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304 pages
Éditeur : Ankama Editions (28/08/2020)
4.3/5   446 notes
Résumé :
Nés dans un laboratoire de la Silicone Valley, deux androïdes, Carbone et Silicium, vont être les témoins du changement vers notre humanité future. Ce moment où la technologie de l'intelligence artificielle, pinacle de l'accomplissement humain, va entrer en confrontation directe avec les crises écologique, économique et migratoire. C’est avec leurs yeux que nous allons redécouvrir notre planète Terre ayant atteint le fameux point de non-retour annoncé par les scient... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (91) Voir plus Ajouter une critique
4,3

sur 446 notes
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Eric76
  04 juin 2021
Si c'est ça l'avenir qu'on nous prédit, eh bien moi ! je retourne chez ma Mamie et mon Papi…
Deux androïdes, Carbone et Silicium, vont suivre cette humanité en perdition sur près de trois cents années. Un vrai cauchemar ! Mégalopoles inhumaines, réchauffement climatique et montée des eaux, crises migratoires et guerres civiles, pénurie d'eau, milliards d'humains égarés dans la toile. Corps difformes, masques effrayants, rictus de haine et de souffrance, dessins torturés, brouillés… N'en jetez plus !
Une bande d'androïdes aussi loqueteux que des va-nu-pieds en train de s'écarter pour laisser en paix une abeille butiner dans ce monde dévasté est le seul moment d'espoir et de ravissement au milieu de ce pessimisme noir. C'est très peu...
Cette longue BD sombre et dépressive a au moins le mérite de nous faire réfléchir sur les relations que nous entretenons avec notre corps quand on passe plusieurs heures par jour devant les écrans et dans les rets de la grande toile. Qu'en sera-t-il demain ? Ce corps aura-t-il encore une quelconque utilité ?
J'avoue ne pas avoir compris ce salut collectif prôné par les androïdes.
Une BD vraiment apocalyptique et anxiogène qui nous en met plein la vue. Trop, peut-être !
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JustAWord
  30 août 2020
Mathieu Bablet n'en finit pas de s'imposer comme l'un des auteurs de bande-dessinée les plus intéressants de sa génération.
Depuis ses débuts poétiques et post-apocalyptique dans La Belle Mort jusque dans son sublime voyage spatial dans Shangri-La en passant par la beauté intense d'Adrastée, le français creuse son sillon parmi un imaginaire protéiforme et réflectif où l'être humain devient le centre de l'attention.
Quatre ans après Shangri-La, Mathieu nous revient avec un pavé de pure science-fiction intitulée Carbone & Silicium, l'occasion, une fois de plus de replonger dans un monde fouillé et inattendu.
L'Homme de demain
Tout commence à la Tomorrow Fondation au coeur de la Silicon Valley, des chercheurs dirigés par Noriko, créent deux intelligences artificielles qu'ils nomment Carbone et Silicium. Deux être tirés du flot de l'infosphère pour habiter un corps et, à terme, relever l'humanité.
Mathieu Bablet aurait pu transformer son oeuvre en une simple course contre la montre entre les humains et les robots renégats, faire de Carbone et Silicium deux fugitifs qui n'auront jamais de place. Et c'est en partie ça, Carbone et Silicium. Mais c'est aussi tellement davantage.
Dualité de l'existence
Carbone et Silicium, ce sont deux éléments du même table périodique, deux ingrédients d'une immense formule qui se nomme vie. Mathieu Bablet crée sous nos yeux deux non-humains qui, à force d'années, de réflexions, d'émotions et de rencontres deviennent plus humains que les non-humains, s'étonnant au passage de la robotisation des êtres de chairs et de la froideur des affects d'une humanité piégée par ses propres limites.
C'est un vision du monde qui entre en collision à travers 271 ans de voyages à travers des époques, des régimes, des problématiques qui meurent et revivent.
Mathieu Bablet oublie rapidement les considérations politiques actuelles qui apparaissent absurdes aux yeux des deux androïdes pour une réflexion sur le post-humain et le post-cyberpunk.
Malgré ce qui nous sépare
D'un côté, Carbone et Silicium contemplent l'homme, vieux reliquat d'un esprit coincé dans sa viande. La solution ? Unir ses pensées, ne faire plus qu'un, tenter de prendre une autre voie radicale. Être collectif.
Ou…
Dans cet opus, on retrouve non seulement cette réflexion nuancée d'un Mathieu Bablet qui semble lui-même se questionner sur son rapport au monde et à l'autre, mais aussi son goût pour un trait et un visuel pléthorique, ultra-fouillé sans être fouillis, où les cases se dégustent longtemps et dans les moindres détails, exotiques de bout en bout, célébrant la planète autant que ceux qui l'habitent. La poésie d'Adrastée hante souvent les pages de Carbone et Silicium, comme son côté engagé et humain nous renvoie aux plus beaux instants d'un Shangri-La l'espace d'un coucher de soleil…toujours différent.
