AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782809714814
368 pages
Éditeur : Editions Philippe Picquier (05/03/2020)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 8 notes)
Résumé :
En 1910 une épidémie de peste, la dernière de la planète, frappe Harbin, dans la région la plus au nord de la Chine. C'est une ville nouvelle et dans le désordre des ruelles enneigées se côtoient Russes, Japonais et Chinois, tout un monde cosmopolite et truculent. Avant que l'épidémie ne réduise tous les bonheurs en miettes.
En s'appuyant sur un formidable travail de documentation et de recherche, Chi Zejian a entrepris de dessiner une carte de la ville puis ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Prailie
  17 avril 2020
À vol d'oiseau, que de similitudes entre cette épidémie de peste dans le nord de la Chine, dans la ville alors russo-chinoise de Harbin, en Mandchourie, au début du 20ème siècle, et le méchant Covid-19 qui actuellement, début 2020, est en train de mettre l'humanité tout entière sur le flanc:
Cette "peste de Harbin", en 1910, elle s'expliquerait en effet par la chasse et la consommation d'un petit animal sauvage, la marmotte [ mais peut-être avait-elle été transmise par sa puce?? ] .
Il est avéré que l'épidémie se propagea ensuite très rapidement par la voie "aérienne" (respiration, crachats, toux ) sans passer par la puce, et que c'est un jeune médecin chinois, formé à Cambridge - le docteur Wu - qui comprit l'utilité des masques respiratoires, et en imposa l'usage. Lequel docteur Wu, comme de bien entendu, se heurta à l'hostilité de principe de ses confrères européens...
Mais non, en dépit des amoncellements de cadavres, il n'est pas du tout déprimant, ce roman consacré à la tragique peste de Harbin, car vu très en surplomb: sans froideur mais sans débordement d'émotion. Zinjian Chi en effet a traité son récit comme à la pointe sèche, avec une grande précision de détails , très abondamment documentés, mais sans aucun pathos.
Avec parfois, d'ailleurs, une petite pointe d'humour discret, comme dans cette scène où les tenants de la médecine chinoise traditionnelle se réunissent pour débattre des causes de l'épidémie - et, tels les médecins de Molière, en donnent des explications parfaitement contradictoires... Ou bien lorsque Chi évoque la frénésie de sensualité qui a saisi les habitants - au point, explique-t-elle, que certains maris au matin en ont les jambes qui flageolent.... Ou encore lorsque, dans l'espoir de chasser les rats qui rongent ses provisions de grains , le marchand Ji Yonghe -celui-là même qui a échangé une éventuelle grossesse de sa femme contre une cargaison de soja - s'efforce d'imiter le miaulement d'un chat.
Curieusement, même, c'est dans les toutes dernières pages , lorsque l'étau se desserre, lorsque les survivants font leurs comptes, que l'émotion nous gagne vraiment. Et plutôt que les morts violentes, les charrettes mortuaires, les immenses bûchers de crémation, ce sont les occasions manquées, les amours ratées, les trébuchements du destin, qui finalement nous broient le coeur, vers la toute fin du roman.
Bien sûr, en raison du contexte, le récit s'intéresse beaucoup aux rites funéraires, aux croyances dans l'Autre Monde, en vigueur dans cette Chine encore impériale du début du 20ème siècle: vêtements funéraires, de préférence somptueux; monnaie factice à brûler pour honorer le défunt; profession que "l'Empereur de Jade", le Maître du Ciel, dans l'autre vie, attribuera à un jeune garçon; piété filiale si exacerbée qu'elle peut pousser au suicide... Cependant, si le récit nous immerge de préférence dans le petit peuple des artisans et commerçants chinois, il ne s'interdit pas de nous promener aussi du côté du prospère quartier russe, ou dans celui du "Yamen" (Préfecture) avec ses fonctionnaires épris de poésie, ses médecins militaires, et ses préoccupations de nature économique et politique - la ville d'Harbin étant prise en tenaille entre les intérêts concurrents des Russes et des Japonais.
