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EAN : 9781022601413
Editions Métailié (25/08/2016)
3.8/5   37 notes
Résumé :
À la sortie d’un bar, une jeune femme menace un inconnu puis retourne son revolver contre elle-même et se suicide, ça ne regarde pas la police. “Tout au plus un épisode confus. Sans danger pour les tiers.”
Mais Guyot, le journaliste, s’obstine. Il veut comprendre. Il consulte des archives. Il lit les cahiers de la victime. Il cherche. Il ne voit pas les signaux d’alarme.
Parfois, il vaut mieux laisser tomber. L’importance du passé est surestimée. Si le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Titre original: La tencion del umbral....la tension de seuil parlant par exemple d'un semi-conducteur, une tension minimum au-delà de laquelle il y a passage de courant.
Argentine, Buones Aires, les années récentes,
Dans le quartier du Bajo, place Herral, en plein jour, une jeune femme braque un type à la sortie d'un bar, avant de retourner l'arme contre elle-même et se suicide....
Guyot , un journaliste qui prend l'affaire au début comme une simple chronique,suite aux comportements bizarres qui s'ensuivent avec l'enquête et son enterrement hâtif , va s'y intéresser de plus près. Ses copains à la police qui lui donnent un coup de main au départ, vont vite essayer de l'en dissuader....mais il s'obstine, il veut comprendre pourquoi la fille s'est tuée?

Guyot joue avec le feu.Les déchets de la dictature des militaires des années 80 , plus de trente ans après, subsistent au coeur de toute la hiérarchie gouvernementale, et dés qu'on les remue à peine, tradition oblige, ils tuent.
Guyot arrivera-t-il à passer le seuil de l'immondice , dans un système qui reste dominé par le secret et la menace permanente ?

Deuxième livre d'Almeda que je viens de lire.Un style sec, concis, des descriptions de lieux et de personnages, très visuelles, on croirait lire une pièce de théâtre. Pas toujours facile de suivre les nombreux caractères impliqués dans la trame, surtout que les chapitres sont courts et on change de tableau à chaque fois. Mais avec très peu de mots, quelques détails, elle nous fait ressentir d'une façon forte, presque brutale, la psychologie des personnages et la tension du moment....extraordinaire.Un brin d'humour égaye de temps en temps cette atmosphère glaciale où personne ne se fie à personne, tout le monde a peur de tout le monde.....brrrrr.....

Tension garantie jusqu'à la fin, attention, ne pas dépasser la tension de seuil !
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« Il y a des choses qu'on ne comprend pas », et qui devraient peut-être rester incompréhensibles. Comme un suicide, par exemple. En l'occurrence, celui de Julia Montenegro, qui s'est tiré une balle dans la poitrine après avoir menacé un homme avec son revolver. A la sortie d'un café, en plein jour, devant plusieurs témoins. Pourtant, ceux-ci sont incapables de décrire l'homme en question, parti sans demander son reste. Mais après tout, quelle importance, c'est un suicide, « un épisode confus, sans danger pour les tiers », et sans enquête policière. Mais un homme veut comprendre : Guyot, journaliste, cherche à savoir qui était cette jeune femme qui semble n'avoir ni famille ni passé, et tente de remonter la piste de l'inconnu qu'elle a mis en joue avant de retourner son arme contre elle. Cet homme a la clé, est la clé...
Photos aux silhouettes découpées, journaux archivés aux pages arrachées, la vérité est dans les espaces vides, dans les silences : « Il restera dans la brume de ceux qui ont compris quelque chose d'essentiel, quelque chose qui se trouve à la racine, qui explique tout et qui, cependant, ou peut-être pour cela même, ne peut se traduire en mots ». Guyot s'entête, trouve le fil d'Ariane et le suit, sans se demander s'il va le mener vers la sortie du labyrinthe ou dans l'antre du Minotaure. Braqué sur son objectif et aveugle à tout ce qui n'explique pas la mort de Julia, il explore la limite entre suicide et meurtre et ne se rend pas compte que, dans sa quête, il réveille les fantômes du passé. Menaces, passages à tabac, assassinats, les victimes collatérales s'accumulent. Parce que le passé, en Argentine, n'est pas réellement passé, et nombreux sont ceux qui ont encore intérêt à garder leurs secrets bien enfouis dans la boue.

