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ISBN : 2221112741
Éditeur : Robert Laffont (12/01/2012)

Note moyenne : 3.41/5 (sur 81 notes)
Résumé :
De la campagne de Kennedy à la chute de Nixon, une formidable fresque de l'Amérique des années 1960 signée Stephen Carter, « le Tom Wolfe noir ».
Été 1952, Martha's Vineyard. Vingt hommes se réunissent dans le plus grand secret. Politiciens, avocats, hommes d'affaires, universitaires, Blancs et Noirs, ils sont l'élite de l'Amérique. Ce soir-là, ils signent un pacte diabolique destinéà manipuler le président des États-Unis pour les décennies à venir...
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
horline
  30 juillet 2014
Dans Un roman américain, Stephen Carter dresse le portrait d'un monde qui n'existe plus : celui d'une haute bourgeoisie noire installée à Harlem et qui régnait sur Sugar Hill dans les années 50. Communauté ignorée du grand public, presque invisible, l'auteur dépeint une sorte d'aristocratie évoluant parallèlement à la haute société blanche, avec ses codes, ses tsarines, ses réseaux, ses manigances, ses engagements politiques. Une communauté discrète, parsemée de remparts invisibles, et donc propice à laisser foisonner dans l'imaginaire toutes les intrigues ou machinations mêlant sociétés secrètes, complots, trafic d'influences, luttes de pouvoir, meurtres …
Stephen Carter lui ne lésine pas, il imagine un Projet "infernal" impliquant des hommes d'affaires de l'élite noire mais aussi peut-être bien des hommes politiques blancs de premier ordre et le FBI. Quel est ce projet ? C'est justement ce que tente de percer un jeune auteur noir en pleine ascension sociale, Eddie Wesley, après avoir découvert le cadavre d'un avocat blanc dépositaire d'un testament et la disparition de sa soeur Junie, jeune étudiante promise à un brillant avenir.
Un cadavre, une disparition mystérieuse, des attentats, une Amérique paranoïaque obsédée par les Rouges, la radicalisation de la lutte pour les droits civiques, et un groupe conspirationniste qui se réunit à l'ombre des salons et des résidences victoriennes, Stephen exploite judicieusement la tension née du maccarthysme et de l'émergence des groupes contestataires pour envisager un thriller qui conjugue toutes les peurs irrationnelles de ces années-là.
Se gardant de le juger, Stephen Carter observe son héros se débattre avec une intrigue à énigmes, le manipule avec de fausses pistes_ peut-être dans une interprétation toute personnelle pour éveiller un sentiment de révolte chez ce jeune dandy qui avait pour seule ambition de devenir un écrivain célèbre. Il est intelligent, lucide, voire parfois extra-lucide dans la résolution de certains mystères, mais ne s'est jamais montré réellement soucieux de la cause noire ou de toute forme d'injustice jusqu'à la découverte du Projet, préférant les mondanités et courtiser la belle Aurélia.
Amené à fréquenter les hautes sphères du pouvoir et côtoyer Kennedy et Nixon, Eddie n'est pas seulement un homme à la recherche de sa soeur pendant les vingt ans que durera l'enquête. L'auteur en fait le témoin d'une époque pleine de contradictions, entre dérives du pouvoir et volonté de manipulation des masses, entre émancipation des minorités et replis vers le conservatisme.

C'est un roman prenant si on se laisse prendre. Loin d'enfermer le récit dans un polar avec une trame narrative concise et efficace, Stephen Carter lui préfère un suspense au souffle long qui piège les conséquences de l'impérialisme américain. du trouble, une menace diffuse, des rebondissements il y en a. Mais la densité de l'écriture et le goût de l'auteur pour la grande fresque font de ce thriller politique le portrait avant tout d'une Amérique noire qui défie les clichés, bien plus proche des riches blancs influents que des pauvres noirs du Sud.
Roman ambitieux qui couvre plus de vingt années de l'Histoire américaine en mêlant personnages fictifs et personnalités réelles. Roman passionnant même si le dénouement obéit dans les derniers chapitres à une construction un peu rocambolesque.

