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Brice Matthieussent (Traducteur)
EAN : 9782267011326
475 pages
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (04/02/1994)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 12 notes)
Résumé :


A travers une succession d'épisodes comiques ou tragiques et une nuée de personnages hauts en couleur, Annie Dillard raconte le destin de la petite communauté de Whatcom et recrée l'épopée héroïque de ces pionniers à la fin du XIXe siècle.

Ermites, chercheurs d'or, explorateurs, marins, entrepreneurs, colons, bûcherons, pauvres et riches peuplent ce roman foisonnant et composent une grande fresque classique qui rappelle La Comédie huma... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Titania
  06 septembre 2019
Une saga entre romanesque et grand reportage de plus de 700 pages, une maquette spartiate qui le fait disparaître dans une bibliothèque, une lecture lente , ce roman d'Annie Dillard se mérite un peu.
Toutefois ce n'est pas un texte difficile et il est plein de ces petites anecdotes dont raffolent les amateurs de romans historiques.
On se situe entre 1850 et 1897 dans l'Etat de Washington, au nord de Seattle , on ne peut pas aller plus à l'ouest , et on suit le destin de plusieurs familles de pionniers sur un demi siècle , dans un milieu naturel entre montagne et océan , dans une région peuplée de plusieurs tribus indiennes . C’est un bout de l’histoire de l’Europe, qui se poursuit ici, avec tous ces Allemands, Hollandais, Suédois...
La forme n'est pas celle du roman chorale , même si la narration extérieure nous fait partager le regard de l'un ou l'autre personnage, à tour de rôle. La structure temporelle originale décrit des boucles de retour en arrière dans leurs souvenirs et les ramène au présent du récit. Ainsi , ces héros fictifs attachants ont des biographies travaillées et vraisemblables . Pour nous ils deviennent des compagnons de ce croquis historique d'une Amérique en construction, du chariot bâché au chemin de fer, de la ruée vers l'or à la crise financière de 1893.
Le récit est émaillé de moments de réflexions sur la vie et le monde, comme des temps suspendus devant la nature . On a des épisodes cruels ou drôles, beaucoup de petites choses du quotidien . La vie politique est surprenante...droit de vote des femmes accordé puis aboli, Chinois déportés avec l'approbation des socialistes...

Vous voulez savoir aussi si Beal Obenchain , le psychopathe de l'histoire, va réussir à mettre sa menace de mort à exécution sur Clare Fishburn, ou bien pourquoi on peut avoir une amende si on laisse divaguer sa vache en ville ...Il était une fois dans l'ouest , ce roman réaliste est fait pour vous, prenez votre temps , le train ou le bateau , bienvenue à Whatcom !
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Flodopas78
  11 août 2016
Cette fresque impressionnante par sa richesse narrative et par la diversité des thèmes abordés retrace la colonisation de l'état de Washington, dernière frontière avant l'immensité de l'océan Pacifique, et plus particulièrement la partie la plus au nord, près de la frontière canadienne. Dans un milieu hostile où quelques tribus indiennes vivent de la pêche et de la chasse, arrivent les premiers colons blancs qui pour la plupart ont traversé les Etats-Unis d'est en ouest dans l'espoir d'une vie meilleure et d'une terre bon marché. Grâce à l'aide des autochtones, les nouveaux arrivants parviennent à survivre aux premiers hivers. Anne Dillard nous raconte le destin de quelques familles sur trois générations : leur lutte avec une nature hostile où les arbres atteignent 70 mètres de haut et mesurent 3 mètres de diamètre et si serrés qu'il est impossible de passer de face entre deux troncs mais aussi les maladies, les accidents, les enfants perdus en bas âge. Malgré cela, la solidarité entre les colons leur permet de tenir et d'aller de l'avant. Peu à peu la région se civilise. Arrivent alors les spéculateurs et les capitaines de l'industrie à la recherche de l'argent facile. Une certaine nostalgie se dégage de cette oeuvre : celle d'un temps où la vie, en raison de sa précarité, avait du poids.
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Ingannmic
  15 octobre 2020
La baie de Bellingham représenterait-elle le paradis sur terre ? C'est en tous cas ce que pourraient laisser croire les brochures des Chemins de fer qui à la fin du XIXème siècle vantent cette "vivifiante et superbe région" d'abondance, où l'homme le plus pauvre possède sa propre maison, où les hivers sont doux, où les baies tombent dans les bols et les saumons sautent dans la poêle, où l'eau est délicieuse, où le pauvre et le riche boivent ensemble et travaillent de concert… Toujours est-il que Whatcom, qui n'est même pas une bourgade au moment où commence le récit, est considéré comme l'ultime halte américaine où un homme peut encore faire quelque chose de sa vie. C'est sans doute les raisons qui ont motivé les quelques colons qui viennent autour des années 1850 peupler cette terre isolée aux confins de l'ouest américain et à quelques encablures de la frontière canadienne. Ils ne sont alors qu'une poignée à s'y être aventurés.