Carbone et Silicium, en fin de compte, n'apporte pas une réponse, mais des pistes de réponses, à explorer, à éprouver, à comparer.
Au milieu, ce qui fait la puissance du récit, ce n'est ni l'opposition nomade/sédentaire, collectif/individuel, naturel/technologie, vie/mort, ni même la visite de notre planète à travers le temps. Ce qui fait la puissance du récit, c'est l'incroyable humanité de ces deux êtres qui se pardonnent et s'aiment par-delà les époques et les blessures, ce sont Carbone et Silicium, qui démontrent que peu importe les différences, on peut toujours choisir d'accompagner l'autre.
C'est une nouvelle fois un superbe voyage que nous offre Mathieu Bablet multipliant tout par deux, par quinze ou par deux cent soixante et onze. Aussi cyberpunk que cyberhumain, transhumain que posthumain, voire même humain tout court, Carbone et Silicium passionne et émeut par sa justesse et son trait toujours aussi épatant.
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SamDLit
  11 mai 2021
C'est en nous Que se passe Tout ce qui se passe
Dans le monde où nous vivons.
C'est en nous Que cesse Tout ce qui cesse
Dans ce que nous voyons. - Fernando PESSOA -
Plutôt que de parler d'Alain, Damasio, qui signe la postface de cet album SF post-apo, cyberpunk, style chien enragé, je cite Fernando
- en pied de nez, pied de ligne, pied aux propos
& un clin d'oeil saudade au fado.
Contrairement à mes habitudes 'bulles' sans paroles, ici, ce sont les dialogues qui m'ont d'abord interpellée - pollution, surpopulation, famine, vieillissement, partages tous azimuts des informations sans réel partage du savoir, connexion 24/24 --- merci xT, messager intergalactique :D)
Il m'a fallu un peu de temps pour m'habituer au graphisme
Les couleurs fauvistes, en variantes non linéaires m'ont tout de suite plu,
les traits, moins au début -
car si j'aime beaucoup Egon Schiele, j'ai une nette préférence pour les rondeurs et la volupté de Botero, encore un Fernando
- ensuite je me suis laissée porter par la vague (Oh Hordes mugissantes) et puis séduire par les lignes hachurées, déchiquetées en mille morceaux de couleurs explosives, flamboyantes qui accompagnent et soulignent totalement, imparfaitement le caractère robotique de cette histoire terriblement humaine (et vice-versa)
Au final, il s'agit avant tout d'une histoire d'amour entre Carbone et Silicium, deux 'êtres' que tout assemble, en qui tout se ressemble, que tout oppose, le tout et le néant, l'absolu et la complétude.
La plus belle preuve d'amour donnée et reçue serait le mot de la fin ou presque:
"Tu appartiens au monde extérieur, je te libère."
(d'accord avec Alain, Damasio, et en même temps, pour moi, la beauté de l'album se trouve aussi ailleurs -- )
Un roman graphique de chez graphique dans sa construction de l'espace, du temps, construction presque aléatoire tout étant très architecturale.
Un parti pris du non-esthétisme conventionnel très esthétique
Alain, Damasio, en signant la postface - que je n'avais pas lue avant la fin du récit - ne s'y est pas trompé (Tweet, like, dislike, très niets, très Nietzsche, Ô mon gai savoir ainsi parlait --)
Un talent certain dans cette nouvelle génération de ceux que j'appellerais les nez pointus avec des dialogues qu'apprécieront même les réfractaires à la SF, puisqu'ils relatent tout simplement le monde actuel à --
--- à peine --- 1 seconde de nous, top chrono, c'est parti !
avec suffisamment d'à-propos argumentés, compréhensibles, accessibles et un léger brin d'humour.
Pour en revenir à Alain, Damasio, il qualifie cet IA/AI ouvrage de sostalgique, joli !
solaire et mélancolique, à lire avec peut-être un air de Fado en ambiance, illustration de la saudade. Sodade
https://www.youtube.com/watch?v=vnkm0k_FPOA
Qu'est-ce que le bonheur ? le bonheur est-il hors de la cage, hors de la case, hors du réseau au monde ou au contraire dans cette solitude partagée qui est le lot des humains, enfin des IA/AI que nous sommes devenus ou en devenir ? ou encore en un ailleurs à réinventer et pourquoi sommes-nous des millions à nous poser cette question ou pas ?
Nostalgie, mélancolie, désir du bonheur sans savoir ce qu'est le bonheur ou ce que nous en attendons.
& un graphisme qui est tout sauf innocent, couverture au choix
" Tu sais j'ai vu 87,6% de la planète
- Alors ?
Le monde est beau "
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Frederic524
  15 mars 2021
