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Lori Saint-Martin (Traducteur)Paul Gagné (Traducteur)
ISBN : 2267020289
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (02/04/2009)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 112 notes)
Résumé :
En 1903, une jeune femme fuit à travers l'Ouest sans regarder derrière elle. Elle n'a qu'une mince, très mince avance sur ses poursuivants. Elle est veuve de fraîche date. Veuve par sa volonté.Dans une étonnante atmosphère de western au féminin, Gil Adamson nous emmène en compagnie de la veuve au sommet des Rocheuses, elle nous fait chevaucher dans la plaine à côté d'un vieil Indien à qui la jeune femme cause une indicible frayeur, et descendre au plus profond d'une... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
Crossroads
  27 mai 2012
Hondelatte le poete bêla un jour : Dr House , c'est pas Mickey Mouse ! La vie de Mary Boulton non plus! Adamson ne fait ni dans la carabistouille , ni dans le romantisme mais bel et bien dans l'épique avec ce funeste western au féminin , fin mélange de True Grit et de Thelma Et Louise . le théatre de sa vie , contrairement à celui de P. Bouvard , n'est que désillusion et douleur , et ce malgré son tout jeune age ! Désormais vouée à fuir ses deux beaux-freres , sortes de géants roux siamois qu'un impact de bazooka semblerait titiller plus qu'autre chose , cette femme maricide n'a d'autre choix que de brouiller inlassablement les pistes , dans ce somptueux écrin que sont les Rocheuses d'Alberta , ses chances de survie étant désormais à ce prix !
Un premier roman habile et piquant . L'intrigue , malgré un leger manque de nervosité , vous happe du début à la fin . Ici , foin de règlement de compte à la Borsalino car on lave son linge sale en famille ! Ces deux frangins n'ont qu'un seul moteur , la vengeance ! Une vendetta qu'ils comptent bien assouvir au plus tot , fondants sur leur proie telle une omelette Norvégienne sur une hypoglycémique à la vitesse d'un téléphérique au galop ! Mary , dans sa course éffrénée , multipliera les rencontres . Autant de confrontations étonnantes , révélatrices d'un passé mouvementé que l'on appréhende par petites touches...Car à l'instar du philatéliste et ses timbres , Mary n'aura collectionné que les malheurs : et là je ne vous parle pas de ce maudit wok qui fait rien que vous ébouillanter ni d'une énieme panne informatique subie par le geek à deux doigts ( je vous sers un petit whisky ? ) de l'apoplexie , non , mais de ce pere omni-absent , de ce mari volage et de cette douleur débilitante d'enfanter un condamné...Le drame était inévitable , se faire la belle la seule échappatoire . Autre personnage incontournable de ce horse-movie : la nature ! Hostile , sauvage , indomptée , noublions pas que nous nous trouvons toujours dans les Rocheuses Canadiennes , à sensiblement 12358 miles nautiques de Bujumbara à vol de truite arc-en-ciel . La moindre erreur se paye cash ! En cas d'énurésie , d'épistaxis ou de furoncle , laissez tomber ce bon Cymès , il répondrait aux abonnés absents...Térrorisée par ces deux frangins n'aspirant qu'à lui faire la tete au parallélogramme rectangle , Mary poursuit sa course contre la mort , sa course au bout d'elle-meme...Souvent abattue , vidée ( t'avais qu'à prendre tes pinces crocodiles  ) elle n'en demeure pas moins une formidable battante faisant fi , illusoirement , de la séance d'équarrissage finalement libératrice se profilant un peu plus au détour de chaque page . Superbe portrait d'une femme sursitaire courageuse que la vie transcende plus que tout et qui se révele au contact de personnages hauts en couleur. Second bémol , c'est également ce manque d'empathie ressenti à l'égard de cette héroine que l'auteure s'entete à désigner comme «  la veuve «  et non Mary . Difficile de s'identifier et de prendre fait et cause , la pitié prenant le pas sur la sympathie...Point toutefois interessant , Adamson ne se pose pas en juge mais laisse le lecteur se forger sa propre opinion . le climat est toujours oppressant mais permettra , cependant , d'instaurer les prémices d'un début de commencement d'amourette toute en pudeur et en retenue . Oubliez les guépieres , j'ai dit pudeur et retenue ! Au final , un bouquin prenant , traitant aussi bien de périple aventurier que de nature exacerbée , de quete identitaire que de vengeance . Adamson semble s'etre fortement documentée en évoquant des lieux ( ville de Frank ) et des personnages ( William Moreland ) authentiques...