Cette histoire est sombre et oppressante comme l'atmosphère qui régna en Argentine pendant les années de dictature. Dans l'ombre, le terrorisme d'Etat à l'oeuvre pendant cette période a survécu à l'avènement de la démocratie, et tire encore les ficelles des institutions, engluant dans sa toile nauséabonde la police, la justice, la politique et les médias.
Ce roman magistralement construit fait la part belle aux dialogues secs, tendus, sans fioritures, et enchaîne les chapitres, assez courts, en alternant les points de vue, et crée ainsi une impression d'urgence à peine respirable. C'est à la fin du roman que le titre (français) prend tout son sens, qui vous glace le sang. le lecteur a observé les protagonistes avancer en parallèle vers leurs objectifs contradictoires, et, sur la ligne d'arrivée, contemple la photo-finish, qui est floue : qui a vraiment gagné ?
Dans un entretien au journal argentin Pagina/12 du 27 juillet 2015, Eugenia Almeida disait que pour elle, « le passé n'est pas passé. S'il explique notre présent et conditionne notre futur, il n'est pas passé ». C'est tout le malheur des protagonistes de ce roman, et de l'Argentine.
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Si L'échange d'Eugenia Almeida était un film, il serait d'évidence tourné en noir et blanc, dans un style expressionniste, avec des ombres surdimensionnées se dressant à chaque coin de rue du vieux Buenos Aires. le roman frappe par la brièveté de ses chapitres : beaucoup d'entre eux sont des dialogues directs où le nom des interlocuteurs n'apparait qu'avec retard, presque de façon accidentelle. L'histoire de L'échange est labyrinthique et prend racine des années plus tôt, le style du livre épouse cette incertitude et ressemble à une progression dans les ténèbres sans qu'il soit véritablement certain que la lumière apparaitra un jour. Un polar ? Un thriller ? Une oeuvre au noir plutôt, oppressante et fascinante, qui magnétise son lecteur avec une économie de moyens prodigieuse. Preuve s'il en est que la poésie peut surgir d'une forme condensée mais puissamment évocatrice. Inutile de préciser que le livre est profondément argentin et pas seulement parce que l'un des personnages principaux est psychanalyste à la retraite. Les autres sont journaliste, flic, mafieux, garçon de café ... Certains apparaissent, le roman les accompagne quelques instants et puis, il peut arriver qu'ils disparaissent aussi vite. Ou pas. C'est l'une des particularités du livre : tout peut arriver, ou presque, il y a ce sentiment que la fatalité est plus fort que tout. du coup, oui, l'on revient à cette idée de caractère argentin, comme une triste rengaine de tango. Pas question de trop évoquer le passé et le sale air de la peur à l'époque de la dictature. Sauf que le procès n'en a jamais été fait et que certains acteurs de cette période courent toujours et n'hésitent pas à agir quand on fouine un peu trop. La fin de l'échange est ouverte. On peut craindre que le pire soit à venir. Il faut en tous cas le répéter le plus souvent possible : ce livre est une pépite noire !
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« Une gamine s'est suicidée. Voilà ce qui s'est passé. C'est triste. Plus triste que la pluie. Tu as eu la malchance de la voir. C'est tout. » La version officielle d'un fait divers que l'on situera dans une ville argentine ne laisse guère planer le doute sur cette mort devant témoins. Après avoir parlé avec un homme, puis l'avoir mis en joue, une jeune femme a subitement retourné l'arme contre elle.
Appelé sur les lieux, le journaliste Guyot va toutefois trouver cette affaire un peu bizarre, notamment parce que les autorités ainsi que son rédacteur en chef décident très vite qu'il ne s'est rien passé. La consigne est claire : « Ne fais pas de vagues, Guyot. Su tu deviens gênant et qu'on te chope en train de poser des questions, ça va mal tourner pour toi. »
Il n'en fallait bien entendu pas davantage pour exciter la curiosité de notre homme. Au début de son enquête, il ne cherche qu'à comprendre l'enchaînement des faits. Qui était cette Julia Montenegro ? Pourquoi n'a-t-elle pas tué l'homme qu'elle avait au bout de la gâchette ? Quelle raison supérieure a conduit les autorités à étouffer l'affaire ? Au fil des chapitres, on va voir le puzzle se mettre en place. Témoignages, bribes d'informations, coupures de presse, visite au domicile de la défunte vont permettre à Guyot de retracer la vie de Julia. Dans sa quête, il va être secondé par Vera, une psychanalyste à la retraire. Ensemble, ils vont dresser le profil d'un personnage peu recommandable qui voudrait retrouver sa virginité en confiant sa biographie à la jeune femme. Sauf que cette dernière n'entend pas non plus servir de porte-plume sans essayer de creuser un peu dans la vie de son commanditaire, « ajouter des détails à se rappeler, des idées à explorer.»
Erreur funeste ! Alors qu'« il serait très simple de résoudre le problème en pensant que Julia n'était qu'une femme chargée d'écrire des autobiographies» le journaliste s'entête et provoque de nouveaux drames. Après un chien, ce sont des interlocuteurs de Guyot qui sont retrouvés morts. C'est alors que la peur s'installe. C'est alors que l'on comprend que la dictature a laissé derrière elle quelques habitudes nauséabondes, que le «système» fonctionne toujours et que certaines vérités ne sont pas bonnes à dire, quand bien même elles émanent des bourreaux eux-mêmes.
Au fil des chapitres qui se succèdent avec leur lot de révélations, le dossier devient de plus en plus lourd, l'image de plus en plus nette et le combat de plus en plus inégal. de la police à la justice, la corruption continue à gangréner le pays et à étouffer ceux qui voudraient y mettre un terme.
Bien plus qu'un récit historique ou un essai politique, c'est une entreprise de salubrité publique racontée comme un polar que nous livre Eugenia Almeida. Pour que les loups ne finissent pas par envahir le pays, pour que les personnes de bonne volonté puissent échapper à la peste qui n'a pas été éradiquée.

