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EAN : 9782266335294
160 pages
Pocket (17/08/2023)
4.02/5   229 notes
Résumé :
« Stardust est le premier roman que j’aie composé dans l’intention de le faire publier. Écrit il y a plus de vingt ans, il relate un moment marquant de ma vie, cette période au cours de laquelle je fus accueillie dans un centre de réinsertion et d’hébergement d’urgence du 19ème arrondissement de Paris. J’étais alors une jeune mère de 23 ans, sans domicile ni titre de séjour. Mon souhait était surtout de me pencher sur ma vie à l’intérieur de ce foyer, de me libérer... >Voir plus
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Sous son autre prénom (Louise), Léonora Miano nous livre le récit d'une période particulièrement difficile de sa vie, à savoir les quelques mois qu'elle a passés, alors qu'elle avait 23 ans et un enfant en bas-âge, dans un centre de réinsertion et d'hébergement d'urgence (CHRS) à Paris.
Arrivée légalement quelques années plus tôt en France pour y faire des études, la jeune Camerounaise tombe amoureuse, s'installe avec son compagnon, mais leur situation financière est précaire, ils ne peuvent plus payer leur loyer, et enchaînent les séjours dans les hôtels et pensions minables. Louise n'ayant plus de résidence officielle, elle ne peut renouveler son titre de séjour, et se retrouve sans papiers, avec un bébé sur les bras et un compagnon qui s'avère être un lâche boulet, et qu'elle finit d'ailleurs par quitter.
Louise n'est pas expulsable, sa fille ayant la nationalité française, mais sa situation n'est pas brillante : seule, sans ressources, sans domicile, sans papiers, elle parvient à obtenir de l'aide sociale au lance-pierres, mais cela suffit à peine à payer une chambre chez un marchand de sommeil. Enfin, après un parcours du combattant dans les méandres administratifs, elle obtient une place dans un foyer pour femmes, un peu de répit pour Louise et sa fille, qui ne doivent plus se soucier (temporairement) de se loger et de se nourrir. Mais le centre n'est pas un palace, le personnel d'accueil fait ce qu'il peut avec les moyens du bord, c'est-à-dire pas grand-chose. Et surtout, personne n'a les moyens d'empêcher le désespoir d'y entrer en même temps que toutes ces femmes. La plupart sont coincées dans une situation administrative inextricable, sans possibilité (ou sans volonté) de présenter un projet de réinsertion qui les inclurait à nouveau dans la vie « visible ». Car toutes ces femmes, d'origine étrangère, sont des exclues de la société, tombées un jour, pour une raison ou une autre, dans une extrême précarité, enterrées vivantes dans un no woman's land administratif, désespérées par le non accueil de ce pays qui ne tient pas les promesses qu'on leur a fait miroiter : « Toute nation se crée des mythes. Toute nation repose sur des fictions. Dans celles qu'on nous conte de la France, il n'y a pas d'exclusion sociale. Pas d'endroits où les marginaux sont entassés, refoulés. Dans la fable qui se transmet chez nous de génération en génération, l'hiver est froid, mais il ne l'est que pour permettre le port de vêtements élégants. Manteaux. Écharpes. Bottes. On ne dit pas que ce froid est mortel pour ceux qui n'ont nulle part où aller. On ne sait rien d'eux. On ne dit rien des femmes qui échouent dans les CHRS ».
Dans ce purgatoire où il n'est pas question de sororité bienveillante, Louise reste à l'écart, sur ses gardes, ne se lie avec personne, se méfie de tout le monde. « Il n'y a pas de sororité chez les écartées. Les brebis égarées. Ces filles sont des lames aiguisées qui cherchent quelque chose à tailler en pièces. Elles sont lucides sur leur état. Savent être des mises en lambeaux, des désagrégées, des émiettées du dedans. Elles ont envie de casser tout ce qui leur semble entier. Envie de massacrer tout ce qui leur ressemble. Ce désir-là est le plus courant et le plus puissant. C'est comme briser le miroir qui vous renvoie une image dégradée ». Sa fille est son seul moteur, Louise veut reprendre des études, travailler pour les faire vivre toutes les deux.