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Commenter  J’apprécie          280
sandrine57
  11 juin 2012
Martha's Vineyard, été 1952. Un groupe de vingt hommes influents, noirs et blancs, se réunissent dans une demeure cossue de l'île. Ensemble, ils vont signer un pacte qui, à long terme, leur permettra de s'imposer à la tête des Etats-Unis.
Harlem, 1954. Eddie Wesley, jeune écrivain afro-américain, assiste aux fiançailles de Kevin Garland et Aurelia "Aurie" Treen. Elle a été sa petite amie mais lui a préféré le jeune héritier d'une des familles les plus riches et puissantes de Harlem.
Dépité, Eddie provoque une dernière scène avant de quitter la fête, furieux. En traversant un parc pour rentrer chez lui, il tombe sur un cadavre. L'homme est blanc, bien vêtu, et tient dans sa main et une croix inversée. Intrigué mais prudent, Eddie préfère quitter les lieux sans demander son reste.
Malgré ce qu'il croit, le jeune n'en a pourtant fini ni avec le cadavre, ni avec la croix, ni même avec Aurie.
Pour Eddie, la quête commence quand sa petite soeur disparaît et Aurie lui prêtera main forte, persuadée, dès son voyage de noces, que son mari est lié au complot.

A la fois intrigue politique, chronique sociale et grande histoire d'amour, ce Roman américain nous entraîne sur près de 600 pages dans l'Amérique des années 50, 60 et 70 mais vue du côté de l'"obscure nation". On y découvre une communauté noire très en vue à New-York et dans les grandes villes mais qui se bat ailleurs pour les droits civiques et se radicalise. On y rencontre des figures marquantes (Nixon, JFK, Hoover) et les évènements prégnants (guerre du Vietnam, Watergate, terrorisme) de l'histoire du pays.
Très instructif et documenté, on pourra reprocher à ce roman d'être un peu trop bavard. Stephen CARTER sait de quoi il parle et il étale des couches de connaissances. Par ailleurs, si l'histoire du complot réussit à tenir en haleine au fil des pages, cela retombe un peu sur la fin quand on en découvre la teneur. Et puis, son parti pris d'opposer les "caucasiens" à l"obscure nation", selon ses termes, finit par lasser et frôle, par moments, le racisme.
Il reste un suspense plutôt bien mené, une histoire d'amour qui traverse les années et un portrait minutieux des Etats-Unis.
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Pacomeux
  13 septembre 2014
HARLEM BLESS AMERICA
Voici un beau pavé de 600 pages dont l'action se déroule principalement aux USA, sur près vingt ans, de 1952 à 1974.
Il s'agit d'un roman qui mixe joyeusement réalité et fiction, et que l'on pourrait donc qualifier de « realiction ».
Côté réalité sont invités des personnages illustres (entre autres Richard NIXON, John F. KENNEDY, Edgard HOOVER) ainsi que des événements marquants de la récente Histoire américaine (guerre du Vietnam, Watergate, etc.).
Côté fiction, le livre met en scène la société noire de Harlem des années 50.
Pas le Harlem des années 80 avec sa décrépitude, ses voyous et ses dealers. Mais le Harlem qui a précédé. Celui de la grande bourgeoisie noire de Sugar Hill avec ses « tsarines », marraines et marieuses attitrées de la communauté noire. Malgré la part romancée ciselée par Stephen CARTER, je dois confesser le plaisir d'une réelle découverte.
Le héros du roman est issu des membres de cette communauté noire. Il s'agit d'un jeune écrivain ambitieux – Eddie WESLEY (un petit fumet d'autobiographie ?) - qui se retrouve malgré lui embarqué à double titre dans une enquête qui constitue la trame du roman.
D'abord parce qu'il découvre un cadavre suspect, ensuite suite à la disparition de sa petite soeur adulée.
L'enquête d'Eddie vise a comprendre une intrigue qui semble-il déboucherait sur une conspiration long terme visant à prendre le pouvoir à la Maison Blanche. En d'autres termes, un coup d'état en douceur. Mais un coup d'état « café au lait », impliquant blancs et noirs.
Bien évidemment, la quête du brave Eddie ne s'avère pas simple. C'est un puriste.
En amour d'abord. Bien qu'il n'épouse pas Aurelia, son premier amour, il ne peut se résigner à y renoncer.
Vis-à-vis de sa soeur ensuite. Vingt années d'enquête afin de reconstituer le puzzle de sa disparition. Never give up ! Vraiment très américain.
Enfin, vis-à-vis des principes puritains inculqués par son pasteur de père. Il ne transige jamais avec le pouvoir en place. Et de manière surprenante, il n'est jamais assassiné en dépit d'une pratique alors assez répandue. Juste quelques petits passages à tabac, histoire de lui rappeler qu'il est noir, curieux et têtu. Il faut dire que tout le monde semble apprécier ce brave Eddie. Les noirs, les blancs, les républicains, les démocrates, les riches, les pauvres et même Aurelia malgré son mariage avec un autre.
Conclusion : une vraie ouverture sur une société noire harlémite méconnue - une histoire prenante mais quelque peu compliquée par la densité des personnages et quelques longueurs - au final, pas mal pour un troisième roman qui aurait pu s'intituler « Harlem Bless America ».
P@comeux - 2014/09 ©
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nanapomme
  04 mars 2012
Nous sommes dans le Harlem des années 50, au coeur d'une machination politique bien huilée, qui n'hésite pas à semer quelques cadavres sur son passage. C'est ainsi que l'on rencontre Eddie, jeune écrivain noir, qui va se retrouver au coeur du complot malgré lui. le roman est divisé en six parties, et se déroule sur une vingtaine d'années. Je n'ai pas lâché le récit du début à la fin. Je ne cherchais pas forcément à savoir qui était le cerveau derrière tout ça, c'est en fait tout le déroulement de l'intrigue qui m'a intéressé.

