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EAN : 9782290239933
160 pages
Éditeur : J'ai Lu (24/03/2021)
3.53/5   107 notes
Résumé :
Véritable phénomène littéraire international, Agathe nous invite à ouvrir les yeux, tout simplement.
Soixante-douze ans passés, un demi-siècle de pratique et huit cents entretiens restants avant la fermeture de son cabinet : voilà ce qu'il subsiste du parcours d'un psychanalyste en fin de carrière. Or, l'arrivée imprévue d'une ultime patiente, Agathe Zimmermann, une Allemande à l'odeur de pomme, renverse tout. Fragile et transparente comme du verre, elle a p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
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Cannetille
  23 mai 2020
A soixante-douze ans, le narrateur, psychanalyste à Paris, en est réduit à compter à rebours les consultations qui le séparent de son départ en retraite, lorsqu'une nouvelle patiente à l'accent allemand, Agathe, vient bouleverser l'ennuyeuse routine et les grises perspectives du vieux praticien. Pour la première fois, le mal de vivre épanché dans son cabinet va éveiller chez lui d'inattendus échos personnels, et la thérapie agir autant sur lui que sur sa cliente dépressive.

Sur un rythme vif, à coups de phrases sobres et dirigées vers l'essentiel, ce court roman happe d'emblée le lecteur, piquant sa curiosité et le tenant désormais sous son charme. L'histoire assène les vérités sans avoir l'air d'y toucher, révélant en quelques mots l'âme de ses personnages, avec une simplicité et une précision non dénuées de poésie. Sans pathos et toute en pudeur, elle immerge dans l'intime et l'émotion, sans même laisser le temps de s'en rendre compte. Vous vous pensiez en terrain neutre, et vous voilà soudain au bord d'un gouffre. Tout paraissait écrit, mais la vie vous entraîne pourtant encore dans l'espoir de ses incertains possibles.

Il suffisait pour cela d'une rencontre que rien ne laissait présager, entre une jeune femme incapable d'affronter sa peur de la vie, et un vieil homme insidieusement emmuré dans l'aliénante protection de la routine et de la solitude. Alors, chacun miroir de l'autre, peut-être oseront-ils quitter la berge pour enfin suivre le flux de leur existence.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Biblioroz
  03 février 2020
Le moins que l'on puisse dire c'est que le psychanalyste qui nous parle ici n'attire, de prime abord, aucune sympathie de notre part.
Monsieur va bientôt avoir soixante-douze ans et a donc décidé de prendre sa retraite, une décision tout a fait légitime sans aucun doute. Il lui reste cinq mois à se rendre dans son cabinet et il entame alors le compte à rebours des consultations restantes avec soupirs, indifférence, ennui et même agacement. Il nous évoque ses douleurs articulaires, ses pensées sur le vieillissement, ses petits croquis d'oiseaux caricaturaux dont il orne les dossiers de ses patients. Enfoncé dans son vieux fauteuil en cuir, il écoute d'une oreille distraite les différentes souffrances.
Il est célibataire, entretient avec sa secrétaire, madame Surrugue, une relation routinière pleine de déférence, purement professionnelle, sans aucune profondeur humaine.
Et puis Agathe se présente, très déterminée, et force sa réticence à prendre une nouvelle patiente. L'image de son regard puissant, de sa pâleur extrême, le déstabilise.
Ce petit roman surprend par le portrait de ce thérapeute qui a passé cinquante ans de sa vie à soigner des êtres en détresse psychique mais qui, en dehors de son cabinet, n'a jamais eu un geste, ni une parole vers quiconque, y compris son voisin immédiat. Il séduit par ses interrogations sur la façon de saisir sa vie, sur les difficultés de s'y couler sans qu'elle nous échappe.
Quelques aveux, portés par une très jolie plume, ouvrent sur les difficultés de vivre et de mourir. Au début, complètement résigné et indifférent, le narrateur éprouve ensuite des émotions de plus en plus confuses. Une interrogation ressort : Y a-t-il un mode d'emploi de la vie ? On glisse alors vers des réflexions sur l'existence tout en assistant à une évolution des relations.