Je ne résiste pas au plaisir de conclure sur ce bouleversant proverbe Sanscrit qui résumera tout cela bien mieux que moi : si qu'tu r'ssens l'bsoin d'lacher l'bride d'tes 'motions m'lancoliques dans un' natur' b'lliqueuse , ben La Veuve y pourvoi'ra ! Quelqu'un aurait-il un mouchoir...ou une serpillère ?
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sandrine57
  02 octobre 2012
Mary Bolton, veuve de fraîche date -et par sa main- est obligée de fuir pour échapper à la vengeance de ses beaux-frères, une paire de jumeaux, immenses et roux, prêts à tout pour la châtier. Dans sa robe de deuil et munie de sa seule bible, elle va parcourir le Grand Nord canadien, dans une fuite éperdue à travers les Rocheuses enneigées. Cherchant la paix, se cherchant elle même, "la veuve" trouvera sur son chemin des gens pour l'aider, la force nécessaire pour s'en sortir et le courage de faire face à son destin.

On sait qu'elle fuit. On sait pourquoi et on sait devant qui. Mary Bolton a tué son mari, ses beaux-frères veulent sa peau, normal! Mais très vite, elle apparaît déterminée certes, mais aussi fragile, terriblement seule et bien sûr la question se pose : pourquoi ce crime? Son mari était-il une brute épaisse qui la battait ou Mary est-elle une folle sanguinaire qui a tué pour le plaisir?
Par petites touches, Gil ADAMSON va revenir sur le passé de Mary, de son enfance à son mariage, racontant ses joies, ses peines, ses espoirs et toute cette tristesse qui a fini par muer en colère froide. le meurtre de son mari, dernier acte d'un drame intime, la précipite sur le chemin de la quête de soi. Son aventure la mène dans une nature hostile, un décor de montagne spectaculaire, un froid polaire. Là elle rencontrera le "voleur des crêtes" qui un moment partagera son lit et qui n'est qu'un des personnages hauts en couleur qui émailleront son parcours, avec un pasteur qui construit tout seul une église dans un village de mineurs oublié de tous, un nain contrebandier et d'autres plus discrets mais tout aussi providentiels.
La veuve a-t-elle légitimement tué son mari? Saura-t-elle échappé à ses poursuivants? Finira-t-elle au bout d'une corde pour son crime? Pour le savoir, il faudra lire cette épopée aux saveurs de western qui tient aux tripes de bout en bout, de courses folles en moments de répit. A lire avec la peur au ventre et le goût de l'aventure.
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viou1108
  27 mars 2013
Je n’ai pas réellement accroché à cette histoire. Je m’étais laissé tenter par la 4ème de couverture, surtout par le commentaire de Jim Harrison, écrivain des grands espaces américains, que j’apprécie assez. Je cite : « La Veuve est un roman tout simplement superbe. (…) Le suspense de ce livre est tel que l’on en ressent physiquement la tension, un effet produit uniquement par les meilleurs romans. » Je trouve cette appréciation excessive. Evidemment, dès le départ, on se demande si Mary sera retrouvée par ses deux beaux-frères. Mais c’est à peu près tout, le reste est prévisible : par deux fois, perdue et seule dans la montagne, elle manque mourir de faim. Mais on sait d’avance qu’elle va survivre, sinon on ne tiendrait pas les 410 pages. Pareil pour sa rencontre avec le « Coureur des crêtes » : vu comment l’auteur distille de petits épisodes le concernant après sa séparation d’avec Mary, on devine très vite comment tout cela va finir.
C’est vrai que les éléments se précipitent un peu dans les 50 dernières pages, mais de là à parler d’un suspense haletant et d’une tension palpable, il y a de la marge.
Je n’ai pas non plus trouvé les personnages fort attachants, même pas « la veuve » (c’est ailleurs agaçant, cette manie de l’auteur de l’appeler tout le temps « la veuve ». Par moments, j’oubliais qu’il s’agissait de Mary, 19 ans). Elle est décrite comme solitaire, livrée à elle-même pendant son enfance, plutôt gauche dans les tâches ménagères, presque inadaptée socialement, et victime d’hallucinations (au début du roman, l’auteur insiste tellement sur ce point qu’on pense que ça va hanter constamment tout le récit, mais il n’en est rien). Tout cela la pousse à se marier à John, alors qu’elle a déjà compris que « il avait trouvé une fille qui ne rechercherait pas la compagnie de ses semblables et s’en passait même volontiers. Dans une cabane en rondins, loin de tout, elle serait beaucoup plus à son aise que ces filles gaies et rieuses qui déambulaient sur la pelouse en se tenant la main, échangeaient des ragots à voix basse ou couraient se réfugier dans les bras de leur mère en hurlant d’excitation. Par la suite, la veuve comprit, aussi sûrement qu’elle connaissait son mari, qu’il avait pris sa décision là, sur-le-champ, qu’il avait vu en elle le meilleur et le seul parti possible. »
La nature joue un grand rôle dans ce roman, et sa splendeur contraste avec la misère, la saleté, la promiscuité des hommes (surtout dans la ville minière). C’est romanesque et facile à lire, ce qui fait que j’ai continué jusqu’au bout.
