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ISBN : 2918135356
Éditeur : Editions Dialogues (06/10/2011)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Partiro oggi con destinazione leggermente incerta. « Je partirai aujourd’hui pour une destination légèrement incertaine… » écrit Ettore Majorana dans une lettre à son oncle en 1935. Trois ans plus tard, le 25 mars 1938, ce brillant physicien italien prend le bateau pour Palerme. Ses proches ne le reverront plus. Suicide ? Fuite ?

En 1946, la famille Majorana ne peut rester plus longtemps dans l’ignorance. Pour répondre aux questions qui les obsèdent,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
urbanbike
  20 décembre 2011
Ettore Majorana a réellement disparu en Italie le 26 mars 1938. Il avait 31 ans. Petite précision, ce gars était une sommité en physique fondamentale. En ces temps où le mot neutrino commence à être de plus en plus cité, il n'est pas inutile de savoir qu'Ettore fut l'un de ses inventeurs en terme de cogitation intellectuelle.
Alors, suicide, retraite dans un couvent napolitain…?
Certains ont pensé qu'il avait disparu pour ne pas participer au grand chaudron nucléaire (Sciasca), ou qu'il se serait réfugié en Argentine (Recami).
J'ai ouvert ce livre paresseusement un dimanche soir avant de rentrer immédiatement dans l'ambiance et avoir réellement du mal à m'en détacher quelques heures plus tard ! de fait, l'auteur nous brosse une incroyable enquête policière à la fin des années 1946, dans l'Italie à peine délivrée de ses démons fascistes et plongée dans une misère noire.
Bien sûr, l'enquête ne se limite pas à essayer de reconstituer les derniers jours de ce disparu, à interroger son entourage – ou ce qu'il en reste après tous les règlements de compte qui ont suivi cette période troublée de l'Italie.
Bien sûr l'auteur entre rapidement dans le vif du sujet et éclaire la personnalité étonnante de ce très jeune savant, calculateur prodige, qui alla jusqu'à vérifier les calculs d'Enrico Fermi, l'un des pères de la bombe atomique qui s'était réfugié aux USA. Surdoué, sans aucun doute !
Aussi, si vous avez un minimum de culture scientifique, elle ne vous sera pas inutile pour mieux cerner le personnage et comprendre à quel point son passage fulgurant dans l'univers des sciences à été important. Et accompagner Ben, un italo-américain démobilisé, ancien étudiant en physique, dans ses recherches, lectures et découvertes. Mandaté par la famille du disparu, il se plonge dans les témoignages de ceux qui l'ont approché, connu et se retrouve face à des pans étonnants de la personnalité d'Ettore, notamment lors de son séjour avant guerre en Allemagne. Ainsi celui d'Emilio Gino Segrè, un autre physicien qui diriga comme Fermi un groupe de recherche à Los Alamos dans le cadre du projet Manhattan pendant la seconde guerre mondiale…
Dans votre lettre, c'est à cette anecdote sur son arrivée à l'Institut et à sa « révision » des calculs de Fermi que vous faites allusion, je suppose, et vous me demandez si celui-ci, à l'époque, aurait pu en prendre ombrage. Franchement, je ne le crois pas. En revanche, je crois que dès le jour de son arrivée Fermi fut fasciné par Majorana et qu'il l'est toujours resté, même longtemps après sa disparition. En tout cas, ils se lançaient souvent des défis de calcul, l'un armé de sa calculette, l'autre se retournant contre le mur pour calculer de tête les mêmes équations. C'était un jeu.
Et un peu plus loin, Emilio Segrè ajoute…
Mais Majorana semblait avoir une lecture immédiate de la « nature des choses » que lui-même (Enrico Fermi) n'aurait jamais au même point. Il a dit plusieurs fois qu'il le considérait comme un « génie », il le comparait même à Galilée et à Newton et je ne pense pas qu'il se soit jamais lui-même considéré comme tel. Et pourtant, croyez-moi, il ne se mésestimait pas.
Alors oui, Ettore Majorana était un être exceptionnel, hypersensible et… Mais le mieux de parcourir ce roman qui se dévore avant tout comme un excellent polar qui se prolonge dans le temps.
Tant pour l'énigme réellement incertaine que pour l'atmosphère politique de ce début de siècle ou encore ces avancées en recherche fondamentale, ces fameux neutrinos. Vérifiés 40 ans plus tard…
Sans oublier la fidélité d'un certain Bruno Pontecorvo.
Passionnant !
À noter que ce livre papier vous permettra de télécharger via un QR code sa version numérique sans DRM, raison de plus pour vous l'offrir en respectant le droit d'auteur.
Lien : http://www.urbanbike.com/ind..
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le-mange-livres
  11 décembre 2011
Encore un ouvrage consacré au personnage compliqué et énigmatique d'Ettore Majorana, génie italien de la physique au début du 20e siècle, mystérieusement disparu avant la seconde guerre mondiale. Un militaire américain démobilisé se voit confier, à l'issue du conflit, une enquête sur cette évaporation par la famille.
"Je connais tous les éléments contre cette thèse du suicide [...] Je sais qu'Ettore a vidé son compte en banque et pris son passeport [...] je sais aussi que tous ceux qui connaissent les eaux de ce golfe disent que tôt ou tard les courants de la baie font remonter les corps des noyés. Je sais ce qu'on dit, que seuls disparaissent les vivants, que les morts, on les retrouve [...] Je sais tout cela, mais malgré tout, le plus probable reste encore le suicide, compte tenu, bien sûr, de son caractère étrange, que sa famille refuse de voir".
