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Jean-Claude Berchet (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253160806
Éditeur : Le Livre de Poche (02/11/2001)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 44 notes)
Résumé :
Le temps du Consulat et de l’Empire qui couvre cette deuxième partie des Mémoires, Chateaubriand le définissait comme celui de sa carrière d’écrivain. Et ce sont en effet de belles années de fécondité littéraire, puisque alors s’écrivent Atala, le Génie du christianisme et Les Martyrs. Mais comme toujours s’entrecroisent l’histoire privée et l’histoire publique que les deuils ici réunissent : en 1803, la mort de Pauline de Beaumont à Rome dans les bras de l’écrivain... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
NMTB
  14 avril 2017
Un vrai roman la vie De Chateaubriand ! Comme beaucoup d'autres Français de son époque, à la différence près qu'il a connu une petite renommée littéraire avec le Génie du Christianisme. A la suite de ce succès, le premier consul Bonaparte essaye de l'enrôler à ses côtés en le nommant secrétaire de l'ambassadeur à Rome, comme un garant de sa bonne disposition pour l'Eglise. C'est à l'occasion de ce séjour à Rome qu'il raconte l'agonie de Mme de Beaumont, une jeune dame tuberculeuse qui a apparemment beaucoup comptée pour lui, puisqu'elle est venue passer ses derniers jours auprès de lui et mourir dans ses bras. Il s'arrête assez longuement sur cet évènement, tout comme sur la condamnation à mort du duc d'Enghien qui met fin à sa courte collaboration avec Bonaparte : Chateaubriand en tant que royaliste ne pouvait pas accepter ce qu'il jugeait comme une arrestation abusive et une condamnation arbitraire. Cette date du 21 mars 1804 marque une rupture dans son esprit, le début de la tyrannie de Bonaparte.
Mais si la vie De Chateaubriand est un roman, comment qualifier celle de Bonaparte ? Epique, bien sûr. Si je me souviens bien, Chateaubriand regrettait, dans le Génie du Christianisme, qu'il y ait peu de grandes épopées dans l'histoire récente ou de grands sujets qui permettraient d'égaler celles de l'antiquité. Il ne savait pas encore qu'il allait en vivre une fameuse. le problème c'est que Chateaubriand, tout en admirant Bonaparte - « Mon admiration pour Bonaparte a toujours été grande et sincère » écrivait-il -, détestait Napoléon. Il détestait l'homme qui avait mis fin à l'anarchie de la Terreur en instituant la tyrannie de l'Empire. Il fait une biographie noire de l'empereur, où il a rassemblé, je crois, tout ce qu'on a pu dire de mal sur lui : il le représente en jeune Corse davantage attaché à l'Italie, méprisant les Français, baragouinant à peine notre langue, avec la reproduction d'un document bourré de fautes d'orthographe, homme de main des terroristes, cruel, pilleur, cynique, et finalement despote ennemi de la liberté. Il cherche à casser le mythe et à contrecarrer la propagande officielle mise en place dès le règne de Napoléon ; il cite notamment les Bulletins de l'armée pour montrer toute leur désinformation. Il regrette que les souvenirs de son despotisme soient noyés par les jeunes générations dans la légende : « son histoire est finie et son épopée commence. »
De toute façon, Chateaubriand se montre critique avec tous les hommes d'Etat français, même avec les rois. Il est peu disert sur Louis XVI qu'il n'a rencontré qu'une fois sans même lui adresser la parole. Il a eu plus de relations avec Louis XVIII, mais on a l'impression en le lisant qu'il ne trouvait pas ces deux rois à la hauteur des évènements. Il faut comparer avec les éloges qu'il adresse aux autres chefs d'Etats étrangers : Fredéric Guillaume II, croisé sur les champs de bataille ; le tsar Alexandre, héros antagoniste de Napoléon, magnanime, équitable, humble et respectueux ; et surtout Washington qui reste pour lui le modèle du chef d'Etat.
