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ISBN : 2752908105
Éditeur : Phébus (04/07/2012)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 81 notes)
Résumé :
Témoin de la souffrance des pionniers, bien décidé à échapper à l'orphelinat de Brazzaville, le métis Jean Michonet se fait, à quinze ans, recruteur de main d'œuvre pour le compte des compagnies forestières. Il écume le sud du Gabon alors inexploré.

Mais les choses seraient trop simples si le jeune aventurier n'était saisi dans l'écheveau des solidarités humaines. Ayant gardé les meilleurs éléments de son « négoce », il crée son propre chantier, seul... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  14 novembre 2012
En voyage au Gabon dans les années 70, Christian DEDET croise la route de Jean Michonet, grande figure du pays, pionnier, aventurier, qui a vécu mille vies. Les deux hommes se lient d'amitié et très vite DEDET propose à Jean de raconter sa vie pour qu'une trace en soit gardée dans un livre. Commence alors le récit d'un destin chaotique où se mêlent l'aventure, la fortune, la ruine, l'amour du Gabon, les paradoxes du métissage, le goût des autres et tant d'autres choses qui ont fait de Jean Michonet un homme d'exception dans un pays souvent inhospitalier.

Recruteur pour les exploitations forestières, exploitant forestier lui-même, armateur sur le fleuve Ogooué, traceur de routes, chasseur et trafiquant de peaux de crocodile, infirmier luttant contre la lèpre, conseiller de président, Jean Michonet a changé dix fois de vie au gré de ses revers de fortune depuis le jour où, encore adolescent, il a perdu ses parents et décidé de subvenir à ses besoins pour éviter l'orphelinat. Ce métis, français par son père, africain par sa mère, a écumé le Gabon de l'époque coloniale jusqu'à l'indépendance. C'est le parcours hors du commun d'un homme libre, entreprenant, d'un pionnier, d'un aventurier que nous raconte Christian DEDET, un homme qui s'est toujours relevé malgré les aléas de la vie, un homme qui a su faire cohabiter en lui ses deux cultures, un homme sans autre ambition que de faire son petit bonhomme de chemin dans le respect des autres. Sa vie est le roman d'un homme et d'un pays. le Gabon est ici évoqué avec amour, ses odeurs, son climat, ses tribus, ses coutumes, son fleuve, sa forêt, ses dangers car Jean Michonet aimait cette terre d'Afrique et il ne la quitta jamais. L'histoire de Jean Michonet et du Gabon se lit comme un passionnant roman d'aventures.
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Franckync
  26 août 2019
Titre : La mémoire du fleuve
Auteur : Christian Dedet
Editeur : Phébus
Année : 1985
Résumé : En voyage au Gabon dans les années 70, Christian Dedet fait une rencontre qui le marque à tout jamais. L'homme en question se nomme Jean Michonet et c'est une figure marquante du pays. L'auteur prend donc la décision de narrer son histoire. Tout commence dans la jungle, alors que Jean n'a que quinze ans. Métis, fils d'un colon Français et d'une mère gabonaise, le jeune aventurier écume des terres inexplorées à la recherche de main d'oeuvre pour de grandes compagnies forestières métropolitaines. Bientôt, il crée son propre chantier et devient un entrepreneur respecté dans un pays en proie à de multiples soubresauts.
Mon humble avis : Mes lectures du mois d'août auront été marqué du sceau de la noirceur. Entre des nuits nantaises âpres et violentes, un conte familiale horrifique et un pamphlet anti-nazi, j'avoue que l'idée de me plonger dans une lecture dépaysante, avec des sentiments simples et de grands espaces m'est apparue tout à coup très tentante. Après quelques recherches, je décidais donc de me pencher sur un texte de Christian Dedet, narrant les aventures d'un certain Michonet, trafiquant de peaux de crocodiles au milieu du siècle dernier, dans des régions inexplorées du Gabon. Bonnes critiques, lauréat du prix des libraires 1985, envie d'évasion, il n'en fallait pas plus pour que je me décide à consacrer quelques heures à ce métis, tiraillé entre la culture occidentale et un mode de vie africain hérité de sa mère. Ce fut un bon choix, un excellent choix même, car ce roman a correspondu en tout point à mes attentes initiales et je vais tenter de vous en expliquer les raisons. D'abord l'aventure. Michonet commence sa carrière au sortir de l'enfance. Successivement explorateur, capitaine de bateau fluvial, chasseur de crocodile, cet homme a eu mille vies, toutes plus passionnantes les unes que les autres. Ensuite le dépaysement. le héros de cette histoire est amoureux de la brousse, il déteste Libreville ou Port-gentil qui sont alors les plus grandes villes du Gabon. Au grand désespoir de sa femme, Jean n'est heureux que dans la jungle et toute sa vie est vouée à ses activités professionnelles dans des régions africaines reculées. Et puis les personnages, hauts en couleurs, picaresques avec, en premier lieu, ce Jean Michonet, un homme complexe, aussi dur que le bois d'ébène qui le fait vivre. D'aucun diront que Jean est un pilleur, d'autres un entrepreneur aventurier, d'autres encore un colonialiste sans foi ni loi. Et pourtant. Pourtant la réalité est plus complexe et l'on se prend à s'attacher à cet être avide, cet homme qui déborde d'amour et de passion pour le continent africain et ses habitants. Comme je l'ai souligné plus haut, Michonet est métis. A cheval entre deux cultures, il a l'Afrique chevillé au corps, c'est un pionnier, un homme qui lutte pour survivre dans des contrées inhospitalières, un homme qui croit en la magie, un homme passionnant qui contribua également à l'éclosion d'un nouveau pays, libre et indépendant. Une lecture passionnante vous dis-je.
