AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 207032513X
Éditeur : Gallimard (13/04/1989)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 57 notes)
Résumé :
Les démocraties contemporaines, marquées par le dépérissement des grands projets collectifs, seraient entrées dans l'ère du vide. Cependant, ce vide idéologique n'est pas nécessairement un mal mais constitue aussi une chance. Chacun peut désormais se consacrer tout entier à lui-même et mener une vie "à la carte". Gilles Lipovetsky, évitant l'écueil de la déploration, analyse sans les juger le... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
lecteur84
  16 avril 2014
Ce livre date de 1983...L'auteur faisait déjà référence à cette époque à ce que la future société allait engendrer, à savoir l'individualisme roi, la perte du sens commun, la concurrence à tout prix..Il gardait cependant espoir en évoquant non un écroulement des valeurs morales, mais une sorte de transfert vers l'humanitaire notamment...une sorte de refuge pour l'homme, pour ne pas sombrer dans une société dépourvue d'humanité où seul le marché aurait droit de cité...En 1983 on aurait pu douter des transforamtions qu'il annoçait, même la perte des équilibres, où du moins d'une espérance dans une solution alternative y est décrite, à savoir l'écroulement du bloc de l'Est...a relire donc....
Commenter  J’apprécie          114
pbonnet
  26 octobre 2014
Sombre et pédant, lipovetsky livre pourtant au travers de son livre une analyse non moins lucide sur le monde post-modèrne, où le sacré et le collectif ne sont plus, où l'homme se met en scène et voue son existence au paraître, non plus à l'être.
La question qui se pose une fois son oeuvre terminée, est de savoir quel recul prendre par rapport au négativisme profond de chaque phrase parcourue, et de comment utiliser positivement ce savoir pour changer les choses.
Car après avoir déconstruit, le plus dur sera de reconstruire.
Commenter  J’apprécie          80
Zoreillivre
  14 février 2017
Evidemment avec le recul tout paraissait écrit, force est donc de reconnaitre à l'auteur une certaine acuité visuelle. La prise de risque de l'essai est patent révélant aussi des sources mouvantes, voire absentes. Il faut en retenir les grands axes : la perte de sens des institutions, des causes à l'engagement, des motifs porteurs, mobilisateurs, pour constater une réelle impression de vide.
Sans doute n'est ce qu'une impression mais ce vide résonne aujourd'hui en faisant de plus en plus de bruit. La perdition des repères pré-construits nous plonge dans une responsabilité qui semble bien trop pesante pour l'homme. Décider de tout, partout, tout le temps, ne sachant ni quand ni comment une valeur doit être soutenue ou pas, se révèle tâche insurmontable. La légèreté, la cool attitude, vient à l'aide du vide comme un brouillard providentiel.
L'ouvrage fait réfléchir, par son pessimisme, par sa vision, et si on ne peut complètement adhérer, on ne peut pas non plus réellement l'esquiver.
Commenter  J’apprécie          50
Bartolomeo
  04 octobre 2013
Une écriture prétentieuse, à la limite de l'intelligibilité, qui s'apparente plus à une démonstration d'érudition par un assemblage de mots rares et brillants qu'à un discours structuré, porteur de sens et conçu pour être compris. Il suffit de lire le pénible avant-propos pour s'en convaincre. Dommage pour une matière qui pourrait être si intéressante!
Commenter  J’apprécie          82
Enroute
  12 décembre 2016
La nervosité de l'écriture, l'ironie des titres, comme jetés sur le papier, et la longue litanie de coups d'oeil fragmentés sur la société du début des années 80 m'ont donné l'impression de lire un pamphlet. Difficile à mon sens de révéler des vérités éternelles sous cette forme en tant de pages - il m'a plutôt semblé avoir accès à un point de vue, un billet d'humeur circonscrit à son époque qui ne vise pas à projeter les réflexions qu'il contient au-delà de son moment d'écriture. Un peu de concentration m'aurait sans doute permis de retirer un enseignement de ce texte par une synthèse des millions de traits qu'il accumule mais je n'en ai pas eu le coursge : j'ai pensé que c'était le travail de l'auteur.
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   26 novembre 2016
Rien n’est plus étrange en ce temps planétaire que ce qu’on désigne par « retour du sacré » : succès des sagesses et religions orientales (zen, taoïsme, bouddhisme), des ésotérismes et traditions européennes (kabbale, pythagoricisme, théosophie, alchimie), étude intensive du Talmud et de la Torah dans les Yéchivot, multiplication des sectes ; incontestablement, il s’agit là d’un phénomène très post-moderne en rupture déclarée avec les Lumières, avec le culte de la raison et du progrès. Crise du modernisme pris de doute sur lui-même, Incapable de résoudre les problèmes fondamentaux de l’existence, incapable de respecter la diversité des cultures et d’apporter la paix et le bien-être de tous ? Résurrection du refoulé occidental au moment où celui-ci n’a plus aucun sens à offrir ? Résistance des individus et groupes devant l’uniformisation planétaire ? Alternative à la terreur de la mobilité en revalorisant les croyances du passé ? Reconnaissons que nous ne sommes pas convaincus par ce type d’analyses.

