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Alain Gnaedig (Traducteur)Marthe Metzger (Traducteur)
ISBN : 2070349330
Éditeur : Gallimard (21/02/2008)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 158 notes)
Résumé :
Babette est une Française devenue domestique en Norvège, après la Commune qui l'a contrainte à l'exil.
Ses patronnes sont deux vieilles filles austères. Le jour où elle gagne dix mille francs or à une loterie, elle leur demande de la laisser préparer un dîner fin, dans la grande tradition française. Sa fortune y passe, mais une soirée aura effacé des années de carême.
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  14 juillet 2015
Ce recueil regroupe cinq nouvelles de la célèbre femme de lettres danoise : "Le plongeur", "Le dîner de Babette", "Tempêtes", "L'éternelle histoire" et "L'anneau". de mon point de vue, ces récits, de longueurs inégales, le sont aussi en qualité, et aucun ne m'a véritablement marquée.
D'une nouvelle, j'attends surtout une chute ou une morale brillante qui me prenne au dépourvu ou illumine mon état d'esprit par son caractère original, voire rusé, sa construction ingénieuse et son ambiance dépaysante. Lire une nouvelle, c'est faire un court voyage, et qu'il soit onirique ou réaliste, j'aime m'y sentir impliquée, je suis en quête de fulgurances. Or ici, ce fut tout le contraire puisque ces cinq nouvelles n'aboutissent pas vraiment à ce qu'il convient d'appeler un "dénouement", certaines tournant même en eau de boudin, me laissant plutôt perplexe quant à ma propre capacité de réflexion et de compréhension.
Après la lecture de cinq nouvelles de Blixen, je crois pouvoir dire que l'une de ses spécificités est d'emboîter les histoires les unes dans les autres. Ainsi, par une mise en abîme multiple, il est fréquent qu'un conte en révèle un autre, puis encore un autre, et ainsi de suite, chaque personnage semblant à même de raconter une histoire, ce qui donne l'impression d'une narration tout en digressions ; j'ai souvent dû m'accrocher pour ne pas perdre le fil.
Karen Blixen était louée de son vivant pour son don de conteuse, charmant ses cercles d'histoires dites "envoûtantes" et, en effet, dans sa façon d'écrire, on perçoit bien la part d'oralité due au récit qui, lorsqu'il est simplement couché sur le papier comme c'est le cas ici, semble trop inanimé, presque inerte, d'où un intérêt pour le lecteur qui se dissolve lentement, quelque soit la longueur du conte. Aussi, à peine avais-je lu ces nouvelles qu'hélas, je les avais déjà presque oubliées.

Challenge de lecture 2015 - Un recueil de nouvelles
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LydiaB
  19 décembre 2011
Ce livre est en fait un recueil de nouvelles. Cinq textes le composent : le Plongeur, le dîner de Babette, Tempêtes, L'Eternelle histoire et L'anneau.

Au final, une seule a vraiment produit son effet sur la lectrice exigeante que je suis, celle qui a donné au recueil son titre. En effet, le dîner de Babette sort des sentiers battus. Cette exilée se retrouve en tant que servante, en Norvège, dans une famille plutôt sectaire, à cheval sur la religion et les traditions. Philippa et Martine, les deux filles du Pasteur, ont sacrifié leurs vies à leur père et à ses exigences. " Elles avaient été baptisées des noms de Martine et de Philippa, d'après martin Luther et son ami Philippe Melanchton. Leur père était à la fois pasteur et prophète. Il avait fondé une petite congrégation, ou secte pieuse, connue et estimée dans toute la Norvège. Ses membres renonçaient aux plaisirs de ce monde, car la terre, et tout ce qu'elle offrait, ne représentait pour eux qu'une illusion. La seule réalité était " La Nouvelle Jérusalem ", vers laquelle tendaient toutes leurs aspirations". (P25)

Le ton est donné. Mais pourquoi diable Babette tient-elle autant à vivre parmi ces deux vieilles filles, sans même se faire payer ? Elle avait un rôle important dans la Commune, mais un rôle dangereux.
Lorsque celle-ci apprend qu'elle a gagné à la loterie française la belle somme de dix mille francs, elle veut absolument faire un cadeau à cette famille en offrant le repas pour la célébration des cent ans du pasteur : un repas français.