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Ce livre est percutant, efficace, que ce soit dans son écriture, sèche et cruelle, ou dans la construction de son intrigue. Un livre dont je n'ai pas vu passer la lecture tant l'action va vite, très vite.
Nous sommes en Argentine, et la dictature, ce n'était pas si loin. Il est encore des personnes qui sont nostalgiques de cette période, des personnes qui ont encore de lourds secrets à cacher, et des personnes qui sont assez bêtes pour vouloir parler de leur passé, sans penser aux conséquences – pour eux, pour les leurs, pour les autres. Surtout quand leur ami, leur protecteur est froid, cynique, et prêt à tout pour être totalement tranquille.
Il faut dire que ceux-ci, ces nostalgiques, ces profiteurs, ceux qui s'en sont mis plein les poches et ont profité aussi pour faire à peu près tout ce qu'ils voulaient, sont partout, y compris dans la police : il est dur de revenir à une vie où tous les coups ne sont plus permis. Dans ce roman, on n'est plus au stade où l'on ramasse les pots cassés, l'on en est à celui où, si l'on survit, l'on se planque le plus loin et le plus vite possible. Si l'on parvient à survivre.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Le jeune homme comprend qu’il a dérapé, commis une erreur, que ce n’était pas ce qu’il aurait dû dire. Il sourit. Bien que l’autre ne le voie pas. Il sourit parce que c’est ce qu’on lui a appris : plus la tension est forte, plus ferme doit être le sourire. Les gens hésitent à attaquer quelqu’un qui sourit.
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La loyauté se juge aux actes. On peut toujours se prétendre loyal, mais cela n’a de valeur que si les actes suivent. Les promesses ne servent à rien. On ne peut les apprécier qu’a posteriori. Faire des promesses et ne pas les tenir est pire. Il vaut mieux se taire. Toujours. Après avoir parlé, il faut agir.
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– Tu écris un seul mot là-dessus et une heure après tu es mort, pigé ?
Guyot a entendu ce genre d’avertissement des milliers de fois. Il a toujours pensé que, dans la bouche de Jury, ils ne signifiaient pas la même chose. Mais il y a un doute, une petite marge d’ombre qui lui fait penser que oui, bien sûr que oui, Jury veut dire exactement ce qu’il dit.
– Tu t’imagines que j’ai envie d’écrire un papier là-dessus?
– Je sais pas. Tu fais un boulot de merde.
– Peut-être, mais meilleur que le tien.
Ils se regardent. Leurs yeux se fuient. Quelque chose les a distraits. Quelqu’un est en train de pleurer. (p. 25)
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–Je ne sais pas si tu joues au con ou si tu l’es pour de vrai.
–J’ai besoin de ce tuyau.
–Pourquoi ?
–Ah ! Il faut toujours tout expliquer !
–Quand on pose des questions, oui.
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Que l’insécurité augmente. Que sur la place du Bajo on peut se faire tirer dessus en toute tranquillité. Que se procurer une arme dans cette ville est plus facile que trouver un taxi, que tout le monde sait très bien ce qui se passe, mais à quoi donc ressemblent nos rues aujourd’hui ?
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Vidéo de Eugenia Almeida
Lise Belperron présente "L'échange" d'Almeida Eugenia .Lise Belperron vous présente "L'échange" d'Almeida Eugenia Métailié. Parution le 25 août aux éditions Métailié. Rentrée littéraire 2016. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/almeida-eugenia-echange-9791022601412.html Notes de Musique : Suicide by Severin. Free Music Archive. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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