Felix et Lura Rush, premiers pionniers et propriétaires de la scierie dont tous les nouveaux arrivants sont tributaires, aident les colons qui arrivent avec les vaches et les enfants ayant survécu au trajet à s'installer sur des concessions dont ils abattent les monumentaux sapins Douglas qui sont ici hauts comme des immeubles et serrés comme des brins d'herbe. Vivant de saumons et de clams, travaillant pour certains à la scierie ou à la mine de charbon, ils se mêlent aux autochtones, les indiens Lummis, qui les appellent les "Bostons", les accueillent et leur enseignent les règles de survie en échange de l'aide que ces blancs pourront leur apporter pour lutter contre les tribus du nord qui les asservissent.
Parmi eux Ada et Rooney Fishburn, qui en 1855 débarquent avec Clare, cinq ans, le bébé Glee né sur la route, et l'immense chagrin d'avoir perdu leur troisième enfant, écrasé par les roues de leur carriole.
Ces gens possèdent peu, mais sont liés par une indéfectible solidarité et portés par un fier sentiment de liberté, s'adaptant à cette nature sauvage et à leurs rudes conditions de vie, subissant l'omniprésence de la mort qui fauche indistinctement hommes et femmes, gamins et maris en pleine force de l'âge, au gré des accidents ou des maladies si nombreux que lorsque l'on demande aux femmes combien elles ont d'enfants, elles incluent toujours dans leur réponse le nombre de défunts.
Mais des gens nouveaux arrivent et remplacent les morts, débarquant des vapeurs pour conquérir ce qui commence à prendre des allures de petite ville…
De 1855 à 1893, au fil d'épisodes alternant entre divers personnages, on assiste ainsi à l'évolution d'un territoire qui se civilise, à l'essor d'une ville qui en devient le symbole de l'histoire d'une Amérique en construction. Au cours de ces quatre décennies, nombreuses sont les mutations qui bouleversent le mode de vie des habitants de la baie.

Les pionniers fiers et libres, travaillant la terre, ont laissé la place aux spéculateurs, à la presse et à l'agitation, à une société préoccupée de son propre développement. le pragmatisme et la solidarité, le fait de partager le peu que l'on avait, ont été remplacés par l'exigence de confort, l'excitation causée par hausse du coût de l'arpent, la course aux honneurs et le désir de fortune. Les premiers venus s'adaptaient au pays, quand les derniers arrivés veulent le transformer, méprisant les indiens qu'ils jugent sales et sans discipline. Des indiens décimés par les maladies apportées par les migrants -typhoïde, variole- et dont les moyens de subsistance, liés à une nature qu'il convient dorénavant de dompter, disparaissent peu à peu. A la place des groupes éclectiques que formaient leurs précurseurs -parmi lesquels comptaient entre autres un quasi-ermite, un contrebandier parlant trois dialectes indiens, un domestique vivant dans un tipi- les nouveaux colons arrivent en famille avec des idées bien arrêtées sur la bienséance, stigmatisant la moindre déviance ; "c'est tout juste s'ils ne récurent pas les arbres"...
Whatcom et la région connaissent, parfois avec retard, les bouleversements et les événements qui traversent plus généralement la société américaine, et en subissent parfois dramatiquement les conséquences, de la ruée vers l'or à la crise financière de 1893, de l'arrivée du chemin de fer aux déportations des chinois ayant contribué à le construire…
Au gré des destinées des héros, le récit est par ailleurs traversé de réflexions existentielles. Certains mesurent la dimension dérisoire de leurs aspirations matérielles et de leur trompeur sentiment d'invulnérabilité, réalisant avoir oublié l'existence du nécessaire combat contre la vanité. D'autres, déçus par le monde qui les entoure, renonce à leurs envies, à leurs passions, finalement à eux-mêmes. Quelques-uns trouvent au bout d'un parcours parfois douloureux mais n'ayant jamais entamé leur droiture, la clé d'une sérénité inestimable…
« Les vivants » révèle sa densité et sa richesse au fil d'une lecture au rythme lent, d'épisodes drôles ou tragiques, de témoignages du quotidien ou révélateurs des tendances sociétales, culturelles, politiques, de cette Amérique de la seconde moitié du XIXème siècle. C'est aussi un grand roman sur la manière dont les interactions entre l'homme et le milieu naturel les transforment mutuellement.
A lire.
Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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Readingintherain
  05 mai 2012
Il n'y a rien de tel qu'une bonne saga pour raviver un coeur lassé de lecture. Après avoir lu trop de Fantasy, on a souvent du mal à revenir à une littérature plus conventionnelle, et il faut un vrai bon roman pour casser le cercle des chevaliers, des princesses et de la magie. Si jamais vous êtes dans cette situation, ou simplement à la recherche d'une belle lecture, vous pouvez jeter un coup d'oeil du côté d'Annie Dillard.
Comme souvent chez Bourgois, la couverture est peu appétissante. La collection Titres se démarque des habitudes éditoriales par un visuel composé uniquement de texte, rendant plus visible le nom de l'auteur que le titre du livre. C'est à mon sens le reflet d'une politique éditoriale qui s'intéresse aux auteurs et à ce qu'ils écrivent, une des raisons de mon penchant vers cette maison.
Les Vivants retrace trois ou quatre générations de colons américains dans l'état de Washington, du milieu du XIXe au début du XXe siècle. de leur arrivée avec armes et bagages après des mois d'errance à travers le Midwest à une relative prospérité cinquante ans plus tard, le lecteur accompagne plusieurs familles avec un plaisir non dissimulé. On ne peut s'empêcher de penser à Louise Erdrich dans la description des tribus indiennes et de leur mode de vie (mais pour moi c'est plutôt bon signe) et cette présence tribale se maintient tout le long du livre entre vision à la Thanksgiving et paternalisme typique de l'époque.
Les Vivants est un très beau roman, une réflexion sur l'impact de l'homme sur le paysage et inversement. Les héros se débattent avec le quotidien d'une contrée sauvage et permette de mieux comprendre certains aspects de l'American Way of Life, comme cette haine des lois fédérales par exemple. Décidément, à conseiller.
Lien : http://www.readingintherain...
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veroherion
  26 août 2017
Une grande fresque sur les pionniers de la fin du XIXème siècle aux Etats-Unis.
Plein de personnages extravagants ou simples, des familles, des décès, des survivants, du défrichage, des calamités, des enfants, beaucoup de morts et des vivants.
Un livre empli de petites histoires, de belles réflexions, d'une touche d'humour ou au moins de dérision.
Je l'ai lu jusqu'au bout, mais j'ai dû m'accrocher, l'écriture est agréable, les personnages attachants pour certains... Mais c'est vraiment très long.
J'avoue que je l'ai terminé grâce à une période d'hospitalisation qui m'a trouvée alitée avec de belles et longues journées devant moi, sans autre distraction ...
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
TitaniaTitania   31 août 2019
Maintenant, sur cette plage, ses traces se dévidaient derrière lui telle une épluchure : le temps était un couteau qui l'épluchait comme une pomme et il allait continuer de l’entailler Jusqu'à la fin . Ses traces, les traces de sa vie se termineraient abruptement elles aussi, mais à ce moment-là, il ne s’envolerait pas comme un oiseau dans le ciel, il descendrait sous terre. P.403
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TitaniaTitania   05 septembre 2019
Tous les vivants marchaient de front dans la crête du présent. Tous les hommes et les femmes et les enfants formaient une longue ligne et brandissaient un ruban ou une bannière, ils couraient dans un champ aussi vaste que la terre, frayant le temps comme un chemin herbeux, et il était emporté avec eux.
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Flodopas78Flodopas78   10 août 2016
Aucun enfant n'est jamais voué à une vie ordinaire, on le voit bien en eux et d'ailleurs ils le savent, mais l'époque se met alors à les travailler, ils perdent leur intelligence à force d'apprendre ce que les gens attendent d'eux, ils dépensent toute leur énergie à essayer de s'élever au-dessus de leurs semblables.
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jmquentinjmquentin   30 décembre 2015
Trois ans plus tôt, quand Eustace eut fini ses études à l’université de Virginie, il déclara lors d’un dîner de chasse qu’il se proposait d’exploiter une mine de diamants à Johannesburg. Il cherchait le soutien de banquiers. Il cultivait un regard lointain et, après les chasses, partait seul à cheval. L’été suivant, à la sortie d’un service religieux, il annonça au sénateur Randall qu’il venait de décider de se lancer dans le commerce des perles à Papeete ; il se mit à hanter le port et à arpenter le pont des goélettes. Six mois plus tard, lors d’un bal, il confia à Minta entre deux quadrilles qu’il voulait maintenant explorer le désert de Gobi pour la science. Les gens se désintéressèrent d’Eustace Honer et, lorsqu’il parla rêveusement d’enseigner la vertu des Évangiles aux Apaches, ils acquiescèrent ; enfin, quand il déclara son intention de fonder une ferme sur le détroit de Puget, ils changèrent de sujet.
Seule Minta Randall, qui aimait Eustace, comprit que le principal trait de caractère du jeune homme était la constance. C’était une dévotion entière qu’il gardait en réserve. Il se cherchait un but unique.
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