Il aura fallu plus de 20 ans à Eleonora Miano pour publier ce texte, elle s'en explique dans une préface touchante de lucidité et de sincérité. Elle laisse aussi entendre que tout ne s'est pas arrangé à sa sortie du centre d'un coup de baguette magique, et que les galères ont encore été nombreuses par la suite.
Au travers de son histoire personnelle, elle braque la lumière sur les promesses déçues de la migration et sur un aspect peu reluisant de nos sociétés, coupables d'abandonner à leur sort des êtres humains précarisés, et qui s'en dédouanent avec quelques ridicules sparadraps socio-administratifs sur des bataillons de jambes de bois. Un livre nécessaire.

En partenariat avec les Éditions Grasset via Netgalley.
#Stardust #NetGalleyFrance
Lien : https://voyagesaufildespages..
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A cinquante ans Leonora Miano revient sur les grands moments de précarité qu'elle a traversés. Stardust est son premier roman, écrit il y a plus de vingt ans, pendant la période au cours de laquelle elle fut accueillie dans un centre de réinsertion d'urgence du 19e arrondissement de Paris. La jeune femme a quitté le Cameroun pour venir étudier en France, et surtout pour devenir chanteuse. Puis elle a rencontré un garçon, est tombée enceinte et a abandonné la fac, puis le garçon. « J'étais alors une jeune mère de vingt-trois ans, sans domicile ni titre de séjour. » le Je de l'introduction se transforme ensuite en Elle... pour tenter une mise à distance de son infortune d'alors. Elle parle d'Elles, de Louise et de Bliss sa fille. L'auteure, maintenant reconnue, avec de nombreuses publications et de belles récompenses, entend bien « … ne pas être la SDF qui écrit des livres ».

Voici une bien belle lecture, entraînant sur des thèmes rarement traités, surtout avec cette qualité littéraire et l'originalité d'écriture de Leonora, ses phrases percutantes, aux aguets, images frappant immédiatement le lecteur, dans une musicalité propre aux grands écrivains. D'ailleurs l'autrice voulait être chanteuse, son objectif premier pour être reconnue, avoir littéralement une voix. Est-ce pour cela que son écriture a un rythme aussi envoûtant ?

Le témoignage est précieux. le livre est travaillé pour conserver un équilibre précaire entre les faits et ce qu'il pourrait en coûter à l'autrice célèbre de trop se dévoiler. Est-ce totalement réussi ? Oui, tellement il révèle de l'intime et impressionne, questionne le lecteur. J'ai trouvé toute la première partie du livre passionnante, une immersion dans un dédale d'obstacles effarants pour la personne qui se retrouve en marge de la société, sans travail, sans revenu, sans domicile… et avec un enfant. Elle est obligée d'accepter de l'aide, mais en même temps cette aide l'humilie, la renvoie à ses échecs. Elle décrit en forçant parfois le trait… la caricature n'est pas loin. Par exemple, à la fin du récit quand elle parle de ce qu'elle nomme « les activistes » qui veulent accompagner les résidentes du CHRS (centre d'hébergement et de réinsertion sociale) dans une lutte, afin de dénoncer les conditions déplorables de l'accueil. Elle observe, avec méfiance, il est question de « meneuse androgyne », d'« humanisme médiatique ». « Louise ne croit pas aux associations de galériens » et renvoie la responsabilité du changement aux autres : « … ceux qui ne vivent pas forcément la même peine, qui n'ont peut-être jamais connu pareille tragédie, mais qui accordent de la valeur à un où deux grands principes. La nécessité d'éradiquer la misère doit obséder ceux qui vivent dans l'opulence. » Comment prendre encore un risque de plus quand on est au fond du gouffre social ? L'autrice apparaît ici solitaire, méfiante dans sa volonté de ne pas flancher, mais fait marcher son intelligence afin de trouver la porte de sortie, ne pas faire le faux pas qui pourrait être fatal pour elle et pour sa fille. La lutte collective reste improbable pour ces femmes si différentes, uniquement préoccupées à trouver une nouvelle estime d'elles-mêmes. La volonté de reconnaissance vaut pour toutes, ce qu'elle supporte mal autour d'elle, elle le vit aussi. A-t-elle besoin de massacrer tout ce qui lui ressemble ?

