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L'incroyable histoire du sexe tome 1 sur 3

Philippe Brenot (Autre)Laetitia Coryn (Autre)
EAN : 9791037502568
204 pages
Les Arènes (04/11/2020)
4.2/5   38 notes
Résumé :
Voici le premier récit graphique sur l’histoire de la sexualité à travers les âges et en Occident. Il nous fait voyager dans toutes les époques du plaisir, depuis la préhistoire jusqu’à aujourd’hui.
Que lire après L'incroyable histoire du sexe, tome 1 : en OccidentVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Mais qu'est ce que SEXE, euh... qu' est ce que C'EST que ce livre? Et c'est encore un homme qui a pris le problème en main! ( pardon :)

Désolé, ma langue a fourché, en bavant ... sur les dessins.
Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le Sexe, des origines à la libération sexuelle...
Voir "Le recul de la pudeur" sur les vêtements qui recouvraient tout le corps de la femme jusqu'au bikini sur la plage.

Autrefois nos ancêtres, des singes en Afrique, avec des poils partout. Les guenons, euh les femelles hominidés vont cacher leurs attributs en se redressant. Alors, on peut faire l'amour tout le temps, pas comme des bêtes!
Avec le feu et la sécurité du home, sweet home, les singes sont devenus des... bobos bonobos.

"Le pénis est plus grand, plus gros, plus fort" ( Mais faut exagérer, pas pour moi:( Et ça me ...turlupine ! Les auteurs vont mettre le doigt, voire tout le reste (pardon!) pour pénétrer dans... l'Histoire du sexe...

Le premier sex-toy de l'histoire est apparu... il y a 28 000 ans. Réalisé en pierre (ponce? Pierre issue de roches volcaniques en fusion), il mesure 20 centimètres et a été découvert en 2005 dans une grotte allemande.

Ici, les auteurs parlent du vibro (Oh, My Gode!) de Cléopâtre:
- Tu l'as essayé? Demande l'auteur Philippe Brunot à Leatitia Coryn sa dessinatrice
C'était un cornet de papyrus enroulé, comme un cornet de frites rempli d'abeilles, que la Reine glissait entre ses cuisses, dans son propre ...cornet!

Tandis que ses soldats utilisaient des vessies ...de porc, comme préservatif. Ah, les hommes sont vraiment des cochons, avec leur queue en tire-bouchon?
"Cléopâtre avait un surnom: "Cléopâtre cheillon" ("grosses lèvres") en exerçant son talent fellatoire sur une centaine de gardes."

"Au Moyen Age, la prostitution est plutôt bien admise.
« Jouir en payant, c'est jouir sans pécher », dit-on alors.
Car les prostituées ont le mérite de protéger les honnêtes femmes des ardeurs brutales de leurs maris."

On y parle aussi de masturbation, de pédérastie (Vas te faire voir chez les Grecs:)
" Je suis pour l'égalité des sexes et je prendrai moi même les mesures." fit le Luron, Thierry le Luron.

Il y a un 2ème tome, mais on sent un net ... durcissement des histoires, car n'oubliez pas qu... euh c'est de la BD, de la bande...dessinée.
Ah, cachez ces dessins que je ne saurais voir?
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Le nouement de l'aiguillette
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Ce tome est le premier d'un diptyque : Une histoire du sexe (2017), suivi par L'incroyable histoire du sexe, tome 2 : de l'Afrique à l'Asie (2020). Son édition en L'incroyable histoire du sexe - Intégrale date de 2022. Il a été réalisé par Philippe Brenot (psychiatre, anthropologue, thérapeute de couple) pour le scénario, par Laetitia Coryn (bédéiste) pour les dessins. Les dialogues ont été coécrits par les deux. La mise en couleur a été réalisée par Isabelle Lebeau. La première partie compte cent quatre-vingt-deux pages de bande dessinée, et la seconde cent-cinquante-six pages.

