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3,58

sur 152 notes
gruz
  17 juin 2020
Si vous comptez rester sain d'esprit, ne lisez pas ce livre.

Si vous voulez vivre une expérience unique, loin du cadre trop cartésien de nombreux romans, lisez-le.

Mais prenez conscience que Stephen Chbosky va devenir votre ami imaginaire durant un long moment. Déjà, par le temps de lecture que vous allez lui consacrer, le livre fait 750 pages. Puis par la manière dont son histoire et ses personnages vont insidieusement s'incruster dans votre cerveau. Même après l'avoir définitivement posé, vous y penserez encore, en vous disant que vous n'avez pas souvent lu un livre pareil (jamais ?).

"Tu dois leur dire, tu dois leur dire…"

L'écrivain l'annonce haut et fort, les accroches commerciales tout autant, Stephen King est l'inspirateur central de tout. le Dieu qui a engendré le monstre. Il est là, présent comme une entêtante petite voix lancinante, comme s'il veillait sur votre lecture (surveillait ?).

On parle du King des années 80 et 90, celui de Ça ou Simetierre, mais aussi du Fléau, avec une pointe du Talisman des territoires (et d'autres encore). La période où on le qualifiait de Maître de l'horreur. Mais on ne pense pas qu'à lui, aussi à toute cette mouvance féconde de l'époque qui a terrorisé nombre d'adolescents et d'adultes. J'ai fait partie de ces adolescents-là.

D'ailleurs, pour en rajouter dans l'ambiance, Calmann-Lévy a eu la judicieuse idée de confier la traduction à celui qui s'est occupé des derniers livres de Stephen King, l'excellent Jean Esch.

"Arrête de l'aider ! Ne quitte pas la rue, tu vas mourir."

L'ami imaginaire est donc un vrai roman d'horreur, comme on n'en fait plus beaucoup. Et je me demande même si quelqu'un a osé en écrire un pareil avant… Parce qu'inspiration ne veut pas dire recopiage. L'influence est prégnante, mais Stephen Chbosky arrive vite à imprimer sa patte, à vous déchirer l'âme de ses propres griffes (mais à vous toucher au coeur aussi).

Son style s'impose, ses trouvailles narratives sont singulières. Son histoire, qui démarre sobrement, prend ensuite une tournure hallucinante.

Cela fait des décennies que les livres (ou les films) ne me font plus peur. Une émotion bien lointaine. Jusqu'à ce livre. J'ai flippé, souvent…

"Ne pas s'endormir… Les personnes boite aux lettres viennent de se réveiller… Si je renverse un cerf, je serai sauvé…"

Ce roman est complètement dingue, follement terrifiant. Je crois ne jamais avoir vu une telle histoire, poussée aussi loin dans ses extrémités, encore et encore, toujours plus profondément dans la folie.

Entendons-nous bien, il n'est pas question d'un livre gore, la violence est davantage dans les actions, les ressentis et la psychologie.

"Tout ira bien, le gentil monsieur veille…"

Sauf que rien n'est normal, vous vous mettez peu à peu à entendre des voix dans votre tête, tant l'histoire et la manière de la raconter colonisent votre esprit tel un virus. Je les sens d'ailleurs qui viennent perturber jusqu'à cette chronique…

"2h17. C'est l'heure…"

Ce n'est pas qu'une simple lecture, c'est une expérience. Clairement, il faut avoir l'esprit ouvert, l'envie de lâcher prise et de se laisser emporter dans ce monde fantasmagorique (à ce propos, j'aime l'une des définitions de ce mot dans le Larousse : « Procédé consistant à produire dans l'obscurité, sur une toile transparente, au moyen d'appareils de projection dissimulés, des figures lumineuses diaboliques ». C'est exactement ce que fait l'auteur).

Clairement, cette expérience n'est pas faite pour tous les lecteurs. Par son histoire et sa narration. Et parce que Chbosky a, lui, un talent inné de conteur populaire débridé et timbré !

Un cauchemar n'est qu'un rêve qui a mal tourné.

"Tout dépend si je dors ou si je suis éveillé…"

Une mère, son jeune fils, une forêt. Une vie à reconstruire, dans le calme. Sauf que le petit bonhomme disparaît. Et réapparaît. le début du cauchemar.

