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EAN : 9782351785621
836 pages
Éditeur : Gallmeister (01/04/2016)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 73 notes)
Résumé :

La "montagne en sucre", c'est le rêve américain, et Bo Mason aimerait bien y croquer. Il sait que là-bas, toujours plus à l'Ouest, des trésors cachés n'attendent que lui... Des trésors qui ressemblent fort à des mirages: on est en 1905, le temps des pionniers est révolu. Du saloon clandestin à la mine d'or, en passant par le trafic de whisky, Bo s'égare passionnément dans les mythes du passé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Crossroads
  21 juin 2016
La montagne en sucre, tout le monde veut en croquer.
Bo Mason, atteint d'hypoglycémie chronique, un peu plus que la moyenne.
Bo, c'était le genre balèze en tout. Horripilant facilement la gente masculine, affolant l'autre.
C'est peut-être bien pour ça qu'il lui a tapé dans l'oeil à la Elsa, pour lui taper un peu aussi sur le système par la suite, faut bien l'avouer.
Bo, s'il avait pu soulever des montagnes, il l'aurait fait.
Jamais rassasié, n'aspirant qu'à une chose, la réussite et ce par tous les moyens, légaux ou pas .
Aussi différents que complémentaires, ils vont tracer un bout de chemin ensemble.
Écrivant à quatre mains, puis huit, l'histoire de leur vie au rythme d'une Amérique en pleine mutation qui récompense alors les plus audacieux tout en châtiant férocement les ambitions les plus folles, ils vont enfiler les chapitres au gré des fortunes diverses rencontrées par un paternel semblant, tout comme le phénix, toujours renaître de ses cendres.
Avis aux petites mimines, ce livre, édition poche, n'est pas pour toi.
D'un fort beau gabarit ma foi, il pourrait aisément choir de ta main tremblotante un soir de fatigue passagère et réduire à néant tes espérances de vie centenaire. En même temps, trouver le repos éternel lors d'une courageuse escalade, on a déjà vu plus extravagant comme disparition. C'est toi qui voye, le piolet est désormais dans ton camp...
La montagne, ça vous gagne.
Pas faux au vu du bestiau proposé.
Le trek est monstreux, beau et intense.
Stegner décrit l'humain dans tout ce qu'il a de plus généreux et de plus absurde.
Dualité de l'homme toujours en quête d'ailleurs, allant voir si l'herbe verte, justement, ne le serait pas un peu plus en d'autres lointains horizons.
Elsa en femme courage et aimante, le portrait fascine et émeut du début à la fin.
Sans rien dévoiler, il m'a profondément touché, au final, en convoquant certains souvenirs douloureux, toujours à l'état de braise, sur lesquels Stegner a soufflé en usant d'une plume par trop évocatrice. Émotion à fleur de peau, palpitant qui déborde. le bonhomme meurtrit, chagrine. Les pages défilent, mortifiantes, mémoires d'un passé pas si lointain.
Bo, en mec aussi courageux qu'inconscient et égoïste, suscite tout et son contraire.
Doté d'une ambition démesurée à laquelle il sacrifiera souvent sa famille alors considérée comme frein récurrent à une réussite qui ne cessera jamais de lui tendre ses p'tits bras musclés, le gars touche finalement en affichant un caractère volontaire que rien ni personne ne bridera jamais.
Le bonhomme ne dépareillerait pas en Don Quichotte abonné aux escarmouches mort-nées.
La Montagne En Sucre est un magistral roman d'apprentissage épique et mémorable, ode à la liberté la plus absolue, fût-elle cultivée au prix d'une vie de famille sacrifiée sur l'autel de la cupidité et de l'orgueil poussé à son paroxysme.
4,5/5
Merci à Babelio et aux éditions Gallmeister pour la cerise sur la montagne en sucre !
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mariecesttout
  07 février 2014
Ce roman, traduit en 2002, a été écrit trente ans avant Angle d'équilibre. Mais il traite en fait du même thème, analysé avec peut-être moins de recul, et ça se comprend, trente ans de vie aident, quelquefois, à prendre du recul !
C'est une histoire très autobiographique, celle de la famille de cet écrivain américain mort en 1993.
Cette fameuse "candy mountain" représente ce qu'on appelle couramment le "rêve américain", partir de rien et arriver... à quoi, c'est autre chose !
La grande majorité des habitants de ce pays y aspiraient, en tout cas, en ce début de siècle dernier. de là à tous y aboutir....
