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EAN : 9782355846700
208 pages
Sonatine (01/03/2018)
3.68/5   72 notes
Résumé :
Un roman exceptionnel, mystérieusement resté inédit en France depuis sa parution en 1982.
1968, Hollinsford, New Hampshire. Élevé par son père, Jesse a toujours été un outsider au comportement inquiétant, rejeté par les autres enfants du village. Avec l'adolescence, les choses ne s'arrangent pas. On l'accuse aujourd'hui d'avoir violé une jeune fille, on le menace d'un placement en institution spécialisée. Mais tout ce qui préoccupe Jesse, ce sont les images d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
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sebastolivre
  21 juin 2019
Dans l'antre de la folie de Jesse le héros
Jesse se voit en héros mais n'est qu'un adolescent particulièrement dérangé, dont l'esprit perturbé nous est restitué avec une maestria dans un roman noir vertigineux récemment publié en français
Un gamin dérangé pour un roman dérangeant
Sociopathe, psychopathe, le jeune garçon cumule les pathologies psychiatriques, sans jamais être diagnostiqué ; son père ne se résolvant pas à le faire entrer dans une institution spécialisée, rongé par l'échec et la culpabilité.
En attendant le retour tant espéré de son frère aîné qui doit rentrer du Vietnam, le gamin « tripote » son arme en plastique dans les toilettes quand il n'est pas happé par les images guerrières et héroïques de l'armée. Réduit à ses plus bas instincts, il n'a aucune idée de ce que peut être un sentiment humain, mais reste fasciné par l'amour, et l'inconnu qu'il représente, tout en ne le concevant que de manière bestiale et militaire.
Gênant, troublant jusqu'à en devenir terrifiant, ce roman n'en reste pas moins fascinant.
Un chef d'oeuvre du roman noir, à ne pas mettre entre toutes les mains...
Retrouvez ma chronique complète sur Fnac Experts Livres :
Lien : https://www.fnac.com/Jesse-l..
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Stelphique
  16 mars 2018
Ce que j'ai ressenti:…Un trouble Noir…
Jesse est un adolescent attardé, mi-enfant mi-adulte mais surtout, il est mi-ange mi-démon : un innocent confronté à trop de violences, trop de mensonges, trop d'images perturbantes que son cerveau n'est pas en mesure de synthétiser, un être doué de pulsions et de mal-être que sa conscience n'intellectualise pas…Jesse le Héros est un anti-héros terrifiant que Lawrence Millman met brillamment en scène dans une quête vaine et trouble de fuite au soleil…
"Il se dit que , vu l'heure , les gens étaient sûrement couchés. Seul un fantôme ou un monstre nocturne seraient debout à cette heure-ci."
Cette lecture est dérangeante, perturbante mais Lawrence Millman a su tellement bien travailler son personnage principal, que j'ai lu son livre sans pouvoir arrêter de suivre cette longue virée en enfer…En étant à l'intérieur du corps et de l'esprit de Jesse, on est plus à même de comprendre ses actes effroyables, mais surtout toutes les influences néfastes de son entourage. Il ne peut pas bien se construire malgré l'amour d'un père et le modèle du frère, parce que l'environnement social tend vers une crise où la violence est le maître mot. Entre l'ombre de la guerre du Vietnam et le manque cruel d'aide à la personne face à toutes les maladies mentales, Jesse n'a pas les armes pour se défendre, mais il les prend quand même, Héros de son inconscient, parce que son intuition instinctive lui dicte que le Mal est bien là, et qu'il faut l'éliminer…Et dans ses rêves, la vengeance fait rage alors que, le carnage,lui, sera bien réel…
"C'est tout? Je veux dire, t'es mort et c'est tout. Rien que de la cervelle et du sang, on est rien d'autre. "
C'est un roman noir, très sombre qui m'a bouleversée. C'est un panorama de l'Amérique qui fait froid dans le dos, parce qu'il s'abreuve d'intolérance, de chaos et d'alcool, et fatalement des monstres se lèvent et frappent, presque malgré eux. Psychologiquement, j'ai pris un bel uppercut, mais je suis restée fascinée par tant de maîtrise de ses lignes floues entre bien et mal, entre cet environnement malsain aussi perturbé que l'esprit de ce jeune homme et les culpabilités qui rongent ses hommes…Une lecture intense pleine de noirceur et de malaise saisissant, qui n'a pu me laisser indifférente…
Ma note Plaisir de Lecture 8/10
Lien : https://fairystelphique.word..
