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Comès (Illustrateur)
EAN : 9782203334175
146 pages
Éditeur : Casterman (04/05/1993)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 107 notes)
Résumé :
Publié en septembre 1983 dans la collection Les romans (A SUIVRE). Egalement édité en "Pocket" chez J'ai Lu en 1988. En quelques sortes, un prolongement de "Silence". La sorcellerie est toujours le vecteur de ce très bel album. Plusieurs éléments se côtoient dans ce roman qui a pour cadre la région natale de Comès. La fécondité et Démeter, la déesse mère avec Anne, Pierre son fils autiste et la Belette face à la religion représentée par le curé Schonbroodt sans oubl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
manU17
  08 février 2013
Le vent souffle fort sur les plaines de la campagne ardennaise soulevant et emportant dans son sillage une multitude de feuilles mortes comme un rappel perpétuel d'un danger imminent ou de la mort qui semble roder et guetter les nouveaux arrivants d'une petite bourgade reculée appelée Amercoeur, un nom qui rime avec rancoeur…
Anne, enceinte, et Gérald, producteur de télé sans scrupules, viennent d'emménager avec Pierre, leur fils, un adolescent autiste. Pierre arrivé trop tôt n'était pas désiré par sa mère qui vit depuis avec cette culpabilité, comme si l'autisme de son fils était entièrement sa faute. La petite famille se retrouve confrontée aux gens du cru qui ne voient pas forcément d'un bon oeil l'arrivée de gens de la ville chez eux.
Il y a Jules, l'inquiétant voisin, qui protège son fils Bébert, dégénéré lubrique qui dans son musée des horreurs secret collectionnent les images de femmes nues quand il n'est pas occupé à sacrifier des animaux pour assouvir ses instincts sadiques. Albert, le prêtre du village, lui considère la télévision comme "la nouvelle religion", néfaste, nuisible, responsable du désintérêt de ses ouailles pour son culte et de la perdition du monde en général. Il voit en Anne, future jeune mère, comme un espoir de renouveau. Alors quand celle-ci va se tourner vers le culte de Déméter, opulente déesse de la fécondité, à l'initiative de la Belette et de son père, le prêtre va déchanter… La Belette, mi guérisseuse, mi sorcière, doté de surprenants pouvoirs semble savoir beaucoup de choses sur la vie et le passé des gens du village. Et si elle avait un lien avec tous ces meurtres qui commencent à s'accumuler depuis quelques temps ? A vrai dire, ce ne sont pas les suspects qui manquent.
Un village isolé, un jeune ado mutique, des secrets qui ressurgissent du passé, une bonne dose de magie, un graphisme en noir et blanc, autant d'éléments pour un résultat d'une excellente tenue dans la lignée de « Silence » du même Comès, l'effet de surprise en moins. Deux petits bémols pour moi cependant, une histoire un peu moins touchante et le graphisme de la famille dont je me suis d'abord demandé s'il s'agissait d'extraterrestres en voyant leurs têtes allongés et leurs oreilles pointus ! Étrange…

Lien : http://bouquins-de-poches-en..
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Allantvers
  22 juin 2020
Longtemps après "Silence" de Comès dont je garde encore un vif souvenir, c'est un bonheur de se replonger dans cet univers avec "La belette".
Le dessin en noir et blanc, classe et porteur de mystère (une source d'inspiration pour Larcenet?) sert à merveille un scénario nourri de sorcellerie et de puissances occultes dans leur versant lumineux, opposées à toutes les noirceurs de l'âme humaine dans un décor somptueux de campagne ardennaise.
Belle histoire de vengeance et de libération par l'élan vital qui donne envie d'être une sorcière aussi fascinante que la belette et voler avec elle dans le corps d'une chouette.
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jovidalens
  04 avril 2013
De Beausonge en Amercoeur, c'est encore un voyage au coeur de la campagne ardennaise. Ce village-ci est aussi agité de passions, de rancoeurs, de lutte de pouvoir ; pour l'argent, pour la réussite professionnel, pour le salut des âmes...
Tout est tremblement, envol, mystère et les masques peuvent être effrayants ou oniriques. La campagne et la nature sont belles et ce sont les hommes qui sèment la violence autant par l'indifférence que l'action sauvage.
Quand un plouc de citadin promène son regard qui ne voie rien, n'entend rien, n'écoute rien. Face à lui sa femme pétrie d'angoisse et de culpabilité qui vaincra ses peurs, aiguisera son esprit et saura elle, s'adapter.
Et un adolescent, silencieux si près, tout près de la nature et de ses déesses.
Beaucoup de point communs avec "Silence", même si cinq ans séparent ces deux ouvrages. le trait est toujours aussi beau, la scénographie parfaite et la magie nous imprègne, nous lecteur, pour notre plus grand plaisir.