Celui-ci représente, certes, la générosité mais également une identité. La gastronomie française est réputée à travers le monde. Elle fait partie intégrante de notre patrimoine, de notre nation, de notre individu. Babette peut ainsi faire partager ses valeurs, ses coutumes et se retrouver, l'espace d'un instant, quelques années en arrière, lorsqu'elle était dans son pays natal.

Cette nouvelle est à lire, donc, à plusieurs degrés afin d'en extirper tout son sens. Encore une fois, les autres m'ont laissée sur ma faim.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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LiliGalipette
  27 août 2016
Dans la petite ville norvégienne de Berlewaag, Martine et Philippa, deux vieilles soeurs célibataires, vivent frugalement et pieusement en respectant la mémoire de leur défunt père, pasteur de la communauté. Leur bonne à tout faire, Babette, est une communarde qui a fui la France et a su s'imposer en douceur dans le ménage. La maison est bien tenue et personne ne peut rien lui reprocher, si ce n'est de ne pas parler très bien norvégien. Un jour, elle apprend qu'elle a gagné dix mille francs à la loterie. Elle offre à ses maîtresses de servir un somptueux dîner français pour l'anniversaire de leur père. « Non, non ! Babette ! Comment pouvez-vous vous figurer pareille chose? Croyez-vous donc que nous vous permettrons de dilapider votre précieux trésor en nourriture et en boissons et, de plus, à notre avantage ? Non, Babette, c'est impossible.
Babette fit un pas en avant, et ce mouvement eut la soudaineté et la violence d'une vague qui se dresse, formidable et menaçante. S'était-elle avancée de la même manière en 1871 pour planter le drapeau rouge sur une barricade ? » Babette est bien décidée à user de son pécule comme il lui chante ! Les nombreux invités des deux soeurs se régalent alors d'un repas à nulle autre pareil, digne des meilleurs restaurants français. Et pour Babette, ce festin ravive les souvenirs de sa vie française et de ses talents culinaires.
Élevée au rang d'art, voire de manifeste, la cuisine n'a pas ici pour but de rassasier, mais bien de séduire et d'envoûter. On voudrait être attablé avec les convives pour goûter les vins extraordinaires, l'étonnante soupe de tortue ou les cailles en sarcophage.
J'avais peu apprécié La ferme africaine de Karen Blixen, mais j'ai passé un très bon moment avec la bonne française et ses casseroles. Quant aux autres textes du recueil, je ne les ai pas lus. Et à ceux que ça dérange, j'invoque du droit du lecteur tels que les a écrits Daniel Pennac. Et puis c'est tout !
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Chouchane
  13 mai 2012
Le Festin de Babette démarre comme un conte "Il y a en Norvège un long fjord étroit... Deux soeurs vivaient dans une de ces petites maisons jaunes, il y a soixante cinq ans". Martine et Philippa, les deux soeurs qui furent élevées par un père pasteur luthérien continuent, après son décès, à mener une austère vie. le temps s'est enfui, les perspectives d'amour avec et nos deux soeurs vieillissent paisiblement au sein d'une stricte communauté luthérienne comme en connaissent les pays du Nord. C'est dans cette atmosphère où la plupart des désirs sont réprimés, où le temps s'écoule à un rythme lent et mesuré que débarque "une nuit pluvieuse de juin" Babette fuyant la commune de Paris. Elle va devenir leur domestique, se pliant avec douceur à leurs règles jusqu'au jour où gagnant à la loterie une petite fortune (qui lui permettrait de repartir en France) elle décide d'offrir, à ce petit groupe vêtu, de noir un dîner français. La préparation du dîner et ses conséquences prennent la moitié de la nouvelle et toute la magie est là. Karen Blixen nous conduit avec sensualité vers un repas que chacun des membres de la communauté s'interdit de commenter mais ce dîner possède un charme et si "d'habitude, à Berlevaag, on ne parlait guère pendant les repas. ce soir là les langues se délièrent ". Chacun y va de son histoire et une vieille croyante répète les larmes aux yeux "aimez-vous les uns les autres". le festin de Babette, c'est le don gratuit et désintéressé d'une artiste à un groupe d'hommes et de femmes ignorants tout des plaisirs de la table ; ils croient boire une sorte de limonade quand ils dégustent de la Veuve Cliquot 1860 ! un festin digne des Dieux païens qui va effrayer puis métamorphoser des gens taciturnes et des esprits figés en une communauté joyeuse et fraternelle. Babette diabolique avec sa soupe à la tortue va devenir celle qui "ravira les anges" et va transformer une communauté grâce à son talent et sa générosité.