Ce roman a plein de qualités. Tout d'abord, dés le début, il nous embarque dans l'Amérique des années 50 et plus précisément dans le quartier de Harlem, que je ne connaissais pas du tout, avec ses castes et sa mafia. le tout saupoudré d'un racisme ambiant et d'une ségrégation raciale qui peine à s'effacer malgré la modernité de l'époque. L'auteur nous décrit les lieux comme si on y était, ce qui fait que même s'il prend son temps pour planter le contexte, ce n'est pas pesant bien au contraire. La première partie pourrait sembler longue à certains mais moi c'est ce que j'ai préféré. Après cela, le roman prend des tournures de thriller, avec des rebondissements inattendus. Je dois dire que j'ai été surprise, et de manière positive. Eddie, que j'ai apprécié dés le début car je l'ai trouvé attachant et intéressant, bien qu'un peu caricatural quant à son aspect d'artiste tourmenté, devient alors une sorte de détective. En revanche je n'ai pas vraiment aimé le personnage d'Aurélia, j'ai eu du mal à la cerner, mais j'ai quand même été intéressée par son histoire et son lien avec Eddie. Enfin, j'ai apprécié découvrir des personnages réels tels que J.Edgar, dont on parle d'ailleurs beaucoup en ce moment, ou encore Kennedy.
Ce livre a quand même quelques points négatifs, notamment le nombre important de personnages dont on doit suivre l'histoire sur une vingtaine d'années. A certains moments cela aurait pu me lasser mais un rebondissement ou une révélation relançait le récit à chaque fois. le second point négatif est le fil rouge du roman: la fameuse croix, on en parle beaucoup au début, j'avais vraiment envie d'en savoir plus mais l'intrigue autour du bijou se met en place trop lentement à mon goût. Enfin, le dernier point négatif est la longueur du roman, 600 pages n'auraient pas été forcément nécessaires mais je m'en suis contentée car j'ai bien accrochée au roman.
En bref, une lecture vraiment intéressante avec une plume fluide qui a su me convaincre.