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alouett
  13 novembre 2013
« Deux citadins, Gérald et Anne, viennent de s'installer dans un village des Ardennes en compagnie de leur fils Pierre, un adolescent autiste. Les premiers contacts avec les habitants – dont un voisin aux manières fuyantes, un curé en veine de prosélytisme et une femme étrange toute de noir vêtue, surnommée « la Belette » – sont difficiles, parfois houleux. Mais la tension s'avive lorsque Gérald, réalisateur de télévision très condescendant vis-à-vis des « superstitions » locales, décide de réaliser un documentaire sur les anciens rites sorciers toujours vivaces en milieu rural. Sur fond de non-dits et de vieilles haines toujours à vif, les événements étranges se multiplient. Et la nouvelle grossesse d'Anne devient un enjeu dans les affrontements invisibles mais sauvages qui secouent secrètement ce coin de campagne… » (synopsis éditeur).
-
Comès prend très vite son lecteur à la gorge avec ce thriller. Après un court prologue de deux pages dans lequel il nous fait voir créatures nocturnes assez inquiétantes, le lecteur est parachuté au milieu d'un couple qui se chiffonne ; cette scène de ménage nous permet de faire connaissance avec l'héroïne, une femme angoissée, et son époux, un individu prétentieux et égoïste. Puis, on assiste à une succession d'intrusions dans leur maison ; en effet, des habitants du village viennent pour se présenter : le voisin, le curé et cette mystérieuse Belette…
L'absence de transition doublé du contraste très marqué entre le noir et le blanc des illustrations de l'artiste nous permet de faire une plongée immédiate dans ce récit étrange et fascinant. D'ores et déjà, on sait que l'auteur a introduit personnages centraux et secondaires, que c'est au sein de ce petit cercle d'individus que les interactions vont avoir lieu. On appréhende déjà l'issue dramatique de l'histoire, on s'inquiète pour cette citadine parachutée dans un milieu qu'elle juge hostile. Didier Comès nous empoigne et très vite l'inquiétude s'installe, ce sentiment est d'autant plus fort que le personnage principal, Anne, énonce très souvent ses peurs : elle en parle à son époux ou – lorsqu'elle est seule – soliloque. le lecteur ne peut que développer de l'empathie pour elle en découvrant les bizarreries dont elle va être le témoin. Est-il question de sorcellerie ou de machination ? Les deux peut-être ? Qui tire les ficelles ?
La Belette est ni plus ni moins qu'un conte rural et la présence d'éléments fantastiques crée une sorte de fascination. le décor est réaliste, les illustrations nous permettent de plonger dans des lieux quasi désertiques. La campagne offre un décor hypnotisant. On est là, perdu au milieu des champs, ça pue la poisse et le mauvais sort mais on a malgré tout envie d'explorer les bosquet, de franchir les collines pour voir se qui se cache derrière.
A l'instar de Beausonge (village où se déroulait l'intrigue de Silence), Amercoeur est une terre fertile propice aux rancoeurs, aux animosités et aux petites stratégies personnelles. Sur cette toile de fond, l'auteur aborde des sujets de société : l'intolérance, les séquelles de la guerre, du fanatisme, la religion et la peur de l'Etranger. de long passages muets martèlent un silence lourd de sens. Durant ces moments, on repense aux derniers échanges prononcés entre les protagonistes et on mesure la force des propos de l'auteur. On ne peut qu'être happé par le récit et l'impressionnante force suggestive de ses dessins.
Chacun y va de sa petite stratégie pour défendre ses propres intérêts. le lecteur aura du mal à y voir clair mais au final il sera le seul à posséder toutes les pièces du puzzle pour reconstituer ce tableau insensé rendu si crédible par le talent de Didier Comès. L'emploi des non-dits maintient en permanence le sentiment que l'héroïne a une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Didier Comès maintient cette atmosphère surnaturelle et angoissante sur tout l'album. On est pris dans les filets de l'intrigue et cela fait tout le sel de cette lecture.
Lien : http://chezmo.wordpress.com/..
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chocobogirl
  24 janvier 2014
Gérald, Anne et leur fils Pierre viennent de s'installer à Amercoeur, un petit village des Ardennes. Pour ce couple de citadins, c'est un changement radical et Anne a bien du mal à trouver sa place dans cette vieille maison aux meubles surannés qui l'oppresse. Angoissée, sa nouvelle grossesse la fragilise encore plus et Pierre, enfant autiste qui n'a jamais parlé, devient la pierre angulaire des disputes avec son mari. le couple bât de l'aile et, tandis que Anne se perd dans la culpabilité dû au manque d'amour vis à vis de son fils, Gérald s'échappe de plus en plus pour étudier les superstitions locales, bien décidé à relancer sa carrière de réalisateur. Mais c'est sans compter les habitants du village autour desquels tous les évènements se cristallisent, entre sauvagerie humaine et rites fantastiques.
Dès le départ de cette histoire, nous sommes projetés dans une ambiance délétère et menaçante qui annonce un certain tragique. Les premiers contacts avec les voisins d'apparence sympathiques cachent des ombres menaçantes que nous découvrirons plus loin. Il y a Mr Renard, le fermier intrusif qui s'approprie le téléphone tandis que son fils dégénéré et obsédé sexuel rôde. Plus tard, c'est le curé Schonbroodt qui vient saluer ses ouailles et tente de les ramener dans le giron de l'église en tentant de les convaincre que la télévision est le suppôt du malin. Enfin, il y a la Belette, une jeune femme un peu étrange qui semble vivre en communion avec les animaux.
