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EAN : 9782072884351
Éditeur : Gallimard (13/02/2020)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 348 notes)
Résumé :
Buenos-Aires, 1940. Des amis juifs, exilés, se retrouvent au café. Une question : que se passe-t-il dans cette Europe qu’ils ont fuie en bateau quelques années plus tôt ? Difficile d’interpréter les rares nouvelles. Vicente Rosenberg est l’un d’entre eux, il a épousé Rosita en Argentine. Ils auront trois enfants. Mais Vicente pense surtout à sa mère qui est restée en Pologne, à Varsovie. Que devient-elle ? Elle lui écrit une dizaine de lettres auxquelles il ne répon... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (126) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  04 octobre 2019
°°° Rentrée littéraire 2019 #27 °°°
Non,ce n'est pas un énième livre sur la Shoah. Oui il est encore possible, après Levi, Wiesel, Kertesz ou Semprun d'écrire un grand roman sur ce thème en trouvant un angle romanesque original. En l'occurence, une histoire simple et terrible.
Vicente, juif polonais arrivé en Argentine en 1928, marié, trois enfants, marchand de meubles à Buenos Aires, reçoit à partir de 1940 des lettres alarmantes et désespérées de sa mère restée en Pologne, enfermée dans le ghetto de Varsovie, des lettres qui disent la promiscuité, faim, la terreur, jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus. de 1940 à 1945, tout son quotidien, toute son âme vont être ébranlés par les funestes nouvelles qui lui font comprendre petit à petit l'horreur de ce qu'il se passe en Europe, lui qui avait migré pour s'affranchir de sa mère, pour grandir, pour vivre sa vie, à une heure où personne, surtout pas la presse, n'a pris la mesure de la Shoah en temps réel.
L'onde de choc se diffracte, d'abord une mélancolie puis une culpabilité, une impuissance qui le dévorent et le rongent au point que c'est un ghetto intérieur qui s'ancre dans sa tête et l'isole des siens, il se réfugie dans le mutisme, le silence comme refuge, si le silence comme acte ultime de son désespoir : « le monde extérieur avait de nouveau cessé d'exister. Ses pensées s'étaient de nouveau perdues dans la grande plaine enneigée. Il ne sentait plus rien. Seules quelques gouttes d'acide tombaient régulièrement dans son ventre, creusant un sillon lancinant pour lui rappeler son malheur. »
Santiago Amigorena sait se faire pédagogue pour entremêler ce drame intime à des dates précises correspondant aux grandes décisions administratives nazies. de cette confrontation, naît une réflexion lancinante sur l'exil et l'identité : si loin de ses origines, de sa mère, à l'abri, que signifie être juif maintenant qu'il est confiné dans cette identité ?
« A partir de ce triste mois de mars 1941, Vicente allait éprouver une double haine de lui-même : il allait se détester parce qu'il s'était senti polonais et il allait se détester davantage encore parce qu'il avait voulu être allemand. Il allait éprouver une double haine de lui-même que jamais le fait de se sentir juif n'allait soulager. « Pourquoi jusqu'aujourd'hui j'ai été enfant, adulte, polonais, soldat, officier, étudiant, marié, père, argentin, vendeur de meubles, mais jamais juif ? Pourquoi je n'ai jamais été juif comme je le suis aujourd'hui – aujourd'hui où je ne suis plus que ça. » Comme tous les Juifs, Vicente avait pensé qu'il était beaucoup de choses jusqu'à ce que les nazis lui démontrent que ce qui le définissait était une seule chose : être juif. »
L'écriture de Santiago Amigorena a trouvé le parfait équilibre entre pudeur et émotion, elle module des passages d'une grande sobriété, presque chuchotés ; d'autres sont plus exaltés, s'épanouissant dans d'amples phrases multipliant les répétitions, entêtantes, sonores, faites pour être lues, criées ou chantées dans une mélopée spiralaire.
Le dernier quart du roman est absolument bouleversant jusqu'à un formidable épilogue où le « je » de l'auteur raconte comment il a reçu de son grand-père, Vicente donc, ce douloureux silence en héritage.
