AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2207117049
Éditeur : Denoël (23/10/2014)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 62 notes)
Résumé :
Un père amène son fils sur un îlot désert d'Alaska pour y passer un an loin de la civilisation. Le prétexte est de resserrer les liens avec Roy, treize ans, de le confronter à la beauté du monde sauvage. Mais il se peut que le but inavoué soit tout autre. Jim, dentiste, divorcé, vie affective en ruine, traverse une sale période. Retrouver sa dignité de père aux yeux de son fils, se prouver qu'il est encore capable de faire son métier d'homme, peut-être est-ce ce qu'... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  11 octobre 2018
Séparé de sa femme, Jim, dentiste, a pris une année sabbatique pour la passer avec son fils, Roy, sur une île déserte, éloignée de toute civilisation et difficilement accessible. Une manière de resserrer les liens, si fragiles, entre eux. Une fois les nombreux cartons déposés, la cabane visitée, père et fils doivent déjà s'activer pour aller chercher du bois, afin qu'il sèche avant l'arrivée de l'hiver, pêcher le poisson, construire un abri pour protéger la viande... le travail ne manque pas, les conditions de vie sont spartiates. L'entente entre père et fils n'est pas toujours au beau fixe d'autant que Jim, dépressif, peu patient, est en proie à de nombreux démons...
David Vann, fortement marqué par le suicide de son père alors qu'il n'avait que 13 ans, publiera des romans ô combien sombres et résonnants. Sukkwan Island en est la preuve. Un père et son fils échoués sur une île isolée qui vont tenter de renouer ensemble, autant que faire se peut, tant leur relation est particulière et est basée sur des non-dits, des ressentiments. Seule la nuit semble propice aux révélations. le climat d'abord sec puis rigoureux et austère avec l'arrivée de la pluie puis de la neige, rend ce séjour pénible et d'autant plus intimiste. Ugo Bienvenu s'empare avec force et brio du roman éponyme de David Vann et nous plonge, dès les premières pages, dans une ambiance lourde, pesante et particulièrement tendue. Cet album, au rythme lent, aux personnages ambivalents et énigmatiques, se révèle intrigant, retors, parfois dérangeant. Graphiquement, le trait est maîtrisé et le noir et blanc siéent parfaitement à cette ambiance tourmentée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          523
ninosairosse
  06 novembre 2017
"Nous voilà pour sûr, tous les deux au beau milieu de la nature, loin des folies de l'humanité et vivant dans la pureté.
Nous trotterons tels des chevaux à travers la neige et connaîtrons des hivers plus longs que Jack Frost. le lichen et les hautes cimes purifieront nos âmes."
p112
Ce besoin de retour aux origines...Revivre les hauts moments où lorsque les extémités de la terre commençaient à se recourber lentement, pour former une sphère, où sa population luttait pour rester sur la 'plat-nète', s'agrippant à la fourrure du voisin, escaladant le dos des autres, suspendu aux limites du monde ....
Ce besoin de savoir que quand un glacier bouge ou qu'un ours pète, le père a à voir la dedans....
Pourquoi pas !? oui, bien sûr, mais pourquoi fallait il qu'il y emmene son fils de treize ans, surtout quand on sait qu'il n'assumera pas ses choix , son retour à la nature, son isolement. La suite devient trop compliquée à raconter. Quelque part il y a un mélange de culpabilité, divorce, argent, impots et tout part en vrille....Et après la vrille, s'infiltrent plus aisément les vices....
J'avais lu le roman de David Vann, en 2013, noté ***, à l'époque je ne faisais pas de commentaires sur Babelio, aussi j'ai oublié le fondement de ma note. Pourtant, même si le contexte est particulièrement Gloque, faut reconnaître le travail de retranscription de Ugo Bienvenu, en bon Apôtre, cette succession d'ennui et de drame, l'un faisant le lit de l'autre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          520
Crossroads
  11 novembre 2018
David Vann, en roman, c'est chouette. Triste, mais chouette.
En roman graphique, itou.
L'auteur a un passé compliqué.
Une histoire personnelle douloureuse qu'il intègre généralement dans ses écrits comme autant d'exutoires libérateurs.
Sukkwan Island ne fait pas exception.
Il serait même la pierre angulaire de son oeuvre future.
Le suicide de son père pour lequel il ressentira une culpabilité durable, un mal-être difficilement gérable autrement que sur papier et l'idée de s'affranchir de ce poids en écrivant. Mais même par ce moyen, difficile d'évoquer le drame et c'est là que survient l'idée libératrice, retranscrire ce qui fut en intervertissant les rôles. Père et fils échangeant leurs oripeaux et c'est avec un oeil vierge que l'on se plonge dans ce fait divers sordide, source de tant de maux.
