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Alain Gnaedig (Traducteur)
ISBN : 2070425126
Éditeur : Gallimard (09/11/2006)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 700 notes)
Résumé :
Qui ne sait pas que La Ferme africaine est une grande histoire d'amour ? Mais, contrairement à ce que laisse supposer le superbe film de Sydney Pollack (Out of Africa), on sait moins que le plus grand amour de Karen Blixen est l'Afrique.

Avant même Denys Finch Hatton, le chasseur d'éléphants, cet "homme au cœur pur" qui écoute inlassablement ses histoires, le cœur de Karen Blixen bat pour les splendeurs ocres du continent africain et la noblesse de s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (75) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  15 octobre 2012
"J'ai possédé une ferme en Afrique, au pied du Ngong". Ainsi commence le récit de Karen BLIXEN qui a passé une partie de sa vie au Kenya, à la tête d'une plantation de café. Ses chroniques autobiographiques décrivent un continent, un pays, content par le menu les petites anecdotes ou les grands évènements qui rythmaient sa vie et celle de ses "gens" dans des paysages de rêve, sur une terre dont elle aimait le peuple, les légendes, les traditions.

Ne cherchez pas l'histoire d'amour du film Out of Africa. le mari de Karen est très peu présent et si Denys Finch Hatton, Robert Redford au cinéma, est plus souvent évoqué, ce n'est que comme un ami très cher. Ceci dit, je me trompe, il s'agit tout de même d'une histoire d'amour...mais pour l'Afrique. Dans chaque phrase de Karen BLIXEN, on découvre sa passion immense, son respect pour sa terre d'accueil. le ton est juste, l'écriture poétique, nostalgique parfois, empreinte d'une grande sensibilité. Imprégnée de culture africaine, la maîtresse des lieux s'intéresse à tout ce qui touche les tribus indigènes, sans émettre de jugement, sans condescendance. Un récit magnifique qui a gardé sa modernité et dont on ressort les yeux pleins de paysages merveilleux. A lire absolument.
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Sachenka
  02 décembre 2018
« J'ai possédé une ferme en Afrique au pied du Ngong. » (p. 7) Ces mots, les premiers du roman La ferme africaine, me paraissait être le début d'une épopée extraordinaire. Et ils constituent effectivement le commencement de ce récit autobiographique. Il ne s'agit pas d'un roman à proprement parler mais plutôt d'une collection de courts souvenirs. La nuance n'est pas très importante, à moins que le lecteur n'ait vu son adaptation cinématographique et s'attende à une intrigue amoureuse dans un paysage exotique.
Au fil des pages, la baronne Karen von Blixen déballe tranquillement ses souvenirs, ses impressions de ses années de jeunesse au Kenya, où elle possédait une exploitaiton agricole avec son mari (presque totalement absent du roman). Tout y passe : description invivante des lieux, des montagnes, de l'horizon et de ses jolis paysages. Des gens aussi, les Kikuyus, les Masaïs, les Somalis, les Swahilis, chacun avec sa culture et ses coutumes, sans oublier les administrateurs coloniaux anglais et tous les aventuriers, de passages ou non. Malheureusement, beaucoup disparaissent peu de temps après leur introduction, à peine le temps d'un chapitre. Dans tous les cas, à travers ces portraits, le quotidien, on en apprend davantage sur la culture du café, les aléas de la vie, les anecdotes concernant les employés de la ferme, mines d'une multitude de mini-chocs culturels. Certains sont enrichissants, la plupart sont cocasses.
L'auteure, à travers ses descriptions, réussit à faire évoquer l'Afrique sous nos yeux. Visiblement, elle a aimé cette terre belle et riche, et elle parvient à la faire aimer de ses lecteurs. Toutefois, elle n'est pas la plus habile conteuse. Ses courts chapitres sont bien écrits mais ils manquent d'unité les uns avec les autres, forment des histoires en vase clos. Aussi, ils manquent de transition, ne permettant pas une évolution naturelle. La protagoniste est la même du début à la fin… ou presque. Chaque chapitre peut se lire séparément jusqu'à ce que la baronne, ruinée, doive vendre sa ferme et rentrer en Europe. Vers la même époque, il y a cet accident d'avion… Je ne veux trop dévoiler de pans de l'histoire. Il suffit de dire que cette partie est la seule où j'ai connecté réellement avec Blixen. J'étais nostalgique, triste avec elle. Enfin !