Origines - L'histoire de la sexualité humaine commence il y a très longtemps dans les forêts de l'Afrique de l'Est, cette région qui a donné naissance aux humains, et où vivent encore aujourd'hui ses cousins, les chimpanzés. Il y a deux millions d'années, un petit groupe d'hominidés s'aventurent hors de la forêt de ses ancêtres pour amorcer la grande aventure humaine. Ils s'installent près des points d'eau, notamment au Tchad et dans la vallée du Rift qui balafre l'est africain du nord au sud, aujourd'hui de l'Éthiopie au Zimbabwe. Ces hominidés ressemblent déjà beaucoup à l'être humain. Leur silhouette commence à se redresser et, signe de modernité, ils marchent sur leurs deux pieds. Et tout cela en à peine quelques millions d'années. de plus petite taille que nous, ils ont encore des attributs qui rappellent l'origine : leur pilosité est toujours présente, sauf sur la face où apparaissent des traits que l'on qualifierait aujourd'hui d'humains. Quatre grandes innovations vont signer le passage à la sexualité des humains. Un : la disparition de l'oestrus, désormais on peut faire l'amour toute l'année. Deux : la disparition de l'os pénien, désormais l'homme peut bander sans tuteur, plus besoin d'os, son pénis est plus grand, plus gros, plus fort, plus solide. Trois : l'invention du sentiment amoureux qui deviendra la grande préoccupation de l'humanité. Quatre, mais en négatif : la domination masculine et l‘asservissement des femelles marqueront profondément l'humanité jusqu'à la période contemporaine.

Babylone, l'amour libre - Isthar est le prototype de la déesse de l'Amour. Aphrodite en Grèce et Vénus à Rome en seront la continuité. Ishtar avait de très nombreux et beaux amants qui ne pouvaient résister à ses charmes. Elle avait tous les hommes qu'elle voulait… sauf un : Gilgamesh, roi d'Uruk dont tout le monde vantait les exploits. Mais quand elle le supplia de devenir son amant, Gilgamesh la repoussa avec dédain. Il faut dire qu'Ishtar avait transformé un de ses prétendants en grenouille après qu'il lui eut touché le sexe. Furieuse d'être éconduite, Ishtar supplia Aru, le dieu du Ciel, de créer un animal invincible, le taureau céleste, qu'elle envoya à Uruk. Gilgamesh le prit par les cornes et, avec un couteau, les lui enleva, tandis que son ami Enkidu le prit par la queue et lui arracha le sexe. Les deux amis se lavèrent les mains dans l'Euphrate et furent acclamés par le peuple. Ishtar, la Dame du ciel, voulait aussi devenir la maîtresse des Enfers. Elle pénétra dans ce lieu où régnait Ereshkigal, sa soeur et son ennemie jurée. Elle passa ainsi sept portes et perdit, à chacune d'elles, un attribut. Elle se retrouva donc nue devant Ereshkigal qui, avec les sept juges des Enfers, la condamna à mort. La disparition d'Ishtar, déesse de la Fécondité et de l'Amour, provoqua sur Terre un cataclysme, un arrêt de la vie et de la reproduction. Ce qui effraya les dieux, qui la ramenèrent à la vie. C'est ainsi que le retour d'Ishtar est fêté chaque année au printemps par le mariage-accouplement du dieu Enki et de la déesse Ishtar et, par procuration, du roi et d'une prêtresse.

