Eva petit à petit disparaître au profit d'une prise de conscience de la réalité et de problèmes essentiels (faim, soin, danger) et les voir réagir en faisant appel à leur instinct primal (inné) et non à leurs acquis scolaires est passionnant. Leur découverte que la forêt n'est pas seulement un lieu mais une source de richesse et pourvoyeuse de besoin est magnifiquement décrite dans ce livre.

Un roman écrit il y a plus de vingt ans et qui pourtant reste d'actualité, abordant des problématiques réalistes comme la fin des énergies fossiles, une société basée et dépendante de l'électricité, des machines, des ordinateurs où l'homme n'a qu'une place de consommateur. La perte de cet acquis permet à l'homme de se retrouver avec lui-même mais également de redécouvrir la nature qui l'entoure. Cela redonne sa véritable place à l'homme qui a tendance à se croire supérieur, invulnérable et autonome. Comme l'auteur le dit si bien dans son récit au travers d'un échange entre les deux soeurs, notre civilisation « électricité » n'existe que depuis à peine deux cents ans alors que l'homme, lui était là bien avant et sans en avoir besoin.

Comme le démontre l'histoire, des civilisations se sont créées et ont été détruites… pour permettre à l'homme à chaque fois de rebondir. Ce livre n'est pas seulement un roman « apocalyptique » mais un beau message d'espoir concernant l'homme et un retour à l'humilité de celui-ci. Un livre qui ne laissera pas indifférent dans tous les cas. 👍
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nameless
  15 octobre 2017
Sur les causes du désastre, Jean Hegland fournit peu d'informations même si elle évoque brièvement des décennies d'avertissements et de prédictions négligés, des guerres livrées au nom de la liberté de certains Etats, des crises économiques avec déficits records, la raréfaction du pétrole, le trou dans la couche d'ozone, des catastrophes écologiques comme des inondations destructrices du Mississippi ou des incendies de forêts incontrôlables, un chômage de masse et une misère galopante, des services sociaux et des administrations asphyxiés. Toute ressemblance avec un monde existant n'est donc pas purement fortuite. Quoi qu'il en soit, lorsque le roman démarre, le monde tel qu'il était n'existe plus, la société de consommation a disparu faute d'électricité et d'essence, la civilisation est en voie d'extinction.
Nell et Eva sont recluses dans la propriété qu'avait achetée leur père près de Redwood, entourée de 32 hectares de forêt secondaire à l'isolement garanti au nord de l'Etat de Californie. La première projetait d'entrer à Harvard, la seconde de devenir danseuse. Les nouvelles du monde extérieur leur parviennent assourdies et floutées, sous forme de rumeurs colportées par quelques rares passants. Il y aurait des émeutes, des épidémies, des pillages qui déciment la population. On croit qu'à l'Est la situation est meilleure, provoquant une Ruée vers l'Est de téméraires survivants. Mais les filles restent à Redwood.
Les soeurs organisent lentement et avec d'innombrables difficultés leur survie, passent au crible chaque objet de la maison dont elles pourraient tirer un quelconque profit, remerciant au passage leur père qui « ne jetait jamais rien ». Elles développent une imagination jusque là insoupçonnée pour prolonger les maigres stocks de nourriture ou des produits indispensables à l'hygiène, faire pousser quelques graines, se chauffer, se soigner, se défendre contre les animaux sauvages ou les prédateurs humains, et s'aimer au-delà de leurs différences et dissensions. Peu à peu et au gré de leurs expériences douloureuses, la forêt initialement hostile devient leur seule espérance, leur garde-manger et leur pharmacie. Avec comme unique support l'Encyclopédie qu'elle apprend par coeur et les livres de ses parents, Nell arrache un à un leurs secrets, ceux que connaissaient les indiens, aux plantes, fruits, arbres, animaux, qu'elle identifie pour explorer puis exploiter leurs bienfaits ou toxicité.
Récit initiatique, post-apocalyptique ? Personnellement, j'ai ressenti Dans la forêt comme une fable écologique dont le message clair, puissant, universel mais aussi sensible et humain, suggère au lecteur une remise en question désormais urgente et vitale : si notre monde s'écroule, faut-il perdre du temps à vouloir le rapetasser, à le maintenir sous respirateur artificiel au lieu de chercher à en construire un autre, plus respectueux, plus propre, moins vulnérable et arrogant, dans lequel force ne signifierait pas violence. Ecrit en 1996 et traduit en français en 2017, Dans la forêt frappe par sa puissance visionnaire. Les crues dévastatrices du Mississippi ont bien eu lieu, et à l'heure où je vous délivre ce modeste avis, la forêt de Redwood a peut-être disparu, puisque chaque jour, la Californie s'envole un peu plus en fumée. Alors oui, plus qu'hier et moins que demain, un autre monde est nécessaire et possible !