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Mimeko
  04 février 2022
Fin des années soixante, dans le New Hampshire, Jesse, jeune adolescent, ne vit que dans son monde de violence et de désobéissance, dans l'attente du retour en permission, de son frère Jeff soldat au Vietnam. le père qui a élevé seul Jesse, ne le contrôle plus, et hésite encore à l'envoyer à Concord, un établissement spécialisé, que lui a recommandé le révérend, après que Jesse a violé une jeune fille. Entre fantasme de guerre, d'héroïsme, de bravoure et de fugue, le jeune Jesse n'a que peu conscience des actes répréhensibles qu'il perpétue et de leurs conséquences graves. Responsable de la mort de Hack, un copain de son frère Jeff, il va se débarrasser du corps et va générer un engrenage de morts et de fuites, plongé dans un délire ou une folie difficile à supporter.
Un roman sombre avec Jesse un héros pour lequel a du mal à comprendre s'il est handicapé mental ou s'il fait preuve d'un cruauté pathologique et d'une absence totale de morale. Avec un père qui le protège en minimisant les faits commis et qui hésite à enfermer son gamin, le jeune Jesse ne peut se rendre compte de ses actes. le retour du frère, plus raisonnable et qui essaye de convaincre le père et l'ado, va en fait, précipiter une road-trip macabre.
J'ai eu du mal avec la lecture de Jesse le héros, un gamin amoral dont l'enchainement d'actes et d'assassinats, voulus ou par accident, montre une absence totale de compassion ou d'empathie, gardant seulement en tête des délires de violence transformés en actes héroïques, une confusion de pensées très perturbante.
Suivre les aventures macabres de Jesse, un gamin amoral a été assez difficile et perturbant, une épreuve de lecture.
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colka
  19 avril 2018
De temps en temps, je m'offre une descente aux enfers via la lecture d'un bon roman noir américain. Jesse le héros de Lawrence Millman "un chef d'oeuvre du noir enfin extirpé de l'oubli" selon la critique m'a attiré justement par le fait qu'il n'avait apparemment pas connu le succès qu'il méritait.
Arrivée à la dernière page, je me suis dit que cet éloge me paraissait un peu excessif.
Pourquoi ce bémol ?
C'est vrai que tous les ingrédients d'un bon roman noir sont présents.
Le décor ? Loin des strass et paillettes d'Hollywood... L'histoire se passe dans une petite ville du New Hampshire, Hollingsford dont un panneau à l'entrée de la ville pourrait être ainsi libellé : "Hollinsford, son usine de manches à balais, sa décharge municipale et ses rats, son bar à poivrots le Cartier Club, vous souhaitent la bienvenue..." Pas mieux du côté des habitants dont l'auteur brosse quelques portraits au vitriol notamment celui de Sam Pettigrem le père incestueux ou celui de Hack le camionneur un container de bières à lui tout seul. N'oublions pas les femmes ! Par exemple Iris Carnerrelli, la serveuse moustachue du Cartier Club.
C'est sur ce terreau nauséabond où dégénérescence et alcoolisme font bon ménage, qu'a poussé Jesse, le héros du roman. Mauvaise pioche sur le plan génétique, mauvaise graine aux yeux de toute la communauté de Hollinsford. le talent de l'auteur est de ne pas faire de Jesse un cas clinique mais un curieux personnage dont les délires psychotiques le disputent à la déficience mentale. Il ne sait pas plus nouer ses lacets de chaussures qu'il ne fait la distinction entre la réalité virtuelle et celle où il vit. Son univers fantasmé : celui de la guerre du Vietnam dans laquelle son frère est impliqué. Pour lui tuer des Viets dans son imaginaire ne fait aucune différence avec le fait de flinguer quelqu'un à bout portant avec une Winchester calibre 33. Dans les deux situations, un seul ressenti émotionnel : une exaltation sans bornes liée à un sentiment de toute puissance et à des pulsions sexuelles incontrôlables. Coktail explosif, si l'on ajoute à cela qu'il est incapable de distinguer ce qui relève de son propre désir de celui de l'autre et qu'il ne maîtrise aucun des interdits et des codes sociaux liés à la sexualité. Tout cela fait de lui un individu dangereux pour lequel, en dehors de son père, un consensus général s'est fait : il faut l'enfermer à Concord, un " centre spécialisé", à une centaine de kilomètres de Hollinsford et qui accueille toute une population aux troubles mentaux très diversifiés.