Le mot Sexe recelant plusieurs significations, le texte de la quatrième de couverture permet de se faire une idée plus précise du sujet de l'ouvrage : l'histoire de la sexualité à travers les âges. Il comprend douze chapitres intitulés : Origines - Babylone, l'amour libre - Égypte, l'égalitaire - Grèce, le panthéon de l'amour - Rome, grandeur et décadence - Moyen âge, Enfer et Paradis - Renaissance, le peintre et son modèle - M la maudite - Les lumières, répression et libertinage - XIXe siècle, culs serrés et prostitution - XXe siècle, libération sexuelle ? - XXIe siècle, sexavenir. En outre, le titre de l'ouvrage précise que les auteurs se focalisent sur l'Occident. Les auteurs débutent avec l'avènement de l'homo sapiens, et ses quatre grandes innovations qui vont signer le passage à la sexualité des humains : la disparition de, la disparition de l'os pénien, l'invention du sentiment amoureux, la domination masculine et l‘asservissement des femelles. L'exposé suit le développement culturel de l'Occident en passant successivement par les civilisations babylonienne, égyptienne, grecque et romaine. Cela permet au lecteur de les voir sous l'aspect des relations sexuelles entre citoyens, avec des idéaux incarnés par les panthéons de divinités aux comportements et donc aux injonctions parfois contradictoires entre eux, et la mise en avant du savoir des médecins égyptiens qui était très avancé en matière de gynécologie et de tout ce qui a trait à la fécondité, induisant une libération partielle des femmes, et une société plus libre.

Les auteurs présentent donc l'histoire de la sexualité à travers les âges en se focalisant sur la France. Au fil des chapitres, le lecteur constate que la lecture s'avère facile et agréable, preuve d'un travail de conception développé et sophistiqué, évitant les impressions de gavage d'informations, ou de ton encyclopédique impersonnel. Il suffit d'examiner n'importe lequel des douze chapitres pour se faire une idée de la diversité des points de vue adoptés, en relation avec le sujet de la sexualité. Par exemple, le chapitre sept est consacré à la Renaissance, avec le sous-titre de le peintre et son modèle, et il se compose de plusieurs sous-chapitres d'une ou deux pages. Les dames galantes : il évoque un texte de Brantôme (Pierre de Bourdeilles, vers 1537–1614) qui parlent de certaines femmes de la noblesse qui ne supportaient pas la domination masculine. Adultère et mariage d'amour : comment ces derniers changent la relation entre compagnons masculins, l'épouse devenant une compagne. C'est également l'occasion de relater un rite populaire punissant l'adultère : la course, les deux condamnés, la femme et son amant, devant courir nus à travers le village (variante croustillante : dans certaines régions, la femme tire son partenaire par une corde attachée aux parties génitales). Révolution artistique : Les artistes rivalisent de talent pour mettre en valeur les appâts féminins. La nudité devient source d'inspiration pour Botticelli, Cranach, Raphaël, Rubens… Les Henri mignons et vert-galant : Henri III et ses mignons, Henri IV et ses frasques sexuelles. Léonard, Michel-Ange et le sexe : des relations homosexuelles, Salaï et Francesco Melzi pour l'un, Tommaso del Cavalieri pour l'autre. le préservatif : une invention de l'anatomiste italien Gabriel Fallope (1523-1562), celui qui a donné son nom aux trompes. Les tribunaux de l'impuissance : une femme pouvait accuser son époux d'impuissance, ce qui lui permettait d'annuler un mariage arrangé peu enthousiasmant. Répression : le pape met en place la censure, chaque livre devant être soumis à l'autorisation de l'archevêché, et en 1599, un jésuite espagnol, le père Tomás Sánchez publie ses questions sur le saint sacrement du mariage, ouvrage monumental qui décrit, classe, répertorie, discute tout ce qui est possible en matière de luxure entre hommes et femmes (ce qui en fait un véritable catalogue pornographique).