Qui psychanalyse qui ?
J'aurais aimé rester plus longtemps plongée dans l'écriture sobre et plaisante d'Anne Cathrine Bomann qui décrit précisément les expressions physiques et morales des personnages et qui fait planer les impuissances de chacun.
La fin arrive trop vite et laisse dans son sillage un goût de trop peu. Je suis sûre que, tout en préparant ses tasses de thé, ce thérapeute pouvait encore nous parler des incertitudes de la vie.
Le sujet de la psychanalyse d'Agathe est également passionnant et ma curiosité aurait supporté plus d'approfondissement. C'est cependant un premier roman qui invite fortement à suivre l'évolution de cette auteure danoise.
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sabine59
  07 octobre 2021
Drôle de petit livre d'une psychologue danoise, acheté par hasard. L'action se passe dans les années trente, quarante, à Montpellier mais l'endroit importe peu, en fait.
La narration est faite à la première personne par un psychanalyste de 72 ans, qui n'a qu'une hâte: être en retraite. Il ne supporte plus ses patients, son travail. Il compte à rebours le nombre de séances qu'il doit encore effectuer. Dans cet univers terne, routinier, solitaire qui est le sien , un élément perturbateur va souffler un tourbillon de vie...
Il s'agit d'une jeune femme, Agathe, pourtant dépressive, auto-destructrice. Il avait d'abord refusé de la suivre en tant que patiente, prétextant sa prochaine cessation d'activités. Mais l'insistance d'Agathe l'a emporté.
Peu à peu, le vide de sa vie va lui apparaître, grâce à elle, et l'espoir d'être enfin lui-même se dessiner...
On peut considérer ce livre comme une fable métaphysique, un conte philosophique, ou tout autre chose,c'est en cela qu'il est atypique, intrigant. Mais le fait qu'il soit si court ne permet pas de pénétrer en profondeur dans les âmes tourmentées des personnages, de creuser leurs souffrances. C'est ce que j'ai regretté. On reste un peu en surface. Et qu'elle est sombre, l'existence du psychanalyste, avant l'éclaircie !
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Stelphique
  19 avril 2020
Ce que j'ai ressenti:
Et si vous vous installiez sur vos canapés et qu'on discutait un peu de lecture, un peu de la vie aussi, et personnages de romans? J'ai ouvert Agathe, un peu par hasard, parce qu'en ce moment, c'est difficile de trouver de l'engouement, même pour la lecture…Là, on dirait que c'est Agathe qui m'a choisie pour passer une petite consultation-introspection qui donne un peu de profondeur, à ce temps ralenti…
Première approche, un psychanalyste ronchon…Sans trop spoiler, on va dire que lui et moi, c'est pas possible…J'évite ce genre de personnes, qui comptent…Les personnes qui comptent le temps qu'ils donnent, le temps qu'ils reçoivent, le temps qu'il reste…Mais j'imagine que cette antipathie pour ce docteur est bel et bien voulue pour que Agathe puisse prendre sa place dans ce petit univers d'heures vides…
En revanche, Agathe et moi, c'est le coup de foudre. Tout à la différence du docteur, c'est une personne qui donne, ses émotions, ses failles et son désarroi. Sa fragilité est tellement apparente qu'on a presque peur qu'elle se désagrège sous nos doigts pendant que l'on tourne les pages…Plonger dans les yeux d'Agathe, c'est rencontrer l'abîme, mais c'est aussi voir une délicatesse touchante.