Lien : http://nanalit.canalblog.com..
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mimipinson
  20 janvier 2012
« Harlem a ses secrets. Des secrets qu'il ne livrera pas sans se battre. Harlem n'est pas simplement un quartier, Eddie. C'est une idée. Voire une idéologie. Une force. Tu ne peux pas lui chercher des noises. Il rend oeil pour oeil. »
Voici une lecture intéressante à plus d'un titre. L'ouvrage est répertorié comme roman, mais il est aussi un bon cours d'histoire des USA des années 60, et un excellent thriller politico-sociétal.
L'auteur choisi de retracer sur une vingtaine d'année le parcours d'une famille harlémite et va emporter son lecteur dans les méandres d'une période bien agitée des Etats-Unis. Nous suivrons les Garland appartenant à la classe aisée de "l'obscure nation" ; autrement dit une famille noire dont on verra que, malgré les lois raciales de l'époque, rien ne les a éloigné d'une ascension sociale confortable, ni d'avoir une certaine influence sur les choses et les personnes.
Si l'auteur a pris quelques libertés avec certains faits de l'époque, et il s'en explique à la fin de l'ouvrage, les détails sont trop infimes pour en gêner la lecture.
Tout y est : la lutte pour les droits civils, la violence de l'époque, les trafics d'influence, les réunions politiques ultra secrètes, les complots, le FBI, la CIA. de 1950 à 1974, une enquête politico-familiale au rythme haletant, se combine parfaitement avec le parcours des Garland, des Wesley et de tout leur entourage. L'action se situe principalement dans le quart nord-est du pays, et notamment Harlem dont on découvre ici une image aujourd'hui disparue.
Sur le plan stylistique, Stephen Carter nous offre une lecture fluide et agréable, mêlant les dialogues et la narration de manière équilibrée. Bien découpé, ce roman, une fois entamé se lit d'une traite ou presque. Les puristes y verront peut-être un ouvrage un peu conventionnel, convenu…j'y ai pris beaucoup de plaisir. Je me suis plu avec tous ces personnages, à mon sens, bien décortiqués. Et puis, bien qu'il ne s'agisse pas d'un polar à proprement parler, il y avait une suspense assez solide pour me laisser une belle impression, et en conseiller la lecture.
Je remercie infiniment les éditions Robert Laffont pour leur confiance et l'envoi de ce livre.

Lien : http://leblogdemimipinson.bl..
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critiques presse (3)
Lexpress   06 février 2012
L’Amérique, ses défavorisés, ses privilégiés...Stephen Carter évoque le choc des cultures et redonne leur place aux oubliés de l'Histoire.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Bibliobs   06 février 2012
Le dernier thriller de Stephen Carter raconte l'Amérique des années Nixon en s'attardant sur la grande bourgeoisie black de Harlem. Violence, politique et sociologie: on ne s'y ennuie pas.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro   27 janvier 2012
Stephen Carter aime la justesse, le juriste en embuscade derrière l'écrivain. Son dernier roman est à l'image de l'homme: consciencieux et précis.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
horlinehorline   31 juillet 2014
Lorsqu’on reste dans l’ombre, qu’on ne se montre jamais au grand jour, que personne ne peut jamais voir ce que l’on fait, c’est très facile de se croire supérieur. Très facile de se convaincre que l’on a raison. Tant qu’il n’y a personne pour te dire que tu te trompes …
Commenter  J’apprécie          70
mimipinsonmimipinson   20 janvier 2012
« Harlem a ses secrets. Des secrets qu’il ne livrera pas sans se battre. Harlem n’est pas simplement un quartier, Eddie. C’est une idée. Voire une idéologie. Une force. Tu ne peux pas lui chercher des noises. Il rend œil pour œil.
Commenter  J’apprécie          80
MakeMyDaysMakeMyDays   06 juin 2013
Ils n'imaginaient même pas, même après avoir lu le roman, qu'il existait une classe noire fortunée qui vivait à l'ombre de Harlem, dans un monde parallèle au leur. C'était la période libérale de la politique américaine, et le Noir était vu par tous comme pauvre, opprimé, en grand besoin de sollicitude blanche. C'était une couturière qui refusait de s'asseoir à l’arrière de l'autobus. C'était un ouvrier agricole privé du droit de vote par un examen de lecture.
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flottieflottie   06 avril 2016
Leur apathie eut raison de la sienne et curieusement sa flamme se raviva. [...] Il réalisa que ses parents avaient vieilli. Il n'avaient plus l'énergie d'agir. Il fallait que quelqu'un poursuive les recherches pour retrouver Junie et ce ne pouvait être que lui. Wesley Senior et Marie faisaient leur deuil, convaincus, en dépit de leurs paroles optimistes, que leur fille était morte. Eddie se dit qu'il se rangerait à cet avis le jour où on lui montrerait sa tombe.
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folivierfolivier   03 décembre 2013
"Que ce soit en politique, dans le journalisme ou n'importe quoi, je n'aime pas la manière dont collecte des renseignements en vue de compromettre son adversaire. Je me plaisais à croire que la politique était une occupation pour grandes personnes. Je n'en suis plus si sûr. (..) Nous sommes en train de transformer les électeurs en cynique. Toute cette fange va finir par sonner le glas de la démocratie" (pge 704 Ed Pocket)
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