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EAN : 978B0897QYMPB
Éditeur : Calmann-Lévy (17/06/2020)
3.58/5   145 notes
Résumé :
Une mère et son fils en cavale trouvent refuge dans la petite communauté de Mill Grove, en Pennsylvanie.
Mais dans ce havre de paix, le petit garçon disparaît.
Quand il émerge de la forêt six jours plus tard, il a l’air indemne.
Lui seul sait que quelque chose a changé.
La voix du bois est dans sa tête et lui dicte une mission.
S’il ne lui obéit pas, sa mère et tous les habitants de Mill Grove risquent son courroux…

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Critiques, Analyses et Avis (64) Voir plus Ajouter une critique
3,58

sur 145 notes

gruz
  17 juin 2020
Si vous comptez rester sain d'esprit, ne lisez pas ce livre.
Si vous voulez vivre une expérience unique, loin du cadre trop cartésien de nombreux romans, lisez-le.
Mais prenez conscience que Stephen Chbosky va devenir votre ami imaginaire durant un long moment. Déjà, par le temps de lecture que vous allez lui consacrer, le livre fait 750 pages. Puis par la manière dont son histoire et ses personnages vont insidieusement s'incruster dans votre cerveau. Même après l'avoir définitivement posé, vous y penserez encore, en vous disant que vous n'avez pas souvent lu un livre pareil (jamais ?).
"Tu dois leur dire, tu dois leur dire…"
L'écrivain l'annonce haut et fort, les accroches commerciales tout autant, Stephen King est l'inspirateur central de tout. le Dieu qui a engendré le monstre. Il est là, présent comme une entêtante petite voix lancinante, comme s'il veillait sur votre lecture (surveillait ?).
On parle du King des années 80 et 90, celui de Ça ou Simetierre, mais aussi du Fléau, avec une pointe du Talisman des territoires (et d'autres encore). La période où on le qualifiait de Maître de l'horreur. Mais on ne pense pas qu'à lui, aussi à toute cette mouvance féconde de l'époque qui a terrorisé nombre d'adolescents et d'adultes. J'ai fait partie de ces adolescents-là.
D'ailleurs, pour en rajouter dans l'ambiance, Calmann-Lévy a eu la judicieuse idée de confier la traduction à celui qui s'est occupé des derniers livres de Stephen King, l'excellent Jean Esch.
"Arrête de l'aider ! Ne quitte pas la rue, tu vas mourir."
L'ami imaginaire est donc un vrai roman d'horreur, comme on n'en fait plus beaucoup. Et je me demande même si quelqu'un a osé en écrire un pareil avant… Parce qu'inspiration ne veut pas dire recopiage. L'influence est prégnante, mais Stephen Chbosky arrive vite à imprimer sa patte, à vous déchirer l'âme de ses propres griffes (mais à vous toucher au coeur aussi).
Son style s'impose, ses trouvailles narratives sont singulières. Son histoire, qui démarre sobrement, prend ensuite une tournure hallucinante.
Cela fait des décennies que les livres (ou les films) ne me font plus peur. Une émotion bien lointaine. Jusqu'à ce livre. J'ai flippé, souvent…
"Ne pas s'endormir… Les personnes boite aux lettres viennent de se réveiller… Si je renverse un cerf, je serai sauvé…"
Ce roman est complètement dingue, follement terrifiant. Je crois ne jamais avoir vu une telle histoire, poussée aussi loin dans ses extrémités, encore et encore, toujours plus profondément dans la folie.
Entendons-nous bien, il n'est pas question d'un livre gore, la violence est davantage dans les actions, les ressentis et la psychologie.
"Tout ira bien, le gentil monsieur veille…"
Sauf que rien n'est normal, vous vous mettez peu à peu à entendre des voix dans votre tête, tant l'histoire et la manière de la raconter colonisent votre esprit tel un virus. Je les sens d'ailleurs qui viennent perturber jusqu'à cette chronique…
"2h17. C'est l'heure…"
Ce n'est pas qu'une simple lecture, c'est une expérience. Clairement, il faut avoir l'esprit ouvert, l'envie de lâcher prise et de se laisser emporter dans ce monde fantasmagorique (à ce propos, j'aime l'une des définitions de ce mot dans le Larousse : « Procédé consistant à produire dans l'obscurité, sur une toile transparente, au moyen d'appareils de projection dissimulés, des figures lumineuses diaboliques ». C'est exactement ce que fait l'auteur).