Alors bien sûr, la narration visuelle vient aérer l'exposé, intègre des éléments humoristiques et prend en charge les descriptions, les mises en scène. le tout rend l'ouvrage beaucoup plus vivant. L'artiste réalise des dessins dans un registre réaliste et descriptif, un peu simplifié, avec des exagérations comiques quand le moment ou la séquence s'y prête. En cela, elle se montre parfaitement en phase avec le texte qui ménage ses respirations humoristiques, attestant d'une coordination étudiée entre scénariste et dessinatrice. Laetitia Coryn donne à voir chaque époque, avec des éléments concrets qui vont au-delà de décors prêts à l'emploi, intégrant des éléments spécifiques pour chaque époque, et pas uniquement ceux tombant sous le sens. Ainsi, le lecteur peut aussi bien avoir un aperçu général de Babylone, que des Égyptiens en train de dresser un obélisque, Héloïse et Abélard en train de s'écrire, une femme se livrer au nouement de l'aiguillette, le marquis De Sade emprisonné, ou encore le pape rager contre la commercialisation des premières pilules contraceptives. Elle humanise ainsi les propos tenus, faisant apparaître les différentes formes d'oppression et de répression systémiques, sans oublier les rapports sexuels et le plaisir afférent. Elle représente la nudité sans fausse pudeur, sans verser non plus dans des représentations pornographiques, ni gros plan, ni performance physique. Les auteurs utilisent des anachronismes avec une malice certaine et un à-propos pénétrant, en particulier pour mettre en lumière le décalage entre une pratique ou une loi, et la liberté de l'individu dans la société occidentale contemporaine.

Au fil des chapitres, le lecteur prend conscience qu'ils ne sont pas tous conçus et construits de la même manière. Par exemple, parfois, l'exposé va effectuer le comparatif du comportement des gens du peuple avec celui des nobles (ces derniers ne s'embarrassant pas de respecter la loi). En corollaire, cela permet des points de vue très diversifiés car chaque chapitre contient un ou deux angles de vue inédits dans les autres : différents contextes historique, culturel, sociologique, scientifique, religieux, de classe, et même relatif à l'évolution de la conception du sentiment amoureux. Au final cela constitue un tout qui donne une vision holistique du sujet. le lecteur relève également que les auteurs ne restent pas neutres : il est question de patriarcat et de répression, de cantonner la femme dans un rôle restrictif, de la liberté sexuelle des hommes, et de celles de puissants, de revendications des femmes pour aller vers une égalité. Ces remarques découlent de manière organique d'un principe naturel qui est celui du plaisir sexuel, du plaisir féminin placé sur un plan d'égalité avec celui masculin, et de l'évolution de la société traditionnelle à la une société moderne avec l'apparition apparaît du sujet décidant de sa trajectoire de vie, indépendamment de la famille et du groupe. le changement est radical, une révolution.

Le lecteur ressort de ce premier tome en ayant bénéficié d'un voyage généreux et édifiant, un historique sur les relations sexuelles dans la société au fil des siècles, abordant le sujet sous de nombreux angles, aussi bien par un savoir construit que par des anecdotes. La narration visuelle met le lecteur en situation, que ce soit par la description de l'époque et de son environnement, ou par les réactions des individus, humanisant les propos au travers d'individus, avec des remarques et des mises en scène parfois humoristiques, conçues conjointement par le scénariste et l'artiste. Une impressionnante réussite.
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Je démarre la lecture. Beaucoup d'humour, parfois franc parfois grinçant mais toujours très pertinent, je serais attentive aux approximations et aux partis pris puisqu'ils se targuent d'entrée de jeu de rétablir la vérité concernant la sexualité féminine et masculine et notamment d'éclaircir l'histoire des femmes dites "clitoridienne" et celles dites "vaginales". Dans la mesure où c'est une pure construction culturel (nous sommes toutes clitoridiennes) j'ai hâte de voir comment ils vont traiter la chose.

j'ai bien rigolé au début. Par la suite, je souriais jaune on va dire... C'est difficile de lire tout à fait dans la bonne humeur quand on est une femme je trouve.

Globalement, à part en Egypte où l'on connaissait même la contraception et les interruptions de grossesses, pour les femmes ça a toujours été la misère à partir du moment où les hommes ont compris le principe de paternité.