Ugo Bienvenu s'approprie le phénomène littéraire, forçant le respect de par sa justesse de ton et son rendu graphique apocalyptique.
Un père et un fils livrés à eux-mêmes sur une île histoire de retisser des liens distendus.
Un père et un fils livrés aux éléments déchaînés.
Un père et un fils voués à cohabiter avec leurs propres démons.
Petit pavé bicolore fidèle à l'original, ce Sukkwan Island s'impose en parfait complément artistique.
Un récit qui prend son temps, laissant libre cours à un malaise qui s'installe sournoisement avant que la tragédie ne vienne toquer à la porte de leur cabane des plus sommaire, c'est pas pour balancer mais bonjour l'amateurisme de l'architecte.
Si le trait parfois approximatif ne suscite pas d'enthousiasme excessif, la tension progressive qui s'instaure entre le père et sa progéniture prend largement le pas sur l'impression visuelle et focalise toute l'attention du lecteur rendu fébrile par un événement dramatique devenu, désormais, inéluctable.
J'avais aimé l'original que je devrais relire en intégrant cette nouvelle donne, l'échange de rôles père/fils. Son pendant graphique n'a rien à lui envier.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          440
Bazart
  10 novembre 2014
Tout le monde ou presque se souvient de la publication chez Gallmeister, il y a quelques années déjà, de "Sukkwan Island", écrit par un auteur américain alors inconnu, un certain David Vann, tant ce bouquin, le premier de son auteur, avait fait un buzz incroyable et que pratiquement tous ceux qui l'ont lu en étaient essortis complétement sonnés, et totalement subjugés par le style et le sujet;
Malheureusement, comme je l'avais dit ici meme http://www.baz-art.org/archives/2012/01/09/23053362.html, je n'ai pas fait partie de ces très nombreux adorateurs du roman de Vann.
J'avais lu ce roman juste après les fêtes de fin d'année il ya trois ans, période un peu morose s'il en est et j'étais sorti de cette lecture encore plus déprimé qu'avant de l'ouvrir. Il faut dire que le livre appartient au genre qu'on appelle depuis quelques années du "nature writing", autrement dit le retour à la nature, thème cher au cinéma américain ( Into The Wild, Seul Au monde, Tree of live, Mud ) et malheureusement de façon totalement subjective, l je digère mieux les oeuvres qui vouent un culte à la nature lorsqu'elles sont accompagnées d'images.
Il faut dire que sans l'expliquer vraiment ( mon côté très urbain certainement), j'ai toujours énormément de mal à me passionner pour les descriptions dans le détail de scènes de pèches ou de chasses, aussi bien écrites soient elles, ce qui est évidemment le cas dans ce "Sukkwand Island". Car incontestablement David Vann possède un vrai talent à planter un décor et instiller un univers d'une noirceur, mais une noirceur quand même difficilement supportable qui atteint un climax total aux deux tiers du livre avec un rebondissement qui secoue par sa brutalité.
Et puis j'avoue que j'avais du mal à éprouver la moindre empathie pour ce père totalement égoïste et irresponsable qui entraine son fils dans son délire mystique sans jamais penser à ce que veut vraiment son rejeton.
Bref ,j'aurais pu tirer une croix sur ce roman de David Vann, et pourtant j'ai voulu lui ( me ?) redonner une chance non pas en le relisant, mais en me plongeant dans une adaptation BD d'une jeune réalisateur français, Ugo Bienvenu, réalisateur, qui se lance dans l'aventure de la bande dessinée en adaptant ce roman qu'il adore et dont la lecture avait été ce choc dont je vous ai parlé au début de ce billet.
Et la lecture de cette BD ( enfin plutôt de ce roman graphique m'a convaincu que les environnements austères, arides, passent mieux pour moi avec le visuel et ici les dessins d'Ugo Binevenu réussissent parfaitement à témoigner de cet environnement naturel fait de paysages arides, rendus plus sauvages encore par l'arrivée des premières grosses neiges.Des dessins vibrants, pénétrants et précis, et que les regards des deux anti héros de l'histoire sont assez intenses.
Et question mise en place de l'intrigue l'auteur prend son temps comme le faisait David Vann, mais cela permet à la tension de s'installer insidieusement, et que le choc dont je parlais quelques lignes auparavant parvienne à laisser le souffle coupé au lecteur, même chez celui qui avait déjà lu le bouquin de Vann.
Une belle adaptation d'un roman culte que je suis heureux d'avoir redécouvert par l'entremise de ce beau projet éditorial risqué au départ, mais pleinement réussi à l'arrivée.