Bref, j'ai aimé la ferme africaine pour l'émerveillement que le roman a suscité en moi, je trainerai ces images longtemps. Que ce soit les paysages ou l'idée de ces lions qui gardent une tombe. Malheureusement, je suis un peu resté sur ma faim, les multiples historiettes peu mémorables s'étioleront avec le temps…
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Fx1
  25 mars 2015
Une oeuvre qui invite au voyage ce n'est pas si courant , et ce très beau livre se propose dans cette optique .
Le fait que ce texte soit une autobiographie rajoute encore dell'intérêt pour le lecteur , l'auteur fait partager son vécu de manière intelligente , pédagogique , avec un profond amour de l'Afrique que l'on comprend aisément .
L'on est loin ici des clichés , cette retranscription transpire la réalité et force est de reconnaître que le lecteur aime ça.
Le style de Blixen n'est certes pas révolutionnaire , il n'en est pas moins très plaisant et participe de maniére évidente au charme qui se dégage de cette histoire .
L'évocation de cette histoire d'amour au coeur de la savane , c'est un bonheur pour le lecteur .
On à tous et toutes un coté fleur bleue que l'auteur parvient à contenter là encore en évitant les clichés inhérents du genre .
Au final , que l'on découvre ce livre avant ou après le film est secondaire , les deux expériences sont complémentaires et le plaisir par là même décuplé .
Une grande et belle oeuvre que ma mére m' a fait découvrir , et là encore elle à eu raison .
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MurielT
  31 mars 2016
La ferme africaine - Karen Blixen
Dans ce livre dont je ne sais pas s'il faut le qualifier de roman, Karen Blixen raconte la période de sa vie qu'elle a passée en Afrique, dans sa ferme du Kenya près de Nairobi.
Au fil des pages, elle dit ses joies et ses peines et surtout son amour pour l'Afrique, le Kenya et sa ferme.
Elle narre ses rapports avec les Kikuyus, les indigènes qui travaillent pour elle, elle nous fait ressentir son attachement pour ses gens qu'elle sait différents et dont elle accepte les différences .
Je n'ai pas retrouvé grand-chose dans ce récit du film « Out of Africa », mais qu'est ce que j'ai rêvé en le lisant. Karen Blixen nous emmène dans ses rêves, dans son monde et nous la suivons avec joie et délectation. Je ne connaîtrai peut être jamais l'Afrique mais il me suffira de me replonger dans ce livre pour y être
A lire et a relire absolument
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Mimeko
  02 octobre 2017
Avec La Ferme africaine, Karen Blixen évoque ses années passées au Kenya de 1914, juste un peu avant la guerre, jusqu'en 1931, date de son retour au Danemark. C'est un ensemble de réflexions, de souvenirs, d'impressions où se mêlent les cinq sens, couleurs, bruits, odeurs, et les difficiles épisodes naturels, chaleurs, pluies, sécheresses.
Au travers de son regard, c'est la vie des colons dont elle relate la vie, une vie difficile pour celui qui essaye véritablement, de s'intégrer, de développer les activités de la plantation de café, de comprendre les différentes ethnies cohabitantes, une mosaïque de peuples, les Kikuyus, les Somalis ou les Masaïs, chaque groupe revendiquant des avantages et chacun ayant des comportements qu'il faut décrypter et ménager pour éviter disputes, et gérer les compensations en cas d'accidents pour assurer la justice. Bien évidemment, il faut replacer ce texte dans l'époque, une époque où l'on parle d'indigènes, où elle évoque ses gens mais cette façon de les appeler relève plus du paternalisme que du mépris d'une blanche vis à vis des africains.
Avec un style magnifique, Karen Blixen évoque cette Afrique qui l'est tout autant, et plus largement une période de sa vie qu'elle dit être la plus heureuse de sa vie. J'ai juste un seul petit bémol, une deuxième partie faite de textes courts, moins intense que la première partie, mais cela reste un texte magnifique.
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique   23 juin 2015
Dominique de Saint Pern nous ouvre l’intimité de l’auteur mondialement connu de "La ferme africaine". Sans révélations, mais avec une aura palpitante.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (173) Voir plus Ajouter une citation
CarosandCarosand   04 septembre 2013