J'achète ? : Oui, ce roman mérite d'être redécouvert. Ces aventures africaines m'ont rappelé un autre immense roman sur l'Afrique : Water music de TC Boyle. Certes la comparaison est flatteuse, mais quel régal d'être ainsi happé par un roman. Pour cela, pour le style imagé, pour ce témoignage d'une époque révolue , je ne peux que recommander ce bouquin.
Lien : https://francksbooks.wordpre..
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le_Bison
  22 février 2012
Peut-être faut-il avoir vécu quelques temps au Gabon pour apprécier à sa juste valeur ce livre merveilleux. Mais l'Afrique, et donc plus particulièrement le Gabon,c'est ce bouquin ; avec ses personnages, ses légendes, ses forêts verdoyantes, ses couleurs et ses senteurs, sans oublier son fleuve.
J'ai eu la chance de vivre au Gabon quand j'étais gamin. Maintenant, je suis vieux (ou presque) et grâce à ce livre, je revis quelques moments dans la jungle, au bord du fleuve...
Ce livre s'adresse à tous les amoureux du Gabon, de l'Afrique, des fleuves et des habitants qui naviguent dessus. Bref, à tous ceux qui veulent vivre une aventure HUMAINE extraordinaire.
Si je devais avoir un livre de chevet sur le bord de ma table de nuit (ou dans ma case en bois), nul doute que celui-ci aurait sa place...
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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MarcoPolo85
  21 décembre 2012
Au départ, l'idée de de lire quelque chose qui se passe dans la moiteur de l'Afrique équatoriale parmi une myriade de moustiques, de plus entouré par des prédateurs de tout genre tels le serpent, l'hippopotame ou le crocodile, ne me tentait pas particulièrement.
Par ailleurs, le fait d'aller de marais en marais vers des villages où la tradition est très marquée et où le fétichisme est prégnant ne me donnait pas davantage envie d'aller au delà de la quatrième de couv et des quelques remarques vues çà et là.
Et pourtant...! J'ai entamé "la Mémoire du fleuve", doucement d'abord, pour mieux appréhender les lieux et les gens tels la famille de notre héros Jean Michonet (il s'agit d'une histoire vraie).
Et au bout de plusieurs dizaines de pages, j'y ai lu ce que je pensais un peu, c'est à dire des coloniaux qui viennent en Afrique pour s'enrichir dans l'exportation de bois précieux. Bref, pas de quoi vous tenir éveillé toute une nuit... loin de là...
Mais, j'ai compris, au fur et à mesure, que j'entrais dans ce livre comme on entre dans une forêt qu'on ne connait pas. Les premiers pas sont difficiles, craintifs. Et, au bout d'un moment, on s'habitue à la pénombre des sous bois.
Et c'est ce qui s'est passé dans ce livre. La vie de Jean Michonet, tout d'un coup vous happe, et vous prend tout votre corps tel un python qui attaque sa proie. Et, c'est parti pour vivre le coeur de la forêt Gabonaise en compagnie de ce héros métisse.
Ce dernier vous fait partager tour à tour les métiers de sylviculteur, de transporteur et de chasseur. Il s'initie aux danses villageoises (le bwiti), tient tête à des féticheurs et joue de la carabine à merveille.
Il participe à la construction de la nouvelle nation Gabonaise et nous fait découvrir toute la faune et la flore de ce coin d'Afrique.
De nombreuses histoires sont des plus étonnantes qui soient.
Bref, quand j'ai terminé ce livre, j'en était tout retourné. J'ai eu l'impression d'avoir vécu réellement un bout d'histoire de ce continent Noir tout en étant resté collé à mon fauteuil.
