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EAN : 9780559086410
428 pages
BiblioBazaar (30/04/2009)
4.1/5   15 notes
Résumé :
« L’Épaulette » est un roman de Georges Darien publié en 1901. Il raconte les souvenirs d’un officier, Jean Maubart, de son enfance à l’âge adulte, prétexte à une peinture féroce de la Troisième République, de ses mœurs, de ses valeurs, de son hypocrisie. L’Épaulette, ce sont les galons d’officier qui séparent une caste supérieure du commun des « pékins ». L’armée y est peinte comme le support absurde d’un régime injuste, celui de la Troisième République, régime au ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique

Jean Maubard est tout destiné pour l'épaulette, symbole du grade d'officier de l'armée. Son père est un colonel français, sa mère est prussienne, mais toute la famille est de tradition militaire. Aubaine formidable, la guerre franco-prussienne éclate. L'armée française part en pavoisant, se fait soigneusement mettre en pièce, et revient juste à temps à Paris pour tirer sur les communards, coupables d'avoir eu l'outrecuidance de résister plus longtemps face à l'ennemi que leur armée officielle.

Dans la foulée, l'Empire a été remplacé par la troisième république. Beaucoup de choses changent, mais principalement les opinions politiques des puissants, qui, de fiers défenseurs de l'empereur, deviennent d'ardents républicains. Et conservent leur poste : on ne change pas une équipe qui gagne.

Jean Maubard finit par obtenir son épaulette, et découvre l'envers du décors. Tous les lâches et les traîtres de la dernière guerre ont été gradés, ceux qui se sont battus dégradés ou fusillés : trop encombrants. Les promotions passent principalement par les appuis aristocratiques ou politiques. le service militaire obligatoire broie les citoyens qu'il est censé former : « A la caserne, on fait d'eux des machines, des abrutis, des larbins, tout excepté des soldats. » On crie haut et fort à la préparation de la « revanche » tout en vidant les caisses de l'état. Les gradés, qui se sont rendus sans combattre à la dernière guerre, n'hésite pas par contre à tirer sur les grévistes.

L'armée et les politiques sont finalement deux faux ennemis : malgré les petits complots, ils s'organisent main dans la main, s'échangent honneurs immérités et pots-de-vin, et font de l'hypocrisie la règle de toute conduite. Tout ça à l'encontre du petit peuple, qui paie les pots cassés et acclament les héros qui le dirigent.

L'épaulette est un régal à lire, tant au point de vue du style, percutant et incisif, que pour les comportements qu'il dénonce. Darien est un auteur qui mériterait largement d'être remis au goût du jour.

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N'imaginez rien. Attendez un peu, et vous verrez. Les terribles leçons de 1870 n'ont porté aucun fruit. On dit que l'expérience instruit les imbéciles; mais les Français ne sont pas des imbéciles, car l'expérience ne les instruit pas.

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Quel ennui !!

J'avais tant aimé " Bas les coeurs ! " et un peu moins "Biribi".

Mais celui là c'est au dessus de mes forces.

Aucun plaisir de lecture, ni le style, ni le récit, le vide total.

Je couvais la grippe ou quoi ?

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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Nos promenades sont tristes, sévères et silencieuses. On nous élève à la spartiate (brouet compris et exercices physiques non compris). On nous affuble d'uniformes vaguement militaires ; on règle notre existence au tambour ; on nous gave de connaissances variées, avariées, invariablement inutiles. Nous travaillons comme des nègres, sans répit ; il faut que les jeunes générations soient très instruites, car c'est le maître d'école allemand qui nous a battus (après tout, il faut bien que ce soit quelqu'un). Nous apprenons l'histoire, comptabilité d'abattoir tenue par des bedeaux, au point de vue providentiel et inévitable. Nous apprenons les langues mortes ; nous admirons l'honnêteté de Cicéron et le patriotisme de Thémistocle ; nous vivons dans un monde de casques, de cuirasses, de javelot, de flèches, de catapultes, d'antiques ferrailles. Nous calculons aussi très bien ; nous computons la hauteur qu'atteindrait une pyramide formée avec les pièces de vingt francs nécessaires au payement de la rançon de cinq milliards exigée par la Prusse ; nous calculons combien de wagons il faudrait pour transporter la même somme à Berlin, en pièces de cent sous. Je n'oublie pas, pour mon compte, que ces pièces d'or et d'argent portent, en exergue, cette légende : Dieu protège la France. Je ne sais pas si c'est une prière, ou une constatation ; dans le premier cas, c'est inefficace ; dans le second, c'est dérisoire.
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Les réservistes et les territoriaux viennent accomplir leurs périodes d'instruction ; quelquefois joyeux de reparaître sous les drapeaux. Pendant vingt-huit jours, pendant treize jours, ils sont employés à des corvées dégoûtantes mais peut-être nécessaires ; cassent des cailloux ; nettoient des vieux effets ; graissent des cuirs ; font quelques manœuvres ; n'apprennent point le maniement des armes nouvellement mises en service. Et leurs officiers, anciens volontaires d'un an ou gloires d'Ecoles, généralement riches, les traitent suffisamment mal ; nous n'avons presque pas besoin de nous en mêler. On les insulte, on les punit, on les exploite, on les vole ; mais, sûrement, sans aucune mauvaise intention. L'armée n'est-elle pas une grande famille ?
Si. L'armée est une grande famille. Une famille comme l'autre. Où les déshérités, mes faibles, sont méprises, tenus à l'écart, injuriés, maltraités ; avec des tyrans et des esclaves ; des exploiteurs et des dupes ; des parents pauvres et des souffre-douleurs. La Grande famille – la famille en grand.
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— Et alors, vous irez à la guerre, à la vraie guerre ?
— Ça dépend, répond Schurke au bout d'un instant. Si je ne possède rien, je n'irai pas. Si je possède quelque chose, j'irai. À moins, bien entendu, que je ne trouve des gens qui ne possèdent rien disposés à aller se battre pour moi.
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Et les types défilent, identiques moralement, laids physiquement, grelottant d'hypocrisie et de servilité; de l'or, sur tout ça, récompensant des années de service dérisoire, des besognes souvent inavouables.
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L'année 1888 a commencé sous d'heureux auspices. Le 1er janvier, M. Xavier Delanoix a été crée chevalier de la Légion d'honneur (Services exceptionnels).
Voilà une distinction qui n'a pas été volée. Je ne veux pas dire par là que Delanoix serait encore capable de voler quelque chose. Il y a déjà longtemps qu'il ne vole plus.
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