L’écriture est poétique, mais pas toujours élégante (détails inutiles genre « elle urina puis se nettoya… »). Et j’ai à plusieurs reprises été frappée par des formulations bizarres (peut-être imputables aux traducteurs ?), par exemple :
« elle s’assit et pleura (…) Lorsqu’elle eut terminé… » (terminer de pleurer ??)
« elle traversa un bosquet de pommiers…dans une ferme abandonnée. Elle chercha des bâtiments mais n’en trouva pas » (un bosquet dans une ferme, alors qu’en plus il n’y a pas de bâtiments?)
« elle mâchait avec délibération un morceau de pain »
Conclusion: dispensable...

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MissG
  01 janvier 2016
Nous sommes au Canada, en 1903.
Mary Boulton commence très bien dans la vie : "Dix-neuf ans et veuve déjà. Mary Boulton. Veuve par sa faute.", comprendre qu'elle a tué son mari et que désormais elle fuit ses deux beaux-frères bien décidés à lui faire la peau pour ce crime.
Jusqu'à un certain point, Mary Boulton a tout fait comme les autres : apprendre à lire, grandir, se fiancer, se marier, avoir un enfant; et puis tout a commencé à par changer avec la mort de son nourrisson, et là, Mary Boulton n'a plus rien fait comme les autres, lassée de la violence, de l'indifférence et des infidélités de son mari elle a fini par lui tirer une cartouche de sa propre carabine (ô l'ironie).
Contrairement à l'adage : "Le veuvage n'est pas un choix; c'est la vie qui vous l'impose.", Mary Boulton son veuvage elle l'a choisi.
Malgré son geste, Mary Boulton se trouve désemparée : "On lui avait tout enlevé - son père, le lieu où elle était née, le peu d'argent qu'elle avait eu, sa bague de fiançailles, son unique enfant et à présent son mari.", il ne lui reste plus qu'à fuir à travers le Canada, les grands espaces, la nature sauvage, et faire plusieurs rencontres qui changeront le cours de sa vie.
L'auteur n'est pas vraiment tendre avec son héroïne, il ne la désigne quasiment que sous le terme de "la veuve", et il lui fait endurer bien des souffrances avant qu'une éclaircie ne pointe à l'horizon de la vie de la jeune femme.
Grâce à sa fuite et aux rencontres qu'elle va faire, Mary Boulton va apprendre à vivre avec ses démons : "Tout était comme avant et pourtant entièrement différent. Telle une femme qui, après une fièvre, émerge de ses draps moites, la veuve contempla la vie nouvelle qui s'offrait à elle. Ne restait plus que son crime.", elle va peut-être y gagner une nouvelle vie, un nouvel espoir.
Elle va aussi devoir apprendre à ouvrir son coeur à un homme : "Quelle folie d'accueillir un homme dans son coeur, de lui concéder un tel pouvoir.", mais un qu'elle aura choisi cette fois-ci, pas qui lui aura été imposé par le devoir de se marier à tout prix.
Parfois, j'ai eu du mal avec ce livre, particulièrement avec son héroïne.
Parce que j'avais sans cesse à l'image le personnage de Dina, cette femme forte qui elle aussi connaît mille tourments mais qui a un véritable caractère, qui est une dure à cuire comme on dit, pas une gentille Mary Boulton qui ne cesse de ressembler à un oiseau tombé du nid trop tôt.
Je sais que ce n'est pas bien de comparer deux romans, deux personnages, deux univers, deux auteurs, pourtant c'est ce que j'ai fait, parce que cela a été plus fort que moi.
Et c'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai été moyennement prise par l'aventure proposé dans ce récit, je n'ai pas vraiment ressenti d'empathie pour cette femme.
Par moment il y a de très beaux passages, et puis à d'autres cela manquait de souffle, je commençais presque à m'ennuyer.