L'enfance, l'amitié, des thèmes chers à Stephen King, qu'on retrouve ici. Ça ressemble à ce qu'il propose souvent, mais au fil des pages Stephen Chbosky s'extirpe de la référence et trouve sa voix (voie) dans cette petite ville et cette forêt pleine de cerfs.

"Si je renverse un cerf, ça sera un signe, Dieu faites que je renverse un cerf…"

Les pièces sont en place, l'enfer peut se déchaîner. 750 pages d'événements surnaturels qui vont engendrer le chaos. La fièvre va toucher tous les protagonistes (et les lecteurs) dans un suspense inouï qui prend des proportions aussi atypiques qu'ahurissantes.

"2h17. C'est l'heure !"

L'Amérique et sa fascination pour le bien et le mal, où la religion est incrustée aux plus profond des strates de la société, des familles, des femmes et des hommes. L'écrivain utilise cette composante dans son intrigue et pour construire certains de ses personnages. Logique de parler de chaînes, quand on parle d'enfer qui se déchaîne, non ? Certains vont être remués dans leurs croyances.

Vous connaissez cette citation ? « Quand une personne a un ami imaginaire, on appelle ça de la démence. Quand plusieurs personnes ont le même ami imaginaire, on appelle ça une religion ». Alléluia ! Heureux les fous dans la maison de Dieu. Ils brûleront avec le sourire.

"Dieu est un assassin."

Ce livre prend le contre-piEd, à l'heure où les livres sont de plus en plus formatés, l'art de la perte de repères pour les lecteurs quI ont l'ouVeRture d'Esprit et l'amusEment de laiSser Toutes leurs marques de côté, pour suivre Follement cette Originale intrigUe.

Ce livre va diviser, Stephen Chbosky est le Moïse du livre surnaturel. Il faut arriver à entrer dans son univers, dans son délire fascinant (paradoxalement aussi libre que construit). Ça a été diablement mon cas, fasciné que je fus du début à la fin. le seul petit bémol est que j'aurais enlevé une cinquantaine de pages à ce pavé si consistant, mais sans que ça me gâche mon plaisir de lecture (immense).

"2h17. C'est l'heure !!"

Ce roman apporte une nouvelle dimension au mot « fantastique ». Il le développe dans tous les sens du terme. Une histoire surnaturelle follement originale tout en marquant clairement ses références au modèle du genre, Stephen King.

Une ambiance addictive, genre Les griffes de la nuit en version forêt, mais en plus psychologique, où le bien et le mal s'affrontent, où il devient difficile de distinguer la réalité du cauchemar.

Stephen Chbosky pave son enfer de bonnes intentions, et réussit magistralement son suspense aussi maîtrisé que complètement barré. Et surtout, sans oublier les émotions, et les bonnes valeurs ; la lumière qui tente de transpercer les ténèbres.

"C'est l'heure !"
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LeoLabs
  10 juillet 2020
J'ai été happé dès le début par des protagonistes et des personnages secondaires profondément travaillés et attachants. J'ai adoré cette bande de potes qui m'a rappelé le club des ratés de "Ça" du King. Malheureusement, mon intérêt s'effondre à l'apparition du côté fantastique qui était vraiment trop pour moi. Je comprends ceux qui ont adoré. Pour ma part, j'ai juste apprécié. Lu en VO.
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Maks
  09 août 2020
C'est une belle brique de 750 pages et quasi 1kg, c'est un énorme coup de coeur, c'est un roman complètement fou, original, épique, torturé, doux, violent, beau, effrayant, lucide et abstrait à la fois.

Les personnages eux sont très variés avec chacun une personnalité complexe, travaillée, il y a un groupe d'enfants un peu comme la bande des ratés dans "Ça" de Stephen King, des adultes qui apportent la sympathie ou encore d'autres qui sont imbuvables (j'adore).

Pour ce qui est du scénario c'est certes assez facile à comprendre, ce qui ne veut pas dire que c'est creux, bien au contraire, c'est juste épique la manière dont l'auteur conte son histoire ! Oui conte car c'est ce que l'on ressent au début, d'avoir une histoire pour enfant dans les mains, mais attention, tout cela vire au cauchemar et devient un véritable livre horrifique, c'est de plus en plus speed et vous irez de surprises en surprises, je ne peux pas vous en dire plus sur le scénario car si je rentre dans les détails vous serez spolier, ce qui serait ici très fâcheux, voir même criminel au vu de tout ce qui se passe et des diverses surprises qui vous attendent.