Cette solution, Jesse s'y oppose de toutes ses forces et sa fugue hors du domicile paternel va être le point de départ d'une longue cavale meurtrière avec Grace Pettigrew, une adolescente, un peu attardée, au profil victimaire, et d'une si grande innocence qu'elle va consentir à suivre Jesse.... jusqu'au Vietnam ! Car à partir de ce point de bascule du roman, Jesse vit dans une totale confusion mentale et va s'enfermer dans un cycle de violences où il ne fera plus du tout la distinction entre ce qui relève de l'imaginaire et ce qui relève de l'extérieur. Plus il va avancer dans sa cavale meurtrière, plus les deux vont se mêler et s'entrecroiser dans des scènes hallucinatoires de plus en plus nombreuses et violentes. L'écriture de l'auteur sèche, dépouillée, se prête d'ailleurs parfaitement à cette montée de l'horreur.
Alors, qu'est-ce qui n'a pas complètement fonctionné ? Je crois que je ne me suis pas identifiée ni vraiment sentie touchée sur le plan émotionnel par Jesse sans que je puisse au juste expliquer vraiment pourquoi. L'auteur a pourtant bien su opérer une symbiose entre les différentes perspectives qui permettent de comprendre le héros. Mais ça n'a pas fonctionné pour moi. Dernier point, je ne suis pas non plus complètement convaincue par la nécessité sur le plan narratif de la surprise finale.
Ceci dit, je pense que les amateurs du genre ne bouderont pas leur plaisir à la lecture d'un tel roman.
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Zakuro
  21 avril 2018
Ce roman m'a profondément bousculée car j'ai été brutalement projetée dans une atmosphère de violence et de noirceur à une époque où l'Amérique s'enlise dans la guerre du Vietnam.
En 1968, loin des lignes de combat, on pourrait croire que les habitants d'une petite ville du New Hampshire coulent des jours plus paisibles mais il n'en est rien.
Lawrence Millman fait ici le portrait tragique et très réaliste d'une génération sacrifiée ou laissée pour compte d'une Amérique déclinante à travers les traits bouleversants d'un jeune garçon, Jesse.
Jesse en proie à une folie qui altère sa vision du monde ne veut pas être enfermé dans une institution, il mène son propre combat contre tous ceux qui l'empêchent de vivre ce qui l'anime, devenir soldat au Vietnam comme son frère et assouvir ses pulsions sexuelles envers les jeunes filles qu'il confond avec l'amour. Jesse ne connaît ni le bien ni le mal. Jesse a besoin d'aide autre que celle de la force ou de la religion.
Ce qui m'a troublée est le fait que l'auteur nous fait entrer dans la tête de l'adolescent en nous faisant suivre au plus près ses pensées et ses actes.
L'auteur ne juge pas, ne condamne pas, il place le lecteur devant la réalité brute, ce point de vue ne m'a pas dérangée mais plutôt bouleversée.
Tout au long de ma lecture, je voulais tellement aider Jesse et éviter qu'il ne commette l'irréparable.
Ce livre est un roman noir , c'est aussi une peinture sociologique et sans concession de la société américaine des années 1960-1970, l'auteur a écrit ce livre à cette époque, donc sur le vif.
Aujourd'hui réédité grâce aux éditions Sonatine, le roman de Lawrence Millman trouve toujours écho et de manière puissante dans notre actualité.
Ce roman bénéficie aussi de la traduction de Claro qui a su parfaitement transcrire l'essence même du livre de Lawrence Millman.
C'est une très belle réussite !
