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EAN : 9782848767420
Philippe Rey (06/02/2020)
4.12/5   109 notes
Résumé :
Né dans un bidonville de la banlieue de Douala au Cameroun, Petit Wat est un adolescent haut en couleurs qui fait les quatre cents coups avec ses copains. Mais, sans avenir chez lui, il prend la douloureuse décision de partir pour accomplir son rêve : faire un boza, passer en Europe. Avec un sac à dos troué et une immense foi en lui-même, Petit Wat découvre de nombreux dangers. Abandonné par un passeur aux portes du Niger, il doit affronter ghettos et déserts. Arriv... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
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Jeanfrancoislemoine
  15 avril 2021
Les " migrants " , voilà bien un sujet particulièrement délicat à aborder , de nature à occasionner de vastes débats, voire à gâcher de nombreuses réunions familiales pour peu qu'on ajoute la " politique " et la " covid " aux discussions .....Enfin , pour le moment , justement , les réunions familiales ...Au moins un point positif de cette pandémie, enfin , façon de parler ....
En principe , je fuis ce genre de discussion , j'ai mes opinions bien évidemment mais j'ignore trop de choses pour être un fin analyste et je garde mes distances avec toutes les certitudes avancées ça et là....
Alors , si j'ai choisi de lire ce roman c'est tout simplement parce qu'il traduit la parole d'un migrant camerounais , " Petit Wat " , qu'il s'appuie sur des faits réels et vécus et qu'il retrace dans son intégralité le périple de ce jeune de 15 ans vers "l'Eldorado "européen .
Pour " Petit Wat " , partir , c'est une obligation pour échapper à la misère . Rien de plus . Partir vers l'Europe , c'est parce qu'une image de vie idyllique et opulente sur ce Continent plane dans les esprits de ceux pour qui la grande et seule amie s'appelle " survie " . C'est tout . Voeu pieux ? Douce illusion ? Utopie simplette ? Là-bas , à Douala où la moindre " piécette " se gagne presque toujours à la force des poings , comment ne pas espère travailler " ailleurs " pour un bon salaire et sortir la famille de l'enfer ?
C'est ça ou ... le néant.
Alors , " Petit Wat " se met en route , sans argent ..... Et c'est dans le récit de ce périple que nous allons l'accompagner . Un périple ? Un péril ? le mieux est de l'écouter, c'est lui qui parle , qui s'adresse à nous , qui nous interpelle , qui se lance dans une " fable africaine " qui , hélas , n'a rien d'un conte . le témoignage est terrible , suintant de violence , de douleur , les " bons " sont bien présents , les méchants aussi...Mais attention , pas de pathos, non , du découragement , l'appel du renoncement parfois mais de l'opiniâtreté, de la volonté, de la force de caractère et de l'envie de vivre libre , le plus souvent , la "naissance" obligée d'un être différent.

Le chemin est long , long , douloureux , incertain, oppressant ..On y étouffe, on y doute , on s'y offusque , on y a peur mais ....
Ce roman me semble être un excellent document , une image de notre temps , une photographie de l'âme humaine dans toute sa splendeur ou son atroce brutalité.
J'avoue avoir trouvé certains passages un peu longs , un peu "redondants " mais peut- être est- ce parce que j'aurais aimé me sortir un peu plus vite de ce méchant " bourbier " . Je me demande vraiment si l'on ne pourrait pas conseiller cette lecture à nos jeunes générations de lycéens ou grands collégiens toujours portés avec humanisme vers la détresse humaine , c'est leur monde qui se dessine sous leurs yeux.
J'ai vraiment " aimé " entendre la voix de " Petit Wat " , ses mots forts .Son courage mérite notre respect , et sans doute même encore mieux , sa liberté et son bonheur . Ce n'est tout de même pas " la mer à boire " , non?
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rosulien
  17 août 2020
Le très belle surprise de l' été.