Que de monde, en tout cas, dans ce roman! Quel fourmillement de personnages - du moins avant que la peste ne vienne y faire des coupes sombres! Et tous silhouettés avec tant de justesse et d'humanité, les méchants comme les bons.
A côté de l'éminent Dr Wu, deux personnages plus modestes en émergent, qui sans être véritablement centraux resurgissent plus souvent que tous les autres; deux personnages qui de par leur profession, ou par leurs blessures secrètes, font le lien entre les différents secteurs de la ville, entre les milieux sociaux, entre la communauté chinoise et les Étrangers:
- L'entrepreneur Fu Baichuan, avisé, volontaire, généreux, mais qui ne parviendra pas à se lier à la femme qu'il aime en secret.
- Et surtout le cocher de fiacre Wang Chunshen, lui aussi malheureux en amour, trompé par sa femme comme par sa concubine puis manipulé par une troisième, bref cabossé par la vie, et qui ne trouve d'apaisement que dans la compagnie de son beau, si attentionné, si tendre et si intelligent cheval noir , qui est son seul véritable ami.
Quant à ce beau titre de "Neige et corbeaux", indépendamment de son intérêt graphique, et qui s'inscrit dans la thématique récurrente du noir et du blanc ( ne pas oublier qu'en Chine c'est le blanc qui est la couleur du deuil!): bien sûr, on a envie de se demander pourquoi....
- Je serais tentée de dire: en aucune façon, vraiment pas du tout parce que ces oiseaux seraient maléfiques, ou signe de mauvais augure. D'une manière générale je n'ai pas l'impression que ce soit le cas en Chine, et moins encore dans ce roman. Ils y seraient plutôt une présence familière, amicale. Sur les arbres et dans le récit, une ponctuation en quelque sorte " calligraphique" ( mais je ne me sens pas qualifiée pour en "débattre...).
Mais surtout, pour une certaine jeune femme qui chaque matin leur jette une poignée de grains, une affirmation d'indépendance , de rébellion contre son méchant mari.
Et pour une autre jeune femme , l'occasion - d'autant plus désespérément gratuite, désintéressée , qu'elle lui redonnera la santé mais restera à tout jamais inconnue d'elle - d'une éperdue, définitive, déclaration d'amour sincère.

[ Post-face très convenue, en revanche. On peut sans aucun problème s'épargner de la lire. Car d'abord des considérations pas inintéressantes sur la fabrication de " Neige et corbeaux" . Mais ensuite un adieu pathétique à la grand-mère morte... Une rêverie nocturne sur les nuages et sur la lune, et sur la grand-mère devenue "demoiselle d'honneur de la lune", avec des guirlandes de poéticaillerie clinquante sur la Chine du nord. Tout cela m'a paru terriblement sur-joué, mièvre et poisseux!
Dans mon regard de Grande Barbare de l'ouest, un ajout qui dépare le livre, pourtant si beau. ]

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Fuyating
  06 mars 2020
En 2010, soit cent ans plus tard, Chi Zijian s'est intéressée à l'épidémie de peste qui a sévi à Harbin en 1910. Elle nous brosse dans ce roman une fresque sociétale très vivante, dans laquelle nous découvrons divers personnages bien campés et auxquels nous nous attachons. D'ailleurs Harbin, la ville de l'auteure, est un personnage à elle-même : nous la découvrons alors que c'est une ville nouvellement créée, au lendemain de l'arrivée du chemin de fer. C'est un lieu très hétéroclite : Russes, Japonais et Chinois se côtoient. J'ai beaucoup aimé les descriptions de cette capitale provinciale que j'ai trouvées très belles, notamment les comparaisons faites par l'auteure des trois quartiers composant la ville à des femmes.
Chi Zijian a réussi avec brio à prendre en point de départ cette épidémie pour nous décrire les difficultés de l'époque mais également la façon dont vivaient les gens, leurs habitudes et leurs interactions. L'auteure a sûrement fait beaucoup de recherches pour nous donner moults détails sur l'époque ! J'ai d'ailleurs beaucoup apprécié la petite postface dans laquelle l'auteure se livre quelque peu.
