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EAN : 9782070120512
560 pages
Éditeur : Gallimard (12/03/2009)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 295 notes)
Résumé :
" Quand venait l'heure de nous coucher et de nous mettre en pyjama, notre père restait près de nous et nous apprenait à disposer nos vêtements dans l'ordre très exact du rhabillage.
Il nous avertissait, nous savions que la cloche de la porte extérieure nous réveillerait en plein sommeil et que nous aurions à fuir, comme si la Gestapo surgissait. "Votre temps sera chronométré", disait-il, nous ne prîmes pas très longtemps la chose pour un jeu. C'était une cloc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
BonoChamrousse
  30 juin 2020
Voilà un livre qui traînait dans ma PAL depuis 11 ans et c'est grâce à une lecture commune avec Myriam et Stéphanie pour le sympathique groupe FB "À l'assaut des pavés" que je me suis enfin décidée à le lire.
Dans LE LIÈVRE DE PATAGONIE, Claude Lanzmann nous livre ses mémoires mais ça se lit comme un roman. Il faut dire qu'il est né en 1925 dans une famille juive non pratiquante, a eu une vie passionnante et a été le témoin direct des plus grands événements du 20ème siècle :
☆ Pendant la seconde guerre mondiale, il participe à la lutte clandestine et à des embuscades dans le maquis auvergnat alors qu'il était en hypokhâgne dans un lycée de Clermont-Ferrand.
☆ Après la libération, il part à Paris retrouver sa mère et continuer ses études. Parmi ses amis, on compte entre autres Michel Tournier et Jean Cau, mais surtout, il va y rencontrer Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir (dont il partagera la vie pendant plusieurs années).
☆ Il a écrit dans Les Temps Modernes (et en a été, plus tard, le directeur), France Dimanche, Elle, France Soir, le Monde.
☆ Il fait partie des rares européens à s'être rendu en Corée du Nord, en plus à deux reprises.
☆ Il a été un "insoumis" de la première heure en signant le manifeste des 121 afin de contester la guerre d'Algérie et ce qui s'y passait.
☆ Mais Claude Lanzmann est aussi réalisateur de documentaires, et surtout du bouleversant SHOAH, un OCNI (Objet Cinématographique Non Identifié) de plus de 9 heures où il a réussi à faire témoigner d'anciens nazis et des rescapés des camps de la mort.
Mais...
Ce n'est pas parce que Claude Lanzmann a eu une vie exaltante qu'il faut en oublier tout esprit critique !
Tout d'abord parce que la mémoire étant ce qu'elle est, il y a certainement des inexactitudes (ce que Claude Lanzmann reconnaît d'ailleurs à plusieurs reprises en avouant que lui et Simone de Beauvoir ne se souviennaient pas de certaines choses de la même façon). Ensuite, qui n'a jamais pris des accommodements avec sa conscience en essayant de se donner un meilleur rôle que ce qu'il en était vraiment ?
Et il ne faut pas oublier que plusieurs controverses ont émaillées la vie de Claude Lanzmann, notamment des accusations d'agressions sexuelles... d'ailleurs à la lecture de certaines phrases, je trouve qu'il a une vision très sexiste des femmes et quelques réflexions m'ont fortement déplues.
Cependant, je pense qu'il faut séparer l'oeuvre de l'homme et remettre les éléments dans leur contexte. Claude Lanzmann est un homme du 20ème siècle et on ne peut pas le juger avec notre vision du monde actuel.
LE LIÈVRE DE PATAGONIE est un livre essentiel dans l'histoire française du 20ème siècle et il mérite sa place dans toute bonne bibliothèque.

LE LIÈVRE DE PATAGONIE
de Claude Lanzmann
Éditions Gallimard (GF) / Folio (poche)
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Cath36
  22 novembre 2012
J'ai beaucoup aimé cette rencontre avec Claude Lanzmann. Ponctué de réflexions aussi pertinentes que passionnantes son livre est servi par une écriture irréprochable -quelquefois un peu lassante tellement elle se veut sobre- qui vous entraîne dans le sillage de toute une vie. Si j'ai eu du mal à passer les soixante premières pages, j'ai été prise ensuite par le rythme du récit, qui nous promène à toute allure entre relations, liaisons, amitiés, amours, guerres, voyages, interviews, témoignages et création. Excusez du peu !