Clairement, cette expérience n'est pas faite pour tous les lecteurs. Par son histoire et sa narration. Et parce que Chbosky a, lui, un talent inné de conteur populaire débridé et timbré !
Un cauchemar n'est qu'un rêve qui a mal tourné.
"Tout dépend si je dors ou si je suis éveillé…"
Une mère, son jeune fils, une forêt. Une vie à reconstruire, dans le calme. Sauf que le petit bonhomme disparaît. Et réapparaît. le début du cauchemar.
L'enfance, l'amitié, des thèmes chers à Stephen King, qu'on retrouve ici. Ça ressemble à ce qu'il propose souvent, mais au fil des pages Stephen Chbosky s'extirpe de la référence et trouve sa voix (voie) dans cette petite ville et cette forêt pleine de cerfs.
"Si je renverse un cerf, ça sera un signe, Dieu faites que je renverse un cerf…"
Les pièces sont en place, l'enfer peut se déchaîner. 750 pages d'événements surnaturels qui vont engendrer le chaos. La fièvre va toucher tous les protagonistes (et les lecteurs) dans un suspense inouï qui prend des proportions aussi atypiques qu'ahurissantes.
"2h17. C'est l'heure !"
L'Amérique et sa fascination pour le bien et le mal, où la religion est incrustée aux plus profond des strates de la société, des familles, des femmes et des hommes. L'écrivain utilise cette composante dans son intrigue et pour construire certains de ses personnages. Logique de parler de chaînes, quand on parle d'enfer qui se déchaîne, non ? Certains vont être remués dans leurs croyances.
Vous connaissez cette citation ? « Quand une personne a un ami imaginaire, on appelle ça de la démence. Quand plusieurs personnes ont le même ami imaginaire, on appelle ça une religion ». Alléluia ! Heureux les fous dans la maison de Dieu. Ils brûleront avec le sourire.
"Dieu est un assassin."
Ce livre prend le contre-piEd, à l'heure où les livres sont de plus en plus formatés, l'art de la perte de repères pour les lecteurs quI ont l'ouVeRture d'Esprit et l'amusEment de laiSser Toutes leurs marques de côté, pour suivre Follement cette Originale intrigUe.
Ce livre va diviser, Stephen Chbosky est le Moïse du livre surnaturel. Il faut arriver à entrer dans son univers, dans son délire fascinant (paradoxalement aussi libre que construit). Ça a été diablement mon cas, fasciné que je fus du début à la fin. le seul petit bémol est que j'aurais enlevé une cinquantaine de pages à ce pavé si consistant, mais sans que ça me gâche mon plaisir de lecture (immense).
"2h17. C'est l'heure !!"
Ce roman apporte une nouvelle dimension au mot « fantastique ». Il le développe dans tous les sens du terme. Une histoire surnaturelle follement originale tout en marquant clairement ses références au modèle du genre, Stephen King.
Une ambiance addictive, genre Les griffes de la nuit en version forêt, mais en plus psychologique, où le bien et le mal s'affrontent, où il devient difficile de distinguer la réalité du cauchemar.
Stephen Chbosky pave son enfer de bonnes intentions, et réussit magistralement son suspense aussi maîtrisé que complètement barré. Et surtout, sans oublier les émotions, et les bonnes valeurs ; la lumière qui tente de transpercer les ténèbres.
"C'est l'heure !"
Lien : https://gruznamur.com/2020/0..
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Dupuisalex
  05 juillet 2020
Après avoir lu ce roman vous ne verrais plus d'un bon oeil l'ami imaginaire de votre enfant.
Christopher et sa mère Kate, vivent galère sur galère. Après le suicide de son mari, Kate s'embarrasse d'un petit ami violent, Jerry, qu'elle fuit après un geste de trop.
Elle emménage dans la petite ville de Mill Grove.
Kate pensait trouver la paix et la tranquillité jusqu'à ce que Christopher disparaît.