Peu à peu, de curieux évènements se multiplient, accentuant la peur et l'angoisse d'Anne. Délaissée par son mari qui coure la campagne, elle se retrouve seule face à des faits inexpliqués : animaux sacrifiés dans la maison, rêves perturbants, pouvoir régénérant de son fils. Réalité ou fantasme ? Quelqu'un cherche-t'il à lui faire peur ? Pouvoir de sorcellerie ? Les réponses et l'apaisement se trouveront auprès d'une sculpture de Démeter, déesse de la fécondité et dans « l'appel de la salamandre » et le pouvoir du feu.
Didier Comès a l'art et la manière de nous emporter dans un récit qui se transforme peu à peu en conte fantastique. On imagine aisément l'histoire narrée au coin du feu dans une pénombre qui laisse croître la peur de ses auditeurs. de fait, l'histoire de la belette met rapidement mal à l'aise et laisse affleurer un parfum d'inquiétude à travers la description de la vie au village. Quant les premiers éléments fantastiques viennent interférer, on ne peut être surpris de cette part qui se dévoile alors tout à coup. C'est en suivant les découvertes et les angoisses d'Anne que nous prenons la mesure de ces forces invisibles, avant d'y voir bientôt son fils associé. Personnages faibles en bute au manque d'amour et à la culpabilité, ils vont pourtant se révéler les grands gagnants de cette histoire, riche en figures égoïstes et détestables. Les habitants, friands d'espionnage et de cancanneries, cachent tous un visage haineux, envieux, intolérants et semblent prêts à tout pour mieux servir leur propre cause. Seuls La Belette et son père échappent à ce triste portrait qui brosse une image de la campagne profonde particulièrement archaïque. Une manière d'introduire à la perfection l'opposition entre une foi intolérante qui frise le fanatisme à un culte païen qui se veut en communion avec la nature et les animaux. Je vous laisse deviner qui en sortira grandi.
Le dessin en noir et blanc typique de Comès se révèle d'une grande force. Les grands aplats de noir accentuent le poids de l'intrigue, les paysages se veulent oniriques tandis que les personnages se parent d'une esthétique androgyne. J'ai, pour ma part, longtemps cru que la Belette était un homme avant que sa nudité ne soit dévoilée. Les visages et les corps sont pour certains très allongés tandis que les habitants corrompus offrent des faces plus tordues et grimaçantes. Bien que réussi, on regrettera dans ce dessin le manque d'expressivité des personnages qui semblent figés et extrêmement froids. Les dialogues paraissent mal énoncés et la façon dont Anne accepte la présence du fantastique dans sa vie est un peu trop rapidement amenée.
Pour autant, La Belette reste une oeuvre extrêmement forte dont on garde longtemps en mémoire l'ambiance et les protagonistes. Deuxième album de l'auteur, ce récit aux accents fantastiques a de quoi faire frissonner ses lecteurs. Offrant un monde rural pétri de mysticisme et de paganisme, il nous fait entrer de plein pied dans un affrontement entre les êtres que ruralité et modernité séparent. La perte de repères se fait jour dans la peur, la violence et la mort avant de basculer dans un retour aux sources purificateur. Une manière d'appréhender notre monde qui n'a absolument pas vieillie.
30 ans après sa parution (1983), La Belette continue de séduire et de fasciner.
Lien : http://grenieralivres.fr/201..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
manU17manU17   09 février 2013
(Échange entre le producteur télé et le prêtre)

- Ne trouvez-vous pas simpliste d'expliquer la perte d'influence de l’Église par l'ouverture sur le monde qu'offre la télévision ? Ne serait-ce pas plutôt le peu de réponses que l’Église donne aux questions que l'homme se pose !

- L'homme est un enfant... Son ignorance est sa sauvegarde ! "Heureux les simples d'esprit car le royaume des cieux est à eux !" Vouloir se passer de guide est une folie ! La télévision est sa nouvelle religion... Une religion diabolique !
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lunchlunch   10 décembre 2013
J'ai appris, mon fils, que vous étiez au service de la concurrence !
_ La concurrence ! ... Qu'entendez-vous par là ?
_ La télévision ! … Nos églises se vident, notre pouvoir diminue... Nous étions les gardiens du troupeau, nous sommes devenus des figurants ! Cette menteuse détourne l'homme des vraies valeurs ! Il ne croit plus qu'aux insanités qu'elle montre : le sexe... la violence...
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manU17manU17   10 février 2013
Vous savez, l'indifférence peut être pire que la haine.
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jovidalensjovidalens   04 avril 2013
Astre divin, réchauffe moi de tes caresses...que tes rayons me pénètrent émeuvent mon corps et fasse de moi ton amante !
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Vidéo de Didier Comès
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