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marina53
  09 mai 2017
C'est un bien curieux Noël que s'apprêtent à fêter Nell et Eva puisque aujourd'hui le monde a changé. Il n'y a plus d'électricité, plus de téléphone, plus une goutte d'essence. Aucun avion dans le ciel. Les écoles, les bibliothèques et les banques sont fermées. Et c'est à quelques dizaines de kilomètres de Redwood, à l'orée de la forêt, que les deux soeurs, orphelines depuis peu, tenteront de marquer le coup. Nell recevra un cahier, retrouvé par hasard derrière une commode. Pour Eva, ce sera sa paire de chaussons de danse que sa soeur lui aura réparée. Un Noël bien loin de ce qu'elles ont connu. Une vie bien loin de ce qu'elles se sont imaginées, la danse pour l'aînée, Harvard pour la benjamine. Aujourd'hui, il faut apprendre à survivre dans ce monde, se battre, s'adapter...
Dans ce récit post-apocalyptique, le monde n'est plus ce qu'il était. Ni eau, ni électricité, ni essence, réduisant toute activité commerciale et économique presque à néant. Les gens fuient vers un ailleurs, tentent de comprendre ce qui s'est passé. Épidémie ? Guerre? Attaque chimique ? Personne ne le sait. C'est dans ce contexte de désolation que tentent de survivre Eva et Nell, deux soeurs âgées respectivement de 18 et 17 ans. Apprenant à se servir du moindre objet, cultivant chaque parcelle de leur potager, minimisant les repas, économisant sur ce qu'il leur reste d'essentiel tel que la farine ou le sucre, inventant une nouvelle vie, elles survivent tant bien que mal dans cette maison, désormais seules, leurs parents étant décédés. Nell, la narratrice, rapporte jour après jour, son quotidien qu'elle note dans le cahier offert par sa soeur. le lecteur partage avec elle ses doutes, ses angoisses, ses espoirs. Deux soeurs pour lesquelles on éprouve compassion et attachement. Jean Hegland dépeint à merveille d'une part la relation entre les deux soeurs, quasi fusionnelles, et d'autre part, cette nature environnante, foisonnante et parfois hostile, cette forêt imposante, personnage à part entière de ce roman. Elle décrit avec moult détails le quotidien d'Eva et Nell, leur vie dans cette clairière. Ce huis-clos, paru il y a 20 ans aux États-Unis, fait preuve d'une originalité et d'une richesse incomparables, d'une narration vivante et vivifiante. Un temps suspendu troublant, sensuel et puissant...
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Kittiwake
  22 février 2017
Sous des airs de science fiction, c'est plutôt une robinsonade que nous propose avec beaucoup de talent Jean Hegland. Certes, il n'y a pas la mer, mais l'environnement hostile et l'isolement total du reste des humains (s'il en reste) recrée les conditions d'une vie insulaire.
On sait que des événements graves se sont produits peu à peu, (épidémies ?, catastrophe économique, on en sait trop rien et ce n'est pas le sujet) , ruinant l'organisation, qui après coup apparaît bien précaire, de nos institutions. Fin de la distribution d'électricité, fin des communications, des sources d'énergies fossiles, fin de toute activité commerciale, Nell, Eva et leurs parents sont contraints de vivre en autarcie à l'orée d'une forêt. Quatre, trois puis deux, c'est bientôt seules qu'Eva et Nell vont gérer leur existence, pour assurer leur survie.
Frugalité, utilisation des moindres objets qu'avait amassés leur père (au cas où….), jardinage, les deux jeunes filles ne renoncent cependant pas à leurs rêves, la danse ou Harvard. Malgré les contrainte de plus en plus exigeantes, l'une étudie et l'autre s'exerce à la barre.
Le moindre objet récupéré devient une ressource, et c'est grâce à un carnet vierge que Nell utilise pour noter ses états d'âme et ses projets , autant que ses souvenirs que nous sommes conviés à partager son intimité.