Les autres nouvelles de ce livre sont délicatement ciselées par l'écriture de Karen Blixen et se lisent avec plaisir malgré ou grâce l'impression surannée qu'elles laissent.
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Missbouquin
  13 décembre 2011
L'auteur
La baronne Karen von Blixen (1885-1962), d'origine danoise, a très vite rejeté le mode de vie bourgeois qui lui permettait sa richesse pour se consacrer à l'écriture et à la peinture.
Elle se marie baron Bror von Blixen-Finecke en 1912, avec qui elle achète d'une plantation de café en Afrique. Mais c'est échec et elle doit rentrer au Danemark, ruinée et physiquement très affaiblie. C'est la période qui est racontée dans La Ferme africaine en 1937, adapté au cinéma sous le nom d'Out of Africa.
Après cette période africaine, elle se consacre à l'écriture, animant un petit cercle littéraire dans son domaine et s'affirmant peu à peu comme une figure de premier plan de la vie artistique danoise. Sa deuxième oeuvre la plus connue est Anecdotes du destin, en 1958 (nom premier de l'ouvrage que je présente ici) dont l'une des nouvelles est adaptée au cinéma en 1987 par Gabriel Axel : le Festin de Babette. Affaiblie et malade, elle entreprend un voyage de quelques mois aux États-Unis en 1959, où l'accueil de son public est triomphal. Elle réalise un vieux rêve : dîner avec Marilyn Monroe et son mari Arthur Miller.
Le livre
Ce livre est en réalité un recueil de nouvelles d'inégales longueurs : le plongeur, le dîner de Babette, Tempêtes, L'éternelle histoire et l'Anneau.
Le plongeur : L'histoire perturbante d'un Iranien, Saufe, qui rêve de voler pour devenir un ange et rendre ainsi aux hommes la pureté qu'ont su garder les oiseaux .
Le dîner de Babette : Babette, chef cuisinière renommée dans un grand restaurant parisien, le Café anglais, fuit la répression de la Commune de Paris en 1871. Elle trouve refuge au service de deux vieilles filles, dans un petit village luthérien du Danemark. Chaque année, elle achète un billet de loterie. Après quinze ans, elle remporte le gros lot de 10 000 francs et, plutôt que d'améliorer son sort, elle consacre tout son argent pour reconstituer, en une seule soirée et pour douze couverts, le faste de la grande cuisine parisienne.
Tempêtes : L'histoire d'une jeune comédienne, Malli, qui va interpréter le rôle d'Ariel dans La Tempête de Shakespeare. Ou l'histoire d'une solitude qui va la détruire peu à peu.
L'éternelle histoire : C'est l'histoire d'un vieillard qui aborde un marin et lui propose de gagner 5 pièces d'or s'il accepte de passer la nuit avec une femme, lui permettant de s'assurer une descendance. C'est l'histoire de cette légende qui se propage dans tous les ports du monde. Jusqu'à ce qu'elle devienne vraie, par la folie d'un vieillard qui ne comprend pas que certaines histoires doivent simplement rester des histoires ...
L'Anneau : La rencontre étrange d'une jeune mariée au détour d'un fourré.

Ce que j'en ai pensé
J'ai tout d'abord été surprise puisqu'en principe, je n'aime pas trop les nouvelles (à part celles de Stefan Zweig), pour moi un exercice littéraire très difficile où bon nombre d'auteurs échouent ...
La première nouvelle m'a laissé froide : la folie de Saufe m'a lassé et irrité, comme tous les récits qui ont une résonance religieuse.
Le dîner de Babette m'a un peu plus accroché : l'histoire de cette Française qui fera passer l'art avant toutes choses, faisant honneur à la France, m'a beaucoup touché. Même si l'on peut regretter que l'auteur s'appesantisse autant sur le passé des deux soeurs, et moins sur Babette elle-même. En tout cas, pour moi, c'est le personnage qui m'a le plus intéressé ...
Finalement, je pense même avoir préféré Tempêtes et L'Eternelle histoire, qui font davantage réfléchir sur la nature humaine et la complexité des sentiments, et dont les petites touches fantastiques m'ont séduites. Les personnages de Malli et de Virginie sont très approfondis et l'on se sent proches de ces femmes guidées par l'amour et la vengeance. Au départ victimes, elles apparaissent en réalité finalement comme des êtres forts, qui résistent à toutes les tempêtes et font des choix qui ne seront pas compris, mais qu'elles ont fait avec leur coeur. Karen Blixen offre ainsi une vision moderne de la femme, alors que l'homme est cantonné à un rôle externe et distant, seulement déclencheur des choix féminins, et qu'il n'a pas son mot à dire.