En ce temps de confinement, on a plus de temps pour réfléchir au sens de nos vies. Grâce à cette lecture, à l'élégance de la plume de Anne Cathrine Bomann, on fructifie nos esprits. Avec la pertinence de ces questions existentielles, elle a réussi à me toucher et à me faire apprécier ce duo étrange de patient/docteur…C'est un texte qui aborde beaucoup d'émotions, et notamment les vertiges de la solitude, l'ultime sursaut d'éveil avant l'implacable renoncement…
C'était peut-être juste ce qu'il me fallait, ce temps enrichi par la sobriété et l'intelligence de l'essentiel…Merci Anne Cathrine Bomann pour ce temps gagné à vous lire.

Ma note Plaisir de Lecture 8/10
Lien : https://fairystelphique.word..
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Chantalama
  21 novembre 2020
Il y a des livres que vous choisissez parce que vous en avez entendu parler ou ceux dont vous aimez l'auteur, ceux qu'un ami ou un libraire, ou un libraire-ami, vous conseille et il y a ceux dont vous ne savez rien et qui vous choisissent.
Agathe a fait partie pour moi de cette dernière catégorie. Sans doute le visage froid, insistant et mystérieux de la couverture m'avait interpellée et avait eu raison de ma curiosité. Choisi sans même regarder la quatrième de couverture, une première pour moi, il a séjourné quelque temps dans ma pile de livres à lire. Puis le visage a réapparu un jour sur le dessus de la pile. Il me fallait en découdre et procéder à une analyse plus approfondie en me plongeant dans sa lecture.
D'analyse, il en est justement question dans ce petit roman qui n'a l'air de rien. A 72 ans et en fin de carrière, un homme aux articulations douloureuses, dont on ne sait ni le prénom ni le nom, mène une vie solitaire et routinière uniquement accaparée par son métier de psychanalyste. Il compte les jours et le nombre de patients qui le séparent de la retraite. Quand survint Agathe, insistante et déterminée à le rencontrer. Ce n'est pas vraiment le moment pour prendre une nouvelle patiente et encore moins pour entreprendre une analyse, compte tenu de ses antécédents psychologiques. Et pourtant… lequel a le plus besoin de l'autre ? Une rencontre va se faire révolutionnant ces êtres en mal d'existence.
En écrivant ces quelques mots sur ce roman, je ne sais pourquoi le prénom Agathe m'a fait penser à agate, la pierre. Je voyais bien les couches colorées et concentriques de cette pierre mais n'en savait guère plus.
En faisant quelques recherches, oh surprise, j'ai découvert ceci : "En lithothérapie, la pierre agate a pour principale propriété d'être une pierre de chance et une pierre d'ancrage. Ses propriétés et vertus s'articulent autour d'un apport au niveau de l'équilibre physique, émotionnel et intellectuel… La pierre agate est une pierre calmant les angoisses, elle apaise et harmonise... Elle aide chaque être à prendre de la confiance en soi et à s'accepter tel qu'il est. Elle apporte du courage dans les moments difficiles... La pierre agate offre en lithothérapie des vertus d'autopsychanalyse et des perceptions extra-sensorielles d'éléments dissimulés… La pierre agate permet d'apporter également plus de sincérité et incite à dire le fond de sa pensée. Cette pierre naturelle développe la concentration et favorise les souvenirs. C'est aussi une pierre favorisant la clairvoyance, l'enregistrement des différentes expériences vécues et la contemplation. Toujours dans cette optique de calme et de plénitude, la pierre agate permet de désarmer la colère intérieure. Elle a pour rôle de dissiper tous les éléments intérieurement perturbants et chocs émotionnels pour instaurer un sentiment de sécurité".
Tout y est dit sur Agathe et des interactions entre elle et son psychanalyste. Je ne sais si le choix du titre et le prénom du personnage du roman, sont un hasard ou une volonté éclairée de l'auteur...
Bref, un petit roman et des personnages qui n'ont l'air de rien, mais qui en disent plus qu'il n'y paraît.
Comme quoi une couverture peut vous attirer et vous emmener plus loin que vous ne pensiez.