L'écriture, elle, est juste parfaite, structurée et facile à suivre malgré des chemins scénaristiques alambiqués. Dommage qu'il y ai pas mal de coquilles en seconde moitié de livre, mais tout le reste prend le dessus et on n'en fait presque plus cas.

Si vous aimez "Ça" de Stephen King, "Bad Man" de Dathan Auerbach, "underground" de Lars Kepler ou encore "Hex" de Thomas Olde Heuvelt, vous allez vous régaler.

⚠ À lire d'urgence ⚠
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Dupuisalex
  05 juillet 2020
Après avoir lu ce roman vous ne verrais plus d'un bon oeil l'ami imaginaire de votre enfant.

Christopher et sa mère Kate, vivent galère sur galère. Après le suicide de son mari, Kate s'embarrasse d'un petit ami violent, Jerry, qu'elle fuit après un geste de trop.
Elle emménage dans la petite ville de Mill Grove.
Kate pensait trouver la paix et la tranquillité jusqu'à ce que Christopher disparaît.
Aucune trace de lui pendant 6 jours. Celui ci réapparaît sur le bord de la route. Mais pas seul. Il chuchote seul avec quelqu'un que lui seul voit. Fait des chose que lui seul comprend. Changer. Plus intelligent. Tout à un prix. Une mission: construire une cabane avant Noël. Mais dans quel but.

Second roman de stephen Chbosky, premier dans le genre horreur-terreur. Il vous donnera des sueurs froides
L'auteur nous fait passer du monde réel au monde imaginaire, et on y croit. On plonge dans un univers grandissant, devenant de plus en plus anxiogène. Où le jeune Christopher, 7 ans, porte le poids de la survie de sa mère et des habitants, du pouvoir et de course poursuite contre un ennemi : « la dame qui siffle ».
e seul bémol est l'âge des enfants et leurs actions, ne concorde pas.
Malgré tout l'action va monter en puissance. L'histoire va vous subjuguer. Mais malheureusement la fin n'a pas été à la hauteur de mes espérances. Ça part à gauche et à droite pour finir sur une histoire avec un fond de religion.
Les question sont :
Lisons nous un livre pour sa fin?
Une fin ratée, peut-elle nous faire oublier une histoire qui nous a tenu en haleine?
Je ne pense pas
L'ami imaginaire de Stephen Chbosky, fera parti de mes coups de coeur de cette année.
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Yvan_T
  16 décembre 2020
Stephen Chbosky est également l'auteur du roman « le monde de Charlie » (The Perks of being a wallflower), dont j'avais adoré la version cinématographique, ainsi que la bande originale avec l'excellente musique de David Bowie.

Le récit démarre en compagnie de Christopher et de sa mère Kate, qui emménagent dans la petite ville de Mill Grove. Un bled perdu en Pennsylvanie qui devrait leur permettre d'échapper à Jerry, le dernier conjoint particulièrement violent de Kate. Un jour, le petit Christopher disparaît dans la forêt environnante pour ne réapparaître que six jours plus tard. Incapable d'expliquer ce qu'il lui est arrivé, il paraît cependant différent. Outre son niveau scolaire qui monte en flèche alors qu'il avait d'énormes difficultés d'apprentissage, il semble également être revenu avec… un ami imaginaire !

Commençons par le positif…et il y en a ! J'ai adoré les 400 premières pages de cette histoire de disparition d'un gamin dans la forêt. Les personnages sont divinement brossés et foncièrement attachants. Stephen Chbosky s'avère de surcroît un conteur hors pair qui parvient à tenir le lecteur en haleine à la frontière de la réalité et de l'imagination. Un pur bonheur !

Par contre, et c'est là qu'arrive le « mais », j'ai commencé à avoir un peu de mal avec le récit au moment où le côté fantastique prend de plus en plus d'importance, sans oublier les nombreuses redondances qui font qu'on tourne un peu en rond entre le monde réel et le monde fantastique dans un affrontement entre le Bien et le Mal qui tire en longueur. N'étant pas friand du genre fantastique, je suis probablement la principale cause de ce manque d'enthousiasme lors du final car le monde imaginaire inventé par l'auteur est indéniablement l'une des grandes forces de ce roman qui débute comme un conte à l'ambiance oppressante pour terminer en véritable livre horrifique.