L' histoire de Petit Wat, un jeune adolescent qui vit misérablement dans la banlieue de Douala, au Cameroun
Le début du livre m' a laissé assez dubitatif. J' ai travaillé en Afrique dans des conditions humanitaires très difficiles.Donc je connais le contexte. J' étais surtout choqué que la réalité quotidienne soit restée la même depuis 25 ans.Pauvreté, saleté, sous alimentation, système de soins inexistant une grande partie de la société
Petit Wat décide de partir. Boza, vous comprendrez vite le sens du titre
Direction: l' Europe, terre promise et lieu de tous les possibles pour un jeune africain qui n' a aucun avenir dans son pays.Entre la misère assurée et un hypothétique bonheur au delà de la Méditerranée, le choix est vite fait
Commence alors une véritable aventure qui va durer des mois.Avec ses mots à lui, Petit Wat raconte son quotidien.Beaucoup de moments très durs pour quelques oasis de tendresse et de affection
Le livre se lit comme un polar palpitant.La différence, c' est qu' il raconte un trajet qui est celui de milliers de migrants et c' est vraiment très impressionnant
Petit Wat va traverser plusieurs pays, entre mouvements de découragement , duperie, mensonges, faux espoirs et quelques moments de grâce.
Tout cela est raconté avec ses mots à lui, sans filtre et sans tabou, ce qui participe au charme que fait naître cette lecture
Je vous laisse de découvrir la fin avec, là aussi, des attitudes contrastées
Un livre plein de fraîcheur, simple mais fort , qui nous aide à comprendre, de l' intérieur, le parcours de tous ces migrants que nous ne faisons qu' entrevoir
Lisez ce livre.Laissez vous emporter pour des milliers de kilomètres en Afrique.Le chemin est rude mais l' aventure est belle.
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sarahdu91
  15 mars 2021
Un périple d'autant de km c'est toujours un risque à prendre pour un jeune migrant africain qui n'a que courage et ténacité pour quitter son pays le Cameroun et s'installer en Europe.
Un récit plus que téméraire mais qui vaut la peine d'être exprimé avec ses propres mots et ressentis pour voir un final en Bretagne, servi d'hospitalité toute naturelle venant de cette seconde plume.
Objectif fixé et objectif atteint pour notre petit Wat, mais à quel prix! C'est toute une histoire...
Un témoignage qui peut et doit faire son chemin, bonne continuation petit Wat.
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katell
  17 juin 2020
" Tu veux savoir ce qui m'a conduit à prendre la route de l'exil à quinze ans ? D'accord, je vais tout te confier et tu vas être renversé. Tu es prévenu ! Mes mots seront durs, car la réalité est brutale. Mais je vais aussi te faire rire, je suis beau gosse et j'ai la tchatche. Je te demande une seule chose : ne me juge pas, ça n'a pas de sens d'appliquer ta morale à ma vie. "
Les premières phrases du témoignage du jeune "Petit Watt" sont une mise en bouche sans langue de bois, brute de fonderie, annonçant un récit dur et sans apprêt.
D'emblée j'ai été happée par les paroles du jeune migrant, que j'ai pu écouter puis rencontrer lors de sa venue à la librairie "Mots et Images", certainement parce que l'emploi du "tu" fait que le lecteur ou la lectrice devient l'ombre du narrateur.
J'ai suivi son périple, tremblé lorsqu'il se retrouvait dans des situations plus que risquées pour sa vie et son intégrité, j'ai eu des sueurs froides quand il côtoyait les passeurs et j'ai compris l'enfer que vivaient les migrants croisés lors de mon dernier séjour au Maroc, à Agadir. J'ai compris pourquoi ils "tapaient la salam", faisaient la manche, en ville et j'ai eu honte de mes regards qui se tournaient ailleurs pour ne pas voir. L'exploitation inique de l'homme par l'homme, quelle qu'elle soit, est une horreur absolue et tout au long du récit nous sommes mis devant les faits plus sordides les uns que les autres.
Et pourtant, le narrateur réussit à en rire, à décrire avec une ironie mordante ou une tendresse immense les moments horriblement épiques, jalons de sa quête du Graal.
