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ISBN : 2956017306
Éditeur : Editions Du Courroux (12/10/2017)

Note moyenne : 4.71/5 (sur 14 notes)
Résumé :
“Je veux bien passer pour un salaud aux yeux des imbéciles, confie Desproges en juin 1986. Je pratique l'art du pamphlet, il faut le prendre pour ce qu'il est dans notre époque ramollie où tout le monde a peur, a honte, se censure.”

À travers une multitude d'archives inédites et nombre d'entretiens introuvables, Desproges se raconte. Manuscrits, correspondances, dessins et collages, articles de L'Aurore et d'ailleurs, réquisitoires inédits, photograph... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
michfred
  20 février 2018
Finis le suspense et les citations émaillées au fil de ma lecture pour titiller vos papilles, public chéri, mon amour...
Finies les crampes aux avant-bras : 25x29 cm de gabarit et 340 pages, voilà un livre qui fait travailler biceps et triceps mieux qu'une paire d'haltères !
Finis les yeux qui larmoient - à cause du fou-rire, sûrement, mais aussi à cause des caractères microscopiques de certains articles, ou des élégantes pattes de mouche de nombre de fac-similé inédits !
Je viens de finir, après une lente et savoureuse dégustation, le livre édité par Perrine Desproges (fille de..) qui fait revivre, étape par étape, les quarante-huit années de vie de son père, quarante-huit années de flagrant délire -ça fait combien de minutes nécessaires, monsieur Cyclopède?
La vie libre et trop courte d'un provocateur qui etait aussi un forcené du mot, un adorateur du verbe, un maniaque de l'écriture-seules choses à lui inspirer un total respect...avec le porte-jarretellle et le Figeac!
De Pierre à Desproges, on découvre son enfance, ses débuts joyeusement foutraques comme chroniqueur à l'Aurore, on vibre à sa rencontre avec Hélène, la femme de sa vie ( qui a eu le bon goût de mourir du même cancer que lui, quelque vingt ans après) : des lettres d'amour comme ça, j'en voudrais tous les jours!
On se rappelle sa courte collaboration avec Jacques Martin, au Petit Rapporteur , aussi décisive que brève : "c'etait un tireur de couverture, et moi je suis un impulsif " dira Desproges!
On retrouve ses prestations inoubliables comme procureur au Tribunal des Flagrants Délires, sur France Inter, entre Claude Villers, le président du Tribunal ...et le producteur- susceptible - de l'émission, et Luis Rego, "l'avocat le plus bas d'Inter": le réquisitoire contre Jean-Marie le Pen est un morceau d'anthologie, mais on connaît moins ses petits mots échangés avec Luis Rego pendant l'émission..Savoureuse découverte!
On se régale des aphorismes acérés, des vannes vachardes, des jeux de mots brillants et des à-peu-près tordants de celui qui mettait un noeud pap' et un smoking pour pratiquer la dérision parce que le nez rouge des clowns - et même le costume de chansonnier- lui rebroussait le poil qu'il avait chatouilleux!
On hésite entre rire et larme -non, c'est faux: c'est toujours le rire, même douloureux, qui l'emporte,- quand il bouffe un tourteau pour faire la pige au crabe qui grignote son poumon. "(J'avais cru à) un point de côté. C'était un cancer de biais"!
On partage sa hargne contre les politiques -de Gaulle excepté ! - et sa détestation de Michel Droit et de Jacques Séguéla, sa colère contre ces grands professeurs en médecine qui font plus d'esbrouffe à la télé que de guérisons dans leur patientèle! Bitenberg et Schwarzenschtroumpf!!
On décrypte comme des trésors ses billets manuscrits, ses brouillons raturés, ses lettres d'amour féroce -l'amour, pas les lettres! - ses projets innombrables, confiés à ses femmes " en guise d'assurance-vie", disait-il (il avait une épouse, deux filles, une chatte, deux chiennes, bref la gent féminine était sur-représentée chez Desproges qui avait la virilité et ses valeurs en piètre estime et même en grande suspicion.)
Quand, les bras fourbus, les yeux châssieux, on referme ce bouquin d'anthologie, on a l'impression de quitter un frère qui aurait fait la sale blague de nous fausser compagnie - une pêche aux crabes qui aurait mal tourné?
Étonnant, non?