Bref, si vous êtes fans de fantastique, de grosses briques (750 pages !) et de Stephen King (désolé pour le pléonasme avec la grosse brique) : foncez !
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belette2911
  27 septembre 2020
Avant ce livre, je voyais l'ami imaginaire comme le Hobbes de la bédé "Calvin & Hobbes", né de l'imagination d'un gamin de 6 ans.

Ou comme celui qu'une personne en situation de handicap mental que je croisais en achetant mon journal et qui parlait à son ami "Luc", lui demandant s'il voulait une boisson alors qu'à côté de lui, c'était le vide.

Rien de grave, donc. Mais depuis que j'ai lu ce roman, je me pose bien des questions.

Joe Hill, fils de Stephen King, a dit de ce roman d'épouvante que "Si vous n'êtes pas renversé par les 50 premières pages, il faut aller consulter" et je vais aller consulter parce que les 50 premières pages ne m'ont pas renversées, mais après, j'ai été culbutée de tous les côtés.

Ce roman aurait pu être écrit par le King lui-même car les ambiances et les atmosphères sont dignes de lui. le lecteur est happé dans le récit et passera par plusieurs stades de frayeur, de peur, d'épouvante, de tensions…

Pas de frayeurs au point de finir sous le lit, mais la plume de l'auteur est telle que tout son récit est réaliste en plus d'être angoissant.

La force tient dans deux choses : sa manière de nous raconter l'histoire et dans ses personnages, nombreux, qui apportent chacun une pierre à l'édifice. Et ses différents personnages sont réussis, mon faible allant à la bande de copain (Christopher, Special Ed, Matt & Mike).

Par contre, la bande de copains n'est peut-être pas assez exploitée à mon sens, j'aurais aimé retrouver l'amitié des gosses dans ÇA (Stephen King) car ils avaient tout de la bande des ratés ou dans la série "Stranger Things" mais ici, c'est Christopher le personnage central et ses potes passeront donc au second plan (mais ils ont leur place aussi).

Attention, Stephen Chbosky ne plagie pas Stephen King, il s'en inspire pour mieux s'en détacher. Même si les thèmes fondateurs et habituels du King sont présents (amitié, traumatismes enfantins, fantastique, autre-monde, parents qui sont à côté de leurs pompes pour l'éducation de leurs gosses, critique de l'Amérique puritaine, religieuse, de l'Amérique tout court…), Chbosky monte son plat qui lui est propre et sa cuisine sera différente du King.

750 pages, faut savoir tenir le rythme, surtout quand, à un peu plus de la moitié, l'auteur engage déjà ses personnages dans un combat dantesque. Là, on se demande ce qu'il va bien pouvoir faire sur 400 pages pour nous tenir en haleine…

J'ai craint à un moment que le soufflé ne retombe mais non, l'auteur a su réamorcer la pompe à suspense pour nous relancer dans l'histoire avec un coup de pied au cul en prime.

Je ferai ma chieuse en me permettant de dire que 50 pages de moins auraient évité que le lecteur ne s'essouffle sur le combat final qui dure, qui dure… Jamais contente, en effet. Si l'auteur termine trop vite, on criera "chiqué" car trop facile et quand il prend le temps de faire durer pour que ça reste du fantastique "réaliste", ça râle dans les chaumières.

Ce roman fantastique, c'est une expérience à lire, un roman à découvrir, un roman qu'il faut ouvrir en se laissant emporter par l'autre monde, celui de l'imaginaire, qui ne l'est pas tant que ça. C'est un roman qui se visualise tout en se lisant, tant tout est bien détaillé.

Ce n'est pas non plus qu'un roman fantastique et d'épouvante, il va plus loin que ça, il explore des thèmes qui nous sont connus (manipulations des masses, religion, croyances, différences de classes, violences contre les enfants) tout en nous emmenant dans un monde inconnu, en passant par une forêt où les cerfs foutent les jetons.