On peut être plus bas que terre, l'instinct de survie, quand la force morale et mentale habite un être humain, est source de miracles quotidiens, ces petits riens qui redonnent espoir, qui permettent d'avancer, une amitié, un objectif, l'élaboration d'un plan de bataille.
Oui, quitter la forêt "camp d'entraînement" intensif pour franchir les barrières hérissées de barbelés entre le Maroc et les enclaves espagnoles en terre africaine, est un Austerlitz, un débarquement sur les plages normandes. J'ai été subjuguée par l'astuce, la capacité d'analyse et d'observation de notre héros, son courage, sa facilité d'adaptation et son intelligence aiguë. Il obtient son Graal après des mois de souffrances, de doute, de déboires: quand il franchit la frontière, quand il réalise son Boza, j'étais soulagée et heureuse de voir son calvaire en passe de s'achever.
Derrière le rire doit se tapir une tristesse, celle de la séparation avec sa famille, avec sa mère qui a des mots très durs quand un des passeurs menacent de tuer son fils si elle n'envoie pas d'argent pour payer son voyage: qu'ils lui envoient la tête au Cameroum pour qu'elle l'enterre au village, elle ne peut envoyer l'argent qu'elle n'a pas. C'est à ce moment que l'on mesure combien sont différents les rapports familiaux en Afrique: le rapport à la vie n'est pas le même, quand la mort peut saisir tout un chacun à chaque instant, la tendresse est un luxe que l'on ne peut pas se permettre.
J'ai aimé ce récit et j'admire le jeune narrateur, Ulrich, dont la résilience est une extraordinaire leçon de vie. Son parcours identique à tant de milliers d'autres est singulier parce qu'il a croisé la route de gens uniques et merveilleux. de la jeune femme marocaine, enseignant l'espagnol, au chauffeur routier, aux SDF et aux membres de l'association qui l'ont pris sous leur aile, on se dit qu'il s'en est fallu de peu pour que la fin du périple s'achève en cauchemar. En quelques phrases, dépouillées de tout faux-semblants, l'aspect mortifère de l'administration française est glaçante et sonne le glas de toute tentation de gloriole.
Je souhaite le meilleur pour Ulrich et espère qu'un jour il pourra embarquer, sans peur de non retour, rendre visite à sa famille. Il est très bien encadré tant par le système scolaire qu'il a intégré que par sa famille d'accueil, ce qui ne peut qu'être rassurant.
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tristantristan
  05 octobre 2021
Impossible de s'apitoyer ou même de sourire à la lecture de ce récit qui con,firme absolument que l'immigration clandestine d'aujourd'hui n'a qu'un seul but: l'argent. Puisqu'au départ c'est un investissement familial ou clanique. Les passeurs et les policiers se remplissent aussi allégrement les poches. Pour une meilleure approche du phénomène, je suggère la lecture de "Bilal, sur la route des clandestins" de Fabrizio Gatti.
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Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   11 février 2020
Comment te décrire ma sœur ? Déjà, c’est une femme et, tu le sais bien, c’est dur d’être une femme au Cameroun. Pas besoin d’avoir un vagin pour s’en rendre compte : quand la violence règne, la différence physique compte. Toute la société est pensée pour les hommes. Ce sont eux qui sont espérés à la naissance ; eux qui héritent ; eux qui vont en priorité à l’école ; eux qui ont le plus de vrais métiers ; eux qui se promènent librement dans l’espace public ; eux qui dominent et qui se bagarrent ; eux qui sifflent quand une fille passe dans la rue ; eux qui dépensent l’argent de la famille au jambo ; eux qui sont assis à la terrasse des bars. Et pourtant, ce sont les femmes comme Banie qui font tenir la société, sans poste ni reconnaissance ; elles qui se démènent pour nourrir la maison ; elles qui bataillent pour joindre les deux bouts ; elles qui payent les dépenses ; elles qui travaillent sept jours sur sept au marché ; elles qui éduquent les enfants ; elles qui assurent toutes les tâches ménagères ; elles qui sont premières en classe quand elles vont à l’école. Je te jure, l’Afrique changera le jour où les femmes nous feront bouillir le derrière dans la marmite et prendront le pouvoir.