Lanzmann nous offre une vision passionnante sur le XXème siècle, dans un regard qui essaie de comprendre sans juger. Extrêmement vivant, son récit nous emporte comme dans un film, et nous fait devenir à notre tour à la fois spectateur et témoin. Nous côtoyons de grands personnages qui nous deviennent si proches que nous avons l'impression de les avoir connus, et en même temps nous les découvrons sous des aspects qui ne correspondent pas forcément à leur réputation.
Et en même temps Lanzmann relie ce passé à notre XXIème siècle, utilisant sa longévité dans un mouvement d'aller et retour qui donne un peu le vertige aux "jeunes" que nous sommes...
A quand une deuxième vie ? Plus qu'en lièvre, j'aimerai me réincarner en chat...

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Junie
  30 octobre 2013
"Un lièvre en son gîte songeait"....
Aujourd'hui, chers petits amis, notre leçon de choses parlera de cet animal si répandu mais souvent discret: le lièvre.
Le lièvre, du genre Lepus, famille des léporidés, s'est rendu tristement célèbre dans la fable "Le Lièvre et la Tortue", qui le présente comme très sûr de lui, limite prétentieux, croyant ridiculiser une pauvre petite tortue qui le défie à la course.
Depuis cette mésaventure, le lièvre fait profil bas, il se cache tellement elle lui a mis la honte, et Adidas lui a retiré son sponsoring.
Le lièvre ne creuse pas de terrier, il se contente d'un gîte, où il se tapit, solitaire, aux aguets, prêt à fuir à la moindre menace.
Le mâle reproducteur porte un nom étrange: le bouquin. En effet, quand on dit que le lièvre bouquine, cela ne signifie point qu'il relit toute la Comédie Humaine, ou Guerre et Paix, ou Les Rois Maudits, mais qu'il cavale après la gent femelle. Bref, pour le dire sans détours, il s'accouple.
J'en profite pour vous dire que la femelle du lièvre se nomme......qui a dit "la levrette"? Philibert, sortez du cours.
La femelle se nomme la hase. Elle milite chez les Femen, a lu tout Simone de Beauvoir et Marcela Iacub. La hase profite des assiduités du bouquin pour s'accoupler avec plusieurs mâles, qui sont, on s'en doute, de chauds lapins.
Ces moeurs scandaleuses et immorales donnent lieu à des scènes pittoresques de courses poursuite dans la campagne, aboutissant à de nombreuses portées de lapereaux, qui feront d'excellents civets.
Mais revenons à notre Lièvre, héros d'une autre fable:
"Dans un profond ennui ce Lièvre se plongeait :
Cet animal est triste, et la crainte le ronge.
"Les gens de naturel peureux
Sont, disait-il, bien malheureux.
Ils ne sauraient manger morceau qui leur profite ;
Jamais un plaisir pur ; toujours assauts divers.
Voilà comme je vis : cette crainte maudite
M'empêche de dormir, sinon les yeux ouverts".
Car voilà le drame de Lièvre: c'est un froussard, il n'a jamais de repos, il détale au moindre danger, il vit dans l'angoisse et la crainte. Pour apaiser cette anxiété, il bat des records de course à pattes, aligne les sprints et les marathons, court comme un dératé. Au point que parfois son esprit divague, et qu'il s'imagine être un ours! Un ours, animal invincible et courageux, doté d'une force qui dissuade tous les prédateurs. Mais Couard le Lièvre ne sera jamais un ours, il ne fait peur qu'aux grenouilles de la fable, ou se tire d'affaire par la ruse.
Si vous tenez vraiment à lire une bonne critique sur le bouquin de Lanzmann, n'hésitez pas, 17 autres lecteurs l'ont fait avant moi, et de plus j'ai complètement oublié ce que fait le lièvre de Patagonie dans cette galère. Je vous souhaite la bonne soirée.
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mfrance
  31 janvier 2016
Serais-je en sympathie particulière avec Claude Lanzmann ? non, bien évidemment non, je ne l'ai jamais rencontré et ne le croiserai jamais. Mais en empathie, alors ? alors là, je dis oui ! En empathie totale avec cet homme, je dirai même cet "honnête homme", au sens que l'on donnait jadis à cette expression !