Il convient avant tout de remettre à sa juste place l’engouement actuel dont jouissent les multiples formes de sacralité. Le procès de personnalisation a pour effet une désertion sans précédent de la sphère sacrée, l’individualisme contemporain ne cesse de saper les fondements du divin : en France, en 1967, 81 % des jeunes de quinze à trente ans déclaraient croire en Dieu ; en 1977 ils n’étaient plus que 62 %, en 1979, 45,5 % seulement des étudiants déclaraient croire en Dieu. Qui plus est, la religion elle-même est emportée par le procès de personnalisation : on est croyant, mais à la carte, on garde tel dogme, on élimine tel autre, on mêle les Évangiles avec le Coran, le zen ou le bouddhisme, la spiritualité s’est mise à l’âge kaléidoscopique du supermarché et du libre-service. Le « turn over », la déstabilisation a investi le sacré au même titre que le travail ou la mode : quelque temps chrétien, quelques mois bouddhiste, quelques années disciple de Krishna ou de Maharaj Ji.

Le renouveau spirituel ne vient pas d’une absence tragique de sens, n’est pas une résistance à la domination technocratique, il est porté par l’individualisme post-moderne en en reproduisant la logique flottante. L’attraction du religieux est inséparable de la désubstantialisation narcissique, de l’individu flexible en quête de lui-même, sans balisage ni certitude – fût-ce dans la puissance de la science –, elle n’est pas d’un autre ordre que les engouements éphémères mais néanmoins puissants pour telle ou telle technique relationnelle, diététique ou sportive. Besoin de se retrouver soi-même ou de s’annihiler en tant que sujet, exaltation des rapports interpersonnels ou de la méditation personnelle, extrême tolérance et fragilité pouvant consentir aux impératifs les plus drastiques, le néo-mysticisme participe de la gadgétisation personnalisée du sens et de la vérité, du narcissisme psy, quelle que soit la référence à l’Absolu qui le sous-tend. Loin d’être antinomique avec la logique majeure de notre temps, la résurgence des spiritualités et ésotérismes de tout genre ne fait que l’accomplir en augmentant l’éventail des choix et possibles de la vie privée, en permettant un cocktail individualiste du sens conforme au procès de personnalisation. (pp. 169-171)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
LUKE59LUKE59   08 juillet 2011
...,c'est à un détachement émotionnel qu'aspireraient de plus en plus les individus,en raison des risques d'instabilité que connaissent de nos jours les relations personnelles.Avoir des relations interindividuelles sans attachement profond,ne pas se sentir vulnérable,développer son indépendance affective,vivre seul,tel serait le profil de Narcisse.
Commenter  J’apprécie          120
lilianelafondlilianelafond   19 février 2018
La séduction renvoie à notre univers de gammes optionnelles, de rayons exotiques, d’environnement psy, musical et informationnel où chacun a loisir de composer à la carte les éléments de son existence. « L’indépendance, c’est un trait de caractère, c’est aussi une façon de voyager à son rythme, selon vos désirs ; construisez « votre » voyage. Les itinéraires proposés dans nos Globe-Trotters ne sont que des suggestions qui peuvent être combinées, mais aussi modifiées en tenant compte de vos souhaits. » Cette publicité dit la vérité de la société post-moderne, société ouverte, plurielle, prenant en compte les désirs des individus et accroissant leur liberté combinatoire. La vie sans impératif catégorique, la vie kit modulée en fonction des motivations individuelles, la vie flexible à l’âge des combinés, des options, des formules indépendantes rendus possibles par une offre infinie, ainsi opère la séduction
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
sterou75sterou75   13 avril 2012
Communiquer pour communiquer, s'exprimer sans autre but que de s'exprimer et d'être enregistré par un micropublic, le narcissisme révèle ici comme ailleurs sa connivence avec la désubstantialisation post-moderne, avec la logique du vide.
Commenter  J’apprécie          60
sterou75sterou75   13 avril 2012
c'est partout la recherche de l'identité propre et non plus de l'universalité qui motive les actions sociales et individuelles.
Commenter  J’apprécie          60
Videos de Gilles Lipovetsky (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gilles Lipovetsky
Les Matins de France Culture - Le capitalisme : un artiste qui monte ?
autres livres classés : individualismeVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (5 - essais )

Roland Barthes : "Fragments d'un discours **** "

amoureux
positiviste
philosophique

20 questions
316 lecteurs ont répondu
Thèmes : essai , essai de société , essai philosophique , essai documentCréer un quiz sur ce livre