Lu dans le cadre du jury Grand Prix des Lectrices Elle 2020 ( n°11 )
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Cancie
  05 janvier 2020
Au début du roman, le 13 septembre 1940, Vicente Rosenberg retrouve au café Tortoni, deux amis, Ariel Edelsohn, rencontré à Varsovie quand ils avaient 18 ans et Sammy Grunfeld qu'ils ont tous deux connu en 1928, pendant le trajet en bateau de Bordeaux à Buenos Aires en Argentine où ils vivent actuellement. Vicente était parti en Argentine pour se libérer un peu de l'emprise maternelle et tenter sa chance. Il y mène une existence heureuse, marié à Rosita, ils ont trois enfants.
Quand il prend peu à peu connaissance de la guerre qui se mène en Europe, il va commencer à regretter de n'avoir pas davantage écrit à sa mère restée en Pologne et d'avoir aussi peu insisté pour qu'elle le rejoigne, même s'il le lui a proposé à plusieurs reprises mais sans grande conviction. Il s'en veut de ne pas partager le sort des siens et va petit à petit se refermer sur lui-même, devenir imperméable à tout son environnement, ne s'intéressant plus ni à ses amis, ni même à sa femme et à ses enfants, s'enfermant dans un quasi mutisme, se punissant, se fuyant et se haïssant lui-même. Ce Ghetto intérieur, titre de l'ouvrage, que vit Vicente, l'écrivain le décrit de manière bouleversante et terrifiante.
Ce sont donc les questions de l'identité et de la transmission que Santiago H Amigorena aborde dans ce roman autobiographique puisqu'il raconte en fait, l'histoire de son grand-père, juif polonais émigré en Argentine, alors que la Shoah décime sa famille restée à Varsovie, la généalogie des personnages étant expliquée dans l'épilogue.
L'histoire de la Shoah, l'auteur nous la donne à lire et à ressentir de façon terrifiante par les articles de journaux, les chiffres et aussi par la terrible dernière lettre envoyée par Gustawa, mère de Vicente.
Ce livre ne peut laisser insensible. Il m'a beaucoup touchée et marquée. L'exil, la culpabilité, la quête d'identité, le repliement sur soi, l'irréversibilité du silence, le traumatisme collectif, autant de thèmes abordés qui relient l'intime et l'universel.
Pour terminer, je citerai Santiago H. Amigorena qui termine ainsi son livre : "J'aime penser, comme je vieillis, que quelque chose de mon passé vit en moi - de même que quelque chose de moi, j'espère, vivra dans mes enfants."
Un grand livre!
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Fandol
  01 février 2020
C'est un petit-fils qui écrit pour faire continuer à vivre ceux qui l'ont précédé et qui raconte le calvaire de Vicente Rosenberg, son grand-père.
S'il a fui l'Europe en 1928, après avoir combattu pour la Pologne, son pays d'origine, et ressenti l'immense antisémitisme qui gangrenait notre continent, Vicente ne se sent pas plus juif que polonais ou argentin.
Marié à Rosita, elle aussi membre d'une famille qui a traversé l'Atlantique, il vivrait heureux avec ses trois enfants et un commerce prospère. Hélas, sa mère, son frère et sa soeur sont restés à Varsovie et il a mollement insisté pour qu'ils viennent le rejoindre.
Peu à peu, il apprend ce qui se passe en Europe et tout ce que subissent les juifs. Quelques lettres de sa mère – des appels au secours de plus en plus poignants depuis le ghetto de Varsovie – le perturbent grandement. Malgré ses deux meilleurs amis, Ariel et Sammy, une femme aimante et des enfants parfaits, il s'enfonce dans le silence, en perd même la parole.
Au fil de cet enfermement dans ce ghetto intérieur, Santiago H. Amigorena (photo ci-dessous) ne manque pas de nous rappeler toute l'horreur de l'extermination programmée, organisée de tout un peuple, hommes, femmes, enfants, vieillards, bébés exécutés, envoyés dans des chambres à gaz, ce qu'on a fini par appeler la Shoah après des termes qui se sont révélés inappropriés, comme génocide ou holocauste.