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Horizonetinfini
  22 octobre 2017
Que dire de ce superbe, exhaustif, tendre, drôle, et magnifiquement illustré premier pas des éditions du courroux qu'est « Desproges par Desproges » ?
D'abord que je ne sais pas où le ranger, j'hésite à le mettre dans la bibliothèque, auprès de Cavanna et Daudet ou simplement toujours à portée de main pour le rouvrir en cas d'attaque de médiocrité des turpitudes de la vie.
Perrine, sa fille et la « polisitesse » de la Merveille nous livre avec un impudeur complète la jeunesse, les joies, les doutes de Pierre Desproges ainsi que son amour total pour sa belle Hélène.
Ce ne sont pas des photos et autres anecdotes choisies façon « point du vue-images du monde », mais l'intimité réelle du trublion que nous pouvons découvrir et partager.
Tout ce qui concourt à la construction de Desproges : ses espoirs ; ses peurs ; ses détestations ; son cheminement d'auteur se trouvent réuni dans un magnifique album de famille.
C'est le cadeau incontournable pour votre belle-mère qui ne rie qu'au blagues de toto pour qu'elle s'interroge enfin, pour votre neveu boutonneux qui croit être le premier à critiquer le monde, ou pour votre amour tant les lettres de Pierrot à Hélène font passer « Roméo et Juliette » pour le bal des imbéciles, pour vous même afin de reprendre une sucée d'auto-dérision et de sourire en reculant la fin.
Ce livre est plus de 339 pages de sincérité à partager sans modération.
( 39€ soit 11 centimes la page, donc enfin au même prix que la plupart des livres de Bedos)

Lien : http://blog.lhorizonetlinfin..
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Kcahuete
  02 mars 2018
Très beau livre sur Pierre Desproges qui donne à la vérité différents angles de vue... leçon d'humanité caustique, de sagesse impertinente. Toujours surprenant par les mots et/ ou concepts avec lesquels ils jouent avec une facilité parfois déconcertante.
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critiques presse (4)
Lexpress   31 janvier 2018
Le livre hommage que vient de publier sa fille est un grand succès. Du Premier ministre aux jeunes pousses du stand-up, l'auteur des Chroniques de la haine ordinaire rallie tous les suffrages.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   27 octobre 2017
Photos, manuscrits, dessins… Voici ouvertes les archives du caustique humoriste, mort il y a près de trente ans, ce dont on ne se remet pas.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Bibliobs   16 octobre 2017
Près de trente ans après sa mort, il grince encore : un beau-livre nous ouvre l'intimité de l'auteur des “Chroniques de la haine ordinaire".
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Liberation   12 octobre 2017
La fille de l’humoriste s’occupe désormais de l’œuvre de son père et publie une biographie de lui truffée de documents inédits.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
VALENTYNEVALENTYNE   19 avril 2018
Le français se gave autant qu’il gave ses oies. Il ne mange pas, il bâfre. J’étais invité à dîner l’autre soir chez le coureur à cheval Yves Saint-Martin, qui est un excellent cuisinier. Au menu, un cheval melba, et pas n’importe quelle cheval melba, puisqu’il s’agissait de Chouquetta II, la récente gagnante à Longchamp du prix Albert de l’Hippophage. Par chance, Chouquetta II venait, trois jours plus tôt, de se briser l’antérieur droit en manquant une haie à Auteuil, grâce à quoi on avait pu l’abattre sans protestation de la SPA, aux termes d’une charmante coutume qui fait fureur dans le monde si distingué des courses à chapeau claque.
Or, tous les turfistes français ne le savent peut-être pas, c’est toujours au jockey grâce auquel le cheval a pu être abattu que revient le corps de l’animal. C’est pourquoi tous les jockeys ont chez eux des congélateurs trois fois plus hauts qu’eux. (Les jockeys sont en effet extrêmement petits : Yves Saint-Martin, par exemple, est tellement petit que, quand il pète, ça lui ébouriffe les cheveux dans le cou. Ce n’est pas moi qui suis scatologique, c’est lui qui est pétomane.)
Mais ce soir là, il n’était pas question de mettre Chouquetta II au congélateur. Notre hôte avait convié tout le gotha des hippodromes à partager son cheval melba. Il y avait là le colonel Le Boucher, président de la Société pour l’amélioration de la race chevaline, la vicomtesse de Quisse-moqueton, présidente de l’association des Feignasses emperlouzées, une poignée de Rothschild, les obstinés hippophiles du troisième âge, représentés par Eddie Constantine, Jacqueline Huet et Michel d’Ornano, sans oublier, venus du fond des bois, le baron Duconneau-Saint-Hubert, professeur de cor et fier de l’être, et sa femme, professeur de lettres et fière de son corps.
Or, moins de quinze personnes pour un cheval melba, c’est du gâchis ! Comme je le disais d’ailleurs à Yves Saint-Martin : une biche milanaise ou un doberman bolognaise eussent largement suffi apaiser nos estomacs déjà surentraînés, dont les parois boursouflées hésitent encore entre l’ulcère bénin et la tumeur néoplasmique à métastases galopantes, cette dernière expression métaphoroïde était utilisée ici à dessein, dans le but d’éviter toute publicité clandestine pour le cancer du pylore.
Je ne divulguerai pas ici la recette du cheval melba, par coquetterie d’abord, mais aussi parce que je ne voudrais pas choquer davantage les vrais amis des chevaux, c’est-à-dire ceux qui leur grimpent dessus pour gagner de l’argent, qui les cravachent jusqu’au sang et qui les remercient en leur tirant une balle dans la tête quand ils se foulent une patte.