L'aide de la société, même imparfaite – mais peut-elle être parfaite ? – a été précieuse pour Louise qui ne se laisse pas faire, entend rester debout quoi qu'il arrive et va y parvenir. L'autrice prend le risque d'expulser ce qui l'a blessée, tout en gardant un maximum de lecteurs, restant sur le fil de questions clivantes. Si elle dénonce les activistes en soif de reconnaissance personnelle, l'humanisme médiatique insincère, dans le même temps ce livre est un brûlot pour que les choses changent. Elle révèle lors de la promo de la rentrée littéraire 2022, avoir été déléguée syndicale dans la boîte où elle a travaillé après ces années de galère, pour faire quelque chose contre l'injustice. Ses portraits sont empreints d'une empathie profonde comme celui d'Azerwal qui est chargé de l'accueil au centre. Ce portrait mérite à lui seul la lecture du livre. Inoubliable !

Le livre est dédié à sa fille, à sa grand-mère maternelle et à ses compagnes d'infortune. Je salue la démarche de Leonora Miano écrivant sur le courage des femmes, sur tous celles que les accidents de la vie poussent dans l'exclusion.
Leonora Miano est née à Douala au Cameroun en 1973. Elle est venue en France en 1991 pour ses études. Grande voie de la littérature française, elle est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages, lauréate du Goncourt des lycéens en 2006 pour Contours du jour qui vient, du prix Seligmann contre le racisme en 2012 pour Écrits sur la parole, du prix Femina et du Grand prix du roman métis en 2013 pour La saison de l'ombre.

Avez-vous lu des romans de Leonora Miano, êtes-vous intéressé (ée) par ce texte de dignité, de fierté ? Pour ma part, je compte bien en lire d'autres, après ce récit de jeunesse annonçant la naissance de la grande autrice qu'elle est devenue.
*****
Cette chronique est présentée sur le blog clesbibliofeel avec une photo et un titre d'illustration sonore. Il s'agit d'une interprétaion de la jeune chanteuse et guitariste de blues Melody Angel. La jeune virtuose de la guitare blues de Chicago interprète un « tube » de Big Mama Thornton, repris notamment par Janis Joplin, le fameux « Ball and chain ». Titre cité dans le texte de Leonora Miano. le ton m'a semblé bien illustrer la démarche de l'autrice. Qu'en pensez-vous ?
Lien : https://clesbibliofeel.blog/..
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Louise (autre prénom de Léonora Miano) est entrée en France légalement, mais a perdu son droit d'y résider en suivant le garçon qu'elle aimait.

Elle a une petite-fille, Bliss, née française parce que née en France. Ne supportant plus la vie avec un homme qui a n'a plus son respect, elle le quitte sans savoir où aller vivre. Elle atterrit dans un centre d'urgence.

Il n'y a rien de réconfortant dans ce centre, des gens qui font de leur mieux avec peu de moyens et des femmes qui ne croient plus en rien.

Louise reste à l'écart, tente de trouver une solution, un hébergement dans un milieu qui lui permettra de reprendre ses études, tout en travaillant pour la faire vivre, elle et sa fille.

Léonora Miano explique dans l'avant-propos que les problèmes ne se sont pas terminés à la sortie du centre d'urgence.

