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Félicien Marceau (Préfacier, etc.)Thierry Bodin (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070409341
Éditeur : Gallimard (14/05/1999)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.65/5 (sur 4406 notes)
Résumé :
La maison Vauquer est une pension parisienne où se côtoient des résidents que tout oppose, et pourtant inexorablement liés : Rastignac, un jeune étudiant en droit, le Père Goriot, un ancien fabriquant de vermicelles, ou encore le mystérieux Vautrin.
Tous ont leurs secrets et leurs faiblesses : Rastignac, obsédé par la haute société, délaisse ses études pour tenter de s’y faire intégrer ; Vautrin cache un passé douloureux ; le Père Goriot s’est ruiné pour ses filles ingrates.
La maison Vauquer s’apparente alors à une peinture de cette époque, un cliché de personnages aussi différents qu’unis, criants de vérité, acteurs d’une comédie humaine.
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Critiques, Analyses et Avis (177) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  12 septembre 2012
Qu'est-ce qui n'a pas été dit, écrit, filmé, dessiné, radiodiffusé sur le Père Goriot, en particulier, et sur Balzac, en général ? Réponse : à peu près rien.
Mais s'il est vrai que parmi cet amas épais et hétérogène tout a probablement été dit et bien dit, tout le monde, moi la première — moi surtout — n'a probablement pas lu le monceau impressionnant d'avis ou de critiques littéraires qui ont été laissés à son sujet.
Alors je ne ferai très certainement que répéter ce que d'autres auront dit bien avant moi et de bien meilleure façon que je ne saurais le faire. Excusez-moi pour cette somme de mauvaises redites.
En premier lieu, première redite, qu'il s'agit d'un très bon roman et que c'est une bonne porte d'entrée pour s'en aller frétiller dans l'immense testament littéraire que nous a laissé le bon Honoré et qui se nomme La Comédie Humaine. Néanmoins, je tiens à souligner que manifestement trop de lycéens ont eu à " subir " ce roman à un âge où, selon toute vraisemblance, ils n'étaient pas prêts à goûter toute la saveur du vécu et le cruel réalisme qui émane de cette pièce maîtresse lorsqu'on le lit quelques années plus tard.
Je vais donc clairement vous dire que si j'avais à faire découvrir Balzac à quelques jeunes personnes, je ne choisirais sans doute pas ce roman comme première approche. Passé la trentaine, pourquoi pas, même s'il va sans dire qu'on est apte à jouir de toute la saveur de cette oeuvre bien avant trente ans, je suis fermement convaincue qu'il réclame à la fois vécu et investissement dans sa lecture, deux choses qui ne sont pas monnaie courante à un âge précoce.
Ensuite, deuxième redite, que toutes les clefs d'écriture qui sont propres à Honoré de Balzac se retrouvent ici : la description première (celle qui rebute souvent les néophytes) un peu comme le ferait un peintre qui soignerait particulièrement son décor avant d'entamer la figure centrale de sa toile, ensuite, la mesquinerie ou la loupe focalisée sur les défauts de ses personnages souvent très haut ou très bas en couleur, puis le ton ironique, sarcastique, cynique, caustique, désabusé avec lequel l'auteur nous raconte ses histoires, viennent ensuite les accélérations, les montées en puissance de l'intrigue, les coups de projecteur sur le passé d'un personnage que l'on croit bien connaître (les fameux éclairages rétrospectifs dont parle Proust), puis les sortes de tonnerres ou de descentes aux enfers du final.
Enfin, vous étonnerais-je en prétextant que le père Goriot n'est probablement pas le personnage principal de ce roman même s'il en est la morale de la fable ? Vous recommanderais-je le savoureux verbe du truculent Vautrin alias..., vous découvrirez qui, et de sa vision du monde ? Oui, "le monde selon Vautrin" vaut vraiment le détour. Alors, bon séjour en immersion dans le noir Paris du début XIXème siècle.
Juste pour la route et pour parfaire mon content de redites, quelques mots de l'intrigue au cas où vous ne la connaîtriez pas.
