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EAN : 9782277125907
284 pages
Éditeur : J'ai Lu (30/11/-1)
3.66/5   69 notes
Résumé :
Le Rhône coule dans les veines de Bernard Clavel. Durant quinze ans, il a vécu sur ses rives, partageant l'existence des mariniers, des pirates et des matelots. Ce grand fleuve lui a inspiré l'histoire du patron Merlin, l'héroïque " batteur d'eau ", et de ses bateliers, défiant au siècle dernier le bateau à vapeur conquérant.
Le Rhône, de Lyon à Beaucaire, rythme ce combat perdu d'avance contre le flot imprévisible, la machine, le progrès ; il est le décor d'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
  20 août 2014
Philibert Merlin est batelier, fils de batelier et petit-fils de batelier. Sa famille est intime avec le Rhône depuis des générations, et les fils de Philibert sont prêts à ajouter quelques maillons à cette chaîne qui remonte à la nuit des temps. Jusqu'à l'arrivée des bateaux à vapeur en tout cas. Au départ, les habitués du fleuve se sont bien moqués de ces monstres de métal qui répandent un vacarme de tous les diables et une fumée toxique sur leur passage. Mais une quinzaine d'années plus tard, les faits sont là : les bateaux à vapeur vont plus vite, embarquent plus de marchandises, et coûtent moins cher. Les bateliers font faillite un à un, leurs fils passent à l'ennemi.
Philibert ne s'avouera pas vaincu. Dans un bras de fer perdu d'avance, il tentera de prouver que la batellerie n'est pas morte et qu'elle est capable de faire mieux que la vapeur. Il prendra tous les risques, malgré les caprices du fleuve, pour arriver plus vite à destination que ses adversaires, à s'engouffrer dans des passages qui leur sont inaccessibles.
Le seigneur du fleuve raconte la fin d'une époque. Pas seulement celle des bateliers, mais de tout un mode de vie : les petits ports, les auberges, les producteurs qui devaient transporter leurs marchandises, vivaient au rythme du fleuve. L'industrialisation a détruit brutalement cet équilibre en place depuis des siècles ; les petits patrons deviennent ouvriers pour les grandes compagnies.
Ce roman est un bel hymne au Rhône et aux hommes qui ont vécu avec lui. À déconseiller cependant aux personnes d'humeur mélancolique, l'optimisme n'étant pas à la fête dans ce livre.
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Gruizzli
  09 avril 2021
Ce livre de Bernard Clavel est assez notable dans sa bibliographie, puisqu'il s'agit du premier qu'il voulut écrire, mais qu'il retarda sur conseil de Hervé Bazin. Ce n'est qu'après quelques années qu'il se mit à l'ouvrage et produisit "Le seigneur du fleuve", roman ambitieux qui parle aussi bien du Rhône que d'un homme ...
Ce roman est une sorte de condensé des autres livres de Clavel. On y retrouve toutes les thématiques chères à l'auteur : la fin d'un monde et d'une époque ; la solidarité des ouvriers et les temps difficiles ; les paysages majestueux, enchanteurs, mais aussi violent et impitoyable ; une nature qui donne la vie et sait la reprendre ; la force et la hardiesse de ceux qui oeuvrent de leurs mains. Bernard Clavel nous raconte ceux qui n'étaient pas du grand monde, mais du petit, de celui qui travaillait chaque jour et vivait aussi dignement que leur argent le permettait. J'aime ses portraits de paysans, ouvriers, manoeuvres, marins qui parsèment son oeuvre. Ici encore, une figure centrale sera présente, en la personne du patron de tout cet équipage, Merlin. Figure de fort, mais aussi borné et têtu, ce qui le conduira jusqu'à des actes fous. Merlin incarne cette idée, chère à l'auteur, d'une personne accomplie, travaillant de ses mains à son oeuvre, gagnant son pain à la sueur de son front et faisant face aux éléments naturels autant que technologique.
Si le personnage peut sembler un peu trop lisse dans son côté perfection, il est néanmoins pétri de bonnes intentions et de mauvais côté. Ces mauvais côtés qui mèneront d'ailleurs à un dénouement tragique. Bernard Clavel nous pond une chimère, incarnation de ce qu'il voit et ressent dans ces métiers-là, dans ces personnes maintenant disparues. Il retrace des portraits de ce que fut la vie des gens, avant tout notre progrès et notre technologie. Et sans tomber dans le travers de la complaisance ("c'était mieux avant") ni nier les nombreux risques qu'ils prenaient au quotidien. C'est un portrait de vie, de ce que fut la vie de nombreuses personnes. Bernard Clavel aime se faire porteur de leur mémoire en l'écrivant avant qu'elle ne disparaisse.
