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Albert Camus (Préfacier, etc.)Geneviève Renaux (Auteur du commentaire)
ISBN : 2070373568
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)

Note moyenne : 4.22/5 (sur 59 notes)
Résumé :
Un enfant naturel, admirablement doué, beau comme l'Amour, qui ne fait la conquête de la haute société que pour lui dire son mépris et laisser la plus cruelle peinture des dernières années de l'Ancien Régime. La Révolution survenue, Chamfort s'y jette à corps perdu. Mais ce dernier des justes ne supporte pas ce que Robespierre et Marat imposent de violence et de sang à l'action politique et il tente de se tuer «dans des circonstances si horribles, écrit Albert Camus... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
madameduberry
  22 mars 2014
"La plupart des livres d'à présent ont l'air d'avoir été faits en un jour avec des livres lus de la veille" Voilà une pensée qui pourrait être contemporaine. Comme quoi la littérature médiocre n'a pas d'époque définie. Chamfort est un expert dans l'art de la maxime, cousine française de l'aphorisme. Ah, l'esprit français! Cet art de la conversation, ou du mot qui cloue et qui tue, sous les lambris dorés. Ici nous avons aussi un art de la pensée, ramassée en quelques lignes, ou en un paragraphe. Cet auvergnat de filiation incertaine se fera un nom par son intelligence, sa vivacité, et ses succès mondains, notamment féminins. On dit que, ayant amorcé une fugue qui devait l'emmener au-delà des mers à 17ans, il fit demi tour à Cherbourg, disant à son comparse futur traducteur d'Ossian et de Shakespeare: "Avant de faire le tour du monde, si nous faisions le tour de nous-mêmes!" Son commerce galant et ses succès féminins lui occasionnèrent dit-on une maladie vénérienne qui affecta tôt son état de santé. Mais c'est sa fin qui est un roman. Inquiété à deux reprises par les révolutionnaires, il devance la seconde fois l'emprisonnement en se massacrant littéralement au pistolet, puis au rasoir, afin de revendiquer son état d'homme libre. Il mourra d'une infection secondaire à ses blessures, mais ne retournera pas en prison. Pour un homme qui vécut des libéralités que les puissants voulurent bien lui accorder, et qu'à l'occasion il se donnait le luxe de refuser, cela ne manque pas de panache. C'est bien sûr que, comme Sade, ce libertin fut aussi et avant tout peut-être, un moraliste.
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Moosbrugger
  03 mai 2013
Chamfort s'inscrit dans la tradition des moralistes classiques tels que La Rochefoucauld ou La Bruyère pour nous livrer son « Produit de la civilisation perfectionnée ».
n°277 « Un homme d'esprit est perdu s'il ne joint pas à l'esprit l'énergie de caractère. Quand on a la lanterne de Diogène, il faut avoir son bâton. »
L'entrée, très copieuse, se compose des « Maximes et pensées », qui est une collection d'aphorismes sur des sujets divers (La solitude, l'esprit, l'esclavage…). Nous percevons de suite ce qui est touchant avec ce moraliste : nous ressentons une véritable présence à travers ces aphorismes, l'expression d'une âme revêche, orgueilleuse, sans compromis aucun. Un sale caractère qui a des choses à nous dire et qui n'hésite pas à s'impliquer ! C'est finalement tout le contraire des généralités très impersonnelles des Caractères de la Bruyère. En outre, Chamfort plaisait beaucoup à Nietzsche et nous comprenons pourquoi durant cette lecture. D'ailleurs, il nous faudra déjà parler ici des entremets, car comme avec les yaourts, vous pourrez constater que la philosophie du moustachu contient des vrais morceaux de Chamfort !
Mais Il est temps d'attaquer le plat de résistance, les « Caractères et anecdotes », qui se composent d'une collections d'indiscrétions concernant les personnages en vue de l'époque, gens de la cours , nobles, artistes, penseurs et membres du clergé. Ceux-ci relatent certains faits croustillants transmis depuis l'époque de Louis XIV, jusqu'aux faits rapportés par ouï-dire, ou dont Chamfort a été témoin, ayant cours durant le règne de Louis XV et de Louis XVI. Ces savoureuses et -supposément- véridiques histoires s'amassaient sur des petits billets que Chamfort conservait et qui furent publiés par son ami Guinguené. On y découvre un sens miraculeux de la concision et de la chute, et surtout un humour fin et corsé comme du gibier. D'ailleurs, après pourtant plusieurs lectures, ces anecdotes parviennent encore à me faire marrer ! Tout ceci est encore meilleur qu'une farce de Molière
Enfin, Les «Petits dialogues philosophiques » composeront le fromage, mais je pense que vous n'aurez plus assez faim pour apprécier ces derniers traits d'esprit...