Eugène de Rastignac, jeune étudiant débarque de sa province à Paris dans le but de s'y faire un nom et une situation. Malheureusement pour lui, même si la famille possède le lustre de la particule, si utile dans le grand monde, elle ne lui procure pas de rentrées d'argent suffisantes au train qu'il convient d'afficher à Paris lorsqu'on aspire à devenir un dandy.
Le père Goriot, quant à lui, pour son plus grand malheur a deux filles. Deux filles qu'il aime mieux que lui-même, deux filles pour lesquelles il sacrifierait sa vie, deux filles belles comme l'aurore... et ingrates comme le sont les belles filles roturières qui se veulent du grand monde.
Notre brave père Goriot, commerçant prospère, ne recule donc devant aucun sacrifice financier susceptible de lui attirer "l'affection" de ses deux vénales progénitures...
Voici Honoré de Balzac dans tout sa splendeur et sa misère, lui le courtisan désabusé et parfois vindicatif, lui le magicien, l'inventeur du roman moderne, lui le génial observateur de cet étrange animal qu'on nomme "l'humain", lui, l'un de mes auteurs fétiches, mais ce n'est là qu'un fort misérable avis, un parmi pléthore d'autres et d'autre carrure et d'autre facture, autant dire, pas grand-chose.
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Under_The_Moon
  21 janvier 2013
C'est toujours avec émotion que je regarde mon exemplaire du Père Goriot sur mes étagères.
Ce roman a été mon premier vrai coup de coeur pour un classique. Non pas que je n'en avais pas lu avant, c'est juste que celui là a été une révélation !
C'était à la fin de ma 4ème (ok ça date!), j'étais l'une des seules à avoir lu et apprécié Eugénie Grandet et quelques mois après j'ai vu ce livre du même auteur et je me suis dit "pourquoi pas!".
Et là, dès que j'ai ouvert le livre... Je ne voulais plus le lâcher ! A tel point que je l'ai dévoré en 2 jours ! le sort de ce père si gentil et si dévoué à ses 2 filles qui se révèleront êtres ingrates, des vraies pestes ! Et qui, pire encore, abandonneront leur pauvre père à son sort alors que lui ne cessera jamais de les aimer.
Maintenant que je suis devenue adulte, quand j'ouvre des pages au hasard, l'histoire prend encore une autre dimension. Je ne suis plus une adolescente dans le délire "les adultes sont tous nuls et personne ne me comprend", et ce personnage de père me touche encore plus qu'il y a 14 ou 15 ans maintenant.
Libre à chacun d'en penser ce qu'il voudra, mais il me semble que c'est à ce genre de "détails" qu'on reconnaît un grand livre !
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juliette2a
  15 août 2013
Le Père Goriot est une oeuvre grandiose.
Ce roman est avant tout un grand cri d'amour, paternel certes, mais un amour sublime que porte Joachim Goriot à ses deux filles, Delphine de Nucingen et Anastasie de Restaud. J'ai été émerveillée par ce père si pauvre, logeant dans une misérable pension chez Madame Vauquer, mais, qui, pour le bonheur de ses filles, se sacrifiera jusqu'à la fin de sa vie...Quel homme ! J'ai rencontré peu de personnages aussi généreux (mais le mot est trop faible) que ce bon Père Goriot...
Toutefois, Balzac nous dépeint également, à travers les portraits plus ou moins satiriques de ses personnages, le Paris du début du XIXème, glorieux, mais également corrompu par l'argent.
Dans cette ville animée par les scandales financiers ou familiaux, nous suivons le jeune Eugène de Rastignac, étudiant en droit et locataire de la maison Vauquer, sorte de Bel-Ami, qui, par le biais des femmes, veut faire son chemin. J'ai beaucoup aimé ce personnage, finalement le seul qui restera fidèle au Père Goriot jusqu'à la fin, attachant et qui se bat contre l'injustice de ce monde.