Cependant, j'ai un peu de réserve vis-à-vis de ce livre. Par rapport à d'autres livres de l'auteur, je trouve celui-ci plus fade, plus terne. Peut-être par la distance avec le sujet, ou par la géographique qui me parle moins que le Jura qu'il aime tant décrire. Mais aussi, et probablement, parce que j'ai été moins touché par les personnages et leurs histoires. C'est plus terne, plus facile. J'ai moins ressenti ce frisson que certains personnages de l'auteur m'ont déjà donnés. Ma lecture ne fut pas déplaisante, mais je suis resté sur ma faim. C'est dommage, j'apprécie toujours autant l'auteur mais je deviens plus difficile maintenant. Cela ne m'empêchera pas d'en lire d'autres, c'est certain.
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garanemsa
  18 mai 2021
Clavel Bernard
Le seigneur du fleuve
4ème de couverture
J'ai vécu plus de 15 ans sur les rives du Rhône, partageant l'expérience des pirates, des mariniers, des sauveteurs. Avec eux j'ai appris à aimer le fleuve et c'est lui qui m'a le premier donné envie de raconter des histoires.
Je l'ai quitté au moment où commençait les grands travaux qui devaient métamorphoser la vallée mais je sais qu'Alexandre Arnoux à raison d'écrire : le Rhône, voyez-vous, une teigne, on ne s'en débarrasse pas facilement quand il coule dans le sang.
Car le fleuve est en moi, et c'est avant tout pour revivre avec lui que j'ai cédé à l'envie de raconter l'aventure d'un de ces hommes d'un autre âge que la vapeur fait disparaître.
Avec ses patrons, avec ses équipages, c'est tout un monde qui s'est éteint pour faire place à notre monde. le monde de la machine. Certes il serait stupide de nier le progrès, bien plus stupide encore de vouloir l'arrêter, mais tenter de retrouver, en écrivant, le parfum et la couleur de cette vie d'autrefois, est une joie que j'ai voulu m'accorder. S'il m'est arrivé dans ces pages de prendre le parti de mes héros, c'est un peu malgré moi et sans doute parce que j'aurais aimé partager leurs peines aussi bien que leurs joies. En fait, en écrivant ce livre, je me suis souvent surpris à rêver que j'étais l'un de ces hommes. C'est beaucoup d'orgueil mais c'est aussi, par moments, beaucoup de souffrance.
C'est tout cela que je voudrais faire partager aux lecteurs, et ce doit être possible car le combat que mènent Patron Merlin et ses batteurs d'eau est de tous les temps. Ce sont seulement des lieux, la forme et les personnages qui changent, mais chaque époque voit naître des êtres qui lui resteront attachés au point de vouloir à tout prix que leurs propres enfants renoncent à ce que le progrès peut leur apporter. C'est qu'ils ne voient en lui que ce qu'il détruit et et non ce qu'il construit. C'est sans doute aussi que les inventions de l'homme se sont si souvent retournées contre lui, qu'il est naturel que certains s'en méfient. Et ce ne sont pas toujours les plus fous.
J'ai beaucoup aimé ce livre, ces personnages, ces paysages, ces peines et joies et cette dureté de la vie mais partagée par tous tout en gardant leur dignité profonde.
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nanashi
  18 mars 2019
Livre très intéressant.
L'histoire se déroule sur le Rhône au XIXème siècle, lorsque l'arrivée des bateaux à vapeur, du dragage et des canaux menacent tous les petits artisans vivants de la batellerie et des convois fluviaux d'antan.
On se rend compte du prix payé lors du passage à la modernité. Tous ces métiers, terriblement difficiles physiquement, mais de passions, qui se sont perdus. Ces petites gens qui se sont trouvées démunies, pour le bien-être des générations futures, mais aussi pour les gains engendrés.
Au niveau de la lecture, heureusement le roman est court, car il y a beaucoup de description, parfois trop; ça peut rebuter certains.
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poussieresdetoiles
  21 octobre 2019
Depuis des siècles, les bateliers faisaient vibrer les rives. Chevaux, coups de gueule, coups de hache, ils n'épargnaient rien et ne respectaient que le fleuve. Avec la vapeur, c'était autre chose.