Cet homme qui a traversé la presque totalité du vingtième siècle et en a vécu, dès l'adolescence les principales convulsions, en participant dès l'âge de dix-sept ans à la lutte clandestine contre l'occupant allemand.
Il s'agit ici d'une autobiographie ! et dans une autobiographie, on parle de soi, évidemment, de soi et des siens au sein d'un monde en mouvement ! C'est le projet qu'a dû se donner l'auteur, ce me semble, ce qui est parfaitement logique !
Et cela n'a rien à voir avec une hagiographie, n'en déplaise aux grincheux (ou jaloux) qui ne veulent y voir que le monde selon Claude Lanzmann, "à la gloire de Claude Lanzman, célébrant le génie universel de Claude Lanzman" (là, je cite directement un babeliote dont j'ai trouvé la "critique" particulièrement malvenue et vénimeuse). Et il y en a d'autres ! ce qui m'a laissée vraiment perplexe.
Chacun d'entre nous a sa propre perception du monde et ce monde, notre monde, chacun le comprend à l'aune des expériences qu'il est amené à vivre.
Il s'avère que Claude Lanzmann a eu la chance infinie de vivre dix vies, cent vies, mille vies, en fait non, seulement le nombre de vies que l'on se donne "en vrai" ou dans sa tête ! seulement le nombre de projets que l'on se sent capable d'assumer et que le destin nous aide à mettre en oeuvre ! En véritable témoin de son temps, il a eu la chance de par son travail et ses relations de se trouver bien souvent au plus près des événements qui ont secoué la seconde moitié du vingtième siècle.
Cet homme qui parle avec ardeur, avec bonheur et dans un style éblouissant de ceux qu'il a connus et aimés, qui nous fait partager ses émotions, son vécu, ses expériences en mettant dans son propos enthousiasme ou retenue, colère et joie, enfin toutes les émotions qui envahissent l'être humain au cours de sa vie, cet homme enfin, c'est notre contemporain. Il nous fait partager une vraie bonne (ou mauvaise) tranche de vie, grâce au temps qu'il a passé sur terre et aux opportunités qui se sont présentées à lui. Il nous ramène au présent tous les grands événements écoulés depuis plus de soixante ans et il nous les rend tout neufs, comme si nous les vivions là, maintenant ! Grâce lui soit rendue de ce talent !
En outre, il consacre plus de cent pages de son autobiographie à nous faire partager l'expérience de la réalisation de "Shoah" son grand oeuvre, à laquelle il a consacré douze ans de sa vie. Grâce à son obstination, à sa pugnacité, il a pu offrir à l'humanité ce film nécessaire, en sachant faire parler les ultimes témoins de cette abomination. En sachant d'abord les retrouver, puis les apprivoiser et les convaincre d'extirper de leur mémoire les monstruosités qu'ils avaient vécues ! ou alors en les trompant, lorsqu'il s'agissait d'anciens nazis, pour qu'ils acceptent de se remémorer leur participation active à "la solution finale".
Il en découle plus de neuf heures d'un film bouleversant, qu'il "faut" avoir vu.
A lire et relire comme un témoignage nécessaire et incontournable du vingtième siècle !
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carre
  02 janvier 2012
Il y a des livres qui vous emporte dès les premières lignes, et bien pour moi les mémoires de Lanzmann font partis de ceux-là. Cet homme dont le nom est systématiquement lié au livre et au film "Shoah" a vécu mille autres aventures douloureuses, fantastiques professionnelles ou intimes. Sa rencontre essentielle avec Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre , la création des "Temps modernes", son histoire d'amour avec une nord-coréenne, son adolescence dans la résistance , toute la vie de Lanzmann est incroyable. Beauvoir dite le castor est présentée sous un jour peu connu, les facheries avec Sartre montre que ses idéaux passent avant l'amitié, les pages sur sa soeur suicidée son magnifiques de pudeur et un magnifique témoignage d'amour fraternel. Certe, on est parfois irité par la suffisance du personnage mais ce lièvre de Patagonie mérite largement l'entousiasme. Car Lanzmann est avant tout un passionné de la vie et chaque page en est l'exemple. Un très grand bouquin.