C'est avec beaucoup de pudeur que l'auteur analyse la relation fusionnelle et sensuelle qui se construit entre les deux soeurs. le désir a ses exigences et s'accommode avec la réalité.
La qualité de la narration est excellente, le ton est juste, et permet une communion sans réserve avec les propos de la jeune narratrice.
Un petit bémol pour la fin (que je tais, bien sûr). Certes il n'est pas simple de se sortir de se genre de récit mais ici on sombre un peu trop dans la métaphore
Enfin, ce roman aux allures post-apocalyptique ne doit pas rebuter les anti-science-fiction. Les circonstances qui sont à l'origine de ce huis-clos tragique ne constituent qu'un prétexte, pour un magnifique récit, qui ne tombe pas dans le piège d'un message moralisateur, tout en pointant bien du doigt la précarité des artifices qui nous permettent aujourd'hui de profiter d'un environnement confortable sans effort.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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michemuche
  22 mai 2017
Nell et Eva s'apprêtent à célébrer noël, mais cette année la fête de la nativité a un gout amer. le premier noël sans les parents et surtout sans électricité.
Elles vivent dan la forêt depuis toujours. le désir de Nell était d'entrer à Harvard mais c'était avant le grand chamboulement.
Eva c'est la danse sa raison de vivre comme jadis sa mère, mais danser sans musique c'est comme peindre sans couleurs.
Une autre vie s'offre à elles, pas facile, cruelle, au rythme des saisons elles apprennent à survivre avec le petit espoir du retour de la fée électricité.
" Dans la forêt" de Jean Hegland est un petit bijou, ce roman écrit en 1996 n'a pas pris une ride.
" Dans la forêt" nous rappelle que l'espèce humaine est en équilibre instable, que la nature est plus forte, que nous ne pouvons lutter face à elle.
Nous, qui sommes habitués au confort , qui polluons, détruisons les ressources, la vie animale, ce roman a de quoi nous faire réfléchir. Nous entrons dans cette forêt inquiétante, l'odeur des mousses et champignons est omniprésente, les feuilles qui craquent sous les pas, le murmure d'un ruisseau qui trace son chemin, les séquoias, arbres majestueux et immortels....
Tout cela Nell et Eva vont le découvrir. Et pour finir je voulais parler de la tension psychologique palpable entre deux soeurs que tout sépare.
Un magnifique roman qui nous remet à notre place.
bonne lecture et n'oubliez pas d'éteindre la lumière en sortant.
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critiques presse (6)
Actualitte   06 juillet 2017
L’écriture poétique et le sujet traité de façon tout à fait originale – le roman est paru en 1996 aux États-Unis – en font un très beau texte, puissant et hypnotique.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Liberation   12 juin 2017
«Une magnifique fable écologique», dit l’un, tandis qu’un autre célèbre «le souffle poétique» ou le «récit initiatique». Il s’agit d’une dystopie distinguée.
Lire la critique sur le site : Liberation
LaPresse   23 mars 2017
Un roman superbement écrit qui alterne intensité et lenteur, mais aussi une oeuvre bouleversante et terriblement oppressante.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Actualitte   14 mars 2017
Il immerge le lecteur dans une ambiance presque irréelle et terriblement attirante, absorbe totalement son attention, libère une ardente émotion. Epanouit et rend heureux.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeJournaldeQuebec   27 février 2017
Un roman-choc qu’on recommande à l’impératif. Parce qu’en plus d’être un coup de cœur, il nous incite vraiment à ­regarder l’avenir d’un ­autre œil.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Telerama   08 février 2017
Il faut se laisser happer par ce livre-refuge aussi dévorant que régénérant, qui montre qu'on peut toujours se fabriquer un nid douillet avec des broussailles.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (339) Voir plus Ajouter une citation
Noemie_de_painNoemie_de_pain   10 décembre 2018
Elle a marqué une pause à l'entrée de la souche pendant que je reculais contre le mur du fond. Elle s'est avancée, à tourné comme un chien fatigué, puis s'est couchée. Je sentais sa fourrure humide et rêche, je sentais l'odeur de son haleine. J'ai pensé, Ce n'est pas un rêve. [...]piégée par la corpulence et la volonté d'une ourse, écoutant la forêt goutter, ma respiration et la sienne. J'ai rêvé qu'elle me mettait bas depuis ses entrailles brûlantes mystérieuses [...] Elle m'a léchée avec insistance, façonnant la masse [...] elle m'a redonné naissance [...] m'a laissée - seule et revêtant la forme de Nell - dans Sa forêt.