Aucune trace de lui pendant 6 jours. Celui ci réapparaît sur le bord de la route. Mais pas seul. Il chuchote seul avec quelqu'un que lui seul voit. Fait des chose que lui seul comprend. Changer. Plus intelligent. Tout à un prix. Une mission: construire une cabane avant Noël. Mais dans quel but.
Second roman de stephen Chbosky, premier dans le genre horreur-terreur. Il vous donnera des sueurs froides
L'auteur nous fait passer du monde réel au monde imaginaire, et on y croit. On plonge dans un univers grandissant, devenant de plus en plus anxiogène. Où le jeune Christopher, 7 ans, porte le poids de la survie de sa mère et des habitants, du pouvoir et de course poursuite contre un ennemi : « la dame qui siffle ».
e seul bémol est l'âge des enfants et leurs actions, ne concorde pas.
Malgré tout l'action va monter en puissance. L'histoire va vous subjuguer. Mais malheureusement la fin n'a pas été à la hauteur de mes espérances. Ça part à gauche et à droite pour finir sur une histoire avec un fond de religion.
Les question sont :
Lisons nous un livre pour sa fin?
Une fin ratée, peut-elle nous faire oublier une histoire qui nous a tenu en haleine?
Je ne pense pas
L'ami imaginaire de Stephen Chbosky, fera parti de mes coups de coeur de cette année.
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LeoLabs
  10 juillet 2020
J'ai été happé dès le début par des protagonistes et des personnages secondaires profondément travaillés et attachants. J'ai adoré cette bande de potes qui m'a rappelé le club des ratés de "Ça" du King. Malheureusement, mon intérêt s'effondre à l'apparition du côté fantastique qui était vraiment trop pour moi. Je comprends ceux qui ont adoré. Pour ma part, j'ai juste apprécié. Lu en VO.
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belette2911
  27 septembre 2020
Avant ce livre, je voyais l'ami imaginaire comme le Hobbes de la bédé "Calvin & Hobbes", né de l'imagination d'un gamin de 6 ans.
Ou comme celui qu'une personne en situation de handicap mental que je croisais en achetant mon journal et qui parlait à son ami "Luc", lui demandant s'il voulait une boisson alors qu'à côté de lui, c'était le vide.
Rien de grave, donc. Mais depuis que j'ai lu ce roman, je me pose bien des questions.
Joe Hill, fils de Stephen King, a dit de ce roman d'épouvante que "Si vous n'êtes pas renversé par les 50 premières pages, il faut aller consulter" et je vais aller consulter parce que les 50 premières pages ne m'ont pas renversées, mais après, j'ai été culbutée de tous les côtés.
Ce roman aurait pu être écrit par le King lui-même car les ambiances et les atmosphères sont dignes de lui. le lecteur est happé dans le récit et passera par plusieurs stades de frayeur, de peur, d'épouvante, de tensions…
Pas de frayeurs au point de finir sous le lit, mais la plume de l'auteur est telle que tout son récit est réaliste en plus d'être angoissant.
La force tient dans deux choses : sa manière de nous raconter l'histoire et dans ses personnages, nombreux, qui apportent chacun une pierre à l'édifice. Et ses différents personnages sont réussis, mon faible allant à la bande de copain (Christopher, Special Ed, Matt & Mike).
Par contre, la bande de copains n'est peut-être pas assez exploitée à mon sens, j'aurais aimé retrouver l'amitié des gosses dans ÇA (Stephen King) car ils avaient tout de la bande des ratés ou dans la série "Stranger Things" mais ici, c'est Christopher le personnage central et ses potes passeront donc au second plan (mais ils ont leur place aussi).
Attention, Stephen Chbosky ne plagie pas Stephen King, il s'en inspire pour mieux s'en détacher. Même si les thèmes fondateurs et habituels du King sont présents (amitié, traumatismes enfantins, fantastique, autre-monde, parents qui sont à côté de leurs pompes pour l'éducation de leurs gosses, critique de l'Amérique puritaine, religieuse, de l'Amérique tout court…), Chbosky monte son plat qui lui est propre et sa cuisine sera différente du King.