C'est le récit d'une quête effrénée pour "réussir", en allant toujours plus loin et de manière toujours plus aventurière, du père, donc, de Wallace Stegner, un homme de l'étoffe des premiers pionniers, mais né un peu tard, peut être, alors que la fortune des pionniers est déjà faite, et qu'il ne reste que des miettes à grappiller dans des conditions toujours plus difficiles.
Cet homme traîne derrière lui sa famille, bien obligée de suivre et de s'adapter, sa femme (merveilleux hommage rendu à la femme dans son personnage de mère, le reste est beaucoup plus ambigu) et ses fils, de plus en plus révoltés par les sautes d'humeur d'un père éternellement sujet à des revers de fortune. Un des fils en mourra, et l'autre deviendra universitaire puis écrivain, et son histoire familiale lui servira de trame pour ce premier roman.
A la mort du père, ce fils va lui rendre une sorte d'hommage en écrivant : "Harry Mason était et un enfant et un homme. Quoiqu'il fît jamais, à n'importe quel moment de sa vie, il fut, jusqu'en ses colères, un être mâle de bout en bout, et il fut presque toujours un enfant.
A une époque plus ancienne, en d'autres circonstances, il aurait pu être un individu montré en exemple par la nation toute entière, mais il n'eût été en rien différent. Il n'en fût pas moins resté un être humain au développement imparfait, un animal social immature ; or, plus la nation va de l'avant, moins il y a de place pour ce genre de personnage. Harry Mason vécut avec celle qui fut ma mère et que je révère pour sa bonté, sa douceur, son courage et sa sagesse. Mais j'affirme, en ce jour où sont célébrées les obsèques de cet homme, et en dépit de la haine que j'ai eue pour lui pendant de nombreuses années, qu'il possédait plus de talents, plus de ressources et d'énergie qu'elle. En affinant les qualités de ma mère, on arriverait à la sainteté, jamais à la grandeur. Ses qualités à lui étaient la matière brute à partir de laquelle se construisent les hommes remarquables. Quoique je l'aie toujours détesté, et bien qu'aujourd'hui je ne l'honore ni ne le respecte, je ne peux lui retirer cela..."
Dans des extraits d'entretiens publiés par le journal Libération en juin 2002, Stegner, parlant de la littérature, écrit :
"Penser qu'il y ait quelque chose de nouveau à dire, à mon sens, ne mène à rien. Ce qui importe, c'est la compréhension toujours plus approfondie de ce qui de tout temps a existé."
C'est ce que, je pense, il a essayé de faire au long de son oeuvre (du même auteur, toujours chez Phébus, deux très beaux romans d'un écrivain plus assagi sinon plus serein, "Vue cavalière" et "La vie obstinée")
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ScoutCurtis
  13 juin 2016
Avant de donner mon avis sur ce livre, je tiens à adresser un immense merci aux Éditions Gallmeister et Babelio pour leur confiance pour cette opération Masse critique.
J'avais déjà aperçu cette belle réédition de la Montagne en sucre de Wallace Stegner en librairie, mais je dois l'avouer ses presque 900 pages m'ont fait peur, donc je remercie doublement les Éditions Gallmeister et Babelio. Surtout que sans cette obligation de publier sous 30 jours une critique, le livre serait certainement resté très longtemps dans ma bibliothèque.
La littérature américaine est vraiment celle que je préfère et il en est de même pour les Éditions Gallmeister, c'est donc pour ça que je vais désormais éplucher leur catalogue et guetter chacune de leur prochaine publication. La collection de poches « totem » de leur édition est composée des titres issus de leur catalogue mais aussi des rééditions d'ouvrages. C'est ici le cas pour La montagne en sucre, classique oublié de la littérature américaine.
La montagne en sucre est un roman en grande partie autobiographique, publié par Wallace Stegner en 1943. le père de Stegner a baladé sa famille à travers le pays pendant de nombreuses années et ce sont ces années d'errance qui ont inspiré Stegner pour écrire La montagne en sucre. La montagne en question représente le rêve américain : partir de rien et arriver à faire fortune.
