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EAN : 9782491521677
224 pages
Les Avrils (05/05/2021)
3.56/5   39 notes
Résumé :
Tous les trois ans, c'est la même histoire. Déménager, emménager, apprivoiser la langue et répondre à la sempiternelle question du café d'accueil : « Et toi, ton mari, il fait quoi ? » Cette fois, la narratrice, quadragénaire désenchantée, suit son conjoint à Taïwan. Alors qu'elle cherche à trouver sa place dans ce quotidien confortable et futile, elle est rappelée en France au chevet de sa mère. L'occasion de retracer son enfance modeste, d'en dévoiler les stigmate... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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Kirzy
  20 avril 2022
« Les femmes d'expatriés c'est un schéma qui se répète. La femme de bonne famille suit son mari de bonne famille. La femme est souvent diplômée et bien diplômée.Elle vit généralement très bien, cette Arrivée à vie journalière confortable. le café de rentrée, c'est Madame Figaro avec l'humour des Triplés. Autant dire un repoussoir. Pourtant, je veux en être. Je porte au poignet une montre au bracelet en veau Barénia à double tour et boucle ardillon. Les anciennes accueillent les nouvelles. Chacune fait son marché selon ses croyances, ses origines et ses goûts. Que des minous, et pas de MeToo, encore moins de porcs ( ils bossent, eux ). L'expatriation, ce jardin d'Eden où la femme exhibe le kiki de son mari derrière une bonne grosse feuille de paie. On y pratique l'entre-soi, ce qui, paraît-il, n'a rien à voir avec la partouze. »
Dès les premières pages, j'ai été emballée par le regard acéré et lucide que porte la narratrice sur l'expatriation. Elle déménage très souvent pour suivre son mari, cette fois, ce sera Taïwan. Et dans la valise, un carnet Moleskine et un atelier d'écriture à distance offert par ses amis. C'est ce carnet que nous lisons, format qui permet les confidences politiquement incorrectes, une irrévérence salutaire, une grande liberté tout simplement. Cet humour, souvent féroce, est absolument nécessaire, sinon, cette chronique désabusée d'une expatriée privilégiée serait vite insupportable d'indécence.
Ce n'est jamais le cas, d'autant plus que derrière cet humour, se cache une femme en quête d'identité, une quinqua triste qui se sait plus quelle est sa place dans la société mais aussi dans sa vie d'épouse, de mère et de femme. C'est cet humour qui lui permet de supporter sa situation, de détourner l'inquiétude, de masquer ses fêlures et fragilités. Si elle écrit, c'est surtout pour accéder à son « lieu à soi » et être dans sa vérité une fois l'inventaire de sa vie et du moment effectué.
Le texte est très personnel, mais il m'a lassée. Ou plutôt, son sens de la formule a fini par m'agacer. Bizarre de dire qu'un texte a trop de saillies pleines de verve et d'esprit, mais c'est vraiment ce que j'ai ressenti. Je me suis fatiguée à lire ses fragments de vie et notamment toute la dernière partie, celle du retour de la narratrice en Bourgogne au chevet de sa mère dans le coma. La bascule dans un registre plus introspectif aurait pu relancer mon intérêt , surtout qu'elle traite de la thématique passionnante du deuil, du transfuge de classe, de l'hérédité et de la transmission. Mais il aurait fallu que je sois touchée, cela n'a pas été le cas. Je suis restée à la lisière d'émotions que j'avais envie de ressentir.
Reste un texte vraiment singulier qui parvient à osciller avec subtilité entre légèreté et profondeur.
