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EAN : 9782207164396
224 pages
Denoël (13/10/2021)
3.75/5   103 notes
Résumé :
Un père amène son fils sur un îlot désert d'Alaska pour y passer un an loin de la civilisation. Le prétexte est de resserrer les liens avec Roy, treize ans, de le confronter à la beauté du monde sauvage. Mais il se peut que le but inavoué soit tout autre. Jim, dentiste, divorcé, vie affective en ruine, traverse une sale période. Retrouver sa dignité de père aux yeux de son fils, se prouver qu'il est encore capable de faire son métier d'homme, peut-être est-ce ce qu'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
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sur 103 notes
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ninosairosse
  06 novembre 2017
"Nous voilà pour sûr, tous les deux au beau milieu de la nature, loin des folies de l'humanité et vivant dans la pureté.
Nous trotterons tels des chevaux à travers la neige et connaîtrons des hivers plus longs que Jack Frost. le lichen et les hautes cimes purifieront nos âmes."
p112
Ce besoin de retour aux origines...Revivre les hauts moments où lorsque les extémités de la terre commençaient à se recourber lentement, pour former une sphère, où sa population luttait pour rester sur la 'plat-nète', s'agrippant à la fourrure du voisin, escaladant le dos des autres, suspendu aux limites du monde ....
Ce besoin de savoir que quand un glacier bouge ou qu'un ours pète, le père a à voir la dedans....
Pourquoi pas !? oui, bien sûr, mais pourquoi fallait il qu'il y emmene son fils de treize ans, surtout quand on sait qu'il n'assumera pas ses choix , son retour à la nature, son isolement. La suite devient trop compliquée à raconter. Quelque part il y a un mélange de culpabilité, divorce, argent, impots et tout part en vrille....Et après la vrille, s'infiltrent plus aisément les vices....
J'avais lu le roman de David Vann, en 2013, noté ***, à l'époque je ne faisais pas de commentaires sur Babelio, aussi j'ai oublié le fondement de ma note. Pourtant, même si le contexte est particulièrement Gloque, faut reconnaître le travail de retranscription de Ugo Bienvenu, en bon Apôtre, cette succession d'ennui et de drame, l'un faisant le lit de l'autre.
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marina53
  11 octobre 2018
Séparé de sa femme, Jim, dentiste, a pris une année sabbatique pour la passer avec son fils, Roy, sur une île déserte, éloignée de toute civilisation et difficilement accessible. Une manière de resserrer les liens, si fragiles, entre eux. Une fois les nombreux cartons déposés, la cabane visitée, père et fils doivent déjà s'activer pour aller chercher du bois, afin qu'il sèche avant l'arrivée de l'hiver, pêcher le poisson, construire un abri pour protéger la viande... le travail ne manque pas, les conditions de vie sont spartiates. L'entente entre père et fils n'est pas toujours au beau fixe d'autant que Jim, dépressif, peu patient, est en proie à de nombreux démons...
David Vann, fortement marqué par le suicide de son père alors qu'il n'avait que 13 ans, publiera des romans ô combien sombres et résonnants. Sukkwan Island en est la preuve. Un père et son fils échoués sur une île isolée qui vont tenter de renouer ensemble, autant que faire se peut, tant leur relation est particulière et est basée sur des non-dits, des ressentiments. Seule la nuit semble propice aux révélations. le climat d'abord sec puis rigoureux et austère avec l'arrivée de la pluie puis de la neige, rend ce séjour pénible et d'autant plus intimiste. Ugo Bienvenu s'empare avec force et brio du roman éponyme de David Vann et nous plonge, dès les premières pages, dans une ambiance lourde, pesante et particulièrement tendue. Cet album, au rythme lent, aux personnages ambivalents et énigmatiques, se révèle intrigant, retors, parfois dérangeant. Graphiquement, le trait est maîtrisé et le noir et blanc siéent parfaitement à cette ambiance tourmentée.
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Crossroads
  11 novembre 2018
David Vann, en roman, c'est chouette. Triste, mais chouette.
En roman graphique, itou.
L'auteur a un passé compliqué.
Une histoire personnelle douloureuse qu'il intègre généralement dans ses écrits comme autant d'exutoires libérateurs.
Sukkwan Island ne fait pas exception.
Il serait même la pierre angulaire de son oeuvre future.
Le suicide de son père pour lequel il ressentira une culpabilité durable, un mal-être difficilement gérable autrement que sur papier et l'idée de s'affranchir de ce poids en écrivant. Mais même par ce moyen, difficile d'évoquer le drame et c'est là que survient l'idée libératrice, retranscrire ce qui fut en intervertissant les rôles. Père et fils échangeant leurs oripeaux et c'est avec un oeil vierge que l'on se plonge dans ce fait divers sordide, source de tant de maux.
Ugo Bienvenu s'approprie le phénomène littéraire, forçant le respect de par sa justesse de ton et son rendu graphique apocalyptique.
Un père et un fils livrés à eux-mêmes sur une île histoire de retisser des liens distendus.
Un père et un fils livrés aux éléments déchaînés.
Un père et un fils voués à cohabiter avec leurs propres démons.
