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EAN : 9782253156260
256 pages
Le Livre de Poche (15/06/2011)
3.77/5   15 notes
Résumé :
En 1991, Marcel Conche accepta de répondre par écrit à une trentaine de questions posées par la philosophe Lucile Laveggi. " Sur le bonheur, sur l'illusion, sur l'apparence, sur la beauté, sur la guerre et sur la politique, sur la foi et l'incroyance, sur Parménide et tels autres sujets, j'ai répondu avec bonne foi dans les limites de ma perception sincère de la vérité. Je crois que mes évidences d'alors seraient, nuancées et enrichies, encore les miennes aujourd'hu... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Trente questions pour tenter de cerner la vie et l'oeuvre de Marcel Conche, voilà le pari de cet essai, initialement paru en 1991. le philosophe examine chaque question, y répond à sa manière, sans être relancé, comme souvent dans des livres qui sont la transcription d'entretiens, ce qui n'est donc pas le cas ici.

La variété des questions est indéniable. Elles attendent parfois des réponses biographiques, ailleurs elles prennent quasiment la forme d'un sujet de bac philo : « à quel âge, à quel moment, la philosophie vous est-elle apparue comme la « passion intellectuelle » de votre vie, votre vocation ? », « l'illusion est-elle une condition de la vie ? », « le bonheur est-il possible ? »…

Personnellement j'ai été captivé par sa réponse à la question « quel philosophe est, selon vous, le plus énigmatique ? ». Il cite et analyse les cinquante premiers vers du « discours de l'être » de Parménide, dont je n'avais pas entendu parler jusque-là, et qui est en effet un objet spéculatif tout à fait fascinant.

La variété même des questions donne toutefois une impression de dispersion. Mais la vérité de l'homme qu'est Marcel Conche m'a semblé présente dans cet essai. Il n'y fait pas d'effort pour paraître exemplaire, et d'ailleurs une certaine forme de vanité transparaît parfois, qui est probablement la caractéristique d'un homme libre de ses opinions
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A ne pas confondre avec André Conche Sponville...
Ici Marcel répond, et c'est bien aimable, je trouve à une trentaine de questions posées par une dame.
Il évoque la philosophie bien sûr, l'actualité mais aussi son petit-fils qui a essayé de lui taper de la thune.
Rien que pour la réponse, philosophique, qu'il lui a fait, ce livre vaut le coup....
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un bel exemple à suivre (mais pas en tout...)
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
J’aime être aimé, mais au sens large, où l’amour est sympathie, affection, amitié, dévouement, gentillesse, plutôt qu’au sens étroit, où il devient passionnel, exigeant, possessif. L’amour large vous met à l’aise : on est compris, accepté tel que l’on est, on donne ce que l’on peut, pas plus, on est bien. L’amour étroit vous met mal à l’aise : on vous demande trop, on vous croit un dieu ou je ne sais quoi, on n’est pas soi, on est un autre. L’amour large est clairvoyant — la haine aussi, mais alors que la haine vous repousse parce qu’elle vous a percé à jour et vous comprend, l’amour vous accueille, vous fait fête, précisément parce qu’il vous comprend.
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Le seul bonheur que j’aime et approuve, qui me laisse en paix avec ma conscience non pas morale (ce n’est pas d’elle qu’il s’agit) mais destinale, est le bonheur de la pensée lorsqu’elle se rend justice à elle-même d’être vraie, et le bonheur actif de la génération des pensées. On sait que la femme peut donner un certain bonheur typique. Je m’en suis toujours défié, et bien que j’aie eu affaire, souventes fois, à la tentation de m’y oublier, moi et l’idéal du moi, dans une certaine immédiateté de douceur, je me suis toujours, à temps, ressaisi, ma conscience philosophique en appelant de moi à moi-même et reprenant le dessus.
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Ne soyons plus qu'un regard pur et sans intention. Alors, ce qui nous est le plus proche cesse de nous être lointain. Le vouloir qui arraisonne les choses, l'entreprise de la vie font obstacle à l'ouverture accueillante de ce qui existe, de ce qu'il y a. Mais, comme l'âme dans l'état mystique s'oublie elle-même, oublions l'homme en nous, et, dans l'extase mondaine, laissons le mystère se livrer à nous. La chose en soi n'ayant pas de rôle à jouer, ne renvoyant à rien au-delà d'elle-même, se montre alors avec l'insistance de sa singularité.
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Contempler, c'est ne pas aller au-delà de la chose même pour la réduire à ce qu'ellesignifie, à une interprétation, à une connaissance. C'est prendre le monde tel qu'il est, sans vouloir l'expliquer par une cause ou une fin. Je vois ce monde comme n'ayant ni cause explicative, ni fin, ni modèle, ni fond caché, et, à chaque instant comme venant de naître. Il n'y a pas d'arrière-monde, et le monde ne recèle aucun mystère. Il est lui-même le mystère.

Ce mystère est si voyant qu'il faut l'homme pour ne pas le voir. Car l'homme ne voit que l'homme.Ce qui ne se donne qu'à la dépréoccupation, la préoccupation ne peut le rencontrer.
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Je n’aime pas les bonheurs que me donnent la musique, la chanson, le cinéma, les romans, car j’y suis trop passif : ce n’est pas moi le créateur, je ne suis que celui qui reçoit. À voir le Parthénon, j’ai eu un bonheur que j’ai aimé, mais parce que j’y étais actif, les ruines sur l’Acropole n’étant que le prétexte à une évocation et invocation quasi mystiques. Bien que les bonheurs purement sensibles, sensoriels ou sensuels, m’aient — étant d’un naturel érotique — souvent tenté, je ne m’y suis guère abandonné, et seulement avec réticence, réserve, voire désaveu de conscience.
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