La montagne en sucre est une belle saga familiale, qui se passe au début du 20ème siècle. Nous allons suivre la famille Mason à travers les États-Unis sur quelques décennies. le père Bo, éternel insatisfait est en quête perpétuelle d'un monde meilleur. Il trimbale sa famille dans tout le pays à la recherche de sa montagne en sucre, s'accrochant à ses rêves de fortune qui semblent malheureusement n'être que des mirages. Travail de la terre, contrebande d'alcool au temps de la prohibition, tenir une maison de jeux, etc. tout est bon pour faire de l'argent rapidement. Mais toutes ses tentatives finissent par échouer, le poussant à essayer sans cesse autre chose ailleurs. Sa femme, Elsa désapprouve cette instabilité, mais supporte aveuglément les agissements de Bo par amour, mais se sentant comme une entrave aux rêves de son mari. Elle aspire pourtant à une vie simple, ne désir que s'installer définitivement quelque part afin d'offrir un foyer à ses enfants. Les deux fils Chester et Bruce, aiment profondément leur mère mais lassés de cette vie de nomade finiront par haïr leur père.
Je suis tombée sous le charme de la plume de Wallace Stegner, de ses personnages denses et de ses descriptions de l'immensité du Grand Ouest américain typique du genre nature writing. C'est un très beau roman d'apprentissage, que j'ai finalement dévoré en quelques jours malgré son épaisseur, oubliant même d'aller me coucher. le récit est vraiment poignant, l'écriture est magnifique et tous les personnages sont attachants. N'ayez pas peur du nombre de pages lisez la montagne en sucre, vous ne le regretterez pas.
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LeaTouchBook
  26 avril 2016
Wallace Stegner est un monument de la littérature américaine, j'étais alors extrêmement heureuse de découvrir son oeuvre avec son roman phare, une très belle réédition des éditions Gallmeister qui instaure un nouveau code de couverture pour la collection Totem, un mot : magnifique !

Ne soyez pas effrayé par le nombre de pages, comme tout pavé littéraire il faut s'imprégner de son ambiance, se laisser guider et dès lors tout coule de source : vous ne verrez pas les heures passer ! Ce livre est un hommage au rêve américain, à cet idéal qui nous fait tous rêver : partir de rien pour arriver à tout. Bo Mason personnage central de ce récit est un être complexe qui sera le symbole de cette volonté à vouloir recommencer encore et encore pour tenter d'atteindre cette réussite personnelle et professionnelle.
L'histoire est fascinante car elle porte sur la famille de Mason fondée avec la jeune Elsa au début du XXème siècle dans l'Ouest américain. de déboires en désespoir, de chutes en rechutes, d'échecs en victoires partielles, cette famille va traverser les années et les lieux. Vous allez vivre cette existence exaltante : saloon clandestin, trafic d'alcool ou mine d'or. Toutes les chances seront tentées, tous les rêves envisagés. Une épopée incroyable !
Vous l'aurez compris, ce livre est un grand classique du genre, un sublime roman d'apprentissage où l'humour, l'émotion et les valeurs humaines se mêlent aux mirages d'une utopie onirique. J'ai aimé chaque personnage : le père pour son opiniâtreté, la mère pour sa fidélité, les enfants pour leur côté rebelle. J'ai aimé ce style fluide, poétique, très agréable à lire et très bien traduit par Eric Chédaille.
En définitive, je vous recommande ce petit bijou de la littérature américaine. Bienvenue dans le mythe américain !
Lien : http://leatouchbook.blogspot..
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nilebeh
  31 janvier 2017
Un résumé (sur 800 pages, tout de même!) de ce que fut la vie des États-Unis dans le premier tiers du 20ème siècle, la vie d'hommes qui se croyaient les derniers pionniers alors que les cartes avaient déjà été toutes distribuées, la vie banale d'une femme au foyer qui soutient son homme, coûte que coûte, et oublie ses rêves pour lui permettre, à lui, de réaliser les siens. Bo (Harry Mason) aura passé l'essentiel de sa vie à courir après la réussite sociale, en marge de la légalité pendant les années de prohibition en faisant le trafic du whiskey puis en devenant patron d'un hôtel, d'un cercle de jeux, jusqu'à essayer de s'enrichir par l'exploitation d'une mine d'or au Nevada.
Le livre nous entraîne sur des milliers de kilomètres entre Canada et États-Unis, nous livrant au passage de superbes descriptions de paysages et restituant de façon vivante et sans doute réaliste la vie de ces Américains venus d'Europe pour réaliser leurs rêves de gloire et de richesse.
A ses côtés, Elsa, patiente, dévouée qui semble effacée mais est en fait la force et la stabilité du couple, elle qui reste fidèle à elle-même, non pas dans l'ombre de son homme mais à ses côtés, indéfectible. Leurs deux fils connaîtront un chemin bien différent, l'aîné, Chester, sportif et dur à la tâche comme son père, le cadet, Bruce, plus fragile et qui devient au fil du roman le personnage le plus important, celui porte un regard sans concession sur sa famille. Celui aussi qui connaît d'étranges expériences concernant le souvenir et la mémoire familiale, réminiscences de Proust et de Samuel Butler.