Petit pavé bicolore fidèle à l'original, ce Sukkwan Island s'impose en parfait complément artistique.
Un récit qui prend son temps, laissant libre cours à un malaise qui s'installe sournoisement avant que la tragédie ne vienne toquer à la porte de leur cabane des plus sommaire, c'est pas pour balancer mais bonjour l'amateurisme de l'architecte.
Si le trait parfois approximatif ne suscite pas d'enthousiasme excessif, la tension progressive qui s'instaure entre le père et sa progéniture prend largement le pas sur l'impression visuelle et focalise toute l'attention du lecteur rendu fébrile par un événement dramatique devenu, désormais, inéluctable.
J'avais aimé l'original que je devrais relire en intégrant cette nouvelle donne, l'échange de rôles père/fils. Son pendant graphique n'a rien à lui envier.
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LydiaB
  22 janvier 2022
J'avais grandement apprécié le roman de David Vann. En voyant ce roman graphique chez un bouquiniste, imaginez ma joie ! Je vous rappelle très vite l'histoire : Roy, 13 ans, rejoint son père Jim sur un îlot de l'Alaska afin de passer une année avec lui et de resserrer les liens. Les conditions sont difficiles et l'enfant veut partir. Mais il se rend vite compte que quelque chose ne tourne pas rond chez son père et décide de rester.
Ugo Bienvenu s'est parfaitement approprié l'histoire narrée par David Vann. J'ai retrouvé exactement les mêmes émotions qu'à la lecture du roman et je trouve que son graphisme vient apporter une touche de plus à l'atmosphère. Les paysages sont grandioses. Un petit bémol : je ne suis pas fan de sa façon de dessiner les visages des personnages. Ceci dit, ce n'est qu'un détail car ce n'est pas vraiment à cela qu'on s'attache en lisant cette histoire troublante dans laquelle la folie est un autre des personnages.
Lien : https://promenadesculturelle..
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Bazart
  10 novembre 2014
Tout le monde ou presque se souvient de la publication chez Gallmeister, il y a quelques années déjà, de "Sukkwan Island", écrit par un auteur américain alors inconnu, un certain David Vann, tant ce bouquin, le premier de son auteur, avait fait un buzz incroyable et que pratiquement tous ceux qui l'ont lu en étaient essortis complétement sonnés, et totalement subjugés par le style et le sujet;
Malheureusement, comme je l'avais dit ici meme http://www.baz-art.org/archives/2012/01/09/23053362.html, je n'ai pas fait partie de ces très nombreux adorateurs du roman de Vann.
J'avais lu ce roman juste après les fêtes de fin d'année il ya trois ans, période un peu morose s'il en est et j'étais sorti de cette lecture encore plus déprimé qu'avant de l'ouvrir. Il faut dire que le livre appartient au genre qu'on appelle depuis quelques années du "nature writing", autrement dit le retour à la nature, thème cher au cinéma américain ( Into The Wild, Seul Au monde, Tree of live, Mud ) et malheureusement de façon totalement subjective, l je digère mieux les oeuvres qui vouent un culte à la nature lorsqu'elles sont accompagnées d'images.
Il faut dire que sans l'expliquer vraiment ( mon côté très urbain certainement), j'ai toujours énormément de mal à me passionner pour les descriptions dans le détail de scènes de pèches ou de chasses, aussi bien écrites soient elles, ce qui est évidemment le cas dans ce "Sukkwand Island". Car incontestablement David Vann possède un vrai talent à planter un décor et instiller un univers d'une noirceur, mais une noirceur quand même difficilement supportable qui atteint un climax total aux deux tiers du livre avec un rebondissement qui secoue par sa brutalité.
Et puis j'avoue que j'avais du mal à éprouver la moindre empathie pour ce père totalement égoïste et irresponsable qui entraine son fils dans son délire mystique sans jamais penser à ce que veut vraiment son rejeton.
Bref ,j'aurais pu tirer une croix sur ce roman de David Vann, et pourtant j'ai voulu lui ( me ?) redonner une chance non pas en le relisant, mais en me plongeant dans une adaptation BD d'une jeune réalisateur français, Ugo Bienvenu, réalisateur, qui se lance dans l'aventure de la bande dessinée en adaptant ce roman qu'il adore et dont la lecture avait été ce choc dont je vous ai parlé au début de ce billet.
Et la lecture de cette BD ( enfin plutôt de ce roman graphique m'a convaincu que les environnements austères, arides, passent mieux pour moi avec le visuel et ici les dessins d'Ugo Binevenu réussissent parfaitement à témoigner de cet environnement naturel fait de paysages arides, rendus plus sauvages encore par l'arrivée des premières grosses neiges.Des dessins vibrants, pénétrants et précis, et que les regards des deux anti héros de l'histoire sont assez intenses.
Et question mise en place de l'intrigue l'auteur prend son temps comme le faisait David Vann, mais cela permet à la tension de s'installer insidieusement, et que le choc dont je parlais quelques lignes auparavant parvienne à laisser le souffle coupé au lecteur, même chez celui qui avait déjà lu le bouquin de Vann.
Une belle adaptation d'un roman culte que je suis heureux d'avoir redécouvert par l'entremise de ce beau projet éditorial risqué au départ, mais pleinement réussi à l'arrivée.