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          213
jovidalens
  03 juin 2015
Quelle maestria !
Subjuguée par le talent d'Ugo Bienvenu. Autant de brio que les maîtres du noir et blanc que sont pour moi Didier Comès, Jiro Taniguchi dans "Le sommet des dieux" et Romain Renard pour "un Hiver de Glace".
Proche de Romain Renard car l'un et l'autre font ressentir à leurs lecteurs la sauvage beauté de la nature et son inhospitalité à l'égard des hommes.
Ugo Bienvenu doit les apprécier comme il doit admirer un Alfred Hitchcock au niveau de la mise en scène.
N'ayant pas lu le livre, j'ai découvert l'intrigue, et comme chaque lecteur, j'ai ressenti l'uppercut à la page 135. Anéantie. Certes, je m'attendais à un drame, mais là...
Pour revenir sur le récit, il est brillant et sacrément bien ficelé ; un père entraîne son jeune fils de 13 ans dans une aventure folle qui doit durer une année. Isolés sur une île déserte d'Alaska ils doivent s'organiser pour y survivre et tenter d'élaborer un lien filial (on ne va pas écrire" re-créer" puisqu'on se rend compte très vite que le père est le grand absent de la courte vie de Roy).
La pression qui s'impose au fil de la lecture est générée par l'exaspération de plus en plus exacerbée que suscite ce père geignard, complètement invertébré moralement. Quel florilège d'adjectifs commençant par le préfixe ir- ou in- défile dans notre tête ! Pour exprimer ce que l'on peut penser de cet homme, on peut dire qu' il se consacre "à des activités qui dépassent de loin (ses) capacités" (citation extraite de la BD que je viens de lire "Le Voleur de Livres").
Et le livre se referme sur cet énorme gâchis.
Sauf qu'alors, la pression se relâchant, s'élève alors un cri silencieux qui envahit tout ce qui a été lu : celui de Roy. Petit garçon abandonné de tous les adultes. Comment sa mère peut-elle accepter de confier son fils aux mains de ce père !!! Elle sait ce qu'il vaut puisqu'elle s'en est séparé. Et les autres : celui qui les approvisionne en denrées et qui connaît particulièrement bien la région ? La façon dont Roy se replie sur lui-même ! Une de ses rares phrases sera pour l'île d'Hawaii et du bateau dont il rêve.
Certes, dans la civilisation américaine, pour un garçon de son âge, partir camper "entre homme"s, avec son père, dans le "wild" fait partie de l'initiation à la masculinité, avec prise de risque, qui peut justifier leur passion pour les armes.
Mais encore faut-il que l'aventure soit bien préparée, encadrée par un adulte et un adulte aimant. J'imagine Roy bébé, avec une 'totote" dans la bouche pour ne pas déranger par ses cris et ses larmes ses chers parents, empêché de parler par cette ridicule sucette, puis un peu plus tard planté seul devant la télé, isolé dans sa chambre devant un écran, etc... Un désert. Désert qui atteint son paroxysme avec ce père qui partage sa chambre et gorge ses nuits de ses geignardises, ne lui laissant même pas la liberté à lui aussi, l'enfant, d'exprimer son désespoir. Seul avec un fou dans un lieu d'où il ne peut s'échapper...physiquement. Seul sans l'espoir de partager avec des copains. Même pas par la radio, complètement et uniquement utilisé par le père. Quant au contact avec la nature, aussi belle soit-elle, ce n'est pour lui qu'une succession d'épreuves physiques (comme ramener sur son dos ce père qui s'est blessé bêtement).
Enfin, relire encore une fois, pour mieux l'apprécier, la très belle préface de Fabrice Colin Oui, plus qu'une claque ressentit, c'est "une vague antédiluvienne, chargée d'un limon indéchiffrable" qui m'a emportée. Je n'ai pas encore lu David Van, mais "flamboyance et minéralité" caractérisent bien le graphisme d'Ugo Bienvenu.
Quoi qu'il en soit, je ne suis pas prête de l'oublier ce trio merveilleusement infernal : David Van, Ugo Bienvenu et Fabrice Colin.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70