Après une exposition un peu longue, voir technique à certains moment, différentes disciplines - histoire, physique, psychologie - sont tour à tour convoquées pour démêler les fils de la disparition de Majorana.
Il est certes difficile de marier les différents aspects dans ce genre d'ouvrage, la vulgarisation scientifique devant être insérée dans une trame narrative permettant de lui donner corps.
Il faut dépasser ces considérations un peu techniques (mais passionnantes à cette époque du bouillonnement de la physique moderne) qui ne font pas, en soi, la trame de ce récit finalement entraînant, malgré le manque d'épaisseur des personnages prétextes (Ben surtout, Margarete dans une moindre mesure), mais qui ne suffit pas à masquer le sujet : Ettore Majorana.
La réussite d'Anne-Marie Cambon est sans doute de parvenir à brosser un portrait sans concession et à plusieurs égards troublants du physicien. C'est une personnalité à facettes multiples qui se dessine peu à peu pour ce brillantissime scientifique, attachant et agaçant à la fois, dépressif et sarcastique, amoureux de la beauté mathématique du monde, perfectionniste enragé, complexe et contradictoire, exigeant et étouffé par une famille envahissante, marginal et secret.
"Qui peut dire le nombre de ceux qui sont comme moi, mes frères ... on laisse son chapeau et sa veste avec une lettre dans sa poche, sur le parapet d'un pont qui enjambe une rivière ; puis, au lieu de se jeter dans l'eau, on s'en va tranquillement, en Amérique ou ailleurs" (Pirandello, cité dans Une destination légèrement incertaine).
Lien : http://le-mange-livres.blogs..
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Maphil
  21 novembre 2011
Le 26 mars 1938, le jeune Ettore Majorana, mathématicien et théoricien génia de la physique fondamentale, disparaissait mystérieusement.
Mêlant fiction et histoire (en se basant sur des documents authentiques), Anne-Marie Cambon fait de cette disparition le thème central de son roman "Une disparition légèrement incertaine".
Ettore a disparu. S'est-il suicidé ou a-t-il voulu faire croire à sa mort pour mieux disparaître? En 1938, sa famille a mené une enquête qui n'a pas abouti. Huit an plus tard, en 1946, dans ce contexte caractéristique de bilan de l'après guerre, elle charge Ben Montalcino, un soldat américain d'origine italienne qui a combattu en Italie de reprendre cette enquête.
A travers sa correspondance, ses travaux, le témoignage de ses frères, amis et collègues, Ben Montalcino cherche avant tout à connaître l'homme, ce physicien de génie, et à comprendre la raison de cette envie de disparaître.
Les passages concernant la description des travaux de physique des différents chercheurs pourraient sembler, à priori, rébarbatifs mais ils finissent par être agréables en permettant de se remémorer ou de compléter nos notions scolaires de physique quantique.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
MaphilMaphil   21 novembre 2011
- Il est certain qu'il est bien plus connu aujourd'hui qu'il ne l'était quand nous avons battu la campagne napolitaine à sa recherche. Bien sûr, il restera toujours marginal, parce qu'il est parti et a parlé bien trop tôt. Trop tôt et pas assez fort. Je crois qu'il fait partie de ces gens qui ont raison même quand ils se trompent.
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MaphilMaphil   21 novembre 2011
-... Tiens, j'ai même des bandes dessinées italiennes : dans celle-là, il paraît qu'il a été enlevé par les extraterrestres!
- Eh bien, on ne risquait pas de le trouver!
- De toute façon, on avait peu de chance. Qu'est-ce qu'on a cherché, Margarete?
- La solution de l'énigme d'une disparition. Mais d'une énigme sans angoisse. En espérant que, par un tour de lagie, elle métamorphoserait les nôtres.
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urbanbikeurbanbike   20 décembre 2011
Dans votre lettre, c’est à cette anecdote sur son arrivée à l’Institut et à sa « révision » des calculs de Fermi que vous faites allusion, je suppose, et vous me demandez si celui-ci, à l’époque, aurait pu en prendre ombrage. Franchement, je ne le crois pas. En revanche, je crois que dès le jour de son arrivée Fermi fut fasciné par Majorana et qu’il l’est toujours resté, même longtemps après sa disparition. En tout cas, ils se lançaient souvent des défis de calcul, l’un armé de sa calculette, l’autre se retournant contre le mur pour calculer de tête les mêmes équations. C’était un jeu.
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MaphilMaphil   21 novembre 2011
Encore une fois Majorana s'éloigna; toujours à cause de Margarete. L'histoire récente avait gommé ce destin déjà si fantomatique de son vivant. La douleur si particulière, si transparente, d'Ettore ne faisait pas le poids face à l'immense tas de morts des dernières années. Comme un raz de marée, l'Histoire l'avait embarqué et l'entraînait violemment loin du monde clos de Majorana.
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urbanbikeurbanbike   20 décembre 2011
Mais Majorana semblait avoir une lecture immédiate de la « nature des choses » que lui-même (Enrico Fermi) n’aurait jamais au même point. Il a dit plusieurs fois qu’il le considérait comme un « génie », il le comparait même à Galilée et à Newton et je ne pense pas qu’il se soit jamais lui-même considéré comme tel. Et pourtant, croyez-moi, il ne se mésestimait pas.
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Dialogues, émission littéraire 23
Numéro 23 de l'émission Dialogues littéraires d'octobre 2012, produite par la librairie Dialogues et réalisée par Ronan Loup en collaboration avec la chaîne Tébéo. Invités : Nicolas d'Estienne d'Orves, Anne-Marie Cambon et Jean Rohou.
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