Enfin, je n'ai toujours pas compris l'intérêt de la dernière nouvelle, L'Anneau, qui m'a plutôt démontré encore une fois que l'art de la nouvelle est délicat et qu'il nécessite une alchimie particulière, au risque de laisser le lecteur sur sa faim.
Vous comprenez donc que j'ai finalement été déçue par ce recueil, qui ne m'a pas semblé très abouti (à part pour certains passages des deux nouvelles que j'ai apprécié). Il ne m'a finalement pas réconcilié avec Karen Blixen dont La Ferme africaine m'avait également déçu ...
Lien : http://wp.me/p1Gkvs-sD
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   07 juillet 2015
Les perles sont elles-mêmes des objets mystérieux, et qui appellent l'aventure. Si vous suivez la carrière d'une seule perle, vous y trouverez la matière d'une centaine de contes. Et les perles sont semblables aux héroïnes des poètes : la maladie se transforme chez elles en beauté. Elles sont à la fois transparentes et opaques. Les secrets des abîmes sont apportés à la lumière du jour pour plaire à des jeunes femmes, qui reconnaîtront en eux les plus profonds secrets de leur propre coeur.
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LydiaBLydiaB   19 décembre 2011
- Non, non ! Babette ! Comment pouvez-vous vous figurer pareille chose? Croyez-vous donc que nous vous permettrons de dilapider votre précieux trésor en nourriture et en boissons et, de plus, à notre avantage ? Non, Babette, c'est impossible.
Babette fit un pas en avant, et ce mouvement eut la soudaineté et la violence d'une vague qui se dresse, formidable et menaçante.
S'était-elle avancée de la même manière en 1871 pour planter le drapeau rouge sur une barricade ?
Elle parla dans son norvégien maladroit, mais avec l'éloquence classique particulière aux français : sa voix résonnait comme pour un chant :
- Mesdames, vous ai-je demandé la moindre faveur pendant ces douze années ? Non ? Et pourquoi ne l'ai-je pas fait ? Vous qui récitez vos prières chaque jour, pouvez-vous vous imaginer ce qu'éprouve un coeur humain qui n'a aucune prière à faire ? Et pourquoi donc Babette devrait-elle prier ? Pour rien ? Ce soir, elle a une prière à faire ; cette prière jaillit du fond de son coeur. Ne comprenez-vous pas Mesdames, que ce soir il vous appartient de l'exaucer, avec la même joie que le bon Dieu éprouve à exaucer les vôtres ?
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Gwen21Gwen21   14 juillet 2015
- [...] s'il est vrai que la femme est à l'homme ce que la poésie est à la prose, les femmes que nous croisons ou en face desquelles nous vivons jour après jour ne sont-elles pas des poèmes lus à haute voix ? On les lit avec goût, et elles plaisent à l'oreille. Ou bien on les lit mal, et c'est un grincement désagréable...
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ChouchaneChouchane   13 mai 2012
Le garçon remplit à nouveau les verres. Mais, cette fois-ci les frères et les sœurs furent certains que ce qui leur était servi ne pouvait être du vin, car cette boisson pétillait. Cela devait être une sorte de limonade. Cette limonade s'harmonisait avec leurs esprits enjoués et exaltés, c'était comme si elle les emportait encore plus loin de la terre, vers une sphère plus pure. Le général Löwenhielm reposa son verre et s'adressa à son voisin de gauche : "Mais enfin, voici assurément du Veuve Cliquot 1860 !"
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Gwen21Gwen21   13 juillet 2015
Dans une société restreinte, où il se passe peu de choses, on bavarde beaucoup en général ; et les fiançailles constituent un sujet de conversation et de discussion rêvé. Plus on s'intéresse aux jeunes gens qui sont sur le point de se fiancer, plus les conversations sont vives et animées.
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Le choix des libraires. Rencontre avec Myriam Robert, libraire lorraine de la librairie « Hall du livre » située dans l'est de la France. Découvrez avec elle sa sélection d'ouvrages dont « La ferme africaine » de Karen Blixen ou encore « Lettres à Anne » de François Mitterrand.
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