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ISBN : 225300667X
Éditeur : Le Livre de Poche (31/12/2003)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 104 notes)
Résumé :
Parce qu’il veut « vivre aujourd’hui », Bernard Busard, un garçon de vingt-deux ans, est poussé à se battre : la course cycliste, la conquête d’une jeune femme, l’épreuve de force avec une machine. Cet employé d’une usine de jouets jurassienne choisit de fabriquer sans discontinuité, pendant six mois, des carrosses-corbillards en matière plastique. La presse à injecter, avec laquelle il lutte, doit d’abord lui permettre d’acheter et la liberté (un snack-bar, au bord... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Dumakey
  26 avril 2016
Voilà un des livres qui m'a le plus marqué. je l'ai lu en 5ième et il me reste un drôle de goût dès que je repense à cette histoire. Voilà donc des années après sa lecture ce qu'il m'en reste;
Une histoire triste qui sous-entend que le mérite n'est pas récompensé, qu'il vaut mieux lâcher prise pour réussir que s'acharner...
Ainsi, le héros, bien que méritant et plein de volonté semble toujours jouer de la même malchance. L'auteur utilise l'analogie de la course de vélo pour nous annoncer que la suite de l'histoire sera tout aussi catastrophique pour le héro.
Et bien, il y a des jours où la vie lui donne plutôt raison à Roger Vaillant, on peut bien souvent être son propre meilleur ennemi.
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Fandol
  14 octobre 2016
Il faut absolument lire ce roman, chef-d'oeuvre de Roger Vailland, paru en 1955, et que les Éditions Buchet/Chastel ont eu la très bonne idée de rééditer.
Le récit est direct, percutant, efficace et émouvant, de bout en bout. Tout commence par le Circuit cycliste de Bionnas (Jura) qui attire chaque année les meilleurs coureurs de six départements : l'Ain, le Rhône, l'Isère, le Jura et les deux Savoie. Roger Vailland fait vivre la course de façon superbe et met en place, en même temps, tous les protagonistes du drame qui se prépare.
Le narrateur et sa femme, Cordélia, rencontrent Marie-Jeanne (25 ans), lingère, petite amie de Bernard Busard (22 ans) qui court sous les couleurs de l'Étoile Cycliste de Bionnas. Dès le départ, la course est palpitante. le Bressan, un coureur inconnu localement, va se mettre en évidence. Nous le retrouverons tout au long de l'histoire qui permet de prendre conscience des conditions de travail dans les usines de plastique où la presse à injecter permet de mouler des jouets et toutes sortes d'objets.
Busard ne veut pas passer sa vie à l'usine et Marie-jeanne pense comme lui. Un projet de snack-bar, entre Châlon et Mâcon, mobilise toute la détermination de notre homme à qui il manque 325 000 francs pour boucler son budget. Bravant les consignes syndicales, Busard entraîne le Bressan dans son projet fou : se relayer devant une presse, 24h/24, pendant 187 jours, 4 488 heures, afin de mouler 201 960 pièces et gagner chacun 325 000 francs, soit 49 546 euros.
L'histoire est haletante, inquiétante, oppressante souvent. Une modification technique sur les presses, visant à réduire le temps de refroidissement entre chaque pièce, impose deux jours de repos à tout le monde. le Bressan et Busard en profitent pour refaire du vélo ensemble. C'est l'occasion pour ce dernier d'expliquer à son compagnon les subtilités de l'usage du dérailleur…
« Lever, détacher, baisser, trancher, séparer, jeter, » les opérations se répètent à l'infini jusqu'à l'épuisement.
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frandj
  18 février 2017
Voici un très bon livre, maintenant un peu oublié, de Roger Vailland (1907-1965). Ce journaliste et écrivain avait un caractère indépendant et pourtant s'est engagé politiquement. Il signe là un roman social très juste, efficace et cruel.
C'est l'histoire d'un jeune homme prénommé Bernard, passionné de cyclisme, dont le gagne-pain est de manipuler une presse à injecter du plastique pour fabriquer à la chaîne divers objets. Son job est ingrat, ses conditions de travail sont dures et il n'a aucun avenir dans cette usine. Mais Bernard a d'autres ambitions. D'abord il veut épouser Marie-Jeanne. Ensuite il souhaite travailler en indépendant dans un snack-bar; pour l'acheter, il n'a pas l'argent nécessaire, il lui manque encore 325 000 francs. Il conçoit alors un projet fou: travailler "en tandem" à l'usine, avec l'une de ses connaissances (lui aussi coureur cycliste), 24 heures sur 24 pendant exactement 187 jours. Une gageure ! Faisant ensemble le travail de trois ouvriers, les deux compères pourront réunir le pactole désiré. (On se demande si, de nos jours, une telle dérogation aux lois du travail serait seulement envisageable !). le lecteur devine vite que le dénouement ne sera pas conforme à leurs voeux.
Sans détours et sans misérabilisme, le romancier évoque le monde du travail à la chaîne dans les années '50. Depuis lors, le travail a évolué. Mais maintenant le burn-out touche trop de salariés, y compris des cols blancs. L'avertissement de R. Vailland reste donc d'actualité. du même auteur, j'ai aussi lu "La loi", qui est aussi un roman réaliste mais qui décrit une société beaucoup moins proche de la nôtre.
