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ISBN : 2370210206
Éditeur : Raconter la vie (02/01/2014)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Anthony a 27 ans. Il habite la banlieue lyonnaise. Il raconte dans ce livre le choc qu'a été pour lui la découverte du monde du travail après avoir décroché du lycée à 16 ans. Son itinéraire est révélateur de l'actuel mouvement de reprolétarisation qui touche de nombreux jeunes qui lui ressemblent. Anthony est emblématique de ces ouvriers d'aujourd'hui, dont la vie professionnelle est marquée par le triple sceau de l'incertitude, de la précarité des statuts et de l'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Marti94
  09 mars 2017
J'aime beaucoup le principe de cette collection des éditions du seuil qui est de « Raconter la vie ». Datant de 2014, le récit « Moi, Anthony, ouvrier d'aujourd'hui » est toujours d'actualité.
Anthony est ce qu'on appelle un "décrocheur" c'est à dire qu'il a quitté le lycée avant d'avoir obtenu un diplôme. Il raconte ses galères pour avoir un emploi et surtout pour trouver sa voix. Car comme beaucoup de jeunes il ne sait pas quel métier exercer et il ne supporte pas ce qu'on pourrait appeler "le système scolaire", les méthodes utilisées (en France) pour apprendre. Et sans jeter la pierre aux professeurs, on comprend que la recherche de la performance sans objectif ne le motive pas. Il faut dire que lorsque quelqu'un ne rentre pas dans le moule, il est très difficile de s'accrocher.
Pourtant Anthony à de l'énergie. Il va se lever très tôt pour faire des petits boulots mal payés. Il trouvera un métier, celui de cariste, après avoir passé un Cases (Certificat d'Aptitudes à la Conduite d'Engins de Sécurité). La logistique est un secteur qui offre des possibilités d'insertion professionnelle pour les jeunes mais Anthony est lucide et se rend compte que les entreprises sont très différentes et les conditions de travail difficiles. Entre 16 ans et 27 ans il n'aura connu que l'instabilité et une activité en pointillés. Après une tentative manquée de préparer un baccalauréat professionnel Logistique en alternance, il va tenter de nouveau une formation pour obtenir un équivalent du bac et reprendre une formation sans qu'on le considère comme un adolescent. Car la considération est indispensable à l'épanouissement.
J'ai beaucoup aimé ce témoignage car il est juste et reste optimiste sans être manichéen. On voit bien que le décrochage scolaire ne touche pas que les jeunes des cités car Anthony est issu d'une famille de classe moyenne attentionnée (ce n'est pas un « kassos » comme il dit). Il montre bien ce qu'est le monde du travail pour un jeune sans diplôme, la condition ouvrière aujourd'hui et prouve que la formation professionnelle doit être valorisée.
Lu en mars 2017
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zity
  23 février 2014
C'est le premier livre que je lis de cette nouvelle collection proposée par Pierre Rosanvallon et je dois dire que je suis emballé !
C'est un texte tout simple, très court, qui raconte le parcours chaotique d'un jeune décrocheur de 16 ans qui enchaîne les petits boulots, pense avoir trouvé sa voie, hésite, repart en arrière. Qui est confronté aux entreprises sans syndicats où les cadences sont infernales, à l'intérim où le moindre propos énervé est payé cash, à l'écart entre ses qualifications de carriste et la réalité des missions qui lui sont proposées. Anthony n'abandonne pas et cherche malgré tout à se reconstruire.
L'objectif de la collection n'est pas simplement de proposer des témoignages, mais d'offrir des perspectives de réflexions. Et effectivement, cela remet en cause nos préjugés, nos compromissions et l'oubli de nos idéaux. Et les quelques pages qui complètent le récit d'Anthony permettent de faire un point utile sur la condition ouvrière d'aujourd'hui.
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JeanLouisBOIS
  23 février 2019
Insertion professionnelle sans diplôme.