Lu dans le cadre du collectif 68 Premières fois #4
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Kittiwake
  14 octobre 2021
Quand elle décide de confier ses pensées journalières à un carnet « peau de taupe » , elle est expatriée à Taïwan ("Putain, une île !") contre son gré, trop loin, trop étranger, trop ambiance expat…
La nouvelle d'un accident survenu à sa mère , plongée dans le coma lui donne l'occasion de revenir en France et d'en profiter pour rencontrer le gourou en écriture qui lui a soufflé de se confier aux pages planches du carnet. Treize heures d'avion c'est beaucoup pour cette phobique des vols internationaux ! Mais c'est quand même l'occasion de quitter la terre d'exil et ses séismes quasi quotidiens.
Ce cadre proposé est l'occasion de confidences, sur son enfance, ( le risque de perdre sa mère fait resurgir bien des souvenirs et autant d'émotions).
Le couple la famille, la place qu'elle occupe dans la société dans ce monde si particulier des expatriés, tout cela est exposé pêle-mêle avec beaucoup d'humour et d'esprit.
Lecture réjouissante et agréable
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Mousquetaire11
  29 avril 2022
Trouver les mots pour dire les choses est parfois compliqué... Il se révèle souvent plus simple de les retranscrire sur le papier même si ceux-ci ne resteront connus souvent que de nous même...
Isabelle, femme d'expatrié va bientôt déménager avec sa famille dans un nouveau pays: Taïwan. Mais pourquoi donc Pierre son mari a choisi cette île ou des typhons et des tremblements de terre frappent et où la peine de mort n'est pas encore abolie? 
Pour faire passer un peu mieux la pilule, ses proches décident de lui offrir un beau carnet moleskine ainsi qu'un atelier d'écriture à distance dont le thème porte sur le récit  de tout ce qui lui passe par la tête.
Isabelle va donc se prêter au jeu. Nous allons donc découvrir ses réflexions et pensées quotidiennes et ce, sans langue de bois. Cette jeune autrice en herbe va nous faire partager ses expériences et ressentis, ses théories diverses et variées comme par exemple son avis sur les femmes expatriées. de sa plume aiguisée qui à maintes reprises m'a fait rire, on se rend compte que l'écriture devient pour Isabelle plus qu'un exutoire et finalement celle-ci permet d'exprimer ce qu'il est difficile de dire à haute voix à ceux que l'on aime...
Isabelle Boissard nous offre ici un premier roman (autobiographique ?) à la forme très originale  qui s'apparente à celle d'un journal intime. J'ai aimé le style et les anecdotes de notre personnage mais cet ouvrage m'a demandé une certaine concentration car Isabelle a su respecter la consigne donnée lors de son stage qui étaient de retranscrire toutes ces pensées même si elles n'ont pas de liens directs entre elles! 
En tout cas il me tarde de retrouver la plume affûtée de notre auteure dans le prochain roman qu'elle publiera...
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alexb27
  15 juin 2021
De « la fille que ma mère imaginait », c'est Isabelle, l'héroïne désenchantée, expatriée de son pays et de son milieu social, qui en parle le mieux :
« À défaut d'un métier, j'ai un statut, celui de conjoint-suiveur. Depuis, je ne sais plus me définir autrement que comme conjointe-suiveuse. Conjoint en écriture inclusive, c'est moins flatteur. Conne jointe. »
Un court roman, sous forme de journal, où une quarantenaire au bout du rouleau, déverse sur sa condition de femme, de fille et d'expatriée, avec beaucoup de doutes et d'autodérision. C'est drôle, ironique, lucide sur la difficulté de s'intégrer et porté par un style très frais.
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AudreyT
  16 avril 2022
***,*
Quand elle arrive à Taïpei, capitale de Taïwan, Isabelle a perdu tous ses repères. Pourtant, être une expatriée elle connaît ! Elle suit Pierre, son mari, depuis longtemps. Mais ce nouveau déménagement la fatigue, la déprime même. Créer de nouveaux liens, apprendre la langue et la culture de ce pays, et s'effacer… encore et toujours. Quand on l'appelle de France pour lui annoncer que sa mère est dans le coma, elle prend l'avion et revient sur les pas de son enfance. Qui est-elle ? Que désire-t-elle ? Où trouver les réponses ?