critiques presse (1)
LePoint   12 novembre 2014
Dans un graphic novel férocement beau, le (très) jeune dessinateur Ugo Bienvenu s'empare du premier roman-météorite de David Vann. Bluffant.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
BazartBazart   29 novembre 2016
- Q'est que tu penses de tout ça?

- De quoi?

- De tout ça, de la vue ,d'être ici, avec ton papa

- Ah oui c'est sympa"
Commenter  J’apprécie          130
jovidalensjovidalens   02 juin 2015
Je pense qu'une vie, en réalité, est constituée de plusieurs vies qui s'additionnent.
ça forme un ensemble incroyablement long. Ma vie de l'époque n'avait rien à voir avec celle d'aujourd'hui...
J'étais quelqu'un d'autre. Ce qui m'attriste, c'est de parler de tout ça avec toi alors que tu n'auras pas d'autres vies.
Tu as dû en avoir deux ou trois au maximum...
Commenter  J’apprécie          30
evitaevita   17 février 2016
- Tu te rappelles ce que je t'ai raconté sur le monde qui n'était qu'un grand champ à l'époque où la terre était plate ?
- Ouais. Comment tout est parti en vrille quand tu as rencontré maman ?
- Hé là... J'ai pas dit ça ! Bref. J'y ai repensé et ça m'a fait réfléchir aux choses qui me manquent. Au fait que je n'ai pas de religion alors que j'en ai besoin.
- Hein ?
- J'ai besoin d'un monde animé. J'ai besoin de savoir que quand un glacier bouge ou qu'un ours pète, j'ai à voir là-dedans. Mais je n'arrive pas non plus à croire à ces conneries...
- Qu'est -ce que ça a à voir avec maman ?
- Je ne sais pas ! Arrête de me déconcentrer !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
ZalvecZalvec   05 juillet 2017
J'ai repensé à tout ça, je pense qu'une vie, en réalité, est composée de plusieurs vies qui s'additionnent.
Commenter  J’apprécie          30
NinaaluNinaalu   10 septembre 2018
Écoute. L'Homme n'est qu'un appendice de la Femme. La Femme est entière elle n'a pas besoin de l'Homme.
Commenter  J’apprécie          30
Videos de Ugo Bienvenu (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ugo Bienvenu
Ugo Bienvenu - Sukkwan island .Ugo Bienvenu vous présente son ouvrage "Sukkwan island" aux éditions Denoël Graphic. D'après le roman de David Vann. Préface de Fabrice Colin http://www.mollat.com/livres/bienvenu-ugo-sukkwan-island-9782207117040.html Notes de Musique : ?Nautical Fistula? (by Welcome Wizard). Free Music Archive.
autres livres classés : relation père-filsVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les personnages de Tintin

Je suis un physicien tête-en-l'air et un peu dur d'oreille. J'apparais pour la première fois dans "Le Trésor de Rackham le Rouge". Mon personnage est inspiré d'Auguste Piccard (un physicien suisse concepteur du bathyscaphe) à qui je ressemble physiquement, mais j'ai fait mieux que mon modèle : je suis à l'origine d'un ambitieux programme d'exploration lunaire.

Tintin
Milou
Le Capitaine Haddock
Le Professeur Tournesol
Dupond et Dupont
Le Général Alcazar
L'émir Ben Kalish Ezab
La Castafiore
Oliveira da Figueira
Séraphin Lampion
Le docteur Müller
Nestor
Rastapopoulos
Le colonel Sponsz
Tchang

15 questions
3517 lecteurs ont répondu
Thèmes : bd franco-belge , bande dessinée , bd jeunesse , bd belge , bande dessinée aventure , aventure jeunesse , tintinophile , ligne claire , personnages , Personnages fictifsCréer un quiz sur ce livre
.. ..