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mamansand72mamansand72   05 décembre 2018
Je n’ai pas pleuré.
Curieusement, je n’étais même pas triste ni gênée en parlant, même si je lui racontais les histoires qui dans mon imagination auraient fait fondre son cœur, les secrets dont je pensais que j’aurais eu honte. Mais je ne cherchais plus la pitié ou la compassion ni même qu’on me comprenne. En fait, l’émotion que j’éprouvais avec le plus d’intensité s’apparentait presque à de la colère. J’en avais assez de mes propres histoires, assez de les avoir vécues et assez d’avoir dû les traîner avec moi depuis si longtemps. Je voulais m’en débarrasser à présent, et Eli se trouvait là, sur leur chemin, voilà tout.
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mamansand72mamansand72   05 décembre 2018
Quelle que soit la façon dont nous mourrons, nous mourrons ici. Seules. Il n’y aura pas d’inscription à Harvard, pas de début avec le San Francisco Ballet. Il n’y aura pas de voyages, pas de diplômes, pas de rappels. Il n’y aura plus d’amants, pas de maris, pas d’enfants. Personne ne lira ce fichu journal sauf si ces fichues poules apprennent à lire.
[…]
Ici, je suis assise dans la grotte d’une pièce où autrefois, dans une autre vie, je mangeais du pop corn, je jouais au Scrabble et je regardais des vidéos avec ma famille. Aujourd’hui je regarde les tulipes de ma mère et je songe au suicide.
C’est un besoin physique, plus intense que la soif ou le sexe. A mi-chemin vers l’arrière gauche de ma tête il y a un point qui rêve de la secousse d’une balle, qui appelle ardemment ce feu, cette ultime déchirure vide. Je veux être libérée de cette caverne, m’ouvrir au bien-être de ne pas vivre. Je suis lasse du chagrin et de la lutte et des soucis. Je suis lasse de ma sœur triste. Je veux éteindre la dernière lumière. Je pourrais le faire.[..] Ma vie m’appartient après tout.
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mamansand72mamansand72   05 décembre 2018
Du reste, en plein cauchemar du décès de ma mère, je passais par des moments qui me choquaient davantage que l’immensité de mon chagrin, des millisecondes où j’étais soulagée qu’elle soit partie, quand je m’avouais qu’il y avait une sorte de liberté dans le fait d’être débarrassée d’une mère, d’être capable de vivre sans elle. Et à d’autres moments j’éprouvais une bouffée d’euphorie d’une telle fulgurance à l’idée d’être en vie que j’en étais consternée. Même torturée par la douleur, c’était une sensation parfois si intense que la mort de ma mère ne semblait pas un prix trop lourd à payer pour l’éprouver. J’étais atterrée par la trahison que représentaient ces pensées, par la créature sans cœur qu’elles révélaient.
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mamansand72mamansand72   05 décembre 2018
Il pleut et il pleut et il pleut et il pleut et il pleut et il pleut. La pluie tombe et tombe encore, de grandes aiguilles d’argent qui cousent le ciel morne à la terre détrempée. […]Depuis quelques jours, je rêve de hot-dogs. Des hot-dogs – une saucisse fade sur un petit pain blanc, un ruban de moutarde jaune gribouillée dessus. Quand on mord dedans, il y a l’élasticité moelleuse du pain, le léger piquant de la moutarde, la toute petite résistance quand les dents percent la peau de la saucisse et s’enfoncent dans la viande lisse, et enfin le délicieux fondant du pain, de la moutarde et du porc.
Je n’arrive pas à me rappeler quand j’ai mangé un hotdog pour la dernière fois, sans doute au Uptown Café, avec Eva et Eli et le reste de la bande de la Plaza. En général, nous proclamions tous que ces hot-dogs étaient affreux, faits avec des ingrédients auxquels il ne fallait mieux pas penser, de la lèvre de porc, nous moquions-nous, et qui sait quel autre organe ou partie. Mais de temps en temps, l’un de nous en commandait un et un autre suivait, et nous finissions tous, sauf Eva, par engloutir d’énormes bouchées. A présent, j’ai tellement envie d’en manger un que je serais prête, je crois, à donner ce carnet pour me retrouver au Uptown avec un hot-dog dans les mains.
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