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La comédie humaine (La Pléiade) tome 1 sur 12

Pierre-Georges Castex (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070108510
1574 pages
Gallimard (06/05/1976)
4.19/5   131 notes
Résumé :
Avant-propos de La Comédie humaine.
Études de mœurs, scènes de la vie privée : La Maison du Chat-qui-pelote - Le Bal de Sceaux - Mémoires de deux jeunes mariées - La Bourse - Modeste Mignon - Un Début dans la vie - Albert Savarus - La Vendetta.
Que lire après La comédie humaine - La Pléiade, tome 1Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Voilà quelque temps que je médite d'écrire un petit commentaire non tant sur l'oeuvre elle-même dont vous savez depuis le temps tout le bien que je pense et pour laquelle j'ai déjà posté des commentaires ailleurs, mais plutôt sur cette édition.
Cette collection de Classiques Garnier parue en 2008-2009 (il ne s'agit que d'un rachat de nom car les " véritables " Classiques Garnier à reliure jaune avec appareil critique de haut vol n'existent plus depuis belle lurette) présente vraiment beaucoup d'avantages.
Le livre est parfaitement équilibré, pas trop lourd, agréable en main avec une couverture rigide de qualité. Les notes, ni trop nombreuses ni trop absentes sont situées en bas de page et n'obligent pas à d'incessants va-et-vient, ce qui est parfois lassant dans certaines éditions.
Je ne vous cache pas que même s'ils sont plus encombrants que les Pléiades (pas imprimé sur du papier bible donc un peu plus volumineux) je les préfère largement, notamment pour le confort de lecture qui est un vrai bonheur dans cette série.
Les regroupements, bien que bon an mal an suggérés par le classement De Balzac, n'est pas inintéressant. Ce volume 1, pas choisi au hasard bien que respectant dans l'ordre des quatre livres les prescriptions de l'auteur, est une sorte de best of à lui tout seul.
Choix admirable pour donner envie de se plonger dans la Comédie Humaine.
Bref, si vous hésitez sur le choix d'une collection sympa pour vous offrir cette fresque littéraire, je vous conseille sans hésitation celle-là qui vous donnera bien du plaisir. Mais ce n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.

P. S. : Pour information, ce volume contient les quatre romans ou nouvelles suivants (dans cet ordre) : le Père Goriot, le Colonel Chabert, La Messe de L'Athée et L'Interdiction. J'ai apporté à chacun d'eux un avis plus détaillé quant à l'oeuvre directement sur chacun des titres.
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J'ai mis un peu plus de trois ans pour lire Les Scènes de la vie privées d'Honoré de Balzac, de novembre 2016 à février 2020, lecture au long cours entrecoupée de longues pauses…
J'y ai fait de très belles découvertes de textes méconnus du grand public, de tous les formats, de la courte nouvelle au véritable pavé. Je ne connaissais aucun de ces textes, tout en ayant lu et étudié plusieurs romans De Balzac ; il faut croire que les choix d'études ne se font pas parmi les Scènes de la vie privée, ce qui est dommage car elles contiennent de véritables pépites, certaines très abordables et brèves, idéales pour commencer avec cet écrivain…

La vie privée, dans La Comédie humaine, se décline en récits de mariage, en triangles amoureux, en crises familiales, en trahisons et ruptures, en héritages...
Ce qui frappe au premier abord pour les mariages, c'est que l'amour n'en est pas souvent le moteur ou le motif ; qui plus est, si amour il y a, cela ne garantit pas le bonheur… Vivent les mariages d'intérêt !
Est-il question d'amour ou d'amitié, oui… et de raison surtout… La question d'argent est omniprésente dans ses scènes : dots, rentes, dettes, placements sur le Grand Livre, emprunts, majorats, tutelles, valeurs, donations…

Tous ces livres sont l'occasion de nous offrir de belles descriptions de la vie domestique, des intérieurs modestes, bourgeois, cossus… Balzac nous montre l'intimité de ses personnages, crée des ambiances, des atmosphères, reflets de « ce qui se passe partout » dans le respect des réalités socio-économiques de son époque.
Mais il y oppose aussi la vie mondaine et ses manigances, ses jeux de dupes et de séductions, ses rumeurs et ragots, ses complots…
Lire Balzac permet de tout savoir dans les moindres détails : comment on s'habille, ce que l'on mange, comment s'organise un ménage, comment on voyage, etc… au XIXème siècle.

