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EAN : 9782283036150
Buchet-Chastel (06/10/2022)
3.53/5   16 notes
Résumé :
« Tout ce qui se passerait, tout ce que je verrais et entendrais au sein de la villa resterait secret, il me serait interdit d'en parler à quiconque. »

C'est le serment que fait Margherita B. en acceptant de devenir la gouvernante de soeurs jumelles dans une singulière demeure de verre aux abords de Rome. Dans son journal, la jeune femme décrit un cadre enchanteur, des petites filles douées et charmantes, des parents fascinants. Pourtant, cette maison... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Tempsdelecture
  25 novembre 2022
Dans La maison de verre, plusieurs récits sont enchâssés, en première ligne, un narrateur externe à l'intrigue présente le journal intime de Margherita B. relatant les dix jours hors du monde chez ses employeurs, Alessandra et Umberto Brandi, en août 2018. Un journal lu, revu et examiné bien plus tard par cette voix extérieure qui semble nous le confier. En 2018, cette jeune femme, Margherita abandonne ses études en médecine et répond à une offre d'emploi, celle de nourrice à temps plein de soeurs jumelles au sein d'une villa bâtie dans les environs de Rome. Première surprise : c'est une villa dotée de vitres réfléchissantes qui en impose, qui impressionne et qui a le don de désorienter son visiteur. Peut-être l'élément le plus important du roman gothique, une maison improbable, et unique en son genre, puisqu'elle est le chef-d'oeuvre de l'un des plus grands architectes du moment. Cette demeure remplace nos traditionnels manoirs ou châteaux hanté propres au genre, c'est une villa qui a pour propriété de ne rien cacher de son intérieur. Comme si cette transparence n'était qu'un leurre. Maîtresse des lieux, Alexandra Brandi, comtesse de séant. Son mari, Umberto, est peu présent. Et les fameuses jumelles, Lavinia et Lucrezia, dix ans, dont la gémellité ne fera que rajouter un peu plus de mystère à cette ambiance dont le côté surnaturel ne tardera pas à pointer. D'abord à travers tous les membres de la famille, à moitié présent, à moitié absent, entourés par du personnel de maison qui comportent eux aussi leur lot de secrets : Gaetano, un jardinier, tantôt antipathique, tantôt sympathique, honnête homme ou escroc, on ne sait plus vraiment trop, une dame de compagnie au comportement aussi énigmatique que son collègue. Ces personnages secondaires sont plutôt de bonne composition dans le rôle qui est le leur d'encore plus embrouiller les cartes. L'auteur ne se contente pas de cette maison dont la démesure est à la hauteur de son mystère, il orne son récit d'un parc tout aussi majestueux, avec en son sein un temple, socle d'une statue de la déesse Hécate, déesse de la mort, déesse des carrefours qui relie les enfers, la terre et le ciel. Ici-gît donc toute tentation de se contenter d'une réalité brute, matérialiste et pragmatique puisque Margherita fait connaissance avec deux spectres musiciens qui hantent la propriété.
À l'acmé du récit, on a l'impression que Margharita se trouve au milieu d'une surenchère de secrets - très concrètement, il n'y a pas un protagoniste de la maisonnée qui réchappe aux soupçons qui provoquent cette sensation de malaise latent et de mensonge qui l'étreint. De bizarreries en étrangetés, cette sensation d'oppression augmente ostensiblement, l'auteur manie la rhétorique pour enfoncer ce lecteur, dans un crescendo très travaillé, dans une ambiance d'abord de surprise, qui évolue ensuite en d'inquiètes interrogations puis en de franches sensations de peur, et d'angoisse. Et une ambiguïté entretenue avec brio, entre la chaleur de l'accueil du couple, leurs attentions manifestes envers leur hôte, et une froideur constante qui se dégage des matériaux de la maison, acier et verre, un manque d'intimité manifeste et ce parc à la fois réconfortant et effrayant. En point d'orgue, l'ambiguïté propre aux soeurs jumelles de ce roman, qui passent leur temps à montrer des signaux contradictoires à leur jeune intendante.
Ce roman gothique respecte l'héritage de ses aïeux anglais du côté gothique de la force d'Ann Radcliffe ou d'un Bram Stoker, les secrets, les personnages presque spectraux, il combine quelques influences du thriller psychologique de Dennis Lehane, dans une proximité de la capitale italienne qui rajoute encore davantage de théâtralité et d'ésotérisme autour de cette maison presque à ciel ouvert. Le twist final est digne des deux auteurs dont je vous parlais précédemment : rien que cette atmosphère presque irréelle et éthérée de cette revisite à la sauce moderne du genre vaut la peine que ce roman soit lu, ce dénouement inattendu épice ce texte d'un piquant ma foi plutôt agréable. L'auteur nous prépare ce retournement de situation avec de petits sous-entendus sibyllins, disséminés ici et là, mais le retournement est double, et on se retrouve avec un dénouement pour le moins inattendu. le tour de cartes de Roberto Cotroneo a été efficace, il nous a roulé comme des débutants depuis le tout début. Il nous a présenté des "épouvantails" que l'on prend bien volontiers pour réalité.
À force de lectures, on se dit que l'on s'attend à tout, que l'on finira par deviner le mot de la fin. Que nenni. L'auteur est malin et psychologue, il a saisi qu'en présentant un écran de fumée à son lecteur, dont il est certes difficile de passer outre. Pourtant, lorsque on relit ce texte après une première lecture qui nous laisse sans voix, il semblerait que l'auteur se soit amusé à dessiner la vérité de l'expérience que vit Margherita à travers le récit qu'il en fait. C'est malin, c'est intelligent, l'auteur m'a clairement menée par le bout du nez et de son crayon. C'est une belle réussite dans le genre gothique, que je croyais enfermé dans un siècle qui n'est pas le nôtre, et à vrai dire, indélébile de la poussière des siècles qui le sépare de nous. Une belle manière de redonner vie au genre Gothique. Lisez-le !