Les bateaux étaient si gros et si rapides que lorsqu'ils passaient, toute l'eau qu'envoyaient vers l'arrière leurs énormes roues manquait soudain au fleuve qui se vidait de moitié. Brusquement découvertes, les grèves et les digues offraient à la vue de n'importe qui le secret de leur vie. Les millions de bête qui vivent dans les mousses, les graviers, sous les racines, entre les roches, s'affolaient. Les poissons restaient le ventre sur le sable. Et puis, le bateau passé, c'était la folie de l'eau durant un bon quart d'heure. Tout était bousculé, remué, trempé, brassé et saccagé. La vase des mouilles montait en surface et filait sur le large en longues traînées brunâtres. La graisse des bielles, la fumée, les cendres, tout contribuait à empoisonner bêtes et gens. Depuis deux ans, on ne voyait presque plus de castors dans les îles. Des peupliers étaient tombés, minés en dessous par ce flux et ce reflux qui n'étaient pas dans la nature du fleuve.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   19 août 2014
Depuis des siècles, les bateliers faisaient vibrer les rives. Chevaux, coups de gueule, coups de hache, ils n'épargnaient rien et ne respectaient que le fleuve. Avec la vapeur, c'était autre chose.

Les bateaux étaient si gros et si rapides que lorsqu'ils passaient, toute l'eau qu'envoyaient vers l'arrière leurs énormes roues manquait soudain au fleuve qui se vidait de moitié. Brusquement découvertes, les grèves et les digues offraient à la vue de n'importe qui le secret de leur vie. Les millions de bête qui vivent dans les mousses, les graviers, sous les racines, entre les roches, s'affolaient. Les poissons restaient le ventre sur le sable. Et puis, le bateau passé, c'était la folie de l'eau durant un bon quart d'heure. Tout était bousculé, remué, trempé, brassé et saccagé. La vase des mouilles montait en surface et filait sur le large en longues traînées brunâtres. La graisse des bielles, la fumée, les cendres, tout contribuait à empoisonner bêtes et gens. Depuis deux ans, on ne voyait presque plus de castors dans les îles. Des peupliers étaient tombés, minés en dessous par ce flux et ce reflux qui n'étaient pas dans la nature du fleuve.
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LuniverLuniver   20 août 2014
Allons, petit. On est du même bois, toi et moi. Du même bois que ton père. Et si c'est vrai que la vapeur doit tuer la batellerie, tu sais bien qu'on en crèvera aussi. Mais faut être honnête. Il y a le fleuve. Le métier et tout et tout. Mais ce qui nous en fout un coup, c'est autant de voir les compagnies que de voir leurs bateaux. La vapeur, c'est réservé aux grosses sociétés capitalistes, pas aux artisans comme nous. Ce qu'elle va tuer, c'est pas seulement les bateaux tirés par les chevaux, c'est aussi une façon de vivre... De vivre et de rester son maître.
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poussieresdetoilespoussieresdetoiles   21 octobre 2019
Depuis des siècles, les bateliers faisaient vibrer les rives. Chevaux, coups de gueule, coups de hache, ils n'épargnaient rien et ne respectaient que le fleuve. Avec la vapeur, c'était autre chose.

Les bateaux étaient si gros et si rapides que lorsqu'ils passaient, toute l'eau qu'envoyaient vers l'arrière leurs énormes roues manquait soudain au fleuve qui se vidait de moitié. Brusquement découvertes, les grèves et les digues offraient à la vue de n'importe qui le secret de leur vie. Les millions de bête qui vivent dans les mousses, les graviers, sous les racines, entre les roches, s'affolaient. Les poissons restaient le ventre sur le sable. Et puis, le bateau passé, c'était la folie de l'eau durant un bon quart d'heure. Tout était bousculé, remué, trempé, brassé et saccagé. La vase des mouilles montait en surface et filait sur le large en longues traînées brunâtres. La graisse des bielles, la fumée, les cendres, tout contribuait à empoisonner bêtes et gens. Depuis deux ans, on ne voyait presque plus de castors dans les îles. Des peupliers étaient tombés, minés en dessous par ce flux et ce reflux qui n'étaient pas dans la nature du fleuve.
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capitaine_rococapitaine_roco   18 janvier 2012
Il y avait ceux qui pensaient au fleuve avec la peur de le voir envahir la cité et pénétrer jusque dans la cuisine aprés avoir noyé la cave. Il y avaint ceux que les crues terrorisent, parce qu'ils n'ont pour abri que des maisons. Mais il avait aussi ceux que le fleuve porte avec lui et qui portent le fleuve en eux. ceux-là vivent sur des bateaux. L'essentiel de leur existance est là, et ils ne soucient peu de ce qu'ils possèdent sur les rives.
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lyanealyanea   06 novembre 2019
Quand le travail vous tient la tête et les membres occupés, quand on a de quoi emplir son assiette et celle de ses enfants, on ne trouve ni le temps ni l’envie de s’intéresser à ce qui se passe chez les autres
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