Quel beau défilé de physionomies, de types, de milieux !
J'ai beaucoup apprécié les nombreux portraits de femmes, à tous les âges de la vie : jeunes filles inexpérimentées, passionnées, belles et bonnes âmes vertueuses, bigotes, épouses et maitresses, adulées ou humiliées, exaltées, malignes, surprotégées, abandonnées… Il est souvent question aussi de l'amour maternel, des sacrifices qu'il impose, des dérives qu'il provoque.
Balzac évoque les ravages de l'adultère féminin, un véritable crime au XIXème siècle quand la norme sociale pêchait par étroitesse de vue et d'esprit ; la femme est toujours coupable et punie, quels que soient ses mérites.
Balzac a un réel talent pour mettre en mot tout un monde féminin. Il maîtrise paradoxalement bien la psychologie féminine. Ses portraits sont saisissants de vérité sur tous les plans.

J'ai retrouvé la posture moralisatrice De Balzac, sa réprobation devant les excès de son temps, sa condamnation réciproque des moeurs libérées de l'empire comme de la répression de la Restauration. Religion, famille et monarchie étaient ses grands principes et ils se lisent souvent en filigrane.
Certains passages sont de vibrants hommages à la pauvreté méritante ou encore des mises en lumières de conséquences tragiques de tout manquement.

Enfin, comment ne pas être admirative devant cet immense écheveau de personnages et d'intrigues qui s'enchaînent, se coupent et se recoupent !

Mon bilan personnel, qui n'engage que moi… Sur vingt-cinq textes, treize sont de très belles découvertes et neuf sont d'excellents moments de lecture ; c'est dire mon engouement pour cet écrivain ! Mes déceptions concernent seulement deux textes un peu brouillons, sans doute pas vraiment aboutis et un pavé un peu ennuyeux…
CINQ ÉTOILES, mes préférés : Mémoires de deux jeunes mariées (1841), Gobseck (1830), Un début dans la vie (1844).
QUATRE ÉTOILES, les pépites : La Maison du Chat-qui-pelote (1830), le Bal de Sceaux (1830), Une double Famille (1830), La Paix du ménage (1830), La fausse Maîtresse (1842), Une Fille d'Ève (1842), La Messe de l'athée (1832), La grande Bretèche (1832), Modeste Mignon (1844), Honorine (1843).
TROIS – QUATRE ÉTOILES, pas vraiment un coup de coeur, mais du grand Balzac tout de même : La Femme de trente ans (1834).
TROIS ÉTOILES, les valeurs sures : La Bourse (1830), La Vendetta (1830), Madame Firmiani (1832), Étude de femme (1831), Albert Savarus (1842), La Femme abandonnée (1833), La Grenadière (1832), le Contrat de mariage (1835).
DEUX – TROIS ÉTOILES, quelques réserves : Béatrix (1839).
DEUX ÉTOILES, les déceptions : le Message (1833), Autre étude de femme (1839-1842).

En route pour les Scènes de la vie de province dont certains romans seront des relectures.