Grâce à nos amis les grecs, la réputation de frigide et d'hystérique a même vu le jour et nous poursuit jusqu'ici au XXIème siècle. le patriarcat s'installait durablement avec eux.

Durant la Rome antique, le cunnilingus était une insulte pour les hommes, la fellation c'était pour les vieux. Evidemment, la place publique appartenait aux hommes. Je me demande une fois de plus quand est-ce que ces réalités sociales seront étudiées à l'école. On devrait intituler tous les cours : Histoire incomplète vu par les hommes pour les hommes.
Les symboles protecteurs dans les maisons étaient des phallus ! Sans déconner ! Les hommes s'aiment un peu trop en fait.
Oh et, une romaine qui se respectait ne devait pas avoir de plaisir. Bien sûr. Pouvoir et contrôle pour les hommes, incroyable (enfin, "incroyable" façon de parler) C'est tout de même devenu le modèle occidental pendant plus de 2000 ans, lourd héritage qu'on peine aujourd'hui à briser.
Les romains ne devaient pas désirer leur femme, ni l'aimer, c'était un ventre c'est tout (si, si, c'était comme ça qu'on les désignait) l'amour c'est pour les amants et le plaisir pour les prostituées. (Ce qui explique qu'encore aujourd'hui l'adultère masculin est bien mieux toléré tandis que les femmes, garantes de la descendance étaient tuées au moindre écart)
Ovide a essayé de rendre les choses un peu plus égalitaire, il s'est fait dégager avec l'idée fixe, cette terreur, qui est apparu et qui était que les femmes finissent par dominer les hommes. Il y a bien eu une période de décadence démarrée avec Caligula et qui a duré jusqu'au suicide contraint de Néron mais globalement ce sont les hommes qui en profitaient surtout (comme toujours)

Puis est venu le christianisme qui impose monogamie et mariage ainsi que la domination de l'homme sur la femme en toute chose.

la BD fait apparaître l'amour courtois comme un pas vers l'égalité homme/femme au Moyen-âge alors qu'on en revient de cette idée depuis un moment. il s'agissait surtout d'une idée de conquête chevaleresque où la femme n'avait pas vraiment son mot à dire. Il est précisé qu'elle devient l'objet de tous les désirs et c'est bien ça le problème. L'idée de conquête est là, elle a simplement été "romantisée" via l'idée de désir, de sensualité qui en émane. Grandes figures de ce mouvement : Héloïse et Abélard.

"Dans la ligne droite de la conception misogyne d'Aristote, la pensée de Saint Augustin vaudra pour les siècles à venir' (j'aime bien noter les noms des gens que je dois mépriser, yep moi c'est par delà la mort et beyond)

L'Eglise catholique ira jusqu'à imposer la position, missionnaire bien sûr, la femme y est dominée et elle répandra l'idée qu'un mari est sûr d'être cocu s'il désire trop sa femme (WTF ?)
En revanche, la prostitution est plutôt bien admise, sixte IV en profite même pour renflouer les caisses du Vatican. Louis IX essayera de l'interdire en 1254 mais, face au tollé, il imposera que ce soit en dehors de la ville dans des baraques en bois appelées "bordes" d'où le nom de "bordel" aujourd'hui.

Au XIIIème siècle, Saint Thomas d'Aquin finit le travail d'Aristote et Augustin, la femme devient mineure, un être inachevé, et l'homosexualité est le plus grave des pêchés de luxure.

Le temps des sorcières : 3 siècles d'inquisition, 100 000 procès en Europe et 50 000 exécutions.

La Renaissance voit apparaître les premières féministes, en 1495 apparition de la syphilis (cimer Colomb !) et autre fun fact : Goodyear a été fabriquant de préservatifs en caoutchouc ! ahah

Fait plus surprenant : pendant un temps la masturbation masculine aussi a été proscrite, l'idée s'était répandue après la découverte du spermatozoïde, qu'éjaculer était une espèce de suicide de masse ! Ils s'appuient sur l'anecdote d'Onan dans la Bible pour en faire un interdit religieux. AH. bien sûr, pour les femmes c'est pire, on leur coupe le clitoris du coup. de peur que sa taille dépasse celle des mecs... le sexe est devenu répréhensible à tout point de vue à partir de là et l'église veille au grain, à la fois juge et bourreau. du XVIIème jusqu'en 1950.