Réquisitoire contre Robert Courtine, 30 décembre 1980
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VALENTYNEVALENTYNE   19 avril 2018
Ce n’est point tant le cheval que je hais que la déification benoîte de ce bestiau due aux pompeux grotesques à haut-de-forme qui régentent les courses. Et puis le cheval est un imbécile qui se laisse cravacher sans broncher par des minus multicolores à casquette.

Entretien avec Noël Godin 1978
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VALENTYNEVALENTYNE   12 avril 2018
Un cheval entre deux âges rentrait tristement au poulailler par un soir sans Mars. Il paraissait soucieux et deux rides profondes barrait sa croupe fripée. La rue Mazarin-Drouet était déserte. Seul un contractuel attardé glissait sa dernière chenille sous l’essuie-main d’une deux-vaches.
Hubert – car c’était lui – ruminait de sombres pensées. Une lueur équidée ravinait son beau visage de cheval-pirate.
La journée avait été percheronne. Une de ces journées où tout trotte mal de l’aube au couchant. Hubert avait d’abord perdu un escarpin au saut du foin. Puis ç’avait été cette queue interminable devant la forge du maréchal-escarpant. Et puis encore l’indigeste fourrage-mironton qu’une sotte pouliche lui avait servi à la boufferie chevaline, alors qu’il n’aimait que le fourrage à la coque. Enfin et surtout la défaite à Champcourt où Roquézob l’avait coiffé d’une longueur sur le poteau.
Rue Galop-de-Monroy, une jument de joie l’accosta : « Tu viens, bijou ? » hennit-elle en crottinant derrière lui. Elle portait la crinière relevée en queue d’homme et empestait le «Soir de Purin ». Hubert lui répondit d’une ruade en pleine panse.
Lors un cheval arabe sortit de l’ombre. Selle d’alpaga et oeillières noires, c’était visiblement l’esturgeon de cette mule. Il était armé d’un 22 long Mufle. Il fit feu à bout portant sur Hubert qui, atteint en pleine bavette, s’abattit sans un cri.
«C’est la mort du petit cheval » devait conclure le rapport de pouliche.

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VALENTYNEVALENTYNE   12 avril 2018
Impression d’un profane.
Quiconque n’a jamais connu l’hippodrome de Vincennes un jour de Prix d’Amérique ignore ce qu’est un bain de foule.
Égaré dans cette cohue bariolée, bruissantes de mille froissements de journaux, pataugeant gaiement sous le crachin, guettant les augures électriques des tableaux d’affichage dans l’attente dont ne sais quel messie, on se prend à envier les paisibles pantouflards « télévisionnaires » ! Et pourtant… Pourtant, que le moins turfiste des non-turfistes nous pardonne, on ne peut pas ne pas vibrer avec les « fans » de la chose épique, quand, quelques secondes avant le départ à l’auto-start, un recueillement de cathédrale envahit les tribunes.
On ne peut pas se retenir de joindre aux milliers d’autres cris de déception un « Ha! » désolé quand le favori des favoris est soudain mis hors de course.
On ne peut pas s’empêcher de se hausser désespérément sur la pointe des pieds pour entrevoir » la Reine » Une de Mai.
On ne peut plus dévisser son regard des jumelles trop lourdes quand la petite troupe élégante des plus beaux trotteurs du monde devient soudain, à l’entrée de la ligne droite, meute puissante et soufflante, belle d’efforts contenus. Et Toscam le magnifique l’emporte avec brio sous les hurlements et des chapeaux s’envolent, et les applaudissements couvrent les annonces des haut-parleurs, et « Minou » Gougeon pleure de joie dans les bras de son frère dans les vestiaires surchauffés, et…C’est déjà fini.
Déjà !
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michfredmichfred   17 février 2018
Je ne courbe pas l'échine aux abattoirs promis. Quelle que soit la tuile et qu'elle qu'en soit l'ardoise, je dis merde à la brèche qui me veut fissurer.
Ainsi caracolais- je de radioscope ordinaire en médecin communal, par un matin d'automne époustouflant d'insignifiance où m'agaçait un point de côté. Pas plus angoissé que d'habitude, c'est-à-dire inextricablement noué de l'œsophage au côlon par la certitude de mon trépas prochain dans des souffrances torquémadesques, j'ennuyais mes docteurs au récit d'intérêt vicinal de mes chatouilles et gratouilles à la Knock-moi-le-noeud.
Bitenberg et Schwartzenschtroumpf!
C'était pas un point de côté, c'était un cancer de biais.
Y avait à mon insu, sous-jacent à mon flanc, squattérisant mes bronches, comme un crabe affamé qui me broutait le poumon.
Le soir même, chez l'ecailler du coin, j'ai bouffé un tourteau. Ça nous fait un partout.
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