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Enrique Escobar (Éditeur scientifique)Myrto Gondicas (Éditeur scientifique)Pascal Vernay (Éditeur scientifique)
EAN : 9782020788533
306 pages
Seuil (04/02/2005)
4.5/5   9 notes
Résumé :

Dans ce volume sont rassemblés des entretiens et des débats auxquels participa, entre 1974 et 1997, Cornelius Castoriadis - militant politique, économiste, psychanalyste et philosophe. On y verra comment deux questions pour lui " interminables ", celle de la vérité et celle de la vie en société, se sont trouvées mêlées dans sa propre histoire. Après des entretiens où sont retracées les grand... >Voir plus
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
lilianelafondlilianelafond   04 février 2020
Comment ces régimes fonctionnent-ils ?

Ces régimes sont libéraux : ils ne font pas essentiellement appel à la contrainte, mais à une sorte de semi-adhésion molle de la population. Celle-ci a été finalement pénétrée par l’imaginaire capitaliste : le but de la vie humaine serait l’expansion illimitée de la production et de la consommation, le prétendu bien-être matériel, etc. En conséquence de quoi la population est totalement privatisée. Le métro-boulot-dodo de 1968 est devenu bagnole-boulot-télé. La population ne participe pas à la vie publique : ce n’est pas participer que de voter une fois tous les cinq ou sept ans pour une personne que l’on ne connaît pas, sur des problèmes que l’on ne connaît pas et que le système fait tout pour vous empêcher de connaître. Mais pour qu’il y ait un changement, qu’il y ait un vrai autogouvernement, il faut certes changer les institutions pour que les gens puissent participer à la direction des affaires communes ; mais il faut aussi et surtout que change l’attitude des individus à l’égard des institutions et de la chose publique, de la res publica, de ce que les Grecs appelaient ta koina (les affaires communes). Car, aujourd’hui, domination d’une oligarchie et passivité et privatisation du peuple ne sont que les deux faces de la même médaille.
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lilianelafondlilianelafond   04 février 2020
Le capitalisme n'a-t-il pas permis un progrès?
"Certes il y a eu sous le capitalisme une expansion économique fantastique (...) . mais, comme on le voit aujourd'hui, elle a été achetée par des destructions irrémédiables infligées à la biosphère. Et sa condition a
été aussi la lutte des ouvriers pour l'augmentation de la rémunération de leur travail et la réduction de la durée de celui-ci. C'est ainsi que se sont créés les marchés élargis sans lesquels le capitalisme se serait effondré dans les crises de surproduction : c'est ainsi que s'est résorbé le chômage potentiel engendré par la hausse de la productivité. Le chômage actuel est dû au fait que l'élévation accélérée de la productivité du travail depuis 1940 n'a été accompagnée que d'une très faible réduction de la durée du travail - à l'opposé de ce qui s'était passé de 1840 à 1940, où la durée hebdomadaire est passée de 72 heures à 40 heures. Cette obsession de l'augmentation de la production et de la consommation est pratiquement absente des autres phases de l'histoire. (...) la durée du travail dans les sociétés paléolithiques était de 2 à 3 heures par jour (...). Ce que l'on
appelle progrès économique a été obtenu par la transformation des humains en machines à produire et à consommer."
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lilianelafondlilianelafond   04 février 2020
Sommes-nous en démocratie?
"On appelle faussement nos régimes démocratiques, alors que ce sont des oligarchies libérales." (...)
"Ces régimes sont libéraux : ils ne font pas essentiellement appel à la contrainte, mais à une sorte de semi-adhésion molle de la population. Celle-ci a été pénétrée par l'imaginaire capitaliste : le but de la vie humaine
serait l'expansion illimitée de la production et de la consommation, le prétendu bien-être matériel, etc. En conséquence de quoi, la population est totalement privatisée. (...)
La population ne participe pas à la vie politique : ce n'est pas participer que de voter une fois tous les cinq ou sept ans pour une personne que l'on ne connait pas, sur des problèmes que l'on ne connait pas et que le système fait tout pour vous empêcher de connaître. Mais pour qu'il y ait changement, qu'il y ait vraiment auto-gouvernement, il faut certes
changer les institutions pour que les gens puissent participer à la direction des affaires communes; mais il faut aussi et surtout que change l'attitude des individus à l'égard des institutions et de la chose publique (...) .
Car, aujourd'hui, domination d'une oligarchie et passivité et privatisation du peuple ne sont que les deux faces de la même médaille.
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lilianelafondlilianelafond   04 février 2020
Si l’état d’apathie, de dépolitisation, de privatisation actuel se perpétuait, nous assisterions certainement à des crises majeures. Referaient alors surface avec une acuité insoupçonnable aujourd’hui le problème de l’environnement, pour lequel rien n’est fait ; le problème de ce qu’on appelle le tiers monde, en fait les trois quarts de l’humanité ; le problème de la décomposition des sociétés riches elles-mêmes. Car le retrait des peuples de la sphère politique, la disparition du conflit politique et social permet à l’oligarchie économique, politique et médiatique d’échapper à tout contrôle. Et cela produit d’ores et déjà des régimes d’irrationalité poussée à l’extrême et de corruption structurelle.
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lilianelafondlilianelafond   04 février 2020
Je ne suis pas minoritaire ; je suis seul, ce qui ne veut pas dire isolé. J’étais seul, nous étions seuls aussi pendant toute la période de Socialisme ou Barbarie ; la suite a montré que nous n’étions pas isolés. Il est possible que tout ce que je dis et écris soit nul. Il existe toutefois une autre hypothèse, moins optimiste : que les gens aujourd’hui n’ont plus envie d’entendre, et de faire l’effort que réclame un discours qui appelle à la réflexion critique, à la responsabilité, au refus du laisser-aller.
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Video de Cornelius Castoriadis (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Cornelius Castoriadis
François Dosse - Castoriadis, une vie .A l'occasion des "Rendez-vous de l'Histoire" de Blois 2014, rencontre avec François Dosse autour de son ouvrage "Castoriadis, une vie" aux éditions La Découverte. http://www.mollat.com/livres/dosse-francois-castoriadis-une-vie-9782707171269.html Notes de Musique : PORPORA - _Alto Giove_ from Polifemo. Free Music Archive.
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