Des scènes puissantes marquent le lecteur telle celle où l'on assiste au cheminement lent et pénible de la vieille Ford dans la neige, chargée de fûts et de bouteilles de contrebande, véritable chemin de croix des passeurs vers un ailleurs et un avenir incertains. Ou bien celle où l'odeur atroce de la viande pourrie attire l'attention du petit Bruce âgé de cinq ans : le pseudo acheteur de son poulain aux pattes fracturées a écorché la bête et l'a laissée pourrir sur le chemin. Plus jamais l'enfant ne fera confiance à un grand...
Un livre riche et puissant, long, certes, mais où l'on ne s'ennuie pas et qui ferait sans aucun doute une excellente trame pour un film.
"La montagne en sucre", c'est le sommet qu'il faut atteindre coûte que coûte, pour réaliser le rêve américain, ce rêve des millions d'immigrés venus du monde entier et surtout d'Europe pour atteindre l'"American way of life", le rêve américain, cette idée qui semble aujourd'hui échapper à certains d'entre eux, parmi les plus puissants...
Un grand merci aux éditions Gallmeister pour cette découverte.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
luocineluocine   09 mai 2016
Henry était pondéré, inof­fensif, réti­cent même à annoncer sans ambages qu’il venait pour la voir elle et non son père, au point qu’il s’était montré capable de passer une demi-​douzaine de soirées au salon à converser avec Nels Norgaard sans adresser plus de dix mots à Elsa. Il était posé, inca­pable d’un mot dur envers quiconque, gentil, si digne de confiance mais si dépourvu de charme. Comme il était dommage, songea-​t-​elle une fois en soupi­rant, que Bo, avec son aisance inso­lente, son intel­li­gence, son physique puis­sant et délié, ne possédât pas un peu du calme rassu­rant d’Henry. Mais à peine commençait-​elle à se laisser aller à cette idée qu’elle se repre­nait : non, se disait-​elle avec une pointe de fierté, jamais Bo ne pour­rait ressem­bler à Henry. Il n’avait rien d’un animal de compa­gnie, il n’était pas appri­voisé, il ne suppor­tait pas les entraves, en dépit de ses efforts aussi intenses que fréquents.
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luocineluocine   09 mai 2016
Long­temps après, Bruce consi­dé­rait cette absence de racines avec un éton­ne­ment vague­ment amusé. les gens qui vivaient toute leur vie au même endroit, qui taillaient leur haie de lilas et repi­quaient des berbéris, qui chan­geaient de carrée en ronde la forme de leur bassin de nénu­phars, qui déter­raient les vieux bulbes pour en mettre de nouveaux, qui voyaient pousser et un jour ombrager leur façade les arbres qu’ils avaient plantés, ces gens-​là lui semblaient par contraste suivre un chemi­ne­ment incer­tain entre ennui et conten­te­ment.
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benjamin_troutbenjamin_trout   04 septembre 2012
Harry Mason était et un enfant et un homme. Quoiqu'il fît jamais, à n'importe quel moment de sa vie, il fut, jusqu'en ses colères, un être mâle de bout en bout, et il fut presque toujours un enfant. A une époque plus ancienne, en d'autres circonstances, il aurait pu être un individu montré en exemple par la nation toute entière, mais il n'eût été en rien différent. Il n'en fût pas moins resté un être humain au développement imparfait, un animal social immature ; or, plus la nation va de l'avant, moins il y a de place pour ce genre de personnage.
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luocineluocine   09 mai 2016
Il y avait quelque part, pour peu qu’on sût les trouver, un endroit où l’argent se gagnait comme on puise de l’eau au puits, une bonne grosse montagne en sucre où la la vie était facile, libre, pleine d’aventure et d’action, où l’on pouvait tout avoir pour rien.
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RhodopsineRhodopsine   09 juillet 2016
Peut-être fallait-il plusieurs générations pour faire un homme, peut-être fallait-il plusieurs versions et combinaisons de la douceur et de l'endurance de sa mère, de l'immense énergie de son père et son appétit d'autre chose, d'un subtil mélange des principes masculin et féminin, d'égoïsme et d'oubli de soi, d'entêtement et de capitulation, pour façonner entièrement un homme.
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