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EAN : 9782266005241
Pocket (09/09/1998)
4.02/5   44 notes
Résumé :
Christian Bernadac a construit ce livre à partir de témoignages d'anciens déportés de ce « Train de la Mort » qu'il a pu retrouvé. On suit donc ce convoi du départ à Compiègnes jusqu'à l'arrivée au camp de Dachau, jour par jour, presque minute par minute, grâce au recoupement de différents prisonniers dispersés dans les nombreux wagons qui le composait.

On découvre alors toute l'horreur, la folie et le désespoir, toutes les choses affreuses qui ont pu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Difficile pour un tel ouvrage de determiner les etoiles;il s'agit ici de temoignages vrais,autobiographiques et biographiques
C'est l'histoire du train de la honte,du train qui a vu toutes les atrocites qui ont decoulees de la chaleur,de la soif,de la deshydratation,de la suffocation,de la peur,de la haine,du delire,de la folie passagere,de la violence,du sang,de l'urine,de la merde...de la mort et de la decomposition des corps.
Comment des hommes ont-ils pu survivre dans de telles conditions?Une fois enferme dans les wagons,c'est l'humiliation et la sauvagerie a l'etat brut
Pourquoi a-t-il fallu de telles conditions de mort?
Ce qui m'etonne toujours est la rapidite avec laquelle ce livre rempli d'atrocites est lu?
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A la recherche de livres à lire sur la déportation ( bien que j'en ai tout un tas dans ma PAL), je suis tombé sur ce titre que j'ai lu, il y a bien des décennies.
Il fait partie des livres qui font partie de ma mémoire littéraire. Après avoir lu Anne Franck en 6e, j'ai voulu lire d'autres livres sur cette thématique et j'avais donc pris celui-ci. Je le lisais dans ma chambre le soir et j'ai pleuré pendant des semaines, seule le soir, bien après l'avoir terminé. C'est ce livre qui m'a fait prendre conscience de quoi était capable l'être ( soit-disant ) humain, , ce qu'était la cruauté, la souffrance, la peur , mais aussi la volonté de se battre pour survivre. A la lecture de ce livre, je me suis sentie coupable de faire partie de cette humanité, coupable de me plaindre de tout et 'n'importe quoi comme on peut le faire à cet âge. C'est quelque chose que j'ai gardé de cette époque, dès que je ne vais pas bien, j'écoute "Nuit et brouillard" de Ferrat et chaque fois, la phrase "survivre encore un jour, une heure obstinément" me ramène à cette lecture et à cette culpabilité , à ce sentiment que je n'ai pas le droit de me plaindre ( même si j'ai le droit d'être malheureuse) et qu'il faut continuer à vivre, par respect pour tous ces gens qui ont lutté pour survivre, malgré la faim, la peur, la souffrance, l'horreur, tous ceux qui n'en sont pas revenu et ceux qui ont survécu.
Clairement,, cette lecture est trop ancienne, pour que je puisse juger ses qualités littéraires, mais ce livre basé sur des témoignages a changé durablement ma perception de la vie.
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Violent, prenant, dérangeant, j'ai eu du mal à le lire à cause du récit qui était sombre, horrible.

Et certains se disaient humains ?? Non...

Le livre est à recommander, mais accrochez-vous.
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En effet, Christian Bernadac a construit ce livre à partir de témoignages d'anciens déportés de ce « Train de la Mort » qu'il a pu retrouvé. On suit donc ce convoi du départ à Compiègnes jusqu'à l'arrivée au camp de Dachau, jour par jour, presque minute par minute, grâce au recoupement de différents prisonniers dispersés dans les nombreux wagons qui le composait.
On découvre alors toute l'horreur, la folie et le désespoir, toutes les choses affreuses qui ont pu se passer dans chaque wagon parfois (voire même très souvent en fait) au su et au vu des S.S. qui surveillait le train.
Les survivants nous relatent tellement précisément après plus de 25 ans (la plupart des manuscrits sont datés de 1970) tout ce qu'ils ont vécu et enduré pendant ces 4 jours : l'entassement dans les wagons (ils seront plus de 100 par wagons qui sont prévus à la base pour « 8 chevaux en long »), l'air raréfié de minute en minute, la chaleur de ce mois de juillet qui a enregistré des pics à 34°C (je vous laisse imaginer la chaleur dans les wagons métalliques...), la folie qui s'empare des plus faibles, le sang, la soif, les morts et j'en passe...
Lien : http://riz-deux-zzz.over-blo..
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JE RECOMMANDE
Lecture qui m'a retournée l'estomac. Ce n'est que factuel mais les mots sont réels et touchent.
L'auteur a fait de longues recherches et avec tous les écrits des gens déportés et des gens qui ont approchés, il les a réunis chronologiquement et par thème. Ainsi une même scène est vue par plusieurs personnes différentes.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Avant le départ de Compiègne, les Allemands découvrent la fouille, un couteau dans la paille du wagon : nous serons privés d’eau. Je crois que cette punition, tout en aggravant nos souffrances, va contribuer à ce que notre wagon n’ait pas de mort : nous avons moins chargé l’atmosphère de l’humidité saturée d’urée de la transpiration. Ce n’est pas le seul facteur favorable. Des camarades, dont je regrette infiniment de ne pas connaître l’identité vont établir une discipline raisonnable dans les postures des cent prisonniers et leur relève périodique. On bougera le moins possible. Des hommes se relaient pour faire circuler l’air confiné en balançant des couvertures. Quand à la situation, elle est celle de tout le train ; à peine une mince fente dans la clôture hermétique… J’estime, avec l’expérience des séjours (brefs) dans des étuves d’essais, que la température a atteint 70°C. La journée est atroce, d’autres le diront mieux que moi, chez lesquels la situation est plus grave encore, faute de discipline.