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
Cath36Cath36   21 novembre 2012
En vérité, je crois que ma soeur se sentait bien avec les hommes laids, ils la rassuraient, l'amour étant à ses yeux autre chose que le double mirage de belles apparences, d'abord amour de l'âme, car elle vivait contradictoirement sa beauté, évidente sous le regard des autres, problématique pour elle : elle ne s'en éprouvait pas propriétaire, elle ne se tint jamais pour une "belle souche" et c'était la source constante d'une incertitude, d'une interrogation inquiète à laquelle il n'y aurait jamais de réponse avérée.
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SepoSepo   11 juin 2014
Jean Cau face à la mort:

"J'ai rencontré plus tard Montherlant, très droit dans son appartement au très bas plafond, quai Voltaire, peu de temps avant son suicide, hiératique, se tenant dans un véritable garde-à-vue intérieur, masqué de solitude et du savoir orgueilleux de sa mort, et j'ai eu de la peine lorsqu'elle fut annoncée. Mais je m'aperçois que ces dernières phrases auraient pu aussi s'appliquer à Cau lui-même, après qu'il eut appris qu'une inexorable maladie allait l'emporter, il y a près de quinze ans. Il se barricada avec le même orgueil, refusant de se montrer diminué, craignant par-dessus tout la pitié que son état pourrait inspirer. Montherlant et Cau avaient tous les deux affaire à la mort. Nous fûmes lui et moi brouillés pendant une longue période ou plutôt la vie nous brouilla, mais je lus un jour, dans un vol Paris-New-York, le portrait magnifique, exact, intelligent, tendre et hilarant qu'il brossa de Sartre dans son livre Croquis de mémoire et la première chose que je fis en arrivant dans la chambre d'hôtel de Manhattan fut de l'appeler pour lui dire mon admiration, mon amitié inaltérée et que je l'étreignais. Il fut, je crois, aussi ému que moi, nous nous revîmes dès mon retour à Paris, la brouille avait pris fin.p.136
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AustralAustral   11 mars 2013
La lassitude de ces valeureux s'indique d'une seule façon : ils fument comme des sapeurs, enchaînant l'une après l'autre, sans un repos, des cigarettes au goût infâme. Un demi-siècle de mobilisation, un demi-siècle sur pied de guerre sans tirer un coup de feu, cela ne peut être et se poursuivre sans un très puissant dérivatif : le tabac.
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ophrysophrys   03 janvier 2012
Elle comme lui – et c’est aussi depuis très longtemps ma conviction – pensaient qu’on ne discute bien qu’avec ceux avec lesquels on est d’accord sur le fond. C’est pourquoi ils détestaient les mondanités et les grandes tablées françaises, privilégiant la relation duelle. Être deux, se parler deux à deux était selon eux – selon moi aussi, ils m’ont appris cela – la seule façon de se comprendre, de s’entendre, d’avancer, de réfléchir. La formule de cette relation était : « Chacun sa réception »
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totoleheros94totoleheros94   10 septembre 2011
A propos de Claude Roy tombé éperdument amoureux d'Evelyne, la soeur de Lanzmann...
J'ai en main chacune des lettres de Claude, écrivain de race, la poésie sourdait de lui comme son langage le plus naturel, il avait toutes les facilités, se montrait incroyablement talentueux, inventif, vraie boîte à surprises, magicien éblouissant. Relisant tant d'années après ce qu'il lui écrivait, je demeure admiratif de tous ses dons et je me demande comment une femme affaiblie physiquement, se battant pour vivre, pouvait résister à un tel bombardement d'amour, surtout si elle était aussi amoureuse des mots que l'envoyeur, et sensible aux coqs-à-l'âne, aux associations folles, aux jeux de langage du poète...
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Videos de Claude Lanzmann (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Claude Lanzmann
Présentation de "Shoah" par Claude Lanzmann.
A l'occasion du 65ème anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz-Birkenau le 27 janvier 1945 par l'Armée rouge, la chaîne Arte diffuse l'oeuvre monumentale de Claude Lanzmann, le film documentaire "SHOAH", 1985, à ne rater sous aucun prétexte.
Dans la catégorie : CinémaVoir plus
>Représentations scéniques>Cinéma, radio, télévision>Cinéma (744)
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