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sandranae
  13 novembre 2022
Une nouvelle lecture - brève mais efficace - qui m'a permis de découvrir un auteur italien lettré et roublard. C'est un livre « 3-en-1 » : un hommage à la littérature gothique, un exercice de style sur la perspective narrative, ainsi qu'un roman psychanalytique.
Il déploie un univers angoissant où s'invite le surnaturel - déjà vu ailleurs (dans Hantise, Shining, Simetierre ou le Tour d'écrou) mais dans lequel j'aime pourtant me replonger de temps à autre - et fait de la famille la détentrice des clés de l'intrigue, entre rivalités et secrets inavouables.
L'écrivain use habilement de divers archétypes, clichés et fantasmes autour de thèmes attendus tels que la gémellité, le voyeurisme et la persécution féminine. La lecture est jalonnée d'indices (répétitions, contradictions...) qui sèment le doute quant à la nature de la menace qui plane sur les protagonistes : vient-elle de l'extérieur ou de l'intérieur ? C'est quand le récit s'aventure sur le terrain de la mythologie et de l'art qu'il est le plus réussi, selon moi.
C'est le livre des faux-semblants, le roman paranoïaque de cette fin d'année à conseiller à tous les amateur-trices de suspense.
#Lamaisondeverre #NetGalleyFrance #BuchetChastel
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Oxycom
  16 octobre 2022
Alors que je ne suis pas adepte de l'univers surnaturel, j'ai trouvé ce livre très intéressant et aussi très astucieux dans sa rédaction .
Dès le début , on a une promesse de mystère et de secret, avec des personnages hauts en couleurs, un couple de l'aristocratie italienne avec leur filles jumelles et leurs employés, mais sa rédaction peut agacer, car elle est répétée à plusieurs reprises.
Et bien, on verra les choses d'une autre façon lors du dénouement .
un bon livre, comme, je le découvre progressivement, beaucoup de parutions de l'éditeur Buchet Chastel
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audelagandre
  04 novembre 2022
Roman parfait à lire en cette saison où la nuit tombe plus tôt, et où les plaids sont de sortie. Imaginez une maison entièrement conçue en verre, une maison où tout le monde vous voit et où vous voyez tout le monde. Aucune intimité, aucun jardin secret… Marguerita B est embauchée pour s'occuper de jumelles entre juillet et août 2018. Adorables, elles possèdent chacune un don particulier : Lavinia pour l'équitation, Lucretia pour le piano. Quelques personnes gravitent autour de ce trio. Gaetano le jardinier qui aime travailler la nuit, Giulia la secrétaire particulière, Alessandra la mère au comportement très fluctuant et Umberto le père rarement présent. Rapidement, le temps semble s'arrêter, le rythme des journées est très répétitif. « Ainsi fonctionne notre temps, le temps qui s'écoule pendant que nous vivons : ce qui est là juste avant, n'est plus là juste après. Mais l'avant et l'après ne sont rien, à ces instants précis. Ils n'existent pas. » Certains mystères s'épaississent quand d'étranges silhouettes surgissent dans le jardin près de la statue d'Hécate, déesse des carrefours et de la nouvelle lune qui symbolise la mort ou la renaissance. Elle est d'ailleurs également connue sous le nom de déesse des enfers, protégée d'Hadès.
Récit troublant, où l'angoisse monte crescendo, « La maison de verre » est un roman d'ambiance avant tout, à condition de laisser l'auteur vous emmener dans son univers, un monde où l'étrangeté, l'inexplicable, et l'angoisse latente peuvent surgir à tout moment. D'ailleurs, lorsque Marguerita est engagée, elle doit promettre de ne jamais révéler ce dont elle pourrait être témoin. Un seul mot m'est alors venu à l'esprit : fuis ! En se promenant dans le parc, Marguerita découvre le temple romain et la statue grecque. À partir de là, tout change pour elle. Certaines frontières entre le réel et le monde des esprits s'amenuisent. Les jolies jumelles deviennent très inquiétantes, les parents sombres, les employés oppressants…
« La maison de verre » flirte entre le monde du visible et de l'invisible, touche du doigt et la folie, et le surnaturel tout en faisant monter le suspense crescendo par une terreur intrinsèque. Roberto Cotroneo parvient à faire d'un été tout à fait calme, écrasé de chaleur, qui provoque un état un peu léthargique parfois, un moment de tension fiévreux où le lecteur s'attend à voir surgir des évènements paranormaux à chaque page. Résolument psychologique et raconté sous la forme d'un témoignage, « La maison de verre » touche à nos peurs inexplicables très enfantines, mais aussi à nos terreurs d'adultes, celles qui vous font inconsidérément regarder sous le lit avant de nous coucher. J'ai beaucoup aimé le regard qui change et évolue de Marguerita sur la famille qui l'emploie, pour des raisons que je ne peux évidemment pas révéler. La maison, personnage à part entière, est à la fois le témoin de ce qui se passe derrière ses murs en verre, mais aussi l'actrice d'une certaine psychose qui naît petit à petit entre les êtres. Méfiance, soupçons, paranoïa, chaque parole et chaque geste prend des proportions disproportionnées. Un dernier petit mot sur la fin que j'ai vraiment trouvée très réussie et franchement flippante.
Si vous aimez ce genre de roman un peu singulier, générateur d'une vraie atmosphère qui progresse d'un simple pressentiment vers une dimension plus psychologique et empreinte de terreur, allez-y.