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Protocole d'édition ! la comédie humaine de balzac !
une chronologie pour lire l'oeuvre de balzac et bien se situer dans le temps et dans l'espace pour comprendre la critique de balzac en ce qui concerne la comédie humaine dans son intégralité!

par Nicole Mozet et Isabelle Tournier
Protocole Architecture de l'édition Furne Oeuvres rattachées à la CH Catalogue de 1845

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Protocole d'édition

Notre texte de base est celui de la Comédie humaine. Oeuvres complètes de M. de Balzac, chez Furne, Dubochet et Cie, Hetzel et Paulin, dans l'édition communément appelée « Furne » , la seule entièrement contrôlée par l'auteur et la seule lue par ses contemporains. Elle comprend 16 volumes au format in-8, parus entre le 25 juin 1842 (date de mise en vente du 1er volume) et août 1846 (les 12e, 14e, 15e et 16e). Un volume complémentaire, le 17e s'y ajouta en novembre 1848.

Il s'agissait pour Balzac de réunir sous un titre commun, évoquant La Divine Comédie de Dante et qui causa quelque scandale pour son immodestie, l'essentiel de ses textes antérieurs, après correction, et d'accueillir, au fur et à mesure, les nouvelles parutions. Seule édition d'ensemble de la Comédie humaine publiée du vivant De Balzac, l'édition Furne suit un classement hiérarchique complexe en études et scènes.

La vente se fit à la fois par souscription et au détail, et pour l'un et l'autre de ces deux modes de commercialisation, soit en « livraisons » (c'est-à-dire en fascicules séparés) publiées selon un rythme au départ hebdomadaire, soit en volumes brochés regroupant 10 livraisons. La souscription fut lancée par un prospectus inspiré par Balzac, publié le 10 avril 1842. Il annonçait une édition en 12 volumes à 5 fr. pièce. Les livraisons coûtaient 0,50 fr. Au total, il y eut 16 volumes et 160 livraisons. Chaque volume sauf le 13e (Scènes de la vie militaire. Scènes de la vie de campagne) est illustré de gravures.

Cette « édition de luxe à bon marché », telle qu'elle se qualifiait elle-même, tirée à 3000 exemplaires fut déficitaire, malgré son format compact et ses illustrations. Il est vrai que son rythme de publication fut fort irrégulier car tributaire des à-coups de la production balzacienne et du nombre, parfois maigre, d'inédits par volume. Des invendus furent remis en vente par le libraire Alexandre Houssiaux, sous le nom de Furne et Cie, en octobre 1846 (prix identique) et en février 1849 (340 livraisons, dont celles du tome XVII, à 0,25 f.).

Nous donnons ci-dessous les découpages en études puis en scènes ainsi que la répartition des textes par volume avec, entre parenthèses, la date de sa parution. On voit que l'ordre de publication ne coïncida pas avec l'architecture déclarée.




Architecture de l'édition Furne

I - ÉTUDES DE MŒURS
Premier livre : Scènes de la vie privée
Premier volume. Scènes de la vie privée tome I (25-6-42)
Avant-propos
La Maison du chat-qui-pelote
Le Bal de Sceaux
La Bourse
La Vendetta
Madame Firmiani
Une double famille
La Paix du ménage
La Fausse Maîtresse
Étude de femme
Albert Savarus
Deuxième volume. Scènes de la vie privée tome II (3-9-42)
Mémoires de deux jeunes mariées
Une fille d'ève
La Femme abandonnée
La Grenadière
Le Message
Gobseck
Autre étude de femme
Troisième volume. Scènes de la vie privée tome III (19-11-42)
La Femme de trente ans
Le Contrat de mariage
Béatrix (première et deuxième parties)
Quatrième volume. Scènes de la vie privée tome IV (date incertaine, avant début décembre 1845)
Béatrix (dernière partie)
La Grande Bretèche
Modeste Mignon
Honorine
Un début dans la vie

Deuxième livre : Scènes de la vie de province

Cinquième volume. Scènes de la vie de province tome I (15-4-43)
Ursule Mirouët
Eugénie Grandet
Les Célibataires :
Pierrette