Son positionnement politique me laisse toujours perplexe, j'ai l'impression qu'il était républicain par raison et royaliste par fidélité et qu'il mettait un point d'honneur à ne pas se renier ; il faut peut-être faire preuve d'un peu d'imagination pour le comprendre exactement, car aucune des institutions que nous connaissons n'était encore bien définie à l'époque, et pour lui la République était quasiment un synonyme de la Terreur. Il avait de toute façon un esprit de contradiction assez développé et détestait les carriéristes versatiles. Lui, au contraire, se faisait une gloire d'être toujours resté fidèle à la monarchie.
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chartel
  15 décembre 2011
Ce deuxième tome comprend les livres XIII à XXIV, une partie des Mémoires essentiellement consacrée à Bonaparte. Ayant une haute idée de sa personne, Chateaubriand dresse un parallèle entre celui qui fit trembler l'Europe entière au début du XIXe siècle et lui-même. Malgré les nombreux reproches que Chateaubriand adresse à Bonaparte, il ne peut cacher la fascination que le tyran exerça sur lui. Mais parler de Bonaparte permet indirectement de se mettre en scène soi-même. On sent bien que Chateaubriand cherche à prendre sa part de la gloire posthume de Bonaparte. Bien qu'il soit probablement sûr que ce dernier ne se soit jamais soucié de l'auteur du "Génie de Christianisme", à la lecture de ces pages, on pourrait croire l'inverse.
Si tout cela prête à rire, et malgré ses accents réactionnaires (Chateaubriand n'aura jamais digéré Voltaire !) ces Mémoires n'en gardent pas moins un caractère épique et magistral à travers la description des campagnes napoléoniennes, avec notamment des passages grandioses sur la retraite de Russie.
Comme quoi, il y a de tout dans Chateaubriand : on s'irrite, ensuite on rit un bon coup et quelques lignes plus loin on s'émerveille de cette si rare poésie.
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AmandineMM
  12 août 2011
J'ai trouvé la longue "digression" sur Napoléon des livres 19e à 24e très intéressante - ça m'a permis de me remettre en mémoire ce que je savais de cette période de l'Histoire et m'a permis d'approfondir ces connaissances par le regard d'un contemporain des faits, ce que je trouve toujours plus intéressant ou au moins enrichissant comme complément au récit d'historiens plus tardifs -, mais j'ai fini par m'en lasser à la moitié: son style d'écriture me semblait moins lyrique, plus "sec", je préfère de loin les passages où il parle de lui-même et réfléchit au temps qui passe, à la vanité des vies humaines si éphémères. Il parlait assez peu des femmes dans ce tome-ci, au contraire du premier tome où il le faisait davantage: j'ai trouvé cela dommage, car sa vision assez idéalisée de la femme m'intéressait beaucoup.
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Birguitou
  06 août 2012
Ce que j'ai lu de plus beau
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Sahib_Shihab92Sahib_Shihab92   02 décembre 2017
Je m'assis dans un coin et j'attendis. Tout à coup une porte s'ouvre : entre silencieusement le vice appuyé sur le bras du crime, M. de Talleyrand marchant soutenu par M. Fouché ; la vision infernale passe lentement devant moi, pénètre dans le cabinet du Roi et disparaît. Fouché venait jurer foi et hommage à son seigneur ; le féal régicide, à genoux, mit les mains qui firent tomber la tête de Louis XVI entre les mains du frère du roi martyr ; l'évêque apostat fut caution du serment.
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Sahib_Shihab92Sahib_Shihab92   02 décembre 2017
le Roi se préparait à rentrer dans son palais, moi dans ma retraite. Le vide se reforme autour des monarques sitôt qu'ils retrouvent le pouvoir. J'ai rarement traversé sans faire des réflexions sérieuses les salons silencieux et déshabités des Tuileries, qui me conduisaient au cabinet du Roi : à moi, déserts d'une autre sorte, solitudes infinies où les mondes mêmes s'évanouissent devant Dieu, seul être réel.