J'ai toujours beaucoup de mal à lire et relire tout cela, me demandant comment un peuple cultivé, civilisé a pu aller aussi loin dans l'ignominie. Ils étaient médecins, architectes, savants, professeurs, chercheurs et pourtant ils ont commis les pires atrocités sur leurs semblables, ne les considérant même pas comme des êtres humains.
Cela ne s'explique pas ou très difficilement mais nous savons aujourd'hui que l'antisémitisme était la règle depuis des siècles chez les chrétiens, que la jalousie et l'incompréhension grandissaient et qu'il a suffi qu'un monstre profite d'une crise économique pour entraîner tout un pays dans une folie alimentée par une idéologie d'extrême-droite, le nazisme.
Tout cela n'est pas si loin de nous et je suis très inquiet, comme beaucoup d'autres, de voir ressurgir de telles menaces aujourd'hui dans un monde en crise. C'est pourquoi il faut parler de livres comme le Ghetto intérieur, qu'il faut les lire afin de réveiller les consciences même si nous savons que ce sont les hommes les pires ennemis de l'humanité.
Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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Kittiwake
  18 décembre 2019
Roman sombre, superbement écrit, qui invite le lecteur au coeur de ce ghetto qui pourrait s'intituler culpabilité.
Pour l'homme qui a fui la Pologne pour l'Argentine, peu avant que les bruits de botte ne deviennent vacarme, l'exil fut salutaire. Mariage, travail, famille, tout pourrait faire le lit d'une existence, sinon heureuse, du moins paisible. Oui mais voilà, sa mère est restée là-bas, isolée, et, lorsque Vicente sort du silence et répond enfin aux lettres de celle-ci, il est trop tard, le ghetto s'est refermée sur elle.
La charge est trop lourde et les issues trop certaines pour que le chagrin et la culpabilité puissent être mis en mots : Vicente se mure et le mot est choisi à dessein dans un silence mortifère qui l'isole peu peu de ses proches, les punissant eux aussi de ce malheur su lequel ils n'ont aucune marge de manoeuvre.
C'est un travail d'introspection terriblement émouvant et oppressant, un témoignage, qui même s'il n'apporte rien de nouveau pour peu que l'on soit informé de ce qui s'est passé dans ces années noires à Varsovie, met en lumière les souffrances par procuration qu'ont pu subir tous ceux qui avaient des proches pris au piège créé par la folie de quelques-un et l'aveuglement des autres.

Très émouvant et marquant.
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Eve-Yeshe
  15 mai 2020
Vicente Rosenberg a fui la Pologne, direction l'Argentine, en 1928. Il voulait s'éloigner de sa famille, sa mère en particulier mais aussi son grand frère médecin et sa grande soeur communiste convaincue. Il est parti avec un ami Ariel qu'il a connu à Varsovie, à l'armée et Sammy dont ils ont fait la connaissance sur le bateau.
L'histoire commence en septembre 1940, les trois amis discutent au Tortoni, café qui est leur point de ralliement, quand le travail est fini.
Vicente est marié, avec Rosita Szapire, ils ont trois enfants, il travaille comme marchand de meubles dans un magasin de son beau-père qui fabrique lui-même ces meubles. Tout va bien, ils sont heureux, mais en Europe les nazis règnent en maîtres absolus. de temps en temps, Vicente reçoit une lettre de sa mère. Il a bien tenté, mollement, de la faire venir chez lui, mais n'a pas insisté quand elle a dit qu'elle préférait rester à Varsovie.
Peu à peu le ton des lettres change, les Juifs sont regroupés dans le ghetto de Varsovie, enfermés derrière un mur. Sa mère se réjouit (se rassure plutôt) car ils ont pu rester dans leur appartement situé au coeur du ghetto, et la vie semble continuer. Peu à peu, l'étau se resserre, ils sont de plus en plus nombreux, les nazis ont trouvé la solution, en plus de tirer dans le tas, le plus simple est de les affamer : ils doivent vivre avec 180 calories par jour, le cinquième des besoins élémentaires. le grand frère de Vicente continue à soigner les autres, gratuitement bien sûr, car ils sont obligés de vendre tout ce qu'ils ont pour acheter ce ma nourriture.