L'idée du mariage d'amour grandit timidement pendant le siècle des lumières. On attend des couples un enfant dans l'année sinon c'est l'humiliation, une femme sur six meurt en couche et comme Dieu a dit que les femmes enfanteront dans la douleur, s'il faut choisir entre la vie de la mère ou de l'enfant, c'est l'enfant d'abord. Evidemment. Lui n'a pas encore eu la chance de vivre alors... C'est marrant ça me rappelle certains discours nauséabonds et obscurantistes des anti-IVG de nos jours.
Le viol est fréquent mais on considère qu'une adulte ne peut être violée contre sa volonté, donc c'est de sa faute. Hmm...

Avec l'arrivée du Directoire la France a connu 4 ans de grande liberté, suivis, comme toujours d'une énorme répression. La fin du livre se concentre beaucoup sur la liberté sexuelle des femmes et imagine la suite, de façon plus ou moins très ironique.
C'était intéressant parce que j'ai commencé la lecture, en parallèle, du Kouchner et on voit que le problème de l'inceste remonte à très loin. Comme pour beaucoup de choses c'est effarant qu'on n'accepte d'ouvrir les yeux que maintenant.
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Même s'il se veut pédagogique et se présente comme ayant un point de vue critique notamment sur la place des femmes, ce livre est particulièrement problématique sur ce point. On nage en plein androcentrisme, dans une Histoire interprétée depuis le point de vue des hommes, loin des analyses récentes depuis que les femmes ont accédé à des postes d'historiennes, anthropologues, sexologues.
J'ai aussi été très surprise par un propos qui frisait parfois avec une apologie de la pédocriminalité, en tout cas sa large banalisation (idem pour l'inceste dont la critique est selon moi largement lacunaire, tournée en dérision).
On perçoit de la grossophobie dans les dessins, qui représentent d'ailleurs quasi exclusivement des corps "parfaits" et jeunes, surtout pour les femmes (qui sont trop souvent en levrette quand il s'agit d'illustrer une position sexuelle).
Difficile d'aller au bout, assez navrant de publier un tel ouvrage en >2022 mais idéal pour une étude critique féministe!
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La sexualité occidentale à travers les siècles est un sujet vaste et fastidieux à raconter. Cela nécessiterait beaucoup plus qu'un seul tome de BD et ça se ressent un peu dans ce premier tome de "L'incroyable histoire du sexe".