Ce qui m'a le plus marquée dans ce merveilleux roman, c'est le décalage entre la richesse des demoiselles Goriot et leur entourage, superficiel et égoïste, et la pauvreté qui règne dans la pension Vauquer, autour de ses pensionnaires (Le Père Goriot, bien sûr, mais aussi Eugène ou encore Victorine Taillefer, abandonnée par son père). La fin est d'ailleurs désespérante au plus haut point. Seul l'ambition de Rastignac, afin de venger son ami Goriot, constitue une lueur d'espoir dans une société ravagée par la haine et le mensonge...
Ainsi, je ne peux que m'incliner devant le talent De Balzac, démontré dans ce premier roman de "La Comédie humaine", fresque inoubliable, et, bien évidemment, immense Oeuvre de la littérature française...
Magistral !
A lire !!
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scarlett12
  25 janvier 2018
Je n'ai pas lu beaucoup de livres De Balzac : quatre exactement : "Eugénie Grandet" (lu dans le cadre de mes études) que j'avais apprécié d'après mes souvenirs lointains, "la peau de chagrin" fort apprécié et "le colonel Chabert" apprécié également. Pourquoi ? Parce que, habituée très jeune à lire des classiques, j'ai voulu me pencher vers 14-15 ans dans la lecture des "illusions perdues". Déjà un peu effarée par le pavé écrit tout petit, j'ai renoncé très vite à dépasser le début du livre qui m'apparut d'emblée, d'une longueur et d'une écriture rebutantes. Mais voilà, j'étais bien trop jeune pour cette lecture.
Je viens donc de lire "Le père Goriot" et je l'ai beaucoup aimé.
L'histoire met en présence, d'une part les locataires d'une pension sordide , la "Maison-Vauquer" tenue par une femme du même nom née "de Conflans" et tout un panel de personnages de la "haute société" qui veulent tous non seulement posséder le luxe et jouir d'une prestigieuse situation sociale (sans travailler, cela va de soi).
Trois, voire cinq personnages émergent du lot :
1) le père Goriot, ancien vermicellier qui a légué au fur et à mesure tous ses revenus à ses deux filles qu'il chérit au-delà de tout allant jusqu'au dénuement extrême et même jusqu'à la mort pour celles-ci.
2) Eugène de Rastignac, jeune étudiant venu de sa province pour étudier le droit à Paris mais qui abandonne bientôt ses études pour se consacrer à se hisser dans la "haute société" par laquelle il devient obsédé.
3) Vautrin, qui s'avérera être un ancien forçat qui voit le monde avec cynisme (ou tel qu'il est vraiment ?) qui ira jusqu'au meurtre pour aider celui qu'il a pris en affection , Rastignac à faire son entrée dans le monde et jouir de la richesse.
4) Anastasie, l'aînée des filles du Père Goriot qui grâce à la dot de son père a épousé un noble : le comte de Restaud.
5) Delphine, sa cadette a quant à elle, épousé un banquier alsacien : Nucingen.
Il va se soi qu'aucune de ces deux femmes n'aiment leur mari et ont toutes deux des amants; d'ailleurs elles n'aiment pas leur père non plus et non seulement contentes de le dépouiller, le chasseront de chez elles et le laisseront mourir sans lui rendre visite ni assister ni participer à ses funérailles.
Eugène de Rastignac s'éprendra de Delphine mais aimera aussi le Père Goriot qu'il sera l'un des seul à aider, écouter jusqu'à ses funérailles alors que celui-ci est raillé et abandonné de partout et par tout le monde.
Vautrin, enfin ex-forçat, chef d'une bande de malfrats, clairvoyant, distillera son venin ( et sa lucidité ?) à son protégé "Rastignac"
D'autres personnages gravitent autour de ce petit monde pas joli du tout.
Comme dit précédemment, le but (sauf exception) de tous les protagonistes étant d'amasser fortune et de briller dans la haute société et tous les moyens (trahisons, mensonges, coquetteries, dépouillement des autres ... etc) sont bons pour y arriver.