J’ai à peu près perdu connaissance lorsqu’un camarade me sauve sans doute la vie en me hissant au contact de la fente que j’ai signalée : c’est longtemps après que j’ai appris son nom, celui de l’accordéoniste André Verchuren, auquel je garde toute ma reconnaissance.

Page 215 et 216.
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Extraits du livre:

Et la tragédie continua, les hommes perdant connaissance, s’affaissaient sur leurs voisins. Ceux-ci tentaient de les soutenir ou de les rejeter, mais s’affalaient bientôt sous leur poids. Dès qu’un membre, bras ou jambe, se trouvait pris sous un corps, il était impossible de le dégager et, tôt ou tard, on se trouvait enseveli sous d’autres corps. Beaucoup périrent étouffés par le poids des corps dont ils n’avaient pu se dégager ; d’autres perdirent la raison, c’est ainsi que Barrois se figurait jouer une partie d’échecs avec moi. Son délire fut bref et il s’endormit sans souffrances. J’assistais impuissant à la mort.

Quelques-uns devinrent fous furieux. Ils se mirent à frapper leurs voisins ç coups de poings, de souliers, de gamelles…à sauter, à courir d’un bout à l’autre du wagon en écrasant les camarades. Ceux-ci, en se défendant, perdaient le peu de force et de souffle qui leur restait et succombaient à leur tour.

Page 181 –
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Vogein bouscule un gardien, se précipite à la bouche d'eau et commence à remplir une bouteille. Le gardien se plante devant lui :
" - C'est interdit.
- Interdit? Je m'en fous. Cette eau a été placée ici pour que l'on puisse donner à boire aux bêtes.. On peut bien en donner aux hommes."
Des dizaines de boites, gamelles, bouteilles s'agitent aux lucarnes. Le gardien baisse son arme.
(...)
Il est revenu à la bouche d'eau et aligne les récipients. Le gardien a été rejoint par trois soldats. L'un d'eux, d un coup de botte, renverse les boîtes de conserve.
" - Interdit. "
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Pour ma part et bien qu'ayant subi les fouilles comme mes autres camarades, j'avais réussi à conserver un petit canif que j'avais collé avec du sparadrap sous mon bras gauche, à la naissance de l'aisselle. Ce couteau allait me sauver la vie car, des lors que j'ai eu constaté la direction du train et jugé de cet entassement humain, je n'ai eu de cesse que de me coller littéralement à la paroi du wagon. L'altruisme est un acte magnifique ; la vie est une chose bien plus précieuse. Un atavisme profond, doublé d'un sens inné des réactions et preoccupations primitives de l'homme, me fit entrevoir avant l'heure la tragédie sanglante qui allait se dérouler. Qu'importe la nourriture, quelle importance y a-t-il d'être encore plus mal à l'aise que les autres, lorsqu'on sent qu'un brin d'air vous laissera vivant? Tandis que déjà des mourants agonisent, que d'autres se dévêtent, patiemment, sans bruit, avec l'aide de mon canif, je confectionne à la jointure de deux planches un petit trou. Dès lors qu'il est achevé, ma bouche s'écrase. Jusqu'au 5 juillet, mon seul horizon aura été cette planche et mon seul répit, celui de le cacher, afin qu'on ne le voie pas. Tel un trésor des Mille et Une Nuits ou les voleurs n'étaient pas comme les autres, mais des fous à la recherche du salut : mon trou était un diamant à nul autre pareil.
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Nous ne fûmes presque jamais séparés durant cette période et ensemble nous fîmes le coup de poing contre les gardiens de Clermont-Ferrand pour tenter de nous évader. Ensemble, nous avons été matraqués presque à mort, à coups de nerf de bœuf par les policiers et les gardiens qui avaient été rendus fous furieux par notre tentative. Ensemble, nous eûmes faim, froid, connûmes le désespoir et l'exaltation, lorsque les nouvelles favorables de la situation militaire nous parvenaient. Ensemble, nous participâmes a la mutinerie d'Eysses et c'est à Compiègne que je le vis pour la dernière fois. Edgar Amigas n'étant pas, pour je ne sais quelle raison, sur les listes de départ, il fit l'impossible pour nous rejoindre. Il tenta de se faire passer pour un autre, supplia, mais rien n'y fit. Et c'est avec tristesse que notre petite équipe se trouva brusquement amputée d'un des meilleurs d'entre nous. Jamais je n'oublierai la peine de notre ami qui, malgré le risque qui nous attendait en déportation, aurait préféré rester avec nous, afin de ne pas rompre une amitié forgée dans la plus cruelle des épreuves. Pour nous consoler Paul Weil et moi pensâmes que peut-être il aurait une plus grande chance de s'en tirer car les Alliés approchaient...
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