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Alexis Fouillet (Traducteur)
ISBN : 220710883X
Éditeur : Denoël (05/01/2011)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 19 notes)
Résumé :

Trainspotting à la danoise, Submarino explore le Copenhague underground à travers les destins de deux frères en quête d'une normalité dont ils ignorent tout. Enfants des services sociaux, Nick et son frère se rencontrent à la sortie d'un foyer, le jour où leur mère décide de leur offrir un semblant de vie de famille. Très vite pourtant, elle tombe enceinte et reprend son errance de bar en bar, de pass... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
trust_me
  22 août 2011
Pour Nick et son frère, la vie n'a jamais été une partie de plaisir. Des premières années passées dans la rudesse d'un foyer pour garçons abandonnés de Copenhague. Un beau jour, leur mère s'est pointée pour les récupérer. le début d'une belle vie de famille ? Pas vraiment. Maman est alcoolique, et pas qu'un peu. du genre à trainer dans les bars jusqu'à pas d'heure, louant ses charmes dans les toilettes contre un verre. Souvent ses fils la retrouve au petit matin, affalée dans la cuisine, baignant dans sa pisse. Quand elle est tombée enceinte, il n'y a même pas eu de répit et une fois que le petit est né, ce sont ses grands frères qui se sont occupés de lui tant bien que mal : pas toujours évident d'aller piquer du lait en poudre et des couches au supermarché du coin.
Mais c'est quand le drame est survenu que tout a basculé :
"Quand nous nous sommes réveillés ce matin, il ne bougeait plus.
Quand nous nous sommes réveillés ce matin, quand maman est sortie de la pièce où elle avait dormi toute la nuit, il était tout à fait inerte.
Dans son landau, dans l'entrée. Tout blanc.
Maman a dormi ici toute la nuit mais elle n'a rien entendu. Il n'y avait rien à entendre. Il ne bougeait pas.
Maman a eu un choc quand elle l'a trouvé.
Maman s'était assise et ne disait plus rien, elle était sous le choc. Ça a duré plusieurs heures.
Alors nous avons appelé. Maman n'en était presque pas capable.
Mais il faut le faire, il faut appeler.
Maman était assise auprès de lui, même s'il ne bougeait plus, et essayait de lui donner le sein.
Maman avait eu un choc.
Quand nous nous sommes réveillés ce matin…"
C'est après la mort du bébé que les deux garçons ont mal tourné. Nick, rongé par l'alcool, garde chevillée au corps une violence qu'il a parfois du mal à contrôler. Déjà incarcéré pour avoir tabassé un pauvre gars qui l'avait regardé de travers, il tente de se tenir à carreau, passant sa rage sur les haltères d'une salle de sport et trainant avec Ivan, un SDF taciturne. Son frère, devenu héroïnomane, élève seul son fils de six ans et dirige une petite équipe de dealers à l'incontestable efficacité.
Mais à force de se débattre au bord du précipice, les frangins vont finir par glisser. Plus dure sera la chute...
Longtemps que je n'avais pas lu un roman aussi « dur ». Réaliste ? J'en sais foutre rien. Crédible ? Aucun doute là-dessus. La construction du texte est limpide : le point de vue des frères est exprimé à la première personne en deux parties très distinctes incluant quelques flashbacks sur leur jeunesse commune. le tout encadré par un prologue et un épilogue qui donnent au lecteur les clés pour comprendre les tenants et les aboutissants du récit. Les chapitres sont très courts, percutants. L'écriture est simple, les dialogues sonnent juste.
Pas question de juger, de donner une leçon. Juste dérouler les faits, mettre à nue la mécanique de cet engrenage inarrêtable qui emmène Nick et son frère toujours plus loin dans la marginalité. Submarino est une tragédie. Dès le départ, on comprend que le sort des deux « héros » est jeté. Leur destin tout tracé ne peut qu'aboutir à ce dénouement terrible.