Faut absolument plonger dans le monde de Christopher, que ce soit le vrai ou l'imaginaire et aller à la rencontre du gentil monsieur et de la dame qui siffle…

PS : Encore un roman découvert et lu à cause (grâce ?) d'une chronique de Yvan du blog ÉmOtionS… On va finir par croire qu'il me sponsorise ! Ben non, c'est juste un affreux tentateur qui sait y faire pour nous donner envie de découvrir certains romans plus que d'autres. Yvan, tu m'énerves !!! mdr

2h17. C'est l'heure
Tout ira bien, le gentil monsieur veille…
Si je renverse un cerf, je serai sauvé…
Ne pas s'endormir…
Arrête de l'aider ! Ne quitte pas la rue, tu vas mourir.
Si je renverse un cerf, ça sera un signe, Dieu faites que je renverse un cerf…
Dieu est un assassin…
Lien : https://thecanniballecteur.w..
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colin22
  27 septembre 2020
Un vrai pavé de 750 pages ,un roman hommage à king et l auteur ne s en cache pas,donc pour tous fan de stephen king ce roman est fait pour vous.
Malgré une fin un peu trop longue on plonge facilement dans l histoire qui nous transporte dans une aventure sans temps mort avec beaucoup de protagonistes, mais pour ma part l ami imaginaire restera un coup de coeur.
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jrm30
  16 janvier 2021
Christopher et sa mère emménagent dans la ville de Mill Grove, cherchant à fuir leur passé.
Attendant sa mère à la sortie de l'école, qui a du retard faute d'un accident survenu sur la route, Christopher va être attiré dans les bois et disparaît pendant six jours, pour être retrouvé sain et sauf
Durant ces 6 jours, le garçon se met à parler avec un ami invisible, qui lui demande de construire une cabane dans la forêt avant noël, cabane qui est en fait une porte sur un monde imaginaire hostile.

Tout est assez prenant, on retrouve limite du S.King dans l'histoire avec une écriture plus fluide.
Tout est donc fait pour être un super livre, mais c'est sans compter qu'on a une pléthore de scènes redondantes qui viennent gâcher toute une dynamique et vous lassent une fois les 300 premières pages lues, en sachant qu'il en reste 450 de plus avant d'arriver au bout.
Dommage pour ce loupé, dont je constate que beaucoup d'avis de lecteur le mentionnent également.
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audelagandre
  24 juin 2020
La quatrième de couverture de « L'ami imaginaire » en dit très peu. de toute façon, c'est un roman impossible à résumer, encore moins à « genrer ». Je suis bien en peine de vous dire ce que j'ai réellement lu… Juste vous dire que c'est un des ovnis les plus incroyables qui me soit tombé entre les mains ces dix dernières années. Christopher et sa mère Kate fuient le Michigan pour échapper à Jerry, le conjoint violent de Kate. Ils atterrissent dans une communauté de Pennsylvanie, Mill Grove où Kate trouve rapidement un emploi. Près de leur maison, la forêt est un merveilleux terrain de jeux pour ce petit garçon qui a des difficultés d'apprentissage à l'école et des problèmes de socialisation. Un jour, après l'école, alors qu'il attend sa mère, un événement un peu particulier va l'amener à pénétrer dans cette forêt. Il va y disparaître et ne réapparaître que 6 jours plus tard sans pouvoir expliquer ce qui lui est arrivé. Cependant, quelque chose a changé. Il le sait. Des voix dans sa tête lui dictent une mission.

Si vous décidez d'acheter ce roman, vous aurez entre les mains le livre le plus dingue jamais lu. Outre l'épaisseur, un bébé de 749 pages, cette lecture vous laissera non seulement exsangue après une première partie « d'installation », assez psychologique et une seconde partie très cinématographique, mais il vous permettra surtout de plonger dans les tréfonds de l'imaginaire d'un auteur qui a des idées déjantées. Attention, cette dinguerie a du sens, un but, une explication, mais Stephen Chbosky va vous en faire voir de toutes les couleurs.

Ce roman est un hommage au maître du genre, Stephen King, et Stephen Chbosky ne s'en cache pas, il le remercie à la dernière phrase de son ouvrage. S'il développe des thématiques similaires en début de roman, comme l'enfance, le pouvoir de l'amitié, les blessures de la prime jeunesse et les évènements traumatiques qui la peuplent, il me semble que cela serait un pari risqué et sûrement un peu injuste de vouloir les comparer, car Chbosky se détache très rapidement de King pour faire du Chbosky, un savant mélange entre force des personnages, psychologie, fantasmagorie, et imaginaire débridé. Car l'imaginaire est bien la force de ce roman et Chbosky ne parvient à y embarquer son lecteur que parce qu'il a su l'attirer dans ses filets grâce à une progression habilement menée qui démarre comme une histoire à la King, pour finir dans un feu d'artifice.