Sixième volume. Scènes de la vie de province tome II (25-6-42)
Les Célibataires :
le Curé de Tours
Un ménage de garçon
Les Parisiens en province :
L'Illustre Gaudissart
La Muse du département

Septième volume. Scènes de la vie de province tome III (8-9-44)
Les Rivalités
(première histoire) : La Vieille Fille
(deuxième histoire) : le Cabinet des Antiques
Le Lys dans la vallée

Huitième volume. Scènes de la vie de province tome IV (29-07-43)
Illusions perdues
(1re partie) : Les Deux Poètes
(2e partie) : Un grand homme de province à Paris
(3e partie) : Ève et David

Troisième livre : Scènes de la vie parisienne
Neuvième volume. Scènes de la vie parisienne tome I (7-11-43)
Histoire des Treize
(1er épisode) : Ferragus
(2e épisode) : La Duchesse de Langeais
(3e épisode) : La Fille aux yeux d'or
Le Père Goriot
Dixième volume. Scènes de la vie parisienne tome II (29-9-44)
Le Colonel Chabert
Facino Cane
La Messe de l'athée
Sarrasine
L'Interdiction
Histoire de la grandeur et de la décadence de César Birotteau
Onzième volume. Scènes de la vie parisienne t. XI (sic, erreur pour tome III) (25-6-42) et fin (date incertaine).
Ce volume ne compte que 8 livraisons
La Maison Nucingen
Pierre Grassou
Les Secrets de la princesse de Cadignan
Les Employés ou la Femme supérieure
Splendeurs et misères des courtisanes :
(1re partie) : Esther heureuse
(2e partie) : A combien l'amour revient aux vieillards

Troisième et Quatrième livres : Scènes de la vie parisienne et Scènes de la vie politique
Douzième volume. Scènes de la vie parisienne et Scènes de la vie politique tome XII (sic, erreur pour t. IV)(19-8-46)
Splendeurs et misères des courtisanes (troisième partie)
Un prince de la bohème
Esquisse d'homme d'affaires d'après nature
Gaudissart II
Les Comédiens sans le savoir
Un épisode sous la Terreur
Une ténébreuse affaire
Z. Marcas
L'Envers de l'histoire contemporaine

Cinquième et sixième livres : Scènes de la vie militaire et Scènes de la vie de campagne
Treizième volume. Scènes de la vie militaire et Scènes de la vie de campagne (date incertaine, avant début décembre 1845).
Les Chouans
Une passion dans le désert
Le Médecin de campagne
Le Curé de village

II - ÉTUDES PHILOSOPHIQUES
Quatorzième volume. Tome I (19-8-46)
La Peau de chagrin
Jésus-Christ en Flandre
Melmoth réconcilié
Le Chef-d'oeuvre inconnu
La Recherche de l'Absolu
Quinzième volume. Tome II (19-8-46)
Massimilla Doni
Gambara
L'Enfant maudit
Les Marana
Adieu
Le Réquisitionnaire
El Verdugo
Un drame au bord de la mer
L'Auberge rouge
L'Élixir de longue vie
Maître Cornélius
Sur Catherine de Médicis :
(1re partie) : le Martyr calviniste

II - ÉTUDES PHILOSOPHIQUES - III ÉTUDES ANALYTIQUES
Seizième volume. Études philosophiques et Études analytiques. (19-8-46)
Sur Catherine de Médicis :
(2e partie) : La Confidence des Ruggieri
(3e partie) : Les Deux Rêves
Les Proscrits
Louis Lambert
Séraphîta
Physiologie du mariage

Volume 17 publié par Houssiaux
Dix-septième volume
Les Parents pauvres :
(1re partie) : La Cousine Bette
(2e partie) : le Cousin Pons