L'introduction de Camus présente un peu l'auteur et son oeuvre. le caractère et la vie de Chamfort, misanthrope éminent (un chapitre de ses Caractères ne se nomme pas pour rien « du goût de la retraite et de la dignité du caractère »), sont en eux même des aspects indispensables pour qui veut ressentir tout l'âpreté et l'originalité de cette gastronomie unique, d'un auteur impitoyable aussi bien pour les absurdités de l'absolutisme que pour les débordements de la Révolution française.
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LucienRaphmaj
  28 novembre 2012

"La meilleure philosophie, relativement au monde, est d'allier, à son égard, le sarcasme de la gaieté avec l'indulgence du mépris." (XXXI)
Chamfort a ça de commun avec Voltaire, d'avoir eu une célébrité d'homme de théâtre et une postérité d'ironiste sarcastique. Enfin, le rapprochement tourne court. Car c'est bien un acide noir et misanthrope qui anime l'encre de Chamfort. Ni Voltaire, ni Rousseau. Quoi donc ? Un esprit fort ? C'est ça. A savourer sans modération.
Sébastien-Nicolas Roch se piqua de se renommer "de Chamfort" à l'âge de 20 ans, affirmant sûrement avec l'ambition et la désinvolture ce qui va devenir pour lui tout une philosophie : "Quiconque n'a pas de caractère n'est pas un homme : c'est une chose." (CCLXXXV) Voilà qui est posé. Tel est le nerf de la pensée de Chamfort tout comme l'amour-propre est le leitmotiv De La Rochefoucauld. Désillusion et énergie du caractère, telle est la formule stimulante qu'assène tantôt disjointe, tantôt rassemblée, les Maximes et Pensées de Chamfort.
Pourtant rien de "moraliste" chez Chamfort, qui se démarque fort de cette tradition attaquée nommément à de nombreuses reprises, Chamfort s'élevant contre ces professeurs contrits de valeur, de vertu, et d'hypocrisie, dressant un portrait au vitriol de l'homme de cour, de l'esprit aristocratique et des "sottises" propre à l'homme.. Cependant, malgré tout, on ne comprend pas bien Chamfort, je pense, si l'on a pas une teinture de la Bruyère, De La Rochefoucauld. Et tout autant on en profite encore plus si l'on a un peu de Nietzsche en tête.
Chamfort, l'anti-La Rochefoucauld ? Pour ce jacobin, administrateur de la BN, suicidé de la Révolution, à tout le moins.
Je trouve qu'avec la dissémination de l'attention, la prescription de la lecture des Maximes et Pensées de Chamfort fait partie d'une longue liste de remède.
Lien : http://www.senscritique.com/..
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Citations et extraits (65) Voir plus Ajouter une citation
LiliGalipetteLiliGalipette   06 mars 2011
Il n'y a personne qui n'ait plus d'ennemis dans le monde qu'un homme droit, fier et sensible, disposé à laisser les personnes et les choses pour ce qu'elles sont, plutôt qu'à les prendre pour ce qu'elles ne sont pas.
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enkidu_enkidu_   05 septembre 2014
Ce que j’admire dans les anciens philosophes, c’est le désir de conformer leurs mœurs à leurs écrits : c’est ce que l’on remarque dans Platon, Théophraste et plusieurs autres. La Morale pratique était si bien la partie essentielle de leur philosophie, que plusieurs furent mis à la tête des écoles, sans avoir rien écrit ; tels que Xénocrate, Polémon, Heusippe, etc. Socrate, sans avoir donné un seul ouvrage et sans avoir étudié aucune autre science que la morale, n’en fut pas moins le premier philosophe de son siècle. (CDXLVIII)
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madameduberrymadameduberry   22 mars 2014
La plupart des institutions sociales paraissent avoir pour objet de maintenir l'homme dans une médiocrité d'idées et de sentiments qui le rendent plus propre à gouverner ou à être gouverné
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enkidu_enkidu_   05 septembre 2014
On est plus heureux dans la solitude que dans le monde. Cela ne viendrait-il pas de ce que dans la solitude on pense aux choses, et que, dans le monde, on est forcé de penser aux hommes ? (CCLXXI)
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gouelangouelan   05 janvier 2015
Vivre est une maladie, dont le sommeil nous soulage toutes les seize heures ; c'est un palliatif : la mort est un remède
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