C'est presque devenu un classique dans la littérature étrangère actuelle, il faut toujours qu'un auteur aille gratter jusqu'à l'os les comportements « borderline » de ses contemporains, souvent d'ailleurs en s'inspirant de sa propre existence. Il y a eu Bukowski aux États-Unis, il y a Murakami Ryu au Japon, il y a Pedro Juan Guttierrez à Cuba et tant d'autres encore. Au Danemark, il y a dorénavant Jonas T. Bengtsson qui, avec ce second roman, frappe très fort. Sans doute un texte à ne pas mettre entre toutes les mains pour éviter que certains lecteurs « sensibles » ne l'abandonnent en route. Pour ma part, c'est tout à fait la littérature que j'aime, celle qui vous saute à la gorge sans faire de chichi. Mais je me garderais bien de conseiller ce titre sans concession, préférant laisser à chacun d'entre vous le soin de se faire son propre avis.
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ignatus-reilly
  05 septembre 2011
C'est à un voyage au bout de l'enfer que nous convie Jonas T. Bengsson.
L'enfer : c'est le quotidien de deux laissez-pour-compte, Nick et son frère.
Après avoir vécu dans des institutions pour garçons sans famille, ils sont récupérés par leur mère qui souhaite redonner un semblant de normalité à leurs vies. C'est à ce moment-là que les deux frères font connaissance.
Or, tout se passe de travers, leur mère boit à en perdre la raison, elle se prostitue occasionnellement et les laisse livrés à eux-même. Lorsqu'elle se retrouve enceinte, ce sont les deux frères qui doivent tant bien que mal s'occuper du nourrisson. Ils volent de la nourriture, des couches...et tentent d'oublier ses pleurs incessants en sniffant de la colle, peinture où en buvant...
Le petit frère, qui n'a jamais eu de nom, meurt un jour dans son landau.
Nick et son frère, jamais nommé dans ce livre, ne cesseront dès lors de dériver.
Nick passe ses journées dans une salle de musculation, ses soirées à boire et a du mal à contrôler sa violence. Il ne semble pas réellement vouloir la contrôler, ce qui lui vaut plusieurs séjours en prison.
Quant à son frère, père d'un petit garçon - Martin - qu'il élève seul, c'est un junkie, qui va se lancer dans le trafic d'héroïne pour pouvoir subvenir à son addiction.
Ce roman se passe à Copenhague et l'on est à 100 lieues du Danemark que l'on connaît. C'est glauque, ça suinte le désespoir, la misère affective, la misère sociale.
C'est douloureux et en aucun cas, on imagine une fin heureuse à cette histoire. Martin n'échappera pas à son destin.
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Ingannmic
  03 septembre 2016
Dire que Jonas T. Bengtsson casse l'image de "championne du bonheur" de sa nation, le Danemark, est un euphémisme. Avec "Submarino", il nous engouffre avec une force propre à couper le souffle dans le quotidien sordide de deux anti-héros, au coeur du monde des laissés-pour-compte de la capitale danoise, gangréné par la drogue et les gangs, lieu de déshérence des SDF, prostituées, toxicomanes et paumés en tput genre.
Nick et Martin sont frères, mais n'ont pas vraiment le sens de la famille, du moins pas au sens traditionnel du terme. Séparés très jeunes suite à leur abandon par leur mère, ils sont réunis par cette dernière quelques années plus tard, dans une pitoyable tentative pour recréer un foyer... l'alcool, et l'extrême déchéance qui en découle auront vite raison des bonnes intentions maternelles. Livrés à eux-mêmes, Nick et Martin font l'apprentissage de la vie dans la violence et la misère, perdent définitivement toute illusion sur le monde.
Devenus adultes, s'étant éloignés l'un de l'autre, ils mènent chacun de leur côté une existence qui s'apparente à un interminable cauchemar...
Nick, après avoir purgé une peine de prison pour voies de fait, vit au "pensionnat", foyer d'accueil pour désoeuvrés et démunis. La succession des journées forme un vain marasme qui semble infini, vaguement rythmé par ses passages à la salle de musculation de son ami Kamal, refuge des accros aux stéroïdes, et les séances de sexe sordide prodigués par Sofie, sa voisine de palier, jeune mère déchue de ses droits parentaux.