Denys possédait cette qualité inestimable à mes yeux : il savait écouter une histoire. L'art d'écouter une histoire s'est perdu en Europe. Les indigènes d'Afrique, qui ne savent pas lire, l'ont conservé. Les blancs eux ne savent pas écouter une histoire, même s'ils sentent qu'ils le devraient. S'ils ne s'agitent pas, ou s'ils ne peuvent pas s'empêcher de penser à une chose qu'ils doivent faire toutes affaires cessantes, ils s'endorment. Ces mêmes personnes peuvent fort bien demander quelque chose à lire, un livre ou un journal, et sont tout à fait capables de passer la soirée plongées dans quelque chose d'imprimé, et même de lire un conte. Ils se sont habitués à recevoir toutes leurs impressions par le truchement des yeux.
Denys, qui de manière générale avait l'ouïe très fine et avait développé ce sens durant ses safaris, préférait entendre une histoire plutôt que de la lire. Quand il arrivait à la ferme, il me demandait si j'avais de nouvelles histoires à raconter. En son absence, j'inventais des contes et des histoires. Le soir, il s'installait confortablement devant la cheminée, avec tous les coussins de la maison autour de lui, je m'asseyais en tailleur à côté de lui, telle Schéhérazade, et il m'écoutait raconter une longue histoire, du début à la fin. Il la suivait même mieux que moi, car lorsque, au moment décisif, un des personnages faisait son apparition, il m'interrompait pour me dire : "Cet homme est mort au début de l'histoire. Mais cela ne fait rien, continuez".
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CarosandCarosand   03 septembre 2013
Les êtres qui rêvent pendant leur sommeil éprouvent une satisfaction particulière et profonde, inconnue du monde diurne, une forme d'extase assez passive, une légèreté du coeur semblable à celle procurée par du miel sur la langue. Le véritable ravissement du rêve réside dans le sentiment de liberté sans bornes qu'il apporte avec lui. Ce n'est point la liberté du tyran qui impose son bon vouloir au monde, mais celle de l'artiste libéré de la volonté. Ce n'est pas le sujet du rêve qui donne ce bonheur distinct, mais le fait que, dans le rêve, tout se passe sans le moindre effort, sans hâte ni rupture. De vastes panoramas se forment d'eux-mêmes, de larges perspectives s'ouvrent avec des nuances riches et fines, avec des voies et des maisons inconnues et insoupçonnées. Des étrangers vont et viennent, mais ne sont ni amis ni ennemis, et celui qui les rêve ne leur a jamais fait de mal, ni de bien. La fuite et la poursuite reviennent sans cesse dans les rêves, sources d'enchantement. Chacun y va de ses paroles, les plus profondes et les plus spirituelles. Il est vrai qu'au réveil elles nous paraissent fanées et dépourvues de sens, parce qu'elles appartiennent à une autre dimension. Cependant, la nuit suivante, dès que l'on s'endort, le courant est rétabli et leur excellence renouvelée. Ainsi, celui qui rêve sent la liberté qui l'entoure et l'habite comme une lumière et un air des sommets, un bonheur surnaturel. Le rêveur est l'élu, une personne comblée qui n'a pas à intervenir dans ce qui arrive, tout lui apporte richesse et plaisir. Il prend part à une grande bataille, une battue ou un bal, et, au milieu de cela, se demande pourquoi il reçoit tant de faveurs en restant toujours allongé. Quand vous commencez à perdre ce sentiment de liberté, quand la nécessité fait irruption dans le monde du rêve - quand pointe une exigence de hâte et d'effort, que ce soit une lettre à écrire ou un train à prendre, quand il faut se donner de la peine pour faire galoper les destriers du rêve ou éviter qu'ils ne fassent long feu - alors vos rêves sont sur le point de s'achever et de se muer en cauchemar, une forme de rêve vulgaire et mauvaise.
Ce qui, dans le monde éveillé, ressemble le plus aux rêves, ce sont les nuits dans une métropole où nul ne vous connaît, et les nuits africaines. Là aussi, on retrouve cette liberté infinie. Il se passe toujours quelque chose d'important non loin, des destins se tracent, des tumultes nous environnent, sans que cela vienne à nous toucher.
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LatmaLatma   08 mai 2011
Quand le souffle passait en sifflant au-dessus de ma tête, c'était le vent dans les grands arbres de la forêt, et non la pluie. Quand il rasait le sol, c'était le vent dans les buissons et les hautes herbes, mais ce n'était pas la pluie. Quand il bruissait et chuintait à hauteur d'homme c'était le vent dans les champs de maïs. Il possédait si bien les sonorités de la pluie que l'on se faisait abuser sans cesse, cependant, on l'écoutait avec un plaisir certain, comme si un spectacle tant attendu apparaissait enfin sur la scène. Et ce n'était toujours pas la pluie.