Même si nous avons tous notre rôle à jouer, même si notre présence sur terre a forcément du sens, il nous arrive à tous de douter. A l'image de la narratrice dans le premier roman d'Isabelle Boissard, notre place est vacillante. On a le sentiment de l'avoir trouvé, d'être heureux, comblé, et un petit quelque chose vient gripper la machine et toutes nos certitudes s'envolent.
Avec beaucoup d'humour, mais non sans profondeur, Isabelle Boissard, nous entraîne dans les questionnements, les errances, les agacements et les souvenirs de cette femme qui semble à genoux. C'est à travers son journal intime qu'on est invité à la suivre, à l'écouter rire, s'énerver ou pleurer sur sa vie et ce qu'elle en espérait.
C'est un premier roman à la fois touchant et drôle, avec un jeu d'écriture fin et travaillé. Une très belle découverte des 68 premières fois…
Lien : https://lire-et-vous.fr/2022..
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Arwen78Arwen78   06 avril 2022
Couloirs, ascenseur, couloirs, sortie. Je croise un homme en béquilles. Des béquilles comme des échasses à l'envers. Mon grand-père maternel nous en avait fabriqué. Mon grand-père, le merveilleux, le glorieux. Revenu de la guerre, il avait trouvé sa jeune épouse dans les bras d'un autre homme. Le couple avait alors divorcé et mon grand-père s'était remarié aux épines d'une Bovary qu'il a adoré toute sa vie. Il est mort à l'hôpital. Dans la famille, les hommes meurent à l'hôpital et les femmes, folles.
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KittiwakeKittiwake   14 octobre 2021
Bienvenue à bord de Air France.
I am Stéphanie LOISEAU, your flight attendant.
En cas de dépressurisation, un masque à oxygène tombera automatiquement à votre portée. Tirer sur le masque pour libérer l'oxygène. En cas d'évacuation, etc. L'emplacement de votre gilet de sauvetage.Gnagnagnagnagnagnagna.
We wish you a very pleasant flight.
L'avion , c'est comme un paquet de cigarettes on te vend du rêve, mais en insistant bien sur les risques de mort lié à sa consommation.
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Mousquetaire11Mousquetaire11   28 avril 2022
Cherche prince charmant retraité pour réveiller Belle au bois dormant. Accès facile, pas de forêt de ronces à traverser.
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Flo_herissonFlo_herisson   17 mars 2022
Taipei Accueil est aux expatriés ce que la MJC est aux habitants de Vaulx en Vélin. Taipei Accueil est une structure associative qui a pour objectif l’accueil et le bien-être des membres de la communauté française. Elle a à cœur de faciliter leur adaptation à notre environnement et de leur faire profiter des richesses d’une autre culture, sans qu’ils perdent leur identité. L’état d’esprit se veut bienveillant et ludique. Et pour le prouver, Taipei accueil propose des cafés d’accueil, des activités sportives, culturelles, des ateliers créatifs, des fêtes festives, des visites guidées, des cafés de rentrée , des cafés mensuels, des journées famille, des cafés galette des rois, des soirées tarte à la quiche, des cafés sodomie, des ateliers coaching ma vulve c’est sacré, un club de lecture, un atelier d’écriture, des cours de cuisine, etc.…
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GoodBooksGoodFriendsGoodBooksGoodFriends   23 septembre 2021
Il y a des morts, on se demande à quoi elles servent. À chaque fois que je vois des gens connus écrire sur leur père mort, ou des gens inconnus écrire sur leur père connu, c'est quasiment toujours pour évoquer un homme fort et formidable, qui a laissé une trace, des valeurs, des livres, une œuvre, une parole, un engagement. Il y a des morts, on se demande quoi en dire. Il y a des morts qui ne sont pas héroïques, des morts qui ne sont pas des héros.
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