750 pages, faut savoir tenir le rythme, surtout quand, à un peu plus de la moitié, l'auteur engage déjà ses personnages dans un combat dantesque. Là, on se demande ce qu'il va bien pouvoir faire sur 400 pages pour nous tenir en haleine…
J'ai craint à un moment que le soufflé ne retombe mais non, l'auteur a su réamorcer la pompe à suspense pour nous relancer dans l'histoire avec un coup de pied au cul en prime.
Je ferai ma chieuse en me permettant de dire que 50 pages de moins auraient évité que le lecteur ne s'essouffle sur le combat final qui dure, qui dure… Jamais contente, en effet. Si l'auteur termine trop vite, on criera "chiqué" car trop facile et quand il prend le temps de faire durer pour que ça reste du fantastique "réaliste", ça râle dans les chaumières.
Ce roman fantastique, c'est une expérience à lire, un roman à découvrir, un roman qu'il faut ouvrir en se laissant emporter par l'autre monde, celui de l'imaginaire, qui ne l'est pas tant que ça. C'est un roman qui se visualise tout en se lisant, tant tout est bien détaillé.
Ce n'est pas non plus qu'un roman fantastique et d'épouvante, il va plus loin que ça, il explore des thèmes qui nous sont connus (manipulations des masses, religion, croyances, différences de classes, violences contre les enfants) tout en nous emmenant dans un monde inconnu, en passant par une forêt où les cerfs foutent les jetons.
Faut absolument plonger dans le monde de Christopher, que ce soit le vrai ou l'imaginaire et aller à la rencontre du gentil monsieur et de la dame qui siffle…
PS : Encore un roman découvert et lu à cause (grâce ?) d'une chronique de Yvan du blog ÉmOtionS… On va finir par croire qu'il me sponsorise ! Ben non, c'est juste un affreux tentateur qui sait y faire pour nous donner envie de découvrir certains romans plus que d'autres. Yvan, tu m'énerves !!! mdr
2h17. C'est l'heure
Tout ira bien, le gentil monsieur veille…
Si je renverse un cerf, je serai sauvé…
Ne pas s'endormir…
Arrête de l'aider ! Ne quitte pas la rue, tu vas mourir.
Si je renverse un cerf, ça sera un signe, Dieu faites que je renverse un cerf…
Dieu est un assassin…
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Maks
  09 août 2020
C'est une belle brique de 750 pages et quasi 1kg, c'est un énorme coup de coeur, c'est un roman complètement fou, original, épique, torturé, doux, violent, beau, effrayant, lucide et abstrait à la fois.
Les personnages eux sont très variés avec chacun une personnalité complexe, travaillée, il y a un groupe d'enfants un peu comme la bande des ratés dans "Ça" de Stephen King, des adultes qui apportent la sympathie ou encore d'autres qui sont imbuvables (j'adore).
Pour ce qui est du scénario c'est certes assez facile à comprendre, ce qui ne veut pas dire que c'est creux, bien au contraire, c'est juste épique la manière dont l'auteur conte son histoire ! Oui conte car c'est ce que l'on ressent au début, d'avoir une histoire pour enfant dans les mains, mais attention, tout cela vire au cauchemar et devient un véritable livre horrifique, c'est de plus en plus speed et vous irez de surprises en surprises, je ne peux pas vous en dire plus sur le scénario car si je rentre dans les détails vous serez spolier, ce qui serait ici très fâcheux, voir même criminel au vu de tout ce qui se passe et des diverses surprises qui vous attendent.
L'écriture, elle, est juste parfaite, structurée et facile à suivre malgré des chemins scénaristiques alambiqués. Dommage qu'il y ai pas mal de coquilles en seconde moitié de livre, mais tout le reste prend le dessus et on n'en fait presque plus cas.
Si vous aimez "Ça" de Stephen King, "Bad Man" de Dathan Auerbach, "underground" de Lars Kepler ou encore "Hex" de Thomas Olde Heuvelt, vous allez vous régaler.
⚠ À lire d'urgence ⚠
Lien : https://unbouquinsinonrien.b..
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
JulitlesmotsJulitlesmots   24 juin 2020
Premières lignes…