La vie continue à Buenos Aires, le magasin marche bien mais la culpabilité s'installe, et Vicente s'enferme dans le silence, ne plus voir, ne plus entendre, ne plus parler au grand désespoir de Rosita. Il est dans le déni, certes, mais comment pouvait-on imaginer ce qui se passait réellement dans le ghetto, puis la déportation, les camps de travail « la solution finale » ? les journaux évoquaient parfois des évènements en Europe, mais chacun préférait rester dans l'ignorance.
On aurait pu penser que Vicente parle avec sa femme, dont la famille a fui les pogroms en 1905, mais personne n'en parle, donc impossible de mettre des mots et de partager.
On voit sombrer Vicente dans la mélancolie la plus noire, enfermé dans sa forteresse intérieure, il s'éloigne de tout le monde, refusant de partager sa douleur. Il fait un cauchemar récurent où un mur l'emprisonne de plus en plus… Il se punit sans arrêt pour ce qu'il n'a pas fait, se demande qui il est vraiment : Argentin, Polonais, Juif ?
Santiago H. Amigorena calque son récit sur l'évolution des évènements en Europe sous le joug nazi, à la lumière de ce que l'on sait actuellement, évoquant la difficulté à mettre un nom sur l'innommable : génocide ? holocauste ? Shoah ?
L'écriture est belle, avec des répétitions qui scandent la montée en puissance de la souffrance et de la culpabilité : je sais, je ne sais pas, je ne veux pas savoir… comme on récite un mantra, exercice de style qui illustre très bien le sujet qu'il traite.
C'est le petit-fils de Vicente qui raconte l'histoire, procédé intéressant, car il vient en sorte témoigner de ce qui s'est passé dans cette famille.
J'ai beaucoup aimé ce roman, c'est presque un coup de coeur d'ailleurs, presque, parce que parfois on a du mal à rester en empathie avec Vicente, sans être tenter de le juger : la même interrogation toujours : qu'est ce que j'aurais fait à sa place ? « on ne saura jamais ce qu'on a dans nos ventres » comme le chante si bien Jean-Jacques Goldman, on aimerait être un héros, un résistant qui n'a pas plié sous le joug nazi et puis c'est si facile de refaire l'histoire quand on a tous les éléments en mains.
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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critiques presse (8)
LaLibreBelgique   29 octobre 2019
Le Ghetto intérieur est un livre superbe et immensément troublant, où les silences sont au centre, comme la culpabilité.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeMonde   07 octobre 2019
Dans son nouveau livre, l’écrivain raconte son grand-père, juif polonais émigré en Argentine avant-guerre et révèle l’origine du silence qui habite son œuvre.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Culturebox   27 septembre 2019
Avec "Le Ghetto intérieur", le romancier Santiago H. Amigorena rejoint Primo Levi, Jorge Semprun ou Imre Kertész en apportant sa pierre à l'édifice littéraire qui œuvre pour la mémoire de toutes les victimes de la Shoah, et au-delà, de l'humanité. Un grand livre.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Actualitte   26 septembre 2019
Le roman de Santiago H. Amigorena est remarquable en ce qu'il explore avec pudeur une autre forme de violence engendrée par la guerre et la Shoah - celle exercée sur les survivants - et qu'il redonne la parole à un homme qui en avait été privé, victime lointaine mais ô combien réelle.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeFigaro   19 septembre 2019
À l’heure où les étals des librairies sont occupés, comme chaque fin d’été, par une majorité de livres impersonnels dans l’écriture, détimbrés ou sans tonalité particulière, voilà un roman avec voix et modulation, un roman chuchoté, un roman dérangeant aux pages troublantes.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress   19 septembre 2019
Puissant et déchirant, "Le ghetto intérieur", son 10e livre, publié comme les neuf précédents chez P.O.L, participe de cette entreprise en racontant l'histoire de son grand-père, Vicente Rosenberg, juif polonais émigré en Argentine en 1928 avec l'espoir de tirer un trait sur l'antisémitisme gangrénant une partie de la société polonaise.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Bibliobs   04 septembre 2019