Aujourd'hui comme il y a vingt ans, personne ne voit ses jeunes femmes, à l'exception de ceux qui tentent de les aider avec peu de moyens. Et quand on les voit, ce n'est pas pour le meilleur. le texte direct de Léonora Miano interpelle, fait honte.

Merci à NetGalley et aux éditions Grasset pour cette lecture

Lien : https://dequoilire.com/stard..
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Je devrais trouver les mots pour vous dire combien ce livre est remarquable.
L'auteure y raconte ses premières années (de souffrance) en France, vivant dans un foyer pour femmes sans aucune perspective.
Ce roman est élégamment écrit. C'est beau, c'est dur, c'est la vie qui gratte, qui pique. Mais avec un tel espoir. Car cette jeune mère, africaine, perdue, a depuis eu le Prix Goncourt.
.
Pour le coup j'ai un peu de mal à trouver mes mots. Pourtant j'ai aimé ce livre. Il est à lire.
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Stardust” est un récit profondément intime, dans lequel Léonora Miano nous ouvre les portes d'un pan sombre de son histoire. Originaire du Cameroun, la jeune femme arrive en France il y a une trentaine d'années, rêvant de s'intégrer et de devenir chanteuse. Elle rencontre un homme avec qui elle a un enfant mais, très vite, la situation se délite. le père, dans son rôle, s'avère décevant, ils vivent d'aides sociales et alternent squattes et marchands de sommeil peu scrupuleux. Alors, pour protéger sa fille, Louise décide de stopper cette lente descente aux Enfers et de fuir cette relation qui la tire vers le bas.

Désormais seule avec sa fille tout juste âgée d'un an, sans papiers, sans travail et sans logement, la jeune femme de 23 ans va tout faire pour tenter de s'en sortir et pour préserver son enfant de cette précarité angoissante. Des services sociaux à l'attente interminable aux foyers insalubres, Léonora Miano va côtoyer la misère humaine dans ce qu'elle a de plus sale et de moins solidaire car, quand on touche le fond, c'est le “chacun pour soi” qui règne.