Il y a pas mal de digressions, quelques maladresses dans les termes employés parfois et beaucoup de choses restent à creuser. Pour autant, il faut reconnaître que Philippe Brenot et Laetitia Coryn ont fait un travail très intéressant où rigueur historique et humour sont bien associés. On apprend plein de choses et les mécaniques de construction sociétales sont plutôt bien expliquées. J'ai hâte de découvrir le tome 2 sur l'Afrique et l'Asie, même si je me doute qu'un seul tome pour ces deux continents, ça risque d'être un peu rapide...
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
L’histoire de notre sexualité commence il y a très longtemps dans les forêts de l’Afrique de l’Est, cette région qui nous a donné naissance à nous, les humains, et où vivent encore aujourd’hui nos cousins, les chimpanzés. Il y a deux millions d’années, un petit groupe d’hominidés s’aventurent hors de la forêt de ces ancêtres pour amorcer la grande aventure humaine. Ils s’installent près des points d’eau, notamment au Tchad et dans la vallée du Rift qui balafre l’est africain du nord au sud, aujourd’hui de l’Éthiopie au Zimbabwe. Ces hominidés nous ressemblent déjà beaucoup. Leur stature commence à se redresser et, signe de modernité, ils marchent sur leurs deux pieds. Et tout cela en à peine quelques millions d’années. De plus petite taille que nous, ils ont encore des attributs qui rappellent l’origine : leur pilosité est toujours présente, sauf sur la face où apparaissent des traits que l’on qualifierait aujourd’hui d’humains. Quatre grandes innovations vont signer le passage à la sexualité des humains. Un : la disparition de l’œstrus, désormais on peut faire l’amour toute l’année. Deux : la disparition de l’os pénien, désormais l’homme peut bander sans tuteur, plus besoin d’os, son pénis est plus grand, plus gros, plus fort, plus solide. Trois : l’invention du sentiment amoureux qui deviendra la grande préoccupation de l’humanité. Quatre, mais en négatif : la domination masculine et l‘asservissement des femelles marqueront profondément l’humanité jusqu’à nos jours.
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Grèce, le panthéon de l’amour – Et les femmes dans tout ça ? Deuxième partie. Vers la fin du Ve siècle, les femmes d’Athènes manifestent leur révolte devant le désintérêt de leurs maris. L’adultère étant très sévèrement réprimé, certaines lient des relations avec d’autres femmes. L’homosexualité féminine n’a, pour les Grecs, aucune importance, elle n’est donc pas condamnable. Célèbre dans son île de Lesbos, la poétesse Sapho en chante les mérites : ma passion pour la beauté des femmes, changeantes comme les couchants d’été, animent les flots et les flammes. Et durant la longue guerre qui oppose Sparte à Athènes, les Athéniennes délaissées font venir de Milet, en Asie Mineure, pour se consoler, un objet très nouveau appelé Olisbos. Il a la forme d’un membre viril, il est fait de cuir et de laine comprimée. C’est le début de la contestation des femmes qui osent affronter leurs maris en prétendant ne plus dépendre d’eux, ni pour la vie, ni pour l’amour. C’est Aspasie, la compagne de Périclès, qui mène ce premier mouvement d’émancipation féminine. Devant ces comportements inacceptables et anormaux, un homme comprend qu’elles sont malades d’insatisfaction sexuelle. Hippocrate fait ainsi un tableau précis de cette maladie qu’il nomme Hystérie : l’organe essentiel de la femme est l’utérus ; s’il n’est pas assez imprégné de sperme, le sang est refoulé vers le haut, ce qui provoque oppression et nervosité. Qu’elle se marie et la maladie disparaîtra ! Cette idée dominera la médecine jusqu’au XXe siècle. Quelques années après cette tentative d’émancipation féminine, un élève de Platon, le plus renommé, Aristote, réprimera cette révolte de façon très violente en affirmant, une fois pour toute, la supériorité naturelle de l’homme sur la femme : la chaleur est énergie, mais la femme est plus froide que l’homme, signe de son infériorité, elle est un mâle incomplet, un être inférieur. Son jugement misogyne fut parole d’Évangile jusqu’au XVIIIe siècle !