Après le phénomène SF que constituât « Shangri-La », sélection officielle du FIBD d'Angoulême 2017, c'est peu dire que l'on attendait le nouveau projet de Mathieu Bablet avec impatience ! Lauréat du prix BD France Inter/Fnac, le jeune prodige de la SF a une nouvelle fois réussi son pari avec un roman graphique « Carbone & Silicium » d'une ambition et d'une grâce folle. En près de 300 pages il redessine et repousse les frontières de la SF avec une oeuvre post apocalyptique et philosophique convoquant aussi bien Asimov et ses lois sur la Robotique, que Blade Runner de Philip K Dick, entre autres sources d'inspirations. Car de l'inspiration Mathieu Bablet n'en manque pas tant cette BD est traversée par le souffle de l'histoire, celle de notre futur, de notre avenir à l'heure où le réchauffement climatique, l'épuisement des ressources de la planète, l'apocalypse nucléaire, les pandémies et la surpopulation menacent de toutes parts. C'est à une odyssée robotique à laquelle nous assistons. Carbone et Silicium sont deux entités, deux IA fabriqués dans la Silicon Valley en 2046. Ils seront les témoins de tous les déchirements de l'humanité, de toutes les compromissions, de toutes les lâchetés de notre espèce. Deux IA dont on promettaient une espérance de vie de quinze ans afin de pouvoir vendre plus de robots, toujours plus et les renouveler sans cesse, sans fin. Oui mais voilà, lors d'un voyage d'essai en Inde, Silicium, qui a le corps d'un Robot homme, s'échappe et s'en va découvrir le monde, son obsession. Carbone, dans son corps de Robot femme, n'aura qu'une idée en tête le retrouver et vivre à ses côtés. On suit les évolutions de l'intelligence artificielle à l'heure des réseaux sociaux, des téraoctets de données échangées en quelques secondes. On contemple l'abîme dans lequel l'homme s'effondre. Ses braises et ce feu ardent de la guerre et des révoltes d'abord entre hommes puis entre robots et hommes ne sont qu'une étape dans la perception visionnaire de Mathieu Bablet. Ce monde qu'il bâtit sous nos yeux est aussi effrayant que fascinant et les planches des illustrations sont absolument sublimes. On a le vertige, surtout dans le dénouement de ce roman graphique puissamment évocateur. A lire aussi, la magnifique postface d'Alain Damasio (La Horde du Contrevent) qui offre des clés aux lecteurs pour analyser ce roman graphique dantesque. On est ébloui, tout simplement par cette immersion dans les scénarios possibles du futur de l'homme et du robot. Les hommes sont de plus en plus connectés, se perdent dans les couloirs du temps et les robots sont appelés à exercer des tâches qui autrefois incombaient aux premiers. Mais il y a une chose que l'homme ne pourra jamais avoir et concevoir c'est l'immortalité. La finitude du corps, sa lente et inexorable décomposition, Mathieu Bablet l'imagine aussi pour le robot, mais ce dernier peut changer de corps grâce aux réseaux connectés. Avec « Carbone et Silicium » Mathieu Bablet tutoie les sommets du genre. C'est inconcevable quand on aime la BD, de passer à côté de ce qui est un classique instantané de la BD SF ! Culte et visionnaire.
Lien : https://thedude524.com/2021/..
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basileusa
  21 février 2021
Difficile d'en faire une critique tellement cette BD est riche. Et j'aime faire court!
Alors commençons par l'histoire : celle de deux androïdes, Carbone et Silicium, que l'on va suivre pendant environ 300 ans . C'est une belle histoire d'amour entre les deux, contrariée et touchante. A travers eux, c'est l'humanité que l'on va voir évoluer....et comme dans la majorité des livres de SF, les Hommes détruisent leur planète et/ou subissent les évènements climatiques. Mais ils sont toujours résilients. Il y a quelques passages aussi magnifiques de notre planète, des paysages notamment, mais je trouve ça dommage de voir toujours la même vision du futur....et si les villes devenaient plus vertes, et si L Homme avait pris conscience à temps des enjeux ? Un peu de positif c'est bien aussi. Mais Bablet fait ainsi passer son message.
L'histoire est prenante, belle, philosophique , les dessins sont parfois magnifiques, les couleurs et la mise en forme ( par chapitre selon la transformation de Carbone dans le temps) sont bien travaillés. Par contre je n'aime pas du tout sa façon de dessiner les personnages : sans pieds, aux formes destructurées, plutôt laids ...C'est voulu je le comprends bien, ce n'est pas leur apparence qui compte , mais moi je n'adhère pas.
Une BD avec des thèmes actuels ( écologie/ Connexion/ migrations....) mais avant tout une histoire d'amour que tout le monde appréciera. J'espère pouvoir lire Shangri-la un jour du coup !
Challenge BD 2021
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critiques presse (5)
LeJournaldeQuebec   18 janvier 2021
Mathieu Bablet livre avec Carbone & Silicium rien de moins qu'un nouveau chef d'oeuvre de la science-fiction.


Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
BDGest   07 octobre 2020
Carbone et Silicium combine habilement l'aspect technologique et militant de Shangri-La mais aussi une approche plus contemplative qui apparaissait dans ses ouvrages précédents.
Lire la critique sur le site : BDGest
Actualitte   24 septembre 2020
Un coup de cœur de la rentrée BD.
Lire la critique sur le site : Actualitte
BDZoom   21 septembre 2020
Un des titres incontournables de l’année 2020 !
Lire la critique sur le site : BDZoom
Culturebox   16 septembre 2020
L’histoire est traversée par des moments de grâce, lumineux, et des chapitres beaucoup plus sombres, notamment sur les grandes migrations.

Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
CarolineOussetCarolineOusset   08 juin 2021
Je crois que le vivre-ensemble ne peut fonctionner que par l'effort collectif. En travaillant les uns avec les autres, en s'aidant les uns les autres. Une intelligence globale au service du groupe.
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NinaaluNinaalu   02 juin 2021
Car la sagesse et l'intelligence ne peuvent être que collectives.
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xTHX1138xxTHX1138x   06 mai 2021
- Tu ne comprends pas. Depuis votre création, plus rien ne peut avoir d'importance. Tout est chamboulé... Je ne sais plus quel sens donner à ma vie, et je préfère encore bosser comme une malade que d'avoir à y penser...
- Et tes enfants ?
- Tu as vu dans quel monde on vit ? On ne parle que de surpopulation, de ressources qui s'épuisent. La vérité, c'est que c'était complètement inconscient de ma part de faire trois enfants. Ils seront de toute manière comme moi : les purs produits de leur génération. Les croyances et les valeurs que je vais m'entêter à leur transmettre ne viennent même pas de moi, mais des générations précédentes, de nos foutues traditions. C'est un éternel recommencement... Remettre tout ça en question voudrait dire se remettre en question soi-même, entièrement en question, et peut-être même réaliser qu'on avait tort depuis le début. Tu imagines le risque ? Notre morale, nos moeurs, toutes ces tensions sur des sujets qui ont été imposés aux gens sans qu'ils leur appartiennent vraiment. Plus rien n'aurait de sens.
En tant qu'androïdes sans descendance et vous renouvelant de génération robotique en génération robotique, vous ne serez pas soumis aux traditions ni à la culture. Seule l'histoire avec un grand H vous servira de repère. Vous ne commettrez pas les mêmes erreurs que nous. Vous serez parfaits en tous points.
Je suis une mère horrible, pas vrai ? (p.34-35)
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xTHX1138xxTHX1138x   05 mai 2021
On me demande souvent comment est né le projet "Carbone & Silicium".
Au commencement, nous avons nourri nos intelligences artificielles avec le plus de données possibles, créant ainsi des puits de connaissances parfaitement inutiles. Alors, qu'est-ce qu'il nous manquait ? Quelle était la différence entre une quantité gigantesque de données et l'intelligence ?

Comment rendre notre I.A. humaine ?

