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Samuel Silvestre de Sacy (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070378326
441 pages
Éditeur : Gallimard (23/03/1987)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 58 notes)
Résumé :
Études de mœurs, scènes de la vie privée (suite) : Une Double famille - La Paix du ménage - Madame Firmiani - Étude de femme - La Fausse Maîtresse - Une Fille d'Ève - Le Message - La Grenadière - La Femme abandonnée - Honorine - Béatrix - Gobseck - La Femme de trente ans.
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Marple
  07 septembre 2014
Premier livre écrit par Balzac, 'Physiologie du mariage' est tout à fait déroutant : si on y retrouve avec plaisir l'immense capacité d'observation et la plume ironique et fine du grand écrivain dans cet essai sur le mariage, on se demande aussi sans arrêt si ce livre assez daté et misogyne relève du lard ou du cochon (de la femme honnête ou de la créature, dirait-on plutôt ici).
Car Balzac semble se plaire à brouiller les pistes, à coup de 'Statistiques conjugales' démontrant l'inéluctabilité de l'infidélité féminine, de pages imprimées avec des caractères aléatoires (non, ce ne sont pas des erreurs typographiques à l'impression), d'aphorismes, de conseils péremptoires sur le lit commun, la manipulation ou les méthodes d'espionnage... et d'un style souvent abscons. Malgré une lecture attentive et la notice très bien faite, notamment au sujet du mariage 'exemplaire' de ses parents, je ne sais toujours pas dans quelle mesure il était sérieux en écrivant, ni pourquoi il s'est finalement marié lui-même sans craindre la 'minotaurisation'.
Pour autant, la lecture est plutôt intéressante et amusante, ainsi sa théorie sur la 'force de la crécelle' (répéter sans fin la même chose jusqu'à obtenir gain de cause), les ruses déployées pour nouer ou déjouer un adultère, et tout le vocabulaire imagé de cette guerre amoureuse. Je recommande plutôt une découverte par petits bouts, pour éviter l'indigestion de la police assez désagréable ou de certains développements théoriques pesants, et apprécier tranquillement son humour mordant et juste.
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colimasson
  08 juillet 2015
Deux raisons m'ont principalement empêchée d'apprécier la Physiologie du mariage:
- Cet ouvrage a 160 ans et il ne parvient pas à le dissimuler. Il faut donc faire un effort très artificiel pour rire en choeur avec Balzac lorsqu'il dénonce l'hypocrisie religieuse et bourgeoise qui nourrit souvent le mariage –qui n'est même plus une institution importante chez nous.
- Les méditations De Balzac se réfèrent essentiellement à des exemples particuliers et ponctuels. Ceux qui aiment la profusion de l'anecdotique et la forme du fait divers seront ravis, mais le point de vue synthétique aurait été appréciable pour tenir la distance.

La physiologie du mariage trouve cependant grâce à mes yeux par l'alliance de sa fausse prétention didactique à son humour caustique. Honoré de Balzac avait intégré ce livre dans la dernière partie de sa longue série de la « Comédie humaine » : cette section devait regrouper des études analytiques englobant et résumant tous les types passés en revue au cours des romans précédents. Il s'agit du pendant théorique de la mise en scène pratique des situations et des catégories de personnages. Si les trois quarts de la Physiologie sont constitués par la description amusante mais laborieuse de scènes particulières, le quart restant, constitué d'aphorismes et de fulgurances à travers lesquelles Honoré de Balzac se révèle être un destructeur de tous les romantismes, bourreau des jeunes filles à qui il faut conter fleurette et des jeunes hommes proprets qui sont persuadés d'aimer l'amour pour l'amour, a ressuscité mon attention. La forme de l'étude analytique convient finalement bien à cette thématique puisque, de la séduction à la lune de miel en passant par l'enfantement, la lassitude, l'adultère et la vieillesse, Honoré de Balzac n'oublie pas une occasion de réduire la vie amoureuse à ses aspects les plus pragmatiques, qu'il recouvre de son rire graveleux. Et si vous pensez que l'amour ne devrait pas se réduire à des considérations que les plus veules trouveront tristes –alors que l'effet cathartique d'un bon parjure n'est plus à trouver-, Honoré de Balzac se réfère à son bon vieux pote Rabelais :