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HORUSFONCK
  25 septembre 2016
Je qualifierais 325000 francs, de roman "moderne".
Busard n'est pas un personnage qui a attiré ma sympathie, ni soulevé en moi de compassion.... Il travaille trop pour cela, tout au long de ce roman captivant.
Busard se creuse son propre tunnel, dont il pense émerger rapidement (très? trop?) pour entamer sa vraie vie.
Busard ne s'abuse-t-il pas?
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ManonReal
  30 janvier 2018
Bernard Busard aime Marie-Jeanne. Elle l'aime aussi, mais souhaite avoir une meilleure situation. Ce dernier envisage d'acquérir une somme, 325000 francs pour parvenir à l'épouser. Il travaillera comme un fou dans une usine du Jura en fabriquant des objets en plastique, quitte à s'épuiser. Peut-on y voir la disparition du travail rural au profit d'une industrialisation qui exploite l'homme? Une critique parfaite de la société de la fin des années 50, dans le contexte du bras de fer entre deux géants, l'Américain et le Soviétique!
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
JcequejelisJcequejelis   01 avril 2013
Chatelard est un vieil ami du père de Busard. Ils ont mené ensemble la campagne électorale du Front populaire, en 1936, et en juin de la même année les combats contre les Croix-de-Feu, au cours desquels il arrivait que des coups de feu fussent échangés. En 1945, le père Busard laissa tomber, dégoûté que la classe ouvrière n'eût pas profité de la Libération pour prendre le pouvoir. Il avait également abandonné le syndicat; travailleur à façon, il se prétendait maître chez lui. il regrettait sans l'avouer complètement, le temps où il avait fondé avec des camarades l'Aube sociale, coopérative de consommation, épicerie-fruiterie-quincaillerie, et aussi café-brasserie, où se réunissaient les militants ouvriers (mais on s'était aperçu en 1914 que le gérant du café était un indicateur de police.) En ce temps-là, l'Aube sociale éditait un hebdomadaire socialiste, auquel Lénine, réfugié en Suisse collabora. Le vieux militant boudait aux formes contemporaines du combat politique...

793 - [Le Livre de poche n° 986, p. 105]
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JcequejelisJcequejelis   02 avril 2013
Il rentra dans l'appentis et essaya de lire un journal qui traînait, un grand quotidien de Lyon. Cela ne l'intéressa absolument pas. Depuis qu'il avait quitté l'école, il n'avait jamais lu un livre, ni même un journal, sauf l'Equipe et Miroir Sprint. Il ignorait tout ce qui se passait dans le monde, sauf les choses du cyclisme, et quelques mots entendus malgré lui au cours de conversations à l'usine ou chez son père; encore fermait-il volontairement les oreilles à ces mots-là, reflets des "salades" avec quoi, croyait-il, on essayait de l'empêcher de gérer à sa guise sa propre vie. Marie-Jeanne de même. Ils se trouvaient l'un et l'autre, ouvriers à Bionnas, ville ouvrière, où l'on s'était battu pour Sacco et Vanzetti, d'où des volontaires étaient partis pour défendre l'Espagne républicaine, dont les murs avaient été couverts d'inscriptions contre le général Ridgway, ils se trouvaient l'un et l'autre aussi ignorants des événements de leur temps que Paul et Virginie dans leur île. De telles singularités étaient encore possibles et même relativement fréquentes dans la France de ce temps-là.

794 - [Le Livre de Poche n°986, p. 216-217]
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NiratremNiratrem   17 octobre 2016
Tel était le ton de l'époque. Les affaires du cœur n'ont plus de rapport avec la grandeur d'âme, comme dans Corneille. Le "courrier du cœur" a remplacé le code de l'honneur. On ne s'émeut pas du goût des jeunes pour l'héroïsme, on s'attendrit sur leurs bégaiements. Le jour même où l'on enterre les fusillés, hommes, femmes et enfants, dans les fosses communes, mêmes les magasines qui s'indignent des fusillades, publient sur leur couverture des photos de nourrissons. Cette société retombe en enfance. C'est la règle à la veille de grandes révolution. Saint-Just et Robespierre eux aussi commencèrent pas écrire des fadaises.
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crapahutevidacrapahutevida   03 juin 2017
Il expliqua son projet. Une presse à injecter fonctionne vingt-quatre heures sur vingt quatre. Trois ouvriers y travaillent à tour de rôle, à raison de trois postes de huit heures par jour. Il ne serait pas possible à deux hommes seulement d'en assurer le service, à raison de deux postes de douze heures, autrement qu'exceptionnellement; la fatigue, en effet, commence à se manifester, sous la forme d'une somnolence, dès la sixième ou la septième heure; la plupart des accidents arrivent au cours des deux dernières heures des postes de huit heures. Mais en alternant quatre heures de travail, quatre heures de repos, il n'y a pas de raison de ne pas résister indéfiniment.
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Malahide75Malahide75   06 mai 2013
Quand à force d'avoir été battu, l'homme a admis qu'il est inutile d'essayer d'être heureux, il cesse de penser à sa fin. C'est qu'il a déjà cessé de vivre.
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