Pour cela, il nous fallait définir ce qui caractérise nos individualités. Elles peuvent être résumées, dans leur essence, au désir de vie et à une hiérarchie relative des besoins fondamentaux : boire, manger, dormir, copuler, avoir un sentiment d'appartenance et de réussite, etc.
Une fois comblé, un besoin fondamental apporte la satisfaction.
Assouvir ses désirs devient donc presque la raison d'être de l'humain, quand on y réfléchit. Qu'ils soient vitaux... ou non.
Nous nous sommes alors réduits à un dénominateur commun : la recherche de satisfaction.

Voilà comment nous allons insuffler la vie à nos créatures. Voilà comment nous allons fabriquer un être qui pense, mais surtout un être qui peut faire preuve d'initiative : en créant un déterminisme dans la programmation de sa matrice qui fera apparaître l'étincelle de vie qui manque à un simple algorithme.
"Mais les garde-fous ?", diront certains. "Si vous leur permettez de chercher à tout instant à se satisfaire, vous n'allez pas au moins leur installer un moyen de les contrôler, vos robots ?"

Voyons.
Les garde-fous existent déjà, et nous vivons au milieu d'eux. La Société, la morale, les notions de bien et de mal... en somme, la culture apprise depuis les premiers instants de votre vie de bébé autocentré est ce qui vous retient d'agresser votre voisin parce qu'il a une plus grosse voiture, une plus grande maison ou une plus belle montre que vous.
Mais si les androïdes veulent transgresser, seriez-vous tentés de renchérir ?
Comme nous tous, comme les humains. On le voudrait, certaines fois, transgresser. Certains le font.

Mais finalement, on exprime rarement nos désirs profonds.
Si nous parvenons à trouver plus ou moins l'équilibre entre nos besoins et les contraintes sociales, alors ils y arriveront aussi.

Professeure Noriko ITO
Directrice de recherche à la Tomorrow Foundation (p.3)
+ Lire la suite
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xTHX1138xxTHX1138x   05 mai 2021
- C'est quoi le sujet ?
- La D.L.E. : la date limite d'existence. Il faut qu'on détermine la durée de vie que l'on va donner à nos androïdes, maintenant qu'on les a créés.
- On a vraiment besoin d'une réunion pour décider de ça ? De toute façon, ça va être vite plié : Masahiro, combien de temps ces robots pourraient tenir dans l'absolu ?
- Plusieurs décennies, s'il y a un entretien régulier des pièces. Les batteries peuvent se remplacer et, finalement, tant que leurs composants tiennent dans le temps, tout va bien.
- Ah, non ! Non, c'est pas possible.
- en effet, ils ne peuvent pas vivre plus longtemps que nous, rapport de servitude humain-machine oblige.
- Je ne parlais même pas de ça. C'est juste pas rentable commercialement parlant. On nous demande d'en vendre de manière régulière, avec améliorations entre chaque générations. Disons cinq ans. On leur implémente une date limite dans le cerveau. Passé ce délai, ils s'éteignent.
- La question est plus complexe que ça et touche à notre propre finitude. Nous nous distinguons des animaux parce que nous avons la certitude de notre fin. C'est ce qui nous pousse à entreprendre des choses. Nos I.A. doivent être stimulées par la mort, mais si leur fin est trop rapide, on obtiendra les effets inverses : perte de rationalité, plus aucune volonté de travailler ou de créer quoi que ce soit à cause du manque de temps. Vous ne tirerez rien d'elles.
- Alors disons dix ans. C'est bien dix ans ! Il faut quand même que je puisse en vendre assez pour rentabiliser toutes vos recherches, moi !
- Quinze ans, Ronald, pas moins. Sinon, ça ne marchera pas.
- Comme un chat, en gros. (p.13-14)
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Videos de Mathieu Bablet (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mathieu Bablet
La Fnac en partenariat avec France Inter présentent le Prix BD Fnac France Inter. Cette année le lauréat est Mathieu Bablet pour sa bande dessinée "Carbone & Silicium", paru aux éditions Ankama, et qui avait déjà marqué les esprits lors de la sortie de son album précédent "Shangri-La". L'occasion d'explorer avec lui comment il construit ses histoires, ses dessins et sa réflexion, sa vision de notre société actuelle et son interprétation, ainsi que ses influences qui vont des impressionnistes avec Willilam Turner au cinéma d'aujourd'hui avec Darren Aronofsky. Découvrez toutes les vidéos sur la plateforme dédiée de la Claque Fnac : https://www.laclaquefnac.com
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