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critiques presse (3)
LeJournaldeQuebec   16 septembre 2019
Véritable phénomène littéraire traduit en une vingtaine de langues, Agathe, le premier roman de la psychologue danoise Anne Cathrine Bomann, raconte comment deux êtres vides et déprimés se remplissent de vie, à la rencontre de l’un et de l’autre.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Actualitte   02 septembre 2019
Psychologue et romancière danoise, Anne Cathrine Bomann nous transporte de l’autre côté du divan dans son premier roman, Agathe, publié chez La Peuplade. Habituée de la poésie, elle nous narre l’histoire d’un psychanalyste en fin de carrière, attendant la retraite comme un enfant le début des vacances scolaires.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaPresse   27 août 2019
Intimiste, profond, touchant. Le premier roman d’Anne Cathrine Bomann, une psychologue danoise de 35 ans, nous arrive sur la pointe des pieds, sans tambour ni trompette.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
armand7000armand7000   05 juillet 2020
Sur le sol du côté droit du lit était installé un matelas avec un édredon et un oreiller. Sur la table de chevet à gauche, là où j’étais assis maintenant, il y avait une lampe, un verre d’eau, une cuvette et une boîte avec des bonbons à la menthe. C’étaient là les remèdes contre la mort.
— Je ne suis pas sûr du tout de la façon dont je peux vous aider, Thomas, dis-je. Je n’ai jamais aimé quelqu’un.
Mes propres mots me prirent de court, mais Thomas se contenta de répondre :
— Oui, nous n’avons pas tous cette chance. Peut-être vous sera-t-il plus facile de mourir.
— Peut-être, approuvai-je. Mais plus difficile de vivre.
Son rire était de pierre tombant sur la pierre.
— Vous avez peut-être raison, parvint-il à articuler, tandis que son rire se transformait en toux. Une vie sans amour ne vaut pas grand-chose.
Je lui souris et nous restâmes un peu en silence avant que je lui demande :
— Vous avez dit que vous aviez peur ?
— Complètement terrifié !
Il sourit de nouveau, avec les yeux cette fois.
— C’est agréable de l’avoir dit.
— Moi aussi, en fait, j’ai peur, avouai-je, mais je n’ai pas tout à fait découvert pourquoi.
— Je pense que le pire, c’est de ne plus revoir le visage de ma femme. D’aller quelque part où elle n’est pas.
Pour une raison ou une autre, je comprenais exactement ce qu’il voulait dire.
— Peut-être n’est-ce pas du tout elle que vous devez lâcher, proposai-je. Peut-être n’est-ce que tout le reste.
Je n’étais pas sûr que cela fasse sens, mais Thomas tendit la main et prit la mienne, de la même façon que l’avait fait sa femme quelques jours auparavant.
— C’est vrai, je sentis sa main se resserrer en une faible pression, elle, je ne pourrai jamais la lâcher. Le reste, peut-être.
Il relâcha ma main, se recroquevilla en un nouvel accès de toux sèche, et je lui tendis l’eau, dont il but quelques gorgées.
— J’espère que vous allez découvrir de quoi vous avez peur, dit-il d’une voix éraillée en se recouchant sur l’oreiller. Tout autre chose serait un terrible gâchis.
Je lui jetai un regard et haussai les épaules ; est-ce que cela n’avait pas été du gâchis jusqu’ici, pour la plupart ? Je lui demandai quand même :
— Comment découvre-t-on de quoi on a peur ?
— Mon expérience, dit Thomas, tandis que ses yeux se fermaient, c’est que l’on commence par ce dont on a la plus grande nostalgie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
CannetilleCannetille   23 mai 2020
Sur le sol du côté droit du lit était installé un matelas avec un édredon et un oreiller. Sur la table de chevet à gauche, là où j’étais assis maintenant, il y avait une lampe, un verre d’eau, une cuvette et une boîte avec des bonbons à la menthe. C’étaient là les remèdes contre la mort.
— Je ne suis pas sûr du tout de la façon dont je peux vous aider, Thomas, dis-je. Je n’ai jamais aimé quelqu’un.