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Charybde2
  18 mars 2013
Les étonnants mémoires d'un entrepreneur, métis franco-gabonais au Gabon des années 40, 50 et 60...
Déjà apprécié pour son "Au royaume d'Abomey" paru en 2000, remarquable enquête, parfois un peu trop distanciée, autour du vaudou béninois contemporain, Christian Dedet est surtout connu pour cette "Mémoire du fleuve", parue en 1984, qui organise les souvenirs oraux de Jean Michonet, métis franco-gabonais, et en particulier ceux des années 1950-1960.
"Dès cette époque, nous habitions une bonne case en planches, bien faite, à laquelle nous avions tous travaillé. On accédait par un large escalier à une terrasse qui faisait le tour du bâtiment. Au cours de la construction, notre père nous avait donné, à mes frères et à moi-même, des conseils qui nous ont été fort utiles, plus tard, lorsque les uns ou les autres nous avons bâti nos demeures. Je l'entends encore : - Si tu construis trop près du sol, tu ne pourras débroussailler, ni empêcher les serpents de gîter. À mi-hauteur, ce seront les cabris qui cogneront de la corne sous le plancher..."
Récit de longue haleine, très impressionnant, tant pour la qualité de ses détails que pour celle du ressenti du narrateur, parfois un rien hâbleur, parfois très fataliste, taillant son chemin et son destin pour échapper à l'orphelinat de Pointe-Noire qui lui semblait initialement promis, et devenant ainsi tour à tour, avec succès, exploitant forestier, embaucheur de main d'oeuvre pour chantiers, chasseur de crocodiles à grande échelle, pilote de vapeur sur l'Ogooué,... Et tout cela dans une atmosphère où les personnes généreuses et droites, toutes origines confondues, voisinent avec les pires crapules, et dans un cadre, pourtant "récent" (il y a 50 ans), dans lequel le racisme est ordinaire, quasi-généralisé et pleinement assumé... Un témoignage d'une force rare, indéniablement.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
MarcoPolo85MarcoPolo85   17 décembre 2012
J'ai connu une personne , aujourd'hui adjointe au maire de Port Gentil, qui a été avalée à l'âge de treize ans par un python.
Un serpent affamé l'avait suivie dans un village de brousse alors qu'elle se rendait aux latrines. Aussitôt assommée. Car l'agression par laquelle un python neutralise sa victime est un véritable coup de boutoir.
La chance de la gosse a été que le python, trop pressé, au lieu de l'avaler par la tête, commence par les jambes. Chance supplémentaire : la petite était tombée avec les jambes écartées. Le serpent a donc dégluti un pied, une jambe, mais il s'est trouvé bloqué par l'entrejambe et il n'a pu aller plus loin.
Se réveillant à son évanouissement, la fillette se met à hurler. Les parents, les voisins accourent. Et le serpent inexpérimenté - ou fou de boulimie - a été tué. Il ne pouvait ni régurgiter ni repartir. Il était lui même prisonnier de sa prisonnière.
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MarcoPolo85MarcoPolo85   14 décembre 2012
J'ai tiré à dix pas. L'éléphant n'est pas tombé mais, en tournant sur lui-même, il a poussé un barrissement d'une violence inouïe. Ah! ce barrissement!... Jamais aucun hurlement, en forêt, ne m'avait pareillement secoué. C'était de la douleur, bien sûr, mais un cri d'innocence surprise et, plus encore, un chant de guerre à vous glacer le cœur.
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AxelinouAxelinou   08 novembre 2018
- Les femmes que je t'ai données ne te plaisent pas ? Veux-tu les changer ?
- Si, elles me plaisent. Je m'entends très bien avec elles. Simplement, ma vie est comme ça, j'ai beaucoup de soucis...
Le chef voulait bien admettre. Il avait l'air de se dire, néanmoins, que je tenais moins du Noir que du Blanc car le Blanc, c'est bien connu, pense beaucoup trop.
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MarcoPolo85MarcoPolo85   12 décembre 2012
On imagine le plus souvent que la vie en Afrique est calme, qu'elle est placée sous le signe de l'immobilité. Il n'en n'est rien. Depuis ma naissance et jusqu'à cette ultime remontée du fleuve, j'ai vu mes parents se déplacer sans cesse, chercher fébrilement une paix qui ne se trouve nulle part.
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AxelinouAxelinou   08 novembre 2018
Le chef m’a prévenu des particularités de la justice. La bouche commence par l’accessoire. Ce n’est qu’après que l’essentiel arrive. Il y a un dicton pour cela : « Le verbe est étrange, il enfante sa mère. »
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