Avec ce portrait poignant d'une femme à la fois courageuse et féroce, Léonora Miano se livre avec une grande sincérité. “Stardust” est un texte de jeunesse, qu'elle mettra presque 30 ans à faire publier, le temps nécessaire à acquérir un nom, une place et une légitimité dans ce monde de Lettres, pour ne pas être réduite au rôle de “SDF qui écrit des livres”. C'est avec beaucoup de lucidité et un certain recul qu'elle raconte comment elle s'est construite dans cet univers impitoyable, dans lequel les sens sont sans cesse en alerte, la méfiance est de rigueur et la déshumanisation latente… Un texte rude et bouleversant, porté par une langue sublime, qui témoigne de la lutte quotidienne d'une mère cherchant à protéger son enfant de la misère mais aussi, et surtout, du combat d'une femme pour sa dignité et sa survie dans le pays des droits de l'homme. Un récit glaçant mais nécessaire!
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critiques presse (6)
Telerama
30 octobre 2023
Oser publier, plus de vingt après, le premier roman qu’elle ait voulu écrire avec sa rage, ses tripes, son orgueil, sa naissante conscience politique : c’est ce qu’ose la secrète, pudique mais puissante, mais violente romancière et essayiste Léonora Miano.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeMonde
04 janvier 2023
Stardust explore un moment d’âpreté et de bascule dans la vie de la romancière, dramaturge et essayiste. Celui où, à « vingt-trois ans et des poussières », elle a eu le courage de dire non.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Marianne_
12 octobre 2022
Tout est déjà là dans ce roman à voix nue : la détermination, l’insubordination, l’impulsion qui ont forgé la plume de Léonora Miano. Il dévoile une facette inattendue de cette auteure à la force tranquille, aux allures altières et qui en impose. Elle s’y livre vulnérable, à fleur de peau, profondément humaine.
Lire la critique sur le site : Marianne_
LeJournaldeQuebec
10 octobre 2022
Stardust pointe du doigt les manques d’une société qui ne sait pas trop comment s’y prendre pour faire face à l’extrême précarité de ses immigrantes.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LesInrocks
19 septembre 2022
Dans le très fort “Stardust”, l’écrivaine raconte sa jeunesse précaire à Paris, de galères en foyer d’accueil pour femmes en détresse. Un texte écrit il y a vingt ans, mais publié seulement maintenant, car l’autrice ne voulait pas devenir la “SDF de service” de la littérature française.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
Culturebox
30 août 2022
Un roman à la fois intime et universel sur les douleurs de l'exil, et un portrait édifiant de la France "souterraine".
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
On a souvent un peu raison et un peu tort à la fois. Le révolté peut sans mal désigner les régions où sa colère a germé. Sa rancœur a des sources, toujours les mêmes, intarissables, comme la faiblesse humaine. Le fataliste a, lui aussi, constaté les flots ininterrompus de cette couardise. Il en a déduit l’inutilité de tenter de les endiguer. L’un croit que le mal n’existe que pour être combattu. L’autre le croit inévitable, consubstantiel à l’expérience humaine. 
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Parce qu’il est si personnel, j’ai attendu longtemps pour proposer ce texte au lecteur. Il s’agissait de ne pas me laisser définir par ces faits passés, de ne pas être la SDF qui écrit des livres. Je connais la société française et sa propension à enfermer les minorités en particulier dans les aspects dégradants — ou perçus comme tels — de leur trajectoire. 
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Tout le monde sait où se trouve le fossé Tous les jours, on voit quelqu'un s'en approcher un peu trop près. On le regarde . De loin. Tendre la main, c'est déjà côtoyer l'abysse. Parfois cela arrive à ceux que l'on aime. Ça ne change rien. L'amour n'est pas toujours plus fort que la peur. Surtout celle-là de nos jours. La peur du déclassement. La terreur qu'inspire l'exclusion sociale.
(page 16)
.
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Personne ne connaît ces endroits. Parfois, lorsque viennent les grands froids, on parle, au journal du soir, de ces foyers d'accueil pour les sans-abri. Nul ne sait vraiment à quoi ils ressemblent. Comment on vit là. Où couchent les reprises de justice qui sortent de prison sans amis, sans famille, sans le sou. Où dorment celles qui vendent la presse de rue à la criée. Les toxicomanes enceintes, plaquées par celui qui les avait entraînées sur les chemins de la liberté, loin d'une ruralité morose ou d'un confort ennuyeux. Les femmes battues qui prennent un soir leur courage à deux mains. Les jeunes filles issues de familles immigrées qui se rebellent contre les traditions d'une terre inconnue, qui ont pris la clé des champs avant d'y être envoyées, abandonnées. Toutes celles qui ont trop d'aspérités, un tempérament trop en relief. Les caractérielles. Les rêveuses. Les dépressives. Les dingues et les paumées. Elles vont à Crimée.
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Nous n'irons plus joindre nos différences, apprendre l'une de l'autre. Nous n'irons plus rire parce que c'est indécent, pour casser du sucre sur le dos du malheur. Il nous aura vaincues à jamais, puisque nous ne pourrons plus en effacer les traces. Je veux te promettre. Conclure avec toi un pacte indéfectible... Mais je n'ai rien à offrir qu'une solitude semblable à la tienne, qui empruntera seulement d'autres voies.
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Vidéo de Léonora Miano
Romancière, essayiste, prix Médicis en 2013, Léonora Miano s'interroge dans son nouveau livre sur ce qu'elle nomme « le problème blanc » et la blanchité. de quoi décontenancer tous ceux qui veulent évacuer la question fondamentale du racisme et du colonialisme. Entretien dans « À l'air libre », où il est aussi question de mémoire, de migrations et du couple hétérosexuel.
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