Exilé en Argentine, Vicente Rosenberg a vécu avec la culpabilité d’avoir échappé à la Shoah. Son petit-fils lui rend la voix dans ce livre aux accents de kaddish.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaCroix   30 août 2019
Décrivant l’impuissance d’un homme, son grand-père argentin, alors que la Shoah frappe sa famille restée à Varsovie, Santiago Amigorena offre une méditation puissante sur l’exil et le poids du silence au cœur d’une famille.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (126) Voir plus Ajouter une citation
CancieCancie   07 janvier 2020
le mur que les Allemands venaient d'ériger pour isoler les Juifs à Varsovie avait délimité une zone d'à peine plus de trois kilomètres carrés où allaient vivre plus de quatre cent mille personnes. Quatre cent mille personnes dans quelques pâtés de maisons. Quarante pour cent de la population de la ville dans quatre pour cent de sa superficie. Cent vingt-huit mille habitants au kilomètre carré. C'est-à-dire une densité six fois plus importante que celle de Paris intra-muros aujourd'hui. Une densité trois fois plus importante que celle de Dacca, la ville la plus dense du monde.
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CancieCancie   08 janvier 2020
À partir de ce triste mois de mars 1941, Vicente allait éprouver une double haine de lui-même : il allait se détester parce qu'il s'était senti polonais et il allait se détester davantage encore parce qu'il avait voulu être allemand. Il allait éprouver une double haine de lui-même que jamais le fait de se sentir juif n'allait soulager. "Pourquoi jusqu'aujourd'hui j'ai été enfant, adulte, polonais, soldat, officier, étudiant, marié, père, argentin, vendeur de meubles, mais jamais juif ? Pourquoi je n'ai jamais été juif comme je le suis aujourd'hui - aujourd'hui où je ne suis plus que ça." Comme tous les Juifs, Vicente avait pensé qu'il était beaucoup de choses jusqu'à ce que les nazis lui démontrent que ce qui le définissait était une seule chose : être juif.
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CancieCancie   09 janvier 2020
C'est sans doute une des caractéristiques les plus singulières de l'être humain : de même que le corps lorsqu'on lui inflige trop de souffrance ou lorsqu'il est trop affaibli s'éteint momentanément par l'évanouissement pour pouvoir, comme une simple machine, se rallumer et repartir, l'esprit aussi, lorsque la douleur et l'impuissance sont trop fortes, s'assombrit, s'assourdit, se referme pour survivre, - quelque chose qui est encore humain et qui ne l'est déjà plus, quelque chose qui est encore nous-mêmes et qui n'est déjà plus personne.
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FandolFandol   05 février 2020
De la même manière que la plupart des Argentins, quarante ans plus tard dans cette même ville de Buenos Aires, allaient refuser de croire que la dictature militaire avait fait des milliers de disparus, les gens, en Allemagne, en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Hongrie, en Roumanie, dans les pays baltes, en Crimée, en Ukraine, en Russie, comme partout dans le monde, préféraient ne pas parler, ne pas savoir. Tout le monde préférait ne pas parler de cette horreur pour une raison élémentaire et intemporelle : parce que l’horreur crue de certains faits permet toujours, dans un premier temps, de les ignorer.
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FandolFandol   03 février 2020
À l’inverse de son mari, Rosita avait des traits un peu grossiers, un peu relâchés – mais si bienveillants. Son regard et son sourire débordaient d’une douceur agreste, boueuse, humide comme une terre généreuse. Rondouillette, elle possédait cette beauté si dénigrée de nos jours qu’on a tant appréciée de la Renaissance au XIXe siècle : celle que seules détiennent les femmes un peu fortes, aux épaules tombantes, aux petits seins, à la peau laiteuse.
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