Mais lorsque la terre répondait à l'unisson d'un rugissement profond, luxuriant et croissant, lorsque le monde entier chantait autour de moi dans toutes les directions, au-dessus et au-dessous de moi, alors c'était bien la pluie. C'était comme de retrouver la mer après en avoir été longtemps privé, comme l'étreinte d'un amant.
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JcequejelisJcequejelis   21 novembre 2011
J'emballai tous mes livres. Les caisses me servaient de sièges. Les livres jouent dans une colonie un tout autre rôle qu'en Europe. Ils montent seuls la garde de notre passé. Aussi n'est-il pas étonnant que nous éprouvions pour eux une reconnaissance ou des rancunes accrues.

Les personnages d'un roman vous escortent quand votre cheval galope dans la plaine. Ils se promènent avec vous dans les champs de maïs. Comme les soldats débrouillards dénichent le bon cantonnement, ils trouvent seuls le lieu qui leur convient.

Les livres nouveaux que l'on nous envoie ont un accident insolite qui, parfois, nous détourne d'eux, mais nous avons la surprise de voir surgir leurs personnages au milieu des shambas.

Ceux de mes livres préférés étaient depuis longtemps des hôtes attitrés, familiarisés avec tous les recoins de la ferme.

Les personnages de Walter Scott se sentaient chez eux entre nos horizons et je les rencontraient à tout bout de champ, de même qu'Ulysse et ses compagnons et chose plus curieuse, les héros et les héroïnes de Racine visitaient la ferme.

Le Petit Poucet avait franchi nos montagnes avec ses bottes de sept lieues.

Certains compagnons de mon enfance, comme le clown Aghib et l'abeille à miel avaient élu domicile près du fleuve.

Quand je chassais dans la plaine, je rencontrais parfois un vieux berger danois avec sa flûte, au milieu du troupeau des Massaïs.

Et la vieille sorcière experte en sortilèges habitait la boucle du fleuve.

132 – [p. 307]
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ladesiderienneladesiderienne   09 juillet 2012
" Regarde, Msabu, dit-il, ça c'est un bon livre. Il tient ensemble, du commencement à la fin ,même si on le prend par le dos et même si on le secoue. L' homme qui l' a écrit était fort, mais toi ce que tu écris, regarde, ajouta-t-il avec un léger mépris mêlé de beaucoup de compassion, rien ne se tient dans ton livre, il y en a un peu par-ci, un peu par-là. Quand les gens rentrent et oublient de fermer la porte, tout s'envole, tout tombe par terre et tu es très fâchée. Ça ne sera pas un bon livre."
Je lui expliquai que les gens d' Europe sauraient réunir le livre pour que tout tienne ensemble.
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