Lien : https://aude-bouquine.com/20..
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emma_x
  06 novembre 2022
Été 2018, près de Rome. Margherita voit une petite annonce de recherche de gouvernante pour deux jumelles. Elle accepte et tient un journal pendant les quelques semaines où elle reste au service de la famille. La mère, Alessandra, est jolie et mystérieuse, sujette à de brusques accès de mélancolie, tandis que le père Umberto est ouvert, charmeur et rarement présent. Les petites Lavinia et Lucrezia sont délicieuses et dotées de don surprenant (l'une joue magistralement du piano, l'autre monte un pur-sang, les deux sans avoir pris de leçon). Il y a aussi le jardinier unijambiste, la bonne âgée et l'intendante indispensable. Tout ce petit monde vit dans une merveilleuse maison en verre où on peut voir et être vu partout, encerclée par un jardin et entourée d'une forêt. Ce tableau idyllique vient quand même à être troublé par d'étranges phénomènes : ils semblent tous issus d'un temple dressé dans le bois, celui de la déesse Hécate, déesse de l'ombre et des morts. L'atmosphère devient de plus en plus oppressante : et si s'échapper devenait impossible ?
Au fur et à mesure de la lecture des pages du journal de Margherita, notre pouls s'accélère. Une seule envie : lui dire de partir le plus vite possible. La peur s'installe en effet de manière croissante et c'est en tremblant qu'on poursuit notre lecture. Point d'horreur ici mais une angoisse qui vous étreint et ne vous lâche plus. Chaque personnage devient inquiétant, jusqu'à cette maison qui ne permet aucune cachette. Jusqu'à cette fin également, qui est habile et qui retourne !
Ce roman italien de Roberto Cotroneo se veut un hommage au roman gothique et à « La tour d'écrou » d'Henry James : si je ne promets pas de me mettre au premier genre, je lirai le James à l'occasion, par curiosité. Et en attendant, je vous conseille une visite de « La maison de verre » !
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
TempsdelectureTempsdelecture   25 novembre 2022
Mais cette fois-ci, Alessandra ne toucha à rien. Son regard se tourna en direction du parc, sa mâchoire se raidit. Même ses yeux sombres, ses deux iris noisette tissés de minces filaments jaunes et verts qui les rendaient encore plus lumineux, ne paraissaient plus si grands : ils avaient rétréci pour se concentrer sur quelque chose qui ne pouvait pas lui échapper et qui l'effrayait.

Il me sembla alors que cette pièce venait d'être traversée d'un coup de vent, de ceux qui vous donnent la chair de poule, même en été. Il n'y avait pourtant pas un souffle d'air ce jour-là, pas une seule feuille ne bougeait. Comme si le jardin était une sculpture naturelle illuminée par le silence.

J'eus la sensation de perdre la notion du temps ; j'étais déboussolée, j'ignorais ou je me trouvais, ce que j'étais censée dire, aussitôt après. Cela ne dura qu'un instant, qui abolit toutes les vérités que j'avais acquises lors de cet entretien, lors de cette longue promenade, chez les personnes dont j'avais fait la connaissance jusque-là.

Je fus réveillée par la voix douce d'Alessandra : elle n'avait rien deviné de ce qui venait de m'arriver. Peut-être est-ce moi qui exagère aujourd'hui, en étirant cet instant afin de pouvoir le raconter à ma façon. Tout s'arrêta et reprit aussitôt de plus belle - au bout du compte, c'était comme si la voix d'Alessandra, le fil de ses propos, ne s'était jamais interrompu.
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sandranaesandranae   10 novembre 2022
Il est des moments dans la vie où l'on grandit et où l'on vieillit en peu de temps. Ces moments-là sont l'oeuvre de la douleur, bien sûr, mais aussi celle du désarroi, du fait que le monde possède d'abord la terre et le ciel - et puis l'enfer, la terre et le ciel.
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