« Vous, tas de serrabaites, cagots, escargotz, hypocrites, caphartz, frapartz, botineurs, romipetes et autres telles gens qui se sont déguisés comme masques, pour tromper le monde !… arrière mastins, hors de la quarrière ! hors d'ici, cerveaux à bourrelet !… de par le diable, êtes-vous encore là ?… »

Cette affinité lui fait honneur.
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akhesa
  20 avril 2013
Balzac aborde tous les aspects de la vie conjugale avec un savoureux gout du detail.La multiplicite des sujets et points de vue s'enrichit de nombreuses references rousseauistes et des formules aux profondes resonances sociales et romanesques.L'analyse du coeur humain,des moeurs et de la condition de la femme mariee font de cet ouvrage cynique et provocateur,un livre matrice de la comedie humaine
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Laureneb
  25 juin 2020
Bon... Je n'ai terminé cet ouvrage en entier que parce que mon objectif de finir la Comédie Humaine est bientôt achevé.
Je n'ai pas bien compris le véritable objectif De Balzac en écrivant cet ouvrage - à part gagner de l'argent en reprenant une série de poncifs et d'anecdotes. Cependant, contrairement à d'autres traités rapides qu'il a pu faire dans sa jeunesse quand il manquait d'argent, celui-là est bien de son nom, et est intégré à la Comédie Humaine. Car oui, j'ai dû me forcer pour passer au-delà des premières lignes qui indiquent clairement que les femmes n'ont pas à lire cet ouvrage.
Je passe sur les remarques misogynes sur leurs bavardages, leurs dépenses, leurs coquetteries, leur hypocrisie... qui se veulent drôles en reprenant des clichés qui sont toujours utilisés par certains humoristes actuels. Mais lire des phrases comme "ne commencez pas votre nuit de noces par un viol", ou des autorisations et même des recommandations à battre sa femme, cela ne passe pas. Je ne suis pas le public visé, puisque, en tant que femme, Balzac m'interdit d'ailleurs de lire son livre... de toute façon, les femmes n'ont pas l'intelligence pour le comprendre - il faut aussi faire avec son snobisme, et pire, son mépris des catégories populaires : il ne parle ici que des Parisiennes du grand monde.
Certes, je connais le Code Napoléon qui place les femmes dans le statut d'éternelle mineure, je sais bien qu'il faut juger ces opinions du XIXème siècle avec un regard d'historien et pas un regard féministe actuel. Mais je n'ai pas été séduite par ce texte, trop insupportable pour moi - même si certaines anecdotes sont assez intéressantes et auraient pu donner lieu à des romans, ou du moins à des nouvelles.
Désolée, Balzac, mais ton humour ne marche pas sur moi, ni tes réflexions misogynes, sexistes et méprisantes.
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Melcleon
  20 juillet 2014
L'un des intérêts d'une liseuse est qu'on peut lire ou relire sans débourser un centime, une fois en possession de l'appareil lui-même, l'ensemble des oeuvres tombées dans le domaine public. C'est pour cette raison triviale que j'ai prévu de me replonger dans le fleuve, long mais pas vraiment tranquille, de la Comédie humaine, grosso modo dans l'ordre chronologique des parutions. Mais les premiers écrits De Balzac ne sont pas des plus palpitants car ce ne sont pas des romans (roman historique à la rigueur pour "Les Chouans") même si le génie du jeune auteur est déjà là : il avait à peine trente ans lorsqu'il publia "Physiologie du mariage" et on sent que la plume court avec aisance sur le papier, d'autant qu'il ne s'agit pas d'une dissertation de quatre pages issue du cerveau fébrile d'un candidat au bac et qu'on lit en quelques minutes. Non, c'est un essai substantiel et quelque peu polémique sur les déconvenues qui guettent les hommes qui se marient. D'une étude statistique personnelle qui vaut ce qu'elle vaut, Balzac tire la conclusion suivante : la plupart des époux sont destinés à être trompés, un jour ou l'autre, par leur femme. Quels sont les signes annonciateurs puis les indices de l'inconduite des épouses, de quelle armes disposent les maris pour s'en prémunir ? Balzac répond à ces questions de différentes manières, mêlant dans ses "méditations" axiomes et témoignages et composant finalement un plat moins indigeste qu'on pourrait le craindre.
Parmi les idées De Balzac qui ont sans doute fait polémique, celle de l'apprentissage sexuel et amoureux des jeunes filles avant le mariage, à une époque où la virginité constituait un dogme dans les milieux qu'étudie l'auteur, n'était pas la moins moderne, sinon révolutionnaire. Balzac ne prononce jamais le mot "divorce". Institué par la Révolution, justement, il avait été supprimé dès le retour de la monarchie et, en 1830, le sujet était probablement tabou.
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Citations et extraits (73) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   08 juillet 2015
« Ah ! c’est vous, buveurs très-illustres, vous, goutteux très-précieux, et vous, croûtes-levés infatigables, mignons poivrés, qui pantagruelizez tout le jour, qui avez des pies privées bien guallantes, et allez à tierce, à sexte, à nones, et pareillement à vêpres, à complies, qui iriez voirement toujours. »