Pour la plupart des textes, cette édition constitue donc la dernière qui ait été contrôlée par l'auteur, et qui n'est pourtant que très rarement reproduite dans les éditions modernes, fondées sur une version couramment intitulée « Furne corrigé ». Il s'agit en fait du texte de l'édition Furne, augmenté des corrections portées par Balzac sur son exemplaire personnel, qui est conservé dans la Collection Lovenjoul, à l'Institut de France. Il existe une édition fac-similé de cet exemplaire unique, parue entre 1965 et 1967 dans les Oeuvres complètes illustrées aux « Bibliophiles de l'Originale », sous la direction de Jean A. Ducourneau. Nous avons choisi le « Furne », version imprimée authentique, parce qu'il n'est plus accessible en dehors des bibliothèques spécialisées, mais aussi parce que le travail de correction entrepris par l'auteur ayant été partiel, le « Furne corrigé » ne peut en aucun cas être considéré comme une version définitive.

Notre édition rompt résolument avec les éditions canoniques, c'est-à-dire avec une conception de l'édition classique qui a trouvé son point de perfection et sa limite dans l'édition Pléiade (décrite dans le Vade-mecum et la Bibliographie). C'est une édition contextuelle où chaque texte trouve les liens nécessaires à sa lecture et à sa compréhension sur la base d'une documentation et d'une lecture interactive. Elle donne les moyens d'un renouvellement des approches de l'oeuvre balzacienne en créant un outil pédagogique, un instrument de recherches et une banque de données. 1) grâce aux interrogations textuelles permises par le logiciel d'interrogation et aux données lexicales obtenues dont les applications en philologie, poétique, stylistique, thématique, histoire littéraire, sociocritique portent des résultats nombreux et inédits. 2) grâce au potentiel de connexions nouvelles gérées par l'hypertexte entre tel texte et son environnement : texte singulier-ensemble Comédie humaine, texte-images, texte-chronologies, texte-biographie, texte-résumé, texte-personnages, texte-histoire du texte, texte-réception, texte-lecture scolaire, texte-bibliographie.

Remarque : le système des titres dans les textes balzaciens, même lorsqu'on se limite à La Comédie humaine, est mouvant et très complexe. le lecteur apprendra vite à repérer ceux qui désignent un ensemble de romans, comme Les Parents pauvres ou Les Parisiens en province, ou une sous-partie, comme Ève et David. D'autres enfin ont fait l'objet d'une proposition de modification entre le Furne et le Furne corrigé, comme Un ménage de garçon, devenu La Rabouilleuse, ou La Grande Bretèche, qui perd son titre lors de son intégration à Autre étude de femme. Nous reproduisons ci-dessous le document généralement appelé Catalogue de 1845, dans lequel Balzac a proposé un nouveau plan de la Comédie humaine, comprenant les oeuvres déjà publiées et d'autres, qui ne seront jamais écrites ou resteront inachevées.


Oeuvres rattachées à La Comédie humaine

Il s'agit de textes qui ne purent figurer dans l'édition Furne, car ils restaient inachevés à sa date ou furent rédigés postérieurement, mais qui appartiennent de droit à La Comédie humaine. Soit ils complètent des oeuvres existantes : La Dernière Incarnation de Vautrin, 4e partie de Splendeurs et Misères des courtisanes ; L'Initié, 2e épisode de L'Envers de l'histoire contemporaine. Soit ils figurent au moins dans le Catalogue de ses oeuvres que Balzac établit en 1845 (décrit et reproduit ci-dessous) : Les Paysans, le Député d'Arcis, Les Petits Bourgeois. Soit une autre source, en l'occurrence un contrat signé avec l'éditeur Chlendowski en 1845, atteste, pour les Petites Misères de la vie conjugale, la nécessité de cette intégration.