Ce roman m'a fait penser au film "Jeremiah Johnson" : paysages magnifiques, présence des Indiens, un homme vivant en solitaire, et un scénario bien souvent creux avec peu de dialogue.
Pourtant, cette veuve croise des personnages hauts en couleur au cours de sa fuite (je pense notamment au "Coureur des crêtes"), mais comme je n'ai jamais réussi à m'attacher complètement à ce personnage il en a été de même pour ses aventures.
J'ai par contre beaucoup apprécié le rôle de la religion à travers la Bible dans ce récit, particulièrement sur le personnage de Mary Boulton.
Il y a même une certaine ironie là-dessous, cette femme cherchant à expier un crime qu'elle a commis et ne pouvant se séparer de ce texte dans lequel elle se réfugie.
Je reconnais que la plume de Gil Adamson est assez belle, il s'agit d'un premier roman, cet auteur est donc plutôt prometteur.
Si "La veuve" n'a pas su totalement me transporter dans son univers peut-être en sera-t-il autrement pour vous.
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LiliGalipette
  11 décembre 2015
« Dix-neuf ans et veuve déjà. Mary Boulton. Veuve par sa faute. » (p. 14) Coupable du meurtre de son mari, Mary prend la fuite pour échapper à la colère de son beau-père et de ses beaux-frères, deux jumeaux roux indissociables. Nous sommes au Canada, en 1903. Ce sont encore les hommes et l'Église qui font tourner le monde. Rien n'avait préparé la veuve à son mariage avec un homme sans tendresse, ni à son périple à travers les grands espaces sauvages du pays. « La veuve sentait le poids de son existence, les efforts infinis que coûte la vie. » (p. 83 & 84) Issue d'une famille aisée, Mary n'était pas prête à tenir une cabane au fond des bois ou à marcher pendant des jours dans le froid et la faim. Mais puisqu'elle a tué son mari, elle n'a pas le choix, elle doit partir.
Sur son chemin, elle rencontre des bienfaiteurs : une vieille dame, un Indien, un révérend, un nain. Elle ne sait pas rester en place, poussée par la peur et le besoin viscéral d'échapper à ses poursuivants. Elle rencontre surtout le Coureur des crêtes, un criminel qui se cache dans les montagnes pour échapper à la justice. Entre ces deux coupables, l'étincelle de l'amour flambe doucement, mais soumise aux grands vents du nord, elle aura bien du mal à ne pas vaciller. « le Coureur des crêtes poursuivait son chemin, sa besace remontée sur les épaules, éperdu de désir en pleine nature. Déserteur au milieu de la verdure, égaré et quasi aveuglé par l'insomnie, car chaque souffle des arbres semblait annoncer le retour de Mary. » (p. 166)
Son prénom lui est donné par les autres personnages, très rarement par le narrateur qui la réduit à sa condition de veuve, comme si cette identité amputée et fantomatique désignait tout son être en le rendant très abstrait et inaccessible. « Elle avait vingt ans et son coeur avait déjà été poussé deux fois aux limites de son existence. En se mettant debout, elle s'était fait l'effet d'une nouvelle femme, affreusement habituée à la perte. » (p. 345) La veuve est indéniablement coupable. On comprend à demi-mot ce qui a motivé son geste de mort à l'encontre de son époux. Pourtant, il est impossible de ne pas éprouver de la sympathie pour cette femme révoltée qui choisit d'échapper au contrôle qu'elle a toujours subi, celui des hommes, celui de la bienséance et celui de la religion.