Ce n’est pas à vous que s’adresse la Physiologie du Mariage, puisque vous n’êtes pas mariés. Ainsi soit-il toujours !

« Vous, tas de serrabaites, cagots, escargotz, hypocrites, caphartz, frapartz, botineurs, romipetes et autres telles gens qui se sont déguisés comme masques, pour tromper le monde !… arrière mastins, hors de la quarrière ! hors d’ici, cerveaux à bourrelet !… De par le diable, êtes-vous encore là ?… »

Il ne me reste plus, peut-être, que de bonnes âmes aimant à rire. Non de ces pleurards qui veulent se noyer à tout propos en vers et en prose, qui font les malades en odes, en sonnets, en méditations ; non de ces songe-creux en toute sorte, mais quelques-uns de ces anciens pantagruélistes qui n’y regardent pas de si près quand il s’agit de banqueter et de goguenarder, qui trouvent du bon dans le livre des Pois au lard, cum commento, de Rabelais, dans celui de la dignité des Braguettes, et qui estiment ces beaux livres de haulte gresse, legiers au porchas, hardis à la rencontre.
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colimassoncolimasson   11 août 2020
Quelques poètes voudront voir, dans la pudeur, dans les prétendus mystères de l’amour, une cause à la réunion des époux dans un même lit ; mais il est reconnu que si l’homme a primitivement cherché l’ombre des cavernes, la mousse des ravins, le toit siliceux des antres pour protéger ses plaisirs, c’est parce que l’amour le livre sans défense à ses ennemis. Non, il n’est pas plus naturel de mettre deux têtes sur un même oreiller qu’il n’est raisonnable de s’entortiller le cou d’un lambeau de mousseline. Mais la civilisation est venue, elle a renfermé un million d’hommes dans quatre lieues carrées ; elle les a parqués dans des rues, dans des maisons, dans des appartements, dans des chambres, dans des cabinets de huit pieds carrés ; encore un peu, elle essaiera de les faire rentrer les uns dans les autres comme les tubes d’une lorgnette.
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colimassoncolimasson   07 août 2020
Ainsi, vous vous procurerez les moyens d’examiner le célibataire qui sonne à votre porte, dans deux situations bien distinctes : quand il va entrer, quand il est entré.