Ces textes rejoignirent en effet La Comédie humaine dans les éditions posthumes : ainsi, entre 1853 et 1855, quand Houssiaux fit réimprimer les 17 volumes du Furne, en y adjoignant une notice de George Sand, il ajouta, dans un volume complémentaire enrichi de 16 gravures nouvelles, La Dernière Incarnation de Vautrin (Scène de la vie parisienne), L'Initié (Scène de le vie politique), Les Paysans (Scène de la vie de campagne), Petites Misères de la vie conjugale (Étude analytique). Pour Les Petits Bourgeois (Scène de le vie parisienne) et le Député d'Arcis (Scène de la vie politique), l'intégration ne fut accomplie que dans l'édition définitiv
Lien : http://www.v1.paris.fr/commu..
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Comment résumer en quelques mots un tel monument de la littérature française ? La tâche est impossible, c'est certain ; et ce qui n'est pas moins sûr c'est que Balzac est un des très grands de la littérature française, si ce n'est plus (à moins que par chauvinisme, je ne déclare que les deux se confondent). Car même à travers ces études de moeurs, scènes de la vie privée, première partie, on découvre déjà tout le talent et la verve de cet auteur immense. Immense par sa production, pléthorique, et son style, son projet, pharaonique : La Comédie Humaine.
Ici donc, dans ce premier tome publié par la Pléiade (édition Castex, la dernière, la Bouteron ne suivant pas exactement le même découpage), on découvre le premier chapitre de ce grand oeuvre, ce dessein immense dont tout un chacun connais au moins le nom pour l'avoir étudié au collège ou au lycée à travers un de ses romans phares. Pour moi ce fut le père Goriot, que j'ai adoré, mais qui bizarrement ne m'a pas conduit à lire un grand nombre d'autres Balzac...
J'y reviens aujourd'hui, un peu plus tard, plus mature sûrement pour comprendre un peu mieux chaque ligne magnifique de ce cher Honoré...

Les romans et nouvelles que l'on retrouve ici sont inégaux, et pourtant on y retrouve des fulgurances, des phrases, des analyses qui disent toutes qui était Balzac. Si les histoires ne sont pas toutes assez développé, si l'on ressent la pression de la publication régulière qui caractérise bon nombre d'oeuvres de l'auteur, si parfois le rythme n'est pas parfaitement maîtrisé, si quelque fois c'est très (trop) ?) sombre, toujours on se sent en présence d'un grand.
Et toujours la lecture coule, fluide, agréable, on est porté par les personnages, leur destin, leurs décisions capitales, la dureté de la vie, les péripéties historiques qui les accablent ou au contraire les favorisent.