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rkhettaouirkhettaoui   11 février 2020
J’aime quand les filles s’affirment. On cause, puis on danse toute la soirée. On ne s’embrasse pas le premier soir, mais ça vient vite. Rapidement, elle prend une place dans ma vie. Elle vient à la maison et on se balade dans le quartier, sans s’occuper des sifflements jaloux sur notre passage. Sa grande ambition : me changer.
– Tu dois grandir et arrêter tes bêtises, laisser tes mauvaises fréquentations et ne plus parier. Tu es à moi, je te veux en entier.
Ma mère trouve en elle une alliée et l’envoie me chercher au jambo. Je suis accroupi au bord du stade, sucette glacée au bec, en train de jouer à pile ou face. Elle arrive par-derrière, me prend par l’oreille, et tire, tire !
– Laisse tout et viens. J’ai dit : laisse tout. Si tu touches un jeton, je pars. Si tu frôles un jeton, je pars. Redresse-toi, allons. À trois je pars pour toujours. Un. Deux…
Elle me parle comme à son disciple. Je déteste ça autant que j’adore.
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rkhettaouirkhettaoui   11 février 2020
Le patriotisme vibre. C’est un sentiment irrésistible, tu te sens appartenir à une meute, un troupeau de lions qui part chasser l’antilope. Moi-même j’engueule mon pote Polusson : il ne peut pas rester chez sa mère.
– Tu es avec le quartier ou contre lui, fais ton choix.
L’attaque est préméditée. Elle se déroule à la kermesse du collège, qui mord à cheval sur les deux bidonvilles. En face, ils ne voient rien venir. Les gosses du quartier ont répondu présents. Armel est au premier rang, avec les chefs de gang, pour se venger. Bâtiment est avec moi, prêt à cogner. Les Russes nous rassemblent derrière la décharge juste avant l’attaque. Chacun pioche parmi les ordures et fabrique son arme. Certains trouvent des couvercles de boîtes de conserve. Je prends un bâton.
Le top départ est donné. Nous nous élançons comme des bœufs.
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rkhettaouirkhettaoui   11 février 2020
N’oublie jamais que ce ne sont pas mes mots qui sont durs, c’est la réalité qui est brutale. Promis, je vais aussi te faire rire, je suis beau gosse et j’ai la tchatche. Je te demande une seule chose : ne me juge pas, ça n’a pas de sens d’appliquer ta morale à ma vie. Déjà, arrête de me parler de choix, je n’ai rien décidé, il n’y avait pas d’alternative. Toi-même, peux-tu affirmer avec certitude que tu aurais agi différemment si tu avais été à ma place ? Une fois que je t’aurai tout dit, tu me répondras.
D’abord, tu dois comprendre d’où je viens. Je te présente Bonaloka, un des bidonvilles les plus paumés, crades et dangereux d’Afrique, à quelques kilomètres du centre de Douala au Cameroun. Près de dix mille familles sans le sou y vivent, entassées dans des vieilles baraques dont les toits s’arrachent à la première pluie. Les maisons mal emboîtées tombent les unes sur les autres. Tout le monde s’épie et se contrôle.
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rkhettaouirkhettaoui   11 février 2020
Tanger est une ville de fous. Tu es face à l’Europe, mais en Afrique. Pour certains, c’est un trait d’union ; pour toi, c’est un cul-de-sac. Tu es tellement proche du Graal que tu brûles. Pour bien des Africains, Tanger, qui ne devait être qu’une étape sur le chemin de l’Europe, est devenu leur prison, leur purgatoire, tout le monde entre au paradis mais pas eux. Pas étonnant que la violence entre Noirs, ici, soit décomplexée.
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Videos de Ulrich Cabrel (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ulrich Cabrel
Ulrich Cabrel et Etienne Longueville - On n'est pas couché 8 février 2020 #ONPC
On n'est pas couché  8 février 2020 Laurent Ruquier sur France 2 #ONPC
Toutes les informations sur les invités et leur actualité https://www.france.tv/france-2/on-n-est-pas-couche/
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