50 ans plus tôt…

Reste dans la rue. Ils ne peuvent pas t’attraper si tu restes dans la rue.

Le petit David Olson savait qu’il était dans de sales draps. Dès que sa mère rentrerait avec papa, il y aurait droit. Son seul espoir, c’était l’oreiller glissé sous la couverture, pour faire croire qu’il se trouvait encore dans son lit. Comme dans les séries télé. Mais tout cela n’avait plus d’importance maintenant. Il était sorti en douce par la fenêtre, il était descendu en s’accrochant au lierre, il avait glissé et s’était fait mal au pied. Ce n’était pas trop grave. Pas comme son grand frère, au football. Ce n’était pas trop grave ça.

Le petit David Olson descendit Hays Road en clopinant. La brume sur son visage. Le brouillard s’installait sur la colline. Il leva les yeux vers la lune. Elle était pleine. Pour la deuxième nuit d’affilée. Une lune bleue. Comme lui avait dit son grand frère. Comme la chanson sur laquelle maman et papa dansaient parfois. À l’époque où ils étaient heureux. Avant qu’ils aient peur, par sa faute.

Blue Moon.

You saw me standing alone.

Le petit David Olson entendit un bruit dans les fourrés. L’espace d’une seconde, il crut que c’était peut-être encore un de ses rêves. Mais non. Il savait bien que non. Il s’obligea à rester éveillé. Malgré les migraines. Il devait y aller ce soir.

Une voiture passa, noyant le brouillard dans la lumière des phares. Le petit David Olson se cacha derrière une boîte aux lettres, alors que du rock’n’roll se déversait de la vieille Ford Mustang. Deux des ados rigolèrent. Beaucoup de gamins étaient incorporés dans l’armée et les délits de conduite en état d’ivresse augmentaient. À en croire son père, du moins.

« David ? » murmura une voix. Tranchante. Un sifflement.

Quelqu’un avait prononcé son nom ? Ou l’avait-il juste entendu dans sa tête ?

« Qui est là ? » demanda-t-il.

Silence.

Ça devait être dans sa tête. Tout allait bien. Au moins, ce n’était pas la dame à la voix sifflante. Au moins, il ne rêvait pas.

Si ?

David regarda, au pied de la colline, le gros lampadaire allumé au coin de Monterey Drive. Les adolescents passèrent devant, emportant tous les bruits avec eux. David vit alors l’ombre d’une personne. Une silhouette se tenait au centre de la flaque de lumière. Elle attendait et sifflotait. Elle sifflotait et attendait. Une chanson qui ressemblait un peu à

Blue Moon.

Les cheveux de David se dressèrent sur sa tête.

N’approche pas de ce coin de rue.

Reste à l’écart de cette personne.

Le petit David Olson coupa à travers les jardins.

Il s’approcha d’une vieille clôture, à pas feutrés. Il ne faut pas qu’ils t’entendent. Ou qu’ils te voient. Tu as quitté la rue. C’est dangereux. Par une fenêtre, il vit une baby-sitter qui se bécotait avec son petit copain pendant que le bébé pleurait. Mais on aurait cru un chat. Il était toujours certain de ne pas rêver, mais c’était de plus en plus difficile à dire. Il se faufila sous la clôture et salit son pantalon de pyjama dans l’herbe humide. Il savait qu’il ne pourrait pas cacher les taches à sa mère. Elle lui poserait des questions. Auxquelles il serait incapable de répondre.

Pas à voix haute.

Il avança à travers le petit bois derrière la maison des Maruca. Passa devant le portique que M. Maruca avait installé avec ses fils. Après une dure journée de travail, il y avait toujours deux Oreo et un verre de lait qui les attendaient. Le petit David Olson les avait aidés une ou deux fois. Il adorait les Oreo. Surtout quand ils étaient un peu mous et vieux.

« David ? »

Le murmure était plus fort. Il se retourna. Personne. Il scruta le lampadaire au-delà des maisons. L’ombre humaine avait disparu. La silhouette pouvait être n’importe où. Elle pouvait se trouver juste derrière lui. Oh, par pitié, faites que ça ne soit pas la femme qui siffle. Par pitié, faites que je ne dorme pas.

Crac.