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Sahib_Shihab92Sahib_Shihab92   02 décembre 2017
Sa Majesté (Louis XVIII ) était logée dans les bâtiments de l'abbaye : on avait toutes les peines du monde à empêcher les petites filles de la Légion-d'Honneur de crier : Vive Napoléon !
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NMTBNMTB   01 avril 2017
[Extrait de son discours de réception à l’Académie française au fauteuil de Marie-Joseph Chénier]

Nous tous, qui vécûmes dans les troubles et les agitations, nous n'échapperons pas aux regards de l'histoire. Qui peut se flatter d'être trouvé sans tache, dans un temps de délire où personne n'avait l'usage entier de sa raison ? Soyons donc pleins d'indulgence pour les autres ; excusons ce que nous ne pouvons approuver. Telle est la faiblesse humaine, que le talent, le génie, la vertu même, peuvent quelquefois franchir les bornes du devoir. M. Chénier adora la liberté ; pourrait−on lui en faire un crime ? les chevaliers eux−mêmes, s'ils sortaient de leurs tombeaux, suivraient la lumière de notre siècle. On verrait se former cette illustre alliance entre l'honneur et la liberté, comme sous le règne des Valois les créneaux gothiques couronnaient avec une grâce infinie dans nos monuments les ordres empruntés des Grecs. La liberté n'est−elle pas le plus grand des biens et le premier des besoins de l'homme ? Elle enflamme le génie, elle élève le coeur, elle est nécessaire à l'ami des muses comme l'air qu'il respire. Les arts peuvent, jusqu'à un certain point vivre dans la dépendance, parce qu'ils se servent d'une langue à part qui n'est pas entendue de la foule ; mais les lettres, qui parlent une langue universelle, languissent et meurent dans les fers. Comment tracera−t−on des pages dignes de l'avenir, s'il faut s'interdire en écrivant, tout sentiment magnanime, toute pensée forte et grande ? La liberté est si naturellement l'amie des sciences et des lettres, qu'elle se réfugie auprès d'elles lorsqu'elle est bannie du milieu des peuples ; et c'est nous, messieurs, qu'elle charge d'écrire ses annales et de la venger de ses ennemis, de transmettre son nom et son culte à la dernière postérité. Pour qu'on ne se trompe pas dans l'interprétation de ma pensée, je déclare que je ne parle ici que de la liberté qui naît de l'ordre et enfante des lois, et non de cette liberté fille de la licence et mère de l'esclavage.
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NMTBNMTB   06 avril 2017
Le 29 septembre, on touche aux fatales collines de la Moskowa : un cri de douleur et de surprise échappe à notre armée. De vastes boucheries se présentaient, étalant quarante mille cadavres diversement consommés. Des files de carcasses alignées semblaient garder encore la discipline militaire ; des squelettes détachés en avant, sur quelques mamelons écrêtés, indiquaient les commandants et dominaient la mêlée des morts. Partout armes rompues, tambours défoncés, lambeaux de cuirasses et d'uniformes, étendards déchirés, dispersés entre des troncs d'arbres coupés à quelques pieds du sol par les boulets : c’était la grande redoute de la Moskowa.
Au sein de la destruction immobile on apercevait une chose en mouvement : un soldat français privé des deux jambes se frayait un passage dans des cimetières qui semblaient avoir rejeté leurs entrailles au dehors. Le corps d'un cheval effondré par un obus avait servi de guérite à ce soldat : il y vécut en rongeant sa loge de chair ; les viandes putréfiées des morts à la portée de sa main lui tenaient lieu de charpie pour panser ses plaies et d'amadou pour emmailloter ses os. L'effrayant remords de la gloire se traînait vers Napoléon : Napoléon ne l'attendit pas.
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François René De CHATEAUBRIAND– Les Malheurs De La Révolution- Poème
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