Le procédé narratif utilisé, notamment celui de l'anaphore, le gentil monsieur, la dame qui siffle, 2h17, Dieu est un assassin, et tant d'autres contribuent à un martelage brillant qui parvient à garder la tête du lecteur sous l'eau en lui offrant très peu de prises d'air. Chbosky vous garde prisonnier dans sa forêt, entouré de cerfs anxiogènes et de boîtes à lettres silencieuses. Il va vous falloir oublier toute forme de raison pour entrer dans ce roman, mais l'auteur y parvient sans même que vous vous en aperceviez, en développant, ni vu, ni connu, un portrait acerbe et vitriolique de l'Amérique puritaine d'aujourd'hui, pétrie de religion, toujours en balance entre les forces du bien et du mal. C'est grinçant et acéré, lucide et extrêmement perspicace. Volontairement, je n'en dirai pas plus, car ce roman doit se vivre seul, égoïstement, pour en apprécier tout le caractère et la singularité. Il restera pour moi un modèle du genre, et une référence.

Un plaisir intense de lecture vous attend si vous êtes prêt à laisser un peu de votre raison de côté. Chbosky vous propose une expérience unique dont vous aurez l'impression de sortir un peu fou, secoué, mais riche d'une histoire surnaturelle ensorcelante. Il aura saccagé quelques-unes de vos rêveries, ouvert des portes magiques, bouleversé vos émotions. Ce roman est une vraie réussite, une performance narrative, visuelle, olfactive, auditive comme vous n'en avez jamais vécu auparavant. Soyez curieux et laissez cette histoire singulière prendre lentement possession de votre esprit, vous ne serez pas déçu du voyage, car il est EXCEPTIONNEL.

Je remercie les éditions Calmann-Lévy de leur confiance et leur dit bravo d'avoir eu le courage d'éditer un roman pareil.

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pascalinedebrabant
  22 juin 2020
Dans la description, je me suis permise d'insérer les critiques émises outre manche pour vous donner le contexte où j'ai commencé ce livre…avec une haute haute très haute attente !!! Et comment vous dire que je n'ai pas été déçue !!! 757 pages…en 4 jours, chaque pause boulot, repas, lecture du soir tout a été prétexte pour repartir dans la ville de Mill Grove.

Déjà, j'ai eu un énorme attachement à Christopher et à sa maman Kate, un peu en mode seuls contre tous, qui ont enchainé les galères et vraiment de multiples galères, ils se retrouvent à Mill grove car kate met en priorité l'éducation de son fils et l'école a bonne réputation. Vous allez découvrir les habitants de cette communauté, les nouveaux amis de christopher, de sa mère…et là c'est le drame, Christopher disparait durant 6 jours…

Il réapparait, à premier vue il va bien pourtant tout à changer…Il a traversé une frontière, il est revenu avec un ami imaginaire.

Oui c'est captivant !! Comment vous dire…il y a un petit air de STRANGER THINGS avec ce monde parallèle imaginaire en mode démoniaque, ce n'est pas Alice aux merveilles , ce monde maléfique veut traverser la frontière qui le sépare du monde réel. Il est dirigé par la femme qui siffle, elle s'introduit dans les pensées des habitants de Mill Grove, elle connait tous leurs secrets, leurs peurs leurs frustrations…à l'approche de Noël, la ville s'enflamme , les barrières entre le bien et le mal sautent…un petit air de BAZAAR…une mystérieuse grippe contamine la ville….un petit air du FLEAU avec deux forces qui s'opposent.Les rebondissement s'enchainent , l'auteur vous laisse à peine le temps de reprendre votre souffle !!

L'attachement aux personnages est tel que les émotions sont au rendez vous, vous avez peur pour eux, vous tremblez pour eux, c'est très prenant !!!
BREF …CHBOSKY REMERCIE KING POUR LES INSPIRATIONS, IL LUI REND HOMMAGE SANS JAMAIS LE COPIER OU L'IMITER. J'AI ADORÉ, TROUVER UN BON ROMAN FANTASTIQUE / HORREUR N'EST PAS UNE TACHE AISÉE MAIS LÀ …UNE VRAIE BELLE RÉUSSITE.



MERCI CALMANN LEVY POUR CETTE INCROYABLE LECTURE
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