Au moment d’entrer, combien de choses ne dit-il pas sans seulement desserrer les dents !…

Soit que d’un léger coup de main, ou en plongeant ses doigts à plusieurs reprises dans ses cheveux, il en abaisse et en rehausse le toupet caractéristique ;

Soit qu’il fredonne un air italien ou français, joyeux ou triste, d’une voix de ténor, de contr’alto, de soprano, ou de baryton ;

Soit qu’il s’assure si le bout de sa cravate significative est toujours placé avec grâce ;

Soit qu’il aplatisse le jabot bien plissé ou en désordre d’une chemise de jour ou de nuit ;

Soit qu’il cherche à savoir par un geste interrogateur et furtif si sa perruque blonde ou brune, frisée ou plate, est toujours à sa place naturelle ;

Soit qu’il examine si ses ongles sont propres ou bien coupés ;

Soit que d’une main blanche ou peu soignée, bien ou mal gantée, il refrise ou sa moustache ou ses favoris, ou soit qu’il les passe et repasse entre les dents d’un petit peigne d’écaille ;

Soit que, par des mouvements doux et répétés, il cherche à placer son menton dans le centre exact de sa cravate ;

Soit qu’il se dandine d’un pied sur l’autre, les mains dans ses poches ;

Soit qu’il tourmente sa botte, en la regardant, comme s’il se disait : « Eh ! mais, voilà un pied qui n’est certes pas mal tourné !… »

Soit qu’il arrive à pied ou en voiture, qu’il efface ou non la légère empreinte de boue qui salit sa chaussure ;

Soit même qu’il reste immobile, impassible comme un Hollandais qui fume ;

Soit que, les yeux attachés à cette porte, il ressemble à une âme sortant du purgatoire et attendant saint Pierre et ses clefs ;

Soit qu’il hésite à tirer le cordon de la sonnette ; et soit qu’il le saisisse négligemment, précipitamment, familièrement ou comme un homme sûr de son fait ;

Soit qu’il ait sonné timidement, faisant retentir un tintement perdu dans le silence des appartements comme un premier coup de matines en hiver dans un couvent de Minimes ; ou soit qu’après avoir sonné avec vivacité, il sonne encore, impatienté de ne pas entendre les pas d’un laquais ;

Soit qu’il donne à son haleine un parfum délicat en mangeant une pastille de cachundé ;

Soit qu’il prenne d’un air empesé une prise de tabac, en en chassant soigneusement les grains qui pourraient altérer la blancheur de son linge ;

Soit qu’il regarde autour de lui, en ayant l’air d’estimer la lampe de l’escalier, le tapis, la rampe, comme s’il était marchand de meubles, ou entrepreneur de bâtiments ;

Soit enfin que ce célibataire soit jeune ou âgé, ait froid ou chaud, arrive lentement, tristement ou joyeusement, etc.

Vous sentez qu’il y a là, sur la marche de votre escalier, une masse étonnante d’observations.
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colimassoncolimasson   09 juillet 2015
L’Administration s’est occupée depuis vingt ans environ à chercher combien le sol de la France contient d’hectares de bois, de prés, de vignes, de jachères. Elle ne s’en est pas tenue là, elle a voulu connaître le nombre et la nature des animaux. Les savants sont allés plus loin : ils ont compté les stères de bois, les kilogrammes de bœuf, les litres de vin, les pommes et les œufs consommés à Paris. Mais personne ne s’est encore avisé, soit au nom de l’honneur marital, soit dans l’intérêt des gens à marier, soit au profit de la morale et de la perfectibilité des institutions humaines, d’examiner le nombre des femmes honnêtes.
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colimassoncolimasson   29 juillet 2020
Une nation abrutie est heureuse : si elle n’a pas le sentiment de la liberté, elle n’en a ni les inquiétudes ni les orages ; elle vit comme vivent les polypiers ; comme eux, elle peut se scinder en deux ou trois fragments ; chaque fragment est toujours une nation complète et végétant, propre à être gouvernée par le premier aveugle armé du bâton pastoral. Qui produit cette merveille humaine ? L’ignorance : c’est par elle seule que se maintient le despotisme ; il lui faut des ténèbres et le silence. Or, le bonheur en ménage est, comme en politique, un bonheur négatif.
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