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EAN : 9782916952949
96 pages
Éditeur : Le Passager Clandestin (20/06/2013)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 20 notes)
Résumé :
En 1963, Lino Aldani imagine une société encadrée par la consommation de masse et le risque de la maladie. « Je suis en règle [...] voici le thermomètre, les comprimés d'aspirine, les pastilles pour la toux... Ça, c'est la vitamine C ; voici la B-12, l'antiseptique, le leucoplast, la pommade ophtalmologique et l'étui d'antibiotique. J'ai tout ; vous ne pouvez pas me coller une amende. ». La journée commence mal pour Nicola Berti. Il est dans le collimateur de la CGM... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
JustAWord
  17 octobre 2020
Il arrive parfois qu'un texte prenne une signification tout à fait différente selon l'époque dans lequel on le lit.
La publication par les éditions du Passager Clandestin de la nouvelle 37° centigrades de l'auteur italien Lino Aldani n'a d'ailleurs rein d'innocente en pleine période d'épidémie Covidesque et de mesures sanitaires à n'en plus finir.
Écrit en 1963, 37° centigrades imagine une Italie du futur où le citoyen doit se conformer aux règles sanitaires établies par la CMG, une société privée qui gère la santé et qui impose ses lois aux gens cotisant chez eux. Les conventionnés, comme on les appelle, doivent suivre des normes très strictes (et souvent absurdes) comme porter en permanence un thermomètre sur eux pour vérifier leur température et prévenir tout signe précoce d'infection. Interdit également de trop fumer ou de trop boire, d'ouvrir la fenêtre d'un hélibus en plein vol pour aérer ou d'oublier son gilet de corps avant de sortir.
Nico, l'un de ces conventionnés, en a ras-le-bol de ces obligations et de la cotisation qu'il paye à la CMG l'empêchant tout simplement d'acheter ce qu'il désire, notamment l'un des magnifiques levacars qui sillonnent Rome.
Par esprit de révolte ou pour prouver qu'il peut se passer des normes sanitaires, Nico se déconventionne. Mais que se passe-t-il si l'on tombe malade dans ce monde où l'utopie sanitaire a viré à la dystopie ?
Critique du système en 1963…
Lino Aldani offre une réflexion sur le système de couverture médicale dans une Italie qui, à l'époque, se repose principalement sur des systèmes d'assurances privées pour assurer la prise en charge des frais médicaux.
La CMG devient ici une proto-sécurité sociale mais sur un plan strictement privé, semblant avoir pris le pas sur toute autre initiative d'état au point que ni le gouvernement ni le citoyen n'arrive plus à s'en dépêtrer.
Pourtant, l'idée n'était pas mauvaise et semble, au contraire, avoir mutée en cours de route à cause des abus engendrés par une utilisation excessive et inconsidérée par l'usager de santé mais aussi du fait de la vénalité/corruption du système.
Dans un univers qui rappelle le meilleur des mondes ou encore 1984, Nico se rebelle contre un système totalement asphyxiant…mais qui est aussi devenu indispensable !
La question philosophique et éthique derrière ce récit, c'est bien le « tout ou rien » souvent rapporté dans l'histoire des systèmes capitalistes une fois confronté à la problématique du soin. En bref, si vous ne payez pas, vous n'êtes pas soignés. Logique de prime abord mais, lorsque l'investigation et les normes vont trop loin, que faire ?
Lino Aldani plaide ici pour un juste milieu et un contrôle de ce genre de couverture qui ne soit pas assuré par des organismes privés à but lucratifs.
La mésaventure de Nico démontre à la fois le caractère indispensable d'un système de prévention efficace et de soins raisonnés mais également la nocivité d'un mode de vie capitaliste où l'on ne distingue plus les campagnes de prévention des pubs commerciales.
Entre les lignes, Lino Aldani décrit la folie automobile qui s'empare de l'Italie à l'époque et de la fascination de l'homme moderne pour la possession d'un tel engin. Délicieusement désuet en somme.
… échos des années 2020
Pourtant, cette nouvelle interroge aussi sur les limites de la coercition autour d'un sujet sanitaire qui effraie à juste titre. Bien que le sujet de Lino Aldani n'ait pas du tout été celui du Covid à l'époque, 37° centigrades entre en résonnance avec notre époque ultra-sanitaire par nécessité.
L'obsession du citoyen pour la santé peut vite devenir un prétexte pour n'importe quoi et le récit de Nico oscille entre le complotisme et la méfiance anti-gouvernementale actuelle du fait des restrictions sociales, de la nécessité d'une prévention au moins minimale et d'un système robuste pour éviter de se retrouver soigner par un médecin aux moyens ostentatoirement insuffisants.
Drôle d'écho donc pour cette aventure qui convoque dystopie sanitaire et réflexion sur notre propre définition de la bonne santé.
Peut-on éthiquement priver de soins une personne qui s'est fourvoyée ? Peut-on imposer des contraintes tellement gigantesques qu'elles empêchent la vie ordinaire de tout un chacun ?
Autant d'interrogations qui méritent une nouvelle lecture de ce texte franchement perturbant…
Une dystopie sanitaire et une véritable réflexion sur l'importance d'une prévention détachée des intérêts financiers, 37° centigrades passionne et interpelle le lecteur jusqu'à son épilogue glaçant.
Lien : https://justaword.fr/37-cent..
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Rusen
  09 janvier 2016
Publiée dans la collection Dyschroniques aux éditions le Passager Clandestin, rééditant des textes « interrogeant la marche du monde, l'état des sociétés et l'avenir de l'homme », cette nouvelle italienne, signée d'un auteur qui m'était jusqu'alors totalement inconnu, prend place dans un monde dans lequel les mutuelles sont devenues de véritables multinationales obligeant les gens à consommer leurs médicaments via des textes de lois et autres annonces et publicités criardes, règles dûment contrôlées par des patrouilles de la Commission Supérieure de Vigilance n'hésitant pas à verbaliser sévèrement.
Nico se révolte et entreprend de se passer de sa mutuelle, en particulier afin de s'offrir une voiture, symbolisant ici la liberté, l'émancipation et la réussite sociale, mais également le début du consumérisme de masse, dans cette nouvelle rédigée en plein « miracle économique italien ».
Si la nouvelle en elle même reste très (trop?) classique dans son déroulement, 37° Centigrade nous plonge en pleine dystopie, avec ses multinationales privées devenant plus puissantes que les gouvernements, et nous propose également une belle critique du consumérisme de masse et du marketing à outrance.
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MANIMAGE
  09 mai 2014
Une toute petite nouvelle agréable à lire. Je regrette que l'on devine la fin un peu trop facilement.
Commenter  J’apprécie          20

Citations et extraits (1) Ajouter une citation
JustAWordJustAWord   17 octobre 2020
Dans les commencements, c’était du délire. Vous êtes trop jeunes, vous ne pouvez pas savoir, mais il y avait des gens, dans ces temps-là, qui couraient consulter jusqu’à quatre fois par jour, rien que pour le plaisir de de déshabiller devant des blouses blanches. Des médecins toujours aimables, toujours bienveillants. Avec un petit mot gentil pour tout le monde, les incurables, les hystériques, les malades imaginaires. Et puis il y avait les fous, ceux qui ne ménageaient en rien leur santé, puisqu’aussi bien, disaient-ils, si on tombe malade, les médecins sont là pour nous guérir en un clin d’œil.
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