Mes propres mots me prirent de court, mais Thomas se contenta de répondre :
— Oui, nous n’avons pas tous cette chance. Peut-être vous sera-t-il plus facile de mourir.
— Peut-être, approuvai-je. Mais plus difficile de vivre.
Son rire était de pierre tombant sur la pierre.
— Vous avez peut-être raison, parvint-il à articuler, tandis que son rire se transformait en toux. Une vie sans amour ne vaut pas grand-chose.
Je lui souris et nous restâmes un peu en silence avant que je lui demande :
— Vous avez dit que vous aviez peur ?
— Complètement terrifié !
Il sourit de nouveau, avec les yeux cette fois.
— C’est agréable de l’avoir dit.
— Moi aussi, en fait, j’ai peur, avouai-je, mais je n’ai pas tout à fait découvert pourquoi.
— Je pense que le pire, c’est de ne plus revoir le visage de ma femme. D’aller quelque part où elle n’est pas.
Pour une raison ou une autre, je comprenais exactement ce qu’il voulait dire.
— Peut-être n’est-ce pas du tout elle que vous devez lâcher, proposai-je. Peut-être n’est-ce que tout le reste.
Je n’étais pas sûr que cela fasse sens, mais Thomas tendit la main et prit la mienne, de la même façon que l’avait fait sa femme quelques jours auparavant.
— C’est vrai, je sentis sa main se resserrer en une faible pression, elle, je ne pourrai jamais la lâcher. Le reste, peut-être.
Il relâcha ma main, se recroquevilla en un nouvel accès de toux sèche, et je lui tendis l’eau, dont il but quelques gorgées.
— J’espère que vous allez découvrir de quoi vous avez peur, dit-il d’une voix éraillée en se recouchant sur l’oreiller. Tout autre chose serait un terrible gâchis.
Je lui jetai un regard et haussai les épaules ; est-ce que cela n’avait pas été du gâchis jusqu’ici, pour la plupart ? Je lui demandai quand même :
— Comment découvre-t-on de quoi on a peur ?
— Mon expérience, dit Thomas, tandis que ses yeux se fermaient, c’est que l’on commence par ce dont on a la plus grande nostalgie.
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CannetilleCannetille   23 mai 2020
Je crois que la vie est à la fois bien trop courte et bien trop longue. Trop courte pour qu’on ait le temps d’apprendre comment on doit vivre. Trop longue parce que le déclin devient de plus en plus visible chaque jour qui passe.
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armand7000armand7000   05 juillet 2020
Pourquoi (...) n’y avait-il personne qui vous disait ce qui arrivait au corps quand on vieillissait ? Qui vous parlait des articulations douloureuses, de la peau excédante et de l’invisibilité ? Vieillir, pensai-je, pendant que l’amertume se déversait, consistait surtout à observer comment la différence entre son moi et son corps grandissait et grandissait jusqu’à ce qu’un jour on soit complètement étranger à soi-même. Qu’y avait-il là de beau ou de naturel ? Et alors que le disque se terminait et que le silence me laissait solitaire dans la pièce, vint le coup de grâce : il n’y avait aucune issue. Il me fallait vivre dans cette prison grise et traîtresse jusqu’à ce qu’elle me tue.
+ Lire la suite
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CannetilleCannetille   23 mai 2020
Pourquoi (...) n’y avait-il personne qui vous disait ce qui arrivait au corps quand on vieillissait ? Qui vous parlait des articulations douloureuses, de la peau excédante et de l’invisibilité ? Vieillir, pensai-je, pendant que l’amertume se déversait, consistait surtout à observer comment la différence entre son moi et son corps grandissait et grandissait jusqu’à ce qu’un jour on soit complètement étranger à soi-même. Qu’y avait-il là de beau ou de naturel ? Et alors que le disque se terminait et que le silence me laissait solitaire dans la pièce, vint le coup de grâce : il n’y avait aucune issue. Il me fallait vivre dans cette prison grise et traîtresse jusqu’à ce qu’elle me tue.
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