Cette chronique, cette tranche de vie de 10 ans, racontée par Anthony, 27 ans, se veut à travers une expérience simple et courante un éclairage de la condition ouvrière au début des années 2000. Anthony, cariste, raconte ses difficultés à trouver une voie puis un emploi stable malgré sa motivation, sa détermination et son courage. Il nos fait découvrir le monde des entrepôts et de la grande distribution mais aussi accessoirement celui de la vente à domicile ou par téléphone ainsi que certaines arnaques. A vrai dire, tout est exposé dans une langue simple, presqu'orale qui manque parfois de précisions ou de nuances mais qui va à l'essentiel. Il ne s'embarrasse pas de circonlocutions quitte à laisser paraitre certaines illusions du type: les gens qui sont diplômés ont un travail plus intéressant que les autres (p.61). Cependant, cette capacité d'analyse nous montre un autre visage de l'auteur, c'est sa capacité à dépasser sa condition, à s'indigner devant la dévalorisation du travail physique (A quoi bon un CDI, si on arrive brisé à 40 ans?). Livre écrit par un auteur sans nom, comme pour marquer la banalité de son expérience et l'absence du monde ouvrier dans les médias, ce témoignage émouvant ne vire jamais au sentimentalisme. Ce qui en ressort , c'est avant tout la recherche de la dignité, de la reconnaissance et de la valeur de chaque individu dans la société; chacun à la place qu'il occupe n'est ni une machine, ni une quantité négligeable!

Lien : https://leblogbref.wordpress..
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Flo76300
  07 janvier 2018
Une écriture sympathique sue le fait d'avoir du mal à trouver du travail quand on a pas de diplôme et encore plus quand on refuse de se plier et de devenir un parfait "esclave" comme le dit Anthony.
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Milisnail
  01 avril 2014
Ce témoignage se dévore avec empathie. Toutefois, je ne peux m'empêcher de penser que ce témoignage nu est un peu trop brut. Une analyse aurait été la bienvenue, pour relativiser autant que pour éviter des généralisations sur le monde du travail d'aujourd'hui.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
ChezLoChezLo   27 août 2014
Après avoir rempli toutes les formalités à la mission locale
et avec la boîte, je me pointe le premier matin pour suivre
les cours. J’étais venu la veille me présenter au responsable
de la formation, un mec sympa dans les 40 ans. C’était
dans les mêmes locaux que ceux où j’avais fait mon stage
CACES. Mais, là, c’était gratuit, car c’était un programme Éducation nationale, pour lequel l’AFT était payée j’imagine.
Je me disais que cette formule de bac pro en alternance était vraiment la bonne voie pour moi et que je pourrais avoir comme ça un meilleur emploi. Je savais qu’il y avait plein de caissières avec des masters ; ces diplômes trop théoriques ne pouvaient pas déboucher sur une embauche. Les bacs + 4 ou 5 qui galéraient, on en entendait toujours parler. La route était longue, trois ans, mais j’étais bien décidé à m’accrocher.
C’était ça ou la galère sans fin, je le sentais bien.
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JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   23 février 2019
La pression du chômage est trop forte aujourd'hui. Elle fait rentrer tout le monde dans le rang. En même temps, ça me frappe de voir autour de moi que presque tout les gens n'aiment pas leur métier, qu'ils le font parce qu'il faut bien vivre. En tout cas, dans le monde ouvrier que je connais. (p.61).
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JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   23 février 2019
On entend souvent les patrons se lamenter qu'ils ne trouvent pas d'ouvriers. Il y a "pénurie de main-d’œuvre" comme ils disent. Ce genre de formule revient souvent. En fait, ça veut dire qu'il y a pénurie de main-d’œuvre docile pour bosser comme un esclave au SMIC. (p.45).
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ChezLoChezLo   27 août 2014
Dans les toutes petites boites – j’en ai fait plusieurs – c’est souvent un peu le bordel, il faut le dire. Les allées peuvent être mal agencées, l’emplacement des racks pas toujours rationnel. La contrepartie est que ça te donne une certaine marge de liberté. [...]. La superorganisation joue [...] pour réduire l’autonomie des caristes, c’est pour ça que j’ai toujours mieux aimé les petites boites.
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zityzity   08 avril 2014
Ça allait bientôt faire un an que j'avais quitté le lycée et je ne voulais plus dépendre de mes parents. J'étais décidé à ne pas tourner en rond. C'était aussi une question de fierté. Mais comment ? C'était la question.
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