La Bible est un ouvrage important dans ce récit. Celle de Mary est couverte d'annotations et de signes qui dissimulent le secret honteux d'une fille de bonne famille. La Bible, c'est la somme de toutes les vertus et l'incarnation de la morale, celle que Mary a bafouée. Pourtant, auprès du révérend qui bâtit une étrange église bancale, la veuve commence à reprendre pied. « Elle éprouvait un soulagement tout simple. Dans la maison du révérend, elle avait trouvé une sorte d'amnistie. Rien à voir avec le bonheur, le fichu bonheur. » (p. 233)
La veuve est finalement un très beau western au féminin. On croise des Indiens, des mines de charbon, des chercheurs d'or, des grizzlys. Dans sa fuite, Mary ne trouve pas que la liberté, elle découvre sa propre force et la capacité de refuser ce qui ne lui convient pas. Ce n'est pas du féminisme, c'est de la survie.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
AifelleAifelle   14 juillet 2016
Et soudain elle comprit qu'elle avait rejoint le pont des Indiens. Debout dans les jeunes pousses vertes, elle en eut le souffle coupé, cependant que, en hauteur, résonnaient des voix. Elle resta un moment immobile. Derrière elle, le pont, délicat, semblable à une toile d'araignée. Elle se figea, s'exhorta à desserrer les doigts pour laisser tomber la carabine. Mentalement, elle évaluait le pont qui s'affaissait au milieu, l'écorce humide et glissante qui attendait ses bottes, les cordages servant de main courante à moitié moisis. Les trembles tombés enjambaient le vide, et on voyait leurs racines dénudées. Le pont supporterait-il son poids ? Celui de ses poursuivants ? Elle comprit qu'elle n'atteindrait jamais l'autre côté la carabine à la main
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pompimponpompimpon   10 octobre 2018
Un aigle solitaire décrivait des cercles paresseux, à l'affût de quelque invisible curiosité. Debout, à la lisière du campement, la veuve frissonna. Deux ou trois centimètres de neige mouillée recouvraient tout chose. Ses bottes aussi étaient mouillées. L'air était si limpide qu'elle apercevait à travers les arbres une lointaine chaîne de montagnes. Crénelées de neige, elles formaient une palissade qui courait vers le néant. L'aigle aux ailes noires flottait au-dessus de la veuve ; il penchait sa tête pâle pour l'observer. Puis il disparut dans la masse verte indistincte des arbres, aussitôt suivi de moineaux minuscules. Pépiant d'un air triomphant, ils se lancèrent à la poursuite du monstre, comme si c'étaient eux qui l'avaient fait fuir. A la façon des membres d'un comité de vigilance qui regardent le bandit traverser la ville et passer son chemin. La veuve suivit leur progression, blême, les yeux vides. Puis il n'y eu plus rien qu'un ciel blanc uni.
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pompimponpompimpon   10 octobre 2018
Par un jour de grand vent, le fou apparut sur un cheval qui filait à vive allure. Il portait un uniforme décoloré - celui de la police montée du Nord-Ouest. Il venait du même côté que la veuve, des profondeurs du pays des Indiens, auquel le col donnait accès. Le cheval fonçait sur les pierres, son pelage blanchi par la sueur, ses maigres flancs labourés par les éperons, couverts de sang séché. Le cavalier et sa monture passèrent en coup de vent devant le chevalement, où les ouvriers, maussades, étaient penchés sur leur gamelle. Saisis, ils levèrent les yeux. L'homme avait disparu. Un ou deux mineurs suivirent l'équipage d'un pas lent.
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jmquentinjmquentin   14 juillet 2014
La grand-mère de la veuve était elle-même convaincue des effets délétères de l’instruction – un trop grand afflux de sang à la tête risquait d’endommager le système reproducteur des femmes. Comme preuve de ses dires, elle invoquait l’exemple de femmes sans enfants ayant fréquenté l’université. « Et pourquoi n’ont-elles pas d’enfants ? demandait-elle. Parce qu’elles en sont incapables. »
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MontanaMontana   30 décembre 2013
Aux limites de la ville, une silhouette argentée passa devant elle en courant et se pétrifia - un petit renard gris.
La bête et la femme s'observèrent amicalement pendant un moment. Puis l'animal se retourna et trotta le long de la route, ses petites hanches tremblantes, s'arrêtant parfois pour regarder par dessus son épaule, comme s'il souhaitait lui indiquer la voie. Mais la veuve savait où elle allait.
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Videos de Gil Adamson (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gil Adamson
Gil Adamson nous parle de "La veuve" .A 19 ans, Mary Boulton est une fugitive : elle vient de tuer son mari. Dans sa cavale fiévreuse, la silhouette frêle et sombre n'a qu'une légère avance sur ses poursuivants, deux géants roux assoiffés de vengeance, ses beaux-frères. En ce début de XXe siècle, au coeur de la nature indomptée des Rocheuses de l'Alberta, "la veuve", à la lisière de la folie, devra apprendre à survivre. Et à se découvrir... Un western au féminin, épique, poétique.
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Je suis le personnage secondaire "réel" le plus présent dans la série et je fais ma première apparition dans l'album "Hors-la-loi". Dès ma deuxième apparition, dans "Lucky Luke contre Joss Jamon", je prends les traits d'un jeune bandit coléreux, petit, nez retroussé, taches de rousseurs et incisives en avant, je suis la parfaite caricature des jeunes adolescents.

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