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Égypte, l’égalitaire – Retour à Thèbes. Son épouse, Sawertiti, est médecin. Des prostituées (reconnaissables à leurs lèvres rouges) la consultent pour ne pas tomber enceinte car elles ne peuvent pas, professionnellement, se le permettre. Les Égyptiens utilisaient de petits cônes contraceptifs à base de graines de grenade. On sait aujourd’hui que ces graines contiennent un œstrogène naturel donc contraceptif. Elle lui montre un préservatif en boyau. Dans l’arrière-boutique, une femme confectionne un tampon contraceptif en mélangeant des dattes, de la coloquinte et du miel. Sawertiti tien un morceau d’acacia qu’elle va placer dans l’utérus d’une femme. Les Égyptiens avaient déjà inventé le stérilet. Une épouse la consulte pour savoir si elle est enceinte. Prescription : applique sur ton sexe ce mélange de plantes, c’est de l’orge et de l’amidonnier. Il se mêlera à ton urine. Si l’orge pousse, ce sera un garçon, si c’est l’amidonnier, une fille. Et si rien ne pousse, c’est que tu n’es pas enceinte. La vie était douce dans l’Égypte ancienne. Le savoir des médecins égyptiens était très avancé en matière de gynécologie et de tout ce qui a trait à la fécondité. Ce sont les premiers à avoir bien compris le rôle des hommes et des femmes dans la reproduction. Peut-être grâce à leur considération égalitaire de la femme. On voit ici que les progrès vers la liberté passent par la compréhension de la fécondité et la libération des femmes, révolution amorcée en Égypte, qui prendra plusieurs millénaires avant d’être effective.
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M la maudite – Cette histoire extraordinaire mérite qu’on lui consacre un chapitre, tant elle reflète une amorce de liberté sexuelle et, comme toujours, la réaction répressive de l’Église et de la société. C’est l’histoire de la persécution de la masturbation. Elle prend racine au XVIIe siècle avec la découverte des cellules reproductrices et sévit dans toute l’Europe du XVIIIe au XXe siècle. Au-delà de la seule répression des pulsions, cette persécution est une réaction de la société traditionnelle contre la morale de l’autonomie des individus, hommes et femmes, qui aspirent à la liberté. Nous sommes au début du XVIIe siècle. La Hollande est réputée pour la qualité de ses optiques, ce qui explique que toutes les découvertes qui vont suivre se sont faites dans cette région de l’Europe. En 1604, à Amsterdam, Zacharias Janssen invente le microscope. Soixante ans plus tard, à Delft, De Graaf découvre le follicule ovarien, le gamète femelle. C’est le début de la théorie de l’ovisme : l’enfant naît du seul ovule féminin. La femme serait ainsi, à elle seule, la matrice du genre humain. Dans cette Europe toujours très dominée par les hommes, cette théorie rencontre une forte opposition. Heureusement, quinze ans plus tard, et toujours en Hollande, Leeuwenhoek découvre le spermatozoïde !
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Renaissance, le peintre et son modèle – Révolution artistique. La liberté des corps apparaît dans la peinture, la sculpture et la littérature. L’art de la Renaissance est un art du corps sexué. Avec le culte de la Madone, cette sensibilité nouvelle montre combien les femmes ont droit à la beauté et à l’amour. Les artistes rivalisent de talent pour mettre en valeur les appâts féminins. La nudité devient source d’inspiration pour Botticelli, Cranach, Raphaël, Rubens… La femme idéale commence à apparaître, une femme de chair et de désir. Élève de Titien, Noah le Vénitien donne la dernière touche à la Vénus d’Urbino. Maria Saw, son modèle, est une très belle jeune femme, allongée sur un lit, entièrement nue. Ne sachant où mettre sa main, elle la pose discrètement au plus secret d’elle-même. Les grands peintres peignent des nus que le Moyen Âge s’interdisait. Pour l’Église cependant, l’art fait péché d’exhibitionnisme. Quelques siècles auparavant, regarder les seins nus d’une femme était un péché. Déjà à la cour de Charles Vii, les robes s’ouvrent tant par le haut que les femmes doivent farder le bout de leurs seins. Un siècle plus tard des mesures sont prises vis-à-vis des décolletés abusifs dont les femmes de la noblesse, telles que Gabriel d’Estrée et sa sœur.
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Philippe Brenot vous présente son ouvrage "Taxi-thérapie" aux éditions Serge Safran.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2620209/philippe-brenot-taxi-therapie
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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Thèmes : bd franco-belge , bande dessinée , bd jeunesse , bd belge , bande dessinée aventure , aventure jeunesse , tintinophile , ligne claire , personnages , Personnages fictifsCréer un quiz sur ce livre

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