Comme dit précédemment, nous nous attachons aux personnages que l'auteure a dépeint avec beaucoup de justesse. Ils sont très vivants, originaux, et certains ont beaucoup d'humour ! Ils sont assez nombreux et je recommande aux lecteurs et notamment à ceux n'ayant pas l'habitude des noms chinois de faire une petite liste.
"Neige et corbeaux" est donc un roman que je recommande chaudement, et qui est tristement d'actualité avec cette fois-ci une autre épidémie...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
zhorvirginia1995
  14 avril 2020
"En lisant le Cochon et les Perles, je n'ai
pu m'empêcher de rire aux éclats, toute seule dans ma chambre. Peut-être
que c'était dû au poids de l'écriture de Neige et Corbeaux, des soucis et de
l'anxiété cumulés, de son atmosphère lourde et pénible, dont je ne m'étais
pas libérée avec la rédaction du dernier chapitre." ce sont les paroles de l'ecrivaine zijian chi elle avoue qu'elle a ecrit une histoire noire et pesante
j'ai trouvé le livre vraiment noire comme le theme ; la chine etait frappée a cette periode 1910-1911 par la peste noire "un vrai fléau" toute personne frappée par ce mal a perdue la vie les morts s'entassait dans fujiadian " c'est la ville ou se deroule l'histoire"a un momont le responsable de la santé regionnale demanda d'incinerer les corps lorsque la terre devenue gélée impossible d'enterrer ces derniers c'etait un vrai piege d'un coté lhiver et sa froideur et de l'autre la peste y'a pas échappatoire chacun s'accrochait a ses croyances et a ses superstitions .a cette lecture je fus enveloppé de noire c'etait tres triste mais j'ai pas pu lacher le livre j'ai voulu suivre l'histoire de wang chouchen le chauffeur de cabriolet et aussi cette miserable fanghi , la belle cuisiniere zhou quingxui reputée pour ses delicieux gateaux , fu baichuan le beau riche et d'autre a un momont donné je pensait quelle personnage va etre la prochaine victime
le seul bemol c'est que j'ai trouvé parfois du mal a trouver les personnages ; les prenoms en chinois donc au debut je confondais les personnages, enfin quelle triste histoire mais quel talent d'ecrivain
ps; je me suis toujours dis que les chinois sont bizarre maintenant je vois qu'ils sont plus bizarre que je ne le pensais
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Selvegem
  05 avril 2020
Harbin est la capitale de la province du Sahaliyan Ula (Heilongjiang), située en Mandchourie. Sa fondation date de la fin du XIXème siècle, suite à la construction du chemin de fer de l'Est chinois par la Russie. Deux compagnies de chemin de fer (l'une chinoise, l'autre russe) se sont installées à Harbin, entraînant l'essor économique de la ville et l'afflux de population.
Dans Neige et corbeaux, Zijian Chi va non seulement nous parler de cette ville et de ses habitants, mais surtout de l'arrivée destructrice de la peste en 1910. Elle arrive à prendre ce sujet difficile et très délicat et d'en faire une histoire passionnante et actuelle (oui coronavirus, c'est toi que je regarde !). On va pouvoir voir comment était traité ce genre d'épidémie à l'époque, avec les difficultés et et les superstitions des personnes touchées ou impactées. Ce n'est si loin de nous, à peine plus de 100 ans, mais un monde nous sépare.
La description de la maladie et comment elle touche l'ensemble d'une ville et d'un pays nous entraîne également à décrire – évidemment – les personnes habitant à Harbin et comment fonctionne la ville. La ville est un personnage à elle toute seule : c'est une ville nouvellement créée, elle est dynamique, vivante, et surtout très hétéroclite. Russes, Japonais et Chinois se côtoient, pour le meilleur et pour le pire, et les différentes traditions et autres points de vue s'entremêlent.
Les différents personnages sont tous différents les uns des autres, et cela nous permet d'avoir une vision complète et intéressante des habitants de la ville, et comment ils perçoivent la maladie, leur entourage, ou la vie de manière générale.