Balzac dénonce ces travers de la société parisienne alors que lui-même a tenté au cours de sa vie de se faire reconnaître dans ce milieu lui aussi.
Ce monde est infect, immonde au-delà de toute expression et donne envie de passer à la guillotine tous ces abuseurs ridicules et d'une méchanceté innommable. le bon Père Goriot devient finalement ridicule devant le fanatisme amoureux qu'il éprouve envers ses filles et Rastignac, le plus sympathique au final car il hésite toujours entre le bien et le mal, fait le bien mais se laissera gagner par le mal.
Vautrin, sans morale ni foi ni loi, semble pourtant le plus lucide de tous même si ses actes sont répréhensibles.
L'écriture enfin, quoique joliment tournée, me semble un peu ampoulée et certains(nes) vont me lyncher, un peu désuète voire obsolète par rapport à notre époque ce qui n'est pas le cas de la plupart des auteurs classiques qu'il m'ait été donné de lire.
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Kittiwake
  04 mai 2016
C'est sur une couleur sépia que débute le roman du Père Goriot. En fait ce n'est pas très gentil pour le sépia, car c'est plutôt la crasse qui séjourne partout dans la triste pension de Mme Vauquer. C'est sale, ça sent mauvais : le choix d'y résider est pour la plupart des occupants une question de budget. Il en est ainsi de deux étudiants dont le fameux Eugène de Rastignac, provincial bien décidé à conquérir Paris, dut-il mettre sur la paille sa famille par sa quête incessante de fonds destinés à se faire accepter par la haute société.
Un autre personnage intriguant se fait remarquer par sa désinvolture et sa grossièreté; s'il se fait nommer Vautrin, il est clair dès le départ qu'il cache quelque chose.
Enfin le père Goriot,, ex-fabriquant de pâtes dont la fortune fond entre les mains avides de ses deux péronnelles de filles, celles-là même que Rastignac utilise pour réaliser ses ambitions.
Tout ce petit monde évolue sous la houlette de la tenancière, et les liens se mettent en place pour une intrigue mouvementée, et riche en rebondissements.
L'accès de Rastignac à la société huppée qu'il envie permet aussi à Balzac de dénoncer sans ménagement la futilité et médiocrité de ceux qui font et défont les réputations au gré de leurs humeurs.
Le père Goriot, c'est une histoire d'amour paternel aveuglant, poussé jusqu'à la folie, et sans limite, dans une totale abnégation :

« Je n'ai point froid si elles ont chaud, je ne m'ennuie jamais si elles rient. Je n'ai de chagrins que les leurs »
C'est aussi un état des lieux de la capitale sous la Restauration :
« Paris est un véritable océan. Jetez-y la sonde, vous n'en connaitrez jamais la profondeur. Parcourez-le, décrivez-le? Quelque soin que vous mettiez à le parcourir, à le décrire, quelque nombreux et intéressés que soient les explorateurs de cette mer , il s'y rencontrera toujours un lieu vierge, un antre inconnu, des fleurs, des perles, des montres, quelque chose d'inouï, oublié par les plongeurs littéraires. »
Dans cet océan se côtoient le meilleur et le pire, et l'auteur ne prend pas parti : les travers de toutes les strates de la société sont mis à jour.
Si le plumage et le ramage ont évolué, si le décor n'est plus enseveli sous les saletés, non seulement l'air est toujours irrespirable, même si ce n'est pas pour les mêmes raisons il semble quand même par bien des aspects que peu de choses ont changé dans le coeur des hommes : il est toujours difficile de se faire une place quand on n'a pas la chance d'avoir les relations nécessaires, le fossé entre plus riches et plus pauvres s'est creusé, et il y aura toujours des Vautrin pour entrainer les plusdésespérés sur le chemin du crime.