Entre désoeuvrement et bouffées de violence (envers les autres comme envers lui-même), Nick traîne un désenchantement aride, comme émotionnellement anesthésié par des expériences qui l'ont rendu incapable d'éprouver quelque compassion.
Martin, toxicomane, élève seul son fils, pris dans l'engrenage infernal de la prochaine dose à se procurer, devenant prêt à toutes les humiliations, à tous les compromis.
Hantés par leurs démons, tous deux s'acheminent vers l'inéluctable et tragique impasse à laquelle les prédestine leur condition. Car dans le monde d'un prosaïsme crasse de Jonas T. Bengtsson, aucune seconde chance n'est offerte, la roue ne tourne pas... le sort s'acharne, vous envoie les mauvaises rencontres, vous englue dans les pires situations, et vous enfonce, coup après coup, jusqu'à vous faire disparaître.
En un enchainement vif et tranchant de séquences dévidées tour à tour par Nick et Martin (tous deux narrateurs) avec une indifférence factuelle glaçante, "Submarino", roman coup de poing, happe avec une brutalité qui ne peut laisser indemne...
A lire, évidemment !
Lien : http://bookin-ingannmic.blog..
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Mamartin
  04 juin 2012
Un très beau livre, fort et violent, mais très émouvant.
Il retrace en parallèle la vie de 2 frères dans les bas-fonds de Copenhague, qui luttent au quotidien et apprennent à vivre malgré les blessures de l'enfance, l'alcool, la drogue et la pauvreté.
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myriamriou
  17 juillet 2011
On est loin de l'image propre et lisse du Danemark, ici les personnages évoluent dans le milieu de la drogue, de l'alcool et de la misère sociale. C'est aussi un livre sur la famille, l'enfance, l'éducation, le destin. Un très beau livre qui ne laisse pas indifférent.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
art-bsurdeart-bsurde   21 mars 2015
Ivan dit : Je me rappelle quelque chose que j'ai vu à la télé, un jour. Les jeux olympiques. Un lanceur de poids. Je n'étais pas bien vieux.
Il le dit comme ça, sans véritable début ni occasion particulière. Il a oublié que, quand on veut parler, il faut avoir une excuse, il faut le faire passer pour autre chose. Détourner la conversation sur soi, lentement, tourner autour du pot et finir par parler de soi. Ne jamais commencer carrément, il n'y a que les malades mentaux qui n'enveloppent pas les choses.
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ignatus-reillyignatus-reilly   05 septembre 2011
Je ne suis ni le premier, ni le dernier junkie qui se fait une overdose cette semaine. Je n'en vaux pas la peine. Car c'est terminé. C'est sûrement mon dernier instant de lucidité, et je sais que c'est fini. Ils vont prendre Martin. Martin va s'en aller, ne plus m'appartenir.
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ignatus-reillyignatus-reilly   05 septembre 2011
Je vide la seringue dans mon bras. Un court instant, j'ai l'impression que je vais faire une OD. Que l'heure est venue. Je sens des gouttes de sueur sur mon front, j'ai l'impression d'avoir quelqu'un debout sur la poitrine. Elle est pure, me dis-je. Elle est très pure.
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ignatus-reillyignatus-reilly   02 septembre 2011
Je ne lui ai jamais parlé des institutions.
De ma mère, qui nous a réunis, mais qui a disparu.
De mes frères, de celui qui a un nom que je n'emploie presque jamais, et de celui qui n'en a jamais eu.
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art-bsurdeart-bsurde   20 mars 2015
J'ai envie de lui crier dessus, parce qu'il a l'air débile, parce qu'on ne devrait pas avoir le droit d'être aussi barjo, parce qu'on achève un cheval de course lorsqu'il s'est cassé une patte.
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Submarino Marque-page 08-02-2011
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