Neige et corbeaux est un roman très dense, très intéressant et qui fait malheureusement écho à notre actualité. Il est prenant du début à la fin, et je suis très contente d'avoir pu découvrir la plume de Zijian Chi !
(Voir mon avis sur mon blog.)
Lien : http://chezlechatducheshire...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Pierre17
  20 mai 2020
L'histoire est assez décousue et on en perd vite le fil. J'ai eu du mal à retenir les nombreux personnages au long de la lecture. Je n'ai pas été conquis par la traduction française, parfois hasardeuse. En revanche, j'ai apprécié l'aspect historique et l'immersion dans la ville de Harbin au début du 20ème siècle.
Commenter  J’apprécie          00
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
zhorvirginia1995zhorvirginia1995   13 avril 2020
La grosse femme gloussa : « L’homme qui vit avec toi est sûrement
heureux ! Tu es assez jolie pour le bonheur de ses yeux ; tu sais faire des
pâtisseries pour le bonheur de sa bouche ; et tu dis des choses amusantes,
pour le bonheur de ses oreilles !
Commenter  J’apprécie          40
zhorvirginia1995zhorvirginia1995   13 avril 2020
il renifla et dit à Yu Qingxiu : « Mère, quand le bébé
sera né, je voudrais retourner dans votre ventre. »
Yu Qingxiu le regarda affectueusement, se caressa doucement le ventre
et dit : « Gros nigaud, le ventre, on ne peut qu’en sortir, on n’y retourne
pas.
— Xisui, pourquoi veux-tu retourner dans le ventre de maman ?
demanda Zhou Yaozu. Ce n’est pas bien dehors ?
— Pas bien du tout, dit tristement l’enfant, il fait froid, il y a la peste, je
ne peux pas sortir vendre des journaux, autant rentrer dans le ventre de
maman, il y fait chaud et on peut y dormir toute la journée. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
FuyatingFuyating   04 mars 2020
Si l'on comparaît ces trois quartiers de Harbin à des femmes, alors Fujiadian serait une fille aux traits ordinaires modestement vêtue, le quartier des Quais une douairière couverte de bijoux, et la Nouvelle Ville, qui comprenait le nouveau marché et le coteau des Qin, une beauté hautaine.
Commenter  J’apprécie          10
FuyatingFuyating   04 mars 2020
Pour Xisui, qui regardaient les différents lieux de la ville en les comparant à des rôles de la dramaturgie chinoise, le quartier des Quais était une guerrière pleine de vie, splendide qui dès qu'elle s'immobilise pour prendre la pose, obtient l'attention de tout le théâtre ; quant à la Nouvelle Ville, c'était un rôle paisible, gracieux et raffiné, avec une note indéfinissable de mélancolie. Enfin Fujiadian, plus vieux, plus débraillé, plus sale, c'était le bouffon avec l'arête du nez peinte en blanc, naturel, à l'aise et donnant de la gaité aux gens.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
zhorvirginia1995zhorvirginia1995   10 avril 2020
Curieusement, une femme même très belle, pour peu qu’elle ait mauvais
caractère, aura toujours l’air renfrogné et déplaisant, quel que soit le
regard qu’on porte sur elle ; alors qu’une femme au caractère calme et
amène arrivera à transformer un physique ordinaire en une prestance
attrayante.
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Zijian Chi (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Zijian Chi
Payot - Marque Page - Zijian Chi - Bonsoir, la rose
Notre sélection Littérature étrangère Voir plus
Livres les plus populaires de la semaine Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Tous dehors !

Un aviateur, à la suite d’une panne de moteur, doit se poser en catastrophe dans le désert du Sahara. Quand il se réveille, le lendemain de son atterrissage, une petite voix lui demande de dessiner un mouton.

Le Petit Prince
Les Robinsons de la nuit
Vol de nuit
Le Petit Poucet

10 questions
105 lecteurs ont répondu
Thèmes : humour , nature , libérationCréer un quiz sur ce livre