Un très grand merci à Babelio et aux éditions Sonatine pour m'avoir fait découvrir ce livre dans le cadre de Masse Critique !

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critiques presse (2)
Telerama   06 août 2018
Portrait au scalpel, âpre et sans concession, plongée à vif dans la folie d’un gamin chauffé à blanc par la télé et les propos de bistro de son entourage, Jesse le héros a été publié aux Etats-unis en 1982. A l’instar de son personnage, il dérange par son ambiguité : horreur ou humour noir ?
Lire la critique sur le site : Telerama
Actualitte   04 avril 2018
Tranchant, sans concession, Lawrence Millman brise en mille morceaux grinçants le bel enfant innocent qu’est Jesse le héros, et emmène son lecteur dans la pure folie avec une justesse désarmante.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
sebastolivresebastolivre   17 juin 2019
Pierre Pechee était un bûcheron qui vivait sur l'autre rive, dans la Cuvette. Un type raide bourré vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Il avait été marin dans le temps, mais on l'avait viré pour avoir bu le liquide de la boussole. Un soir il était rentré chez lui et avait trouvé sa femme avec un autre type. Espèce d'enfoiré ! qu'il gueula. Le type s'enfuit de la bicoque comme s'il avait le diable aux trousses. Puis Sans-Terre prit une hache et tailla sa femme en onze morceaux, la tête, les bras et les jambes. Un morceau pour chaque année de leur mariage. A peine dessoûlé, il regretta son geste. Sa femme présentait mieux quand elle était entière. Mais impossible de la remettre en l'état. C'était comme Humpty Dumpty, sauf que c'était une femme. On retrouva Pierre quelques jours plus tard entouré des morceaux de sa femme, en train de jouer avec comme si c'étaient les pièces d'un puzzle. Il était devenu fou et geignait en français. La police emporta le corps dans des sacs en plastique. Les gosses disaient que son sang était foncé et violet et qu'on aurait dit une pizza qu'on a vomie.

Page 22, 10/18, 2019.
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sebastolivresebastolivre   18 juin 2019
Les usines craignaient autant que les rats qui y grandissaient. Jesse n'aimait pas leurs yeux fixes, avec leurs visages de briques rouges qui ne souriaient jamais. Ça lui foutait les jetons. Il y avait une usine qui lui foutait les jetons plus que les autres. C'était celle qui se trouvait juste derrière le terrain de baseball, près de la rivière. Dans ses salles sombres et moisies vivait la méchante sorcière qui, de temps en temps, venait tapoter à sa fenêtre. Elle avait mangé tous les ouvriers d'autrefois. Elle mangeait tous ceux qui s'aventuraient dans l'usine. Et un jour elle avait failli manger Jesse lui-même.

Page 32, 10/18, 2019.
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sebastolivresebastolivre   19 juin 2019
On devrait être contents qu'il soit rentré sain et sauf, dit le vieux. Des tas de frères reviennent dans une bière avec un drapeau plié au-dessus.
Super. Je peux avoir une bière, papa ? Avec un vrai drapeau américain ?
Jesse, tu n'as aucune idée de ce qu'est une bière. Une bière, c'est la même chose qu'un cercueil.
Alors je prendrai juste le drapeau. Et l'enfant se vit enveloppé dans le drapeau, sans la bière, et revenant de la guerre. Il se vit parader devant les gamins tel le coq du village, et personne oserait le traiter de cinglé de peur d'insulter le drapeau américain. C'est Jesse le Héros, qu'ils murmureraient. En permission après avoir gagné la guerre. C'est un vrai spectacle, mec. Je parie que même son slip est fait en drapeau.

Page 44, 10/18, 2019.
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sebastolivresebastolivre   20 juin 2019
Dimanche matin, pas de circulation. Les gens étaient à l’église ou bien dormaient encore. Hollinsford et les environs se partageaient entre prière et gueule de bois.

Page 148, 10/18, 2019.
Commenter  J’apprécie          690
StelphiqueStelphique   15 mars 2018
Il se dit que , vu l’heure , les gens étaient sûrement couchés. Seul un fantôme ou un monstre nocturne seraient debout à cette heure-ci.
Commenter  J’apprécie          240

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