La brindille se brisa dans son dos. Oubliant sa douleur au pied, le petit David Olson se mit à courir. Il traversa la pelouse des Pruzan, jusque dans Carmell Drive, et tourna à gauche. Il entendait des chiens haleter. Se rapprocher. Mais il n’y avait pas de chiens. C’étaient uniquement des bruits. Comme les rêves. Comme le bébé chat qui pleurait. Ils couraient derrière lui. Alors, il accéléra. Ses petites bottines frappaient le trottoir mouillé. Smac smac, un baiser de grand-mère.

Lorsqu’il atteignit enfin le coin de Monterey Drive, il tourna à droite. Et courut au milieu de la rue. Un radeau sur une rivière. Reste dans la rue. Ils ne peuvent pas t’attraper si tu restes dans la rue. Il entendait les bruits des deux côtés. De petits sifflements. Des chiens qui haletaient. Donnaient des coups de langue. Des bébés chats. Et toujours ces murmures.
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JulitlesmotsJulitlesmots   27 août 2020
- Mon mari est toujours vivant ?
- Oui madame. Il s'accroche.
- Tant mieux. J'espère qu'il va s'en tirer.

Le shérif a hoché la tête. La vieille femme a souri de nouveau.

- Parce que j'ai vraiment envie de le poignarder de nouveau.

Sur ce, Mme Henderson s'est replongée dans la lecture de la Bible.
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collectifpolarcollectifpolar   14 septembre 2020
Le petit David Olson entendit un bruit dans les fourrés. L’espace d’une seconde, il crut que c’était peut-être encore un de ses rêves. Mais non. Il savait bien que non. Il s’obligea à rester éveillé. Malgré les migraines. Il devait y aller ce soir.
Une voiture passa, noyant le brouillard dans la lumière des phares. Le petit David Olson se cacha derrière une boîte aux lettres, alors que du rock’n’roll se déversait de la vieille Ford Mustang. Deux des ados rigolèrent. Beaucoup de gamins étaient incorporés dans l’armée et les délits de conduite en état d’ivresse augmentaient. À en croire son père, du moins.
« David ? » murmura une voix. Tranchante. Un sifflement.
Quelqu’un avait prononcé son nom ? Ou l’avait-il juste entendu dans sa tête ?
« Qui est là ? » demanda-t-il.
Silence.
+ Lire la suite
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JulitlesmotsJulitlesmots   24 juin 2020
« Il adore voyager à l’avant quand sa mère conduit. Il a le sentiment d’appartenir à un club. Un club spécial pour lui et cette dame très mince et super. Il la regarde, dans l’encadrement du soleil matinal. Sa peau colle au siège en vinyle. Ses épaules sont rougies autour des bretelles de son débardeur. Sa peau est pâle à la limite du short découpé dans un jean. Elle tient sa cigarette dans une main, ça fait très chic. Comme ces vedettes dans les vieux films qu’ils regardent ensemble lors de leurs Soirées Ciné du vendredi. Il aime le rouge à lèvres à l’extrémité de sa cigarette. Les professeurs, là-bas à Denver, disaient que c’était mauvais pour la santé de fumer. Quand il avait répété ça à sa mère, elle avait plaisanté en répondant que les professeurs étaient mauvais pour la santé, et elle avait continué à fumer. »
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EkyEky   26 août 2020
Et quand tu étais petite fille, tu étais tellement en colère que tu croyais pouvoir détruire le monde en fermant les yeux. Mais tu n'as jamais essayé parce que tu ne savais pas où tu vivrais ensuite.
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Vidéo de Stephen Chbosky
Une mère et son fils en cavale trouvent refuge dans la petite communauté de Mill Grove, en Pennsylvanie. Mais dans ce havre de paix, le petit garçon disparaît. Quand il émerge de la forêt six jours plus tard, il a l'air indemne. Lui seul sait que quelque chose a changé. La voix du bois est dans sa tête et lui dicte une mission. S'il ne lui obéit pas, sa mère et tous les habitants de Mill Grove risquent son courroux…
Entre suspense effroyable et richesse émotionnelle, Stephen Chbosky renouvelle la littérature de l'horreur. À lire les lumières allumées. https://bit.ly/2NomZ76
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