Ce sont de beaux romans, de riches leçons, des scènes fabuleuses et pourtant très réelles, très ancrés dans l'époque. A lire, absolument, car derrière l'auteur classique que l'on force des millions d'enfants à lire, se cache un bel et grand auteur, accessible et passionnant !
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Je cite Balzac « Si la peinture est ici trop franchement dessinée, si vous trouvez des longueurs, n'en accusez pas la description qui fait, pour ainsi dire, corps avec l'histoire »
Je n'ai trouvé aucune longueur à la lecture des nouvelles composant le recueil des études de moeurs, scènes de la vie privée. Balzac est l'inspirateur de tous les grands auteurs suivants : Flaubert, Zola, Maupassant). Il décrit l'avènement de la bourgeoisie mais aussi ses travers, ses petitesses.
Un régal que je poursuis
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Mademoiselle Augustine, à peine âgée de dix-huit ans, ne ressemblait ni à son père ni à sa mère. Elle était de ces filles qui, par l’absence de tout lien physique avec leurs parents, font croire à ce dicton de prude : Dieu donne les enfants. Augustine était petite, ou, pour la mieux peindre, mignonne. Gracieuse et pleine de candeur, un homme du monde n’aurait pu reprocher à cette charmante créature que des gestes mesquins ou certaines attitudes communes, et parfois de la gêne. Sa figure silencieuse et immobile respirait
cette mélancolie passagère qui s’empare de toutes les jeunes filles trop faibles pour oser résister aux volontés d’une mère.
La maison du chat-qui-pelote
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Au milieu de cette large poutre mignardement sculptée se trouvait un antique tableau représentant un chat qui pelotait. Cette toile causait la gaieté du jeune homme. Mais il faut dire que le plus spirituel des peintres modernes n’inventerait pas de charge si comique. L’animal tenait dans une de ses pattes de devant une raquette aussi grande que lui, et se dressait sur ses pattes de derrière pour mirer une énorme balle que lui renvoyait un gentilhomme en habit brodé. Dessin, couleurs, accessoires, tout était traité de manière à faire croire que l’artiste avait voulu se moquer du marchand et des passants. En altérant cette peinture naïve, le temps l’avait rendue encore plus grotesque par quelques incertitudes qui devaient inquiéter de consciencieux flâneurs.
La maison du Chat-qui-pelote
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Tournez à droite, allez interroger cet autre qui appartient au genre des Flâneurs, répétez-lui votre question :
— Madame Firmiani ? dit-il, oui, oui, je la connais bien, je vais à ses soirées. Elle reçoit le mercredi ; c’est une maison fort honorable. Déjà, madame Firmiani se métamorphose en maison. Cette maison n’est plus un amas de pierres superposées architectoniquement ; non, ce mot est, dans la langue des Flâneurs, un idiotisme intraduisible. Ici, le Flâneur homme sec, à sourire agréable, disant de jolis riens, ayant toujours plus d’esprit acquis que d’esprit naturel, se penche à votre oreille, et d’un air fin, vous dit : — Je n’ai jamais vu monsieur Firmiani. Sa position sociale consiste à gérer des biens en Italie ; mais madame Firmiani est Française, et dépense ses revenus en Parisienne. Elle a d’excellent thé ! C’est une des maisons aujourd’hui si rares où l’on s’amuse et où ce que l’on vous donne est exquis. Il est d’ailleurs fort difficile d’être admis chez elle. Aussi la meilleure société se trouve-t-elle dans ses salons ! Puis, le Flâneur commente ce dernier mot par une prise de tabac saisie gravement ; il se garnit le nez à petits coups, et semble vous dire : — Je vais dans cette maison, mais ne comptez pas sur moi pour vous y présenter.

Madame Firmiani tient pour les Flâneurs une espèce d’auberge sans enseigne.

— Que veux-tu donc aller faire chez madame Firmiani ? mais l’on s’y ennuie autant qu’à la cour. À quoi sert d’avoir de l’esprit, si ce n’est à éviter des salons où, par la poésie qui court, on lit la plus petite ballade fraîchement éclose ?
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Les mœurs aventureuses d’autrefois, où l’on jetait la vie comme un chausson, n’existent plus ! La bravoure de beaucoup de gens est un calcul habilement fait sur la peur qui saisit leur adversaire.
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À Paris, la vertu la plus pure est l'objet des plus sales calomnies.
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Vidéo de Honoré de Balzac
Feuilleter le manuscrit d'un écrivain, c'est entrer dans l'intimité de l'auteur. On devine sa main courant sur le papier, on suit son tâtonnement, sa recherche, avec ses repentirs et ses illuminations.
Des superbes dessins qui accompagnent les écrits de Victor Hugo, aux ratures de Flaubert, témoignant de sa recherche obsessionnelle de l'expression juste; des fameuses «paperolles» de Proust, aux notes, plans et esquisses de Zola ; des épreuves corrigées De Balzac, aux contraintes mathématiques de Perec, des manuscrits raturés d'Apollinaire, Segalen, et Valery, au bouillonnement désordonné de Bataille ; du plan à bulles de Jules Romain, aux écrits d'Aragon et Giono, découvrant leur roman au fur et à mesure qu'ils l'écrivaient, autant de traces écrites, qui donnent à voir, au gré des fragments de textes raturés, le travail sur l'image, le rythme et la forme.
Révisez la littérature sur le site des Essentiels de la BnF : https://c.bnf.fr/SJd
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