Cette lecture crée une irrésistible envie de parcourir La comédie humaine, ne serait que pour retrouver les personnages croisés, Rastignac, Vautrin, à travers les passerelles et renvois qui tissent la trame de la Comédie humaine

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Citations et extraits (316) Voir plus Ajouter une citation
SPIERREASPIERREA   07 novembre 2018
il regarda la tombe et y ensevelit sa dernière larme de jeune homme, cette larme arrachée par les saintes émotions d’un cœur pur, une de ces larmes qui, de la terre où elles tombent, rejaillissent jusque dans les cieux. Il se
croisa les bras, contempla les nuages, (…) Rastignac, resté seul, fit quelques pas vers le haut du cimetière et vit Paris tortueusement couché le long des deux rives de la Seine où commençaient à briller les lumières. Ses yeux s’attachèrent presque avidement entre la colonne de la place Vendôme et le dôme des Invalides, là où vivait ce beau monde dans lequel il avait voulu pénétrer. Il lança sur cette ruche bourdonnante un regard qui semblait par avance en pomper le miel, et dit ces mots grandioses :
— A nous deux maintenant ! (IV)
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SPIERREASPIERREA   06 novembre 2018
A l’instant où l’argent se glisse dans la poche d’un étudiant, il se dresse en lui-même une colonne fantastique sur laquelle il s’appuie. Il marche mieux qu’auparavant, il se sent un point d’appui pour son levier, il a le regard plein, direct, il a les mouvements agiles ; la veille, humble et timide, il aurait reçu des coups ; le lendemain, il en donnerait à un premier ministre. Il se passe en lui des phénomènes inouïs : il veut tout et peut tout, il désire à tort et à travers, il est gai, généreux, expansif. Enfin, l’oiseau naguère sans ailes a retrouvé son envergure. L’étudiant sans argent happe un brin de plaisir comme un chien qui dérobe un os à travers mille périls, il le casse, en suce la moelle, et court encore ; mais le jeune homme qui fait mouvoir dans son gousset quelques fugitives pièces d’or déguste ses jouissances, il les détaille, il s’y complaît, il se balance dans le ciel, il ne sait plus ce que signifie le mot misère. Paris lui appartient tout entier. Âge où tout est luisant, où tout scintille et flambe ! âge de force joyeuse dont personne ne profite, ni l’homme, ni la femme ! âge des dettes et des vives craintes qui décuplent tous les plaisirs ! Qui n’a pas pratiqué la rive gauche de la Seine, entre la rue Saint-Jacques et la rue des Saints Pères, ne connaît rien à la vie humaine ! (II)
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SPIERREASPIERREA   06 novembre 2018
Si l’on vient à songer aux mille formes que prend à Paris la corruption, parlante ou muette, un homme de bon sens se demande par quelle aberration l’État y met des écoles, y assemble des jeunes gens, comment les jolies femmes y sont respectées, comment l’or étalé par les changeurs ne s’envole pas magiquement de leurs sébiles. Mais si l’on vient à songer qu’il est peu d’exemples de crimes, voire même de délits commis par les jeunes gens, de quel respect ne doit-on pas être pris pour ces patients Tantales qui se combattent eux-mêmes, et sont presque toujours victorieux ! S’il était bien peint dans sa lutte avec Paris, le pauvre étudiant fournirait un des sujets les plus dramatiques de notre civilisation moderne.
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SPIERREASPIERREA   06 novembre 2018
Sa haine ne fut pas en raison de son amour, mais des espérances trompées. Si le cœur humain trouve des repos en montant les hauteurs de l’affection, il s’arrête rarement sur la pente rapide des sentiments haineux. (I)
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SPIERREASPIERREA   06 novembre 2018
Les affections de l’homme se satisfont dans le plus petit cercle aussi pleinement que dans une immense circonférence.
Napoléon ne dînait pas deux fois, et ne pouvait pas avoir plus de maîtresses qu’en prend un étudiant en médecine quand il est interne aux Capucins. Notre bonheur, mon cher, tiendra toujours entre la plante de nos pieds et notre occiput ; et, qu’il coûte un million par an ou cent louis, la perception intrinsèque en est la même au-dedans de nous.
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