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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critiques presse (1)
LePoint   12 novembre 2014
Dans un graphic novel férocement beau, le (très) jeune dessinateur Ugo Bienvenu s'empare du premier roman-météorite de David Vann. Bluffant.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   29 novembre 2016
- Q'est que tu penses de tout ça?

- De quoi?

- De tout ça, de la vue ,d'être ici, avec ton papa

- Ah oui c'est sympa"
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GabylarvaireGabylarvaire   12 novembre 2021
Ecoute. L'Homme n'est qu'un appendice de la Femme. La Femme est entière . Elle n'a pas besoin de l'Homme. Mais l'Homme a besoin de la Femme.
Commenter  J’apprécie          100
jovidalensjovidalens   02 juin 2015
Je pense qu'une vie, en réalité, est constituée de plusieurs vies qui s'additionnent.
ça forme un ensemble incroyablement long. Ma vie de l'époque n'avait rien à voir avec celle d'aujourd'hui...
J'étais quelqu'un d'autre. Ce qui m'attriste, c'est de parler de tout ça avec toi alors que tu n'auras pas d'autres vies.
Tu as dû en avoir deux ou trois au maximum...
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evitaevita   17 février 2016
- Tu te rappelles ce que je t'ai raconté sur le monde qui n'était qu'un grand champ à l'époque où la terre était plate ?
- Ouais. Comment tout est parti en vrille quand tu as rencontré maman ?
- Hé là... J'ai pas dit ça ! Bref. J'y ai repensé et ça m'a fait réfléchir aux choses qui me manquent. Au fait que je n'ai pas de religion alors que j'en ai besoin.
- Hein ?
- J'ai besoin d'un monde animé. J'ai besoin de savoir que quand un glacier bouge ou qu'un ours pète, j'ai à voir là-dedans. Mais je n'arrive pas non plus à croire à ces conneries...
- Qu'est -ce que ça a à voir avec maman ?
- Je ne sais pas ! Arrête de me déconcentrer !
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ZalvecZalvec   05 juillet 2017
J'ai repensé à tout ça, je pense qu'une vie, en réalité, est composée de plusieurs vies qui s'additionnent.
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Videos de Ugo Bienvenu (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ugo Bienvenu
Il y a César et Alexandre, deux paumés de première classe, l'un obsédé par son corps qui se détraque, l'autre hanté par les apparitions du spectre d'Elvis. Il y a ce chien sans nom, pénible, assez immonde, qui leur colle au train. D'où sort-il ? Que veut-il ? Ce n'est pas clair. Pour tenter de s'en débarrasser, les deux losers se lancent à la recherche de son propriétaire. Dans une Amérique crépusculaire, périurbaine et préapocalyptique, entre Twin Peaks et Bukowski, leur quête les mène à une impasse : le maître du chien se serait pendu en mettant le feu à sa maison. Meurtre, suicide ou accident ? Les clebs aboient et la caravane cale. Mais les tragédies, comme les emmerdes, volent en escadrille. Il va encore y avoir mort d'homme. Les armes parlent et le dieu Elvis continue à chanter : « T'es rien qu'un chien de chasse/ Toujours à chialer/ T'as jamais chopé de lapin/ Et t'es pas mon copain » (Hound Dog, 1956).

Pour son entrée dans le grand bain de la BD, Nicolas Pegon – qui a publié en 2019 Les Os creux, la tête pleine à l'enseigne Réalistes, créée par Ugo Bienvenu — réussit un récit comme peu d'auteurs français sont capables d'en produire, précis, personnel, inattendu et jamais démonstratif. Ses teintes de fin du monde et son humour impavide contribuent à donner à cette tragicomédie le poids et l'épaisseur d'un blues lent et irrésistible comme un glissement de terrain. Rien de surprenant à cela, quand on sait que cette musique est au coeur de ses préoccupations comme en atteste One After the Other, docu-fiction en animation sur le bluesman américain Grant Sabin qu'il a écrit et réalisé chez Miyu Productions.

Nicolas Pegon s'est formé au graphisme à Estienne, puis au cinéma d'animation aux Gobelins. Il est réalisateur de courts-métrages, de clips et de publicités au